{"id":22330,"date":"2026-02-22T17:09:16","date_gmt":"2026-02-22T17:09:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/22330\/"},"modified":"2026-02-22T17:09:16","modified_gmt":"2026-02-22T17:09:16","slug":"en-suisse-cyril-ramaphosa-cherche-un-partenariat-europeen-pour-les-ambitions-industrielles-sud-africaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/22330\/","title":{"rendered":"En Suisse, Cyril Ramaphosa cherche un partenariat europ\u00e9en pour les ambitions industrielles sud-africaines"},"content":{"rendered":"<p>La visite d\u2019\u00c9tat du pr\u00e9sident sud-africain Cyril Ramaphosa en Suisse, les 29 et 30 octobre, s&rsquo;inscrit dans une d\u00e9marche tant diplomatique qu&rsquo;\u00e9conomique. Alors que les nouvelles taxes impos\u00e9es par les \u00c9tats-Unis fragilisent certaines de ses exportations, Pretoria cherche \u00e0 consolider ses alliances europ\u00e9ennes. Berne appara\u00eet comme un partenaire de choix, capable de conjuguer puissance financi\u00e8re, expertise technique et neutralit\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Cette visite, la \u00ab\u00a0premi\u00e8re depuis l\u2019av\u00e8nement de notre d\u00e9mocratie, [\u2026] marque une \u00e9tape importante dans notre partenariat de longue date et un t\u00e9moignage de nos relations mutuellement b\u00e9n\u00e9fiques \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Cyril Ramaphosa, saluant des discussions productives avec les dirigeants et les milieux d\u2019affaires helv\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Une modernisation du cadre d\u2019\u00e9changes&#13;\n<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des symboles, les rencontres ont vu la signature de cinq instruments de coop\u00e9ration, dont une d\u00e9claration conjointe sur la modernisation de l\u2019accord de libre-\u00e9change entre l&rsquo;AELE (Association europ\u00e9enne de libre-\u00e9change regroupant l\u2019Islande, le Liechtenstein, la Norv\u00e8ge et la Suisse pour promouvoir l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique entre ses membres) et la SACU (Communaut\u00e9 douani\u00e8re d\u2019Afrique australe). La modernisation de cet accord qui encadre depuis 2008 les flux de biens entre les deux zones, vise \u00e0 l\u2019adapter aux priorit\u00e9s contemporaines. De pr\u00e9c\u00e9dentes discussions en 2018 avaient port\u00e9 sur le commerce de marchandises, les r\u00e8gles d&rsquo;origine et les questions douani\u00e8res, ainsi que le d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p>Pour Pretoria, il s\u2019agit de renforcer l\u2019acc\u00e8s de ses produits manufactur\u00e9s aux march\u00e9s europ\u00e9ens, tout en consolidant son r\u00f4le de plaque tournante industrielle en Afrique. Pour Berne, cela permet une pr\u00e9sence strat\u00e9gique dans une \u00e9conomie africaine de plus en plus int\u00e9gr\u00e9e aux cha\u00eenes de valeur internationales. Tout ceci dans un contexte o\u00f9 les USA de Donald Trump bouleversent le commerce mondial avec les hausses de tarifs douaniers annonc\u00e9es en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Depuis ao\u00fbt 2025, la d\u00e9cision am\u00e9ricaine d\u2019imposer une taxe de 30% sur plusieurs produits sud-africains affecte la strat\u00e9gie commerciale de Pretoria. La Banque centrale d&rsquo;Afrique du Sud indiquait en juillet que jusqu\u2019\u00e0 100 000 emplois pourraient \u00eatre menac\u00e9s, notamment dans l\u2019automobile et l\u2019agro-industrie. Face \u00e0 ce choc, le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la diversification de ses partenariats. \u00ab Nous sommes deux pays qui ont malheureusement \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s par des tarifs douaniers tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s [\u2026] Bien que l\u2019imposition de tarifs soit assez n\u00e9gative, elle ouvre \u00e9galement des opportunit\u00e9s&#8230; Nous devrions la consid\u00e9rer comme un catalyseur d\u2019opportunit\u00e9s, nous permettant d\u2019\u00e9largir nos \u00e9changes avec d\u2019autres pays \u2014 et, dans notre cas, certainement avec la Suisse \u00bb, a affirm\u00e9 le minist\u00e8re du Commerce.<\/p>\n<p>Selon le Tr\u00e9sor sud-africain, les \u00e9changes commerciaux avec la Suisse se chiffraient \u00e0 environ 914 millions d&rsquo;euros en 2024. Le pays europ\u00e9en \u00e9tait cette ann\u00e9e-l\u00e0 le 30\u00e8me march\u00e9 d&rsquo;exportation de la nation arc-en-ciel et sa 35\u00e8me source d&rsquo;importations. \u00ab Cependant, les statistiques suisses incluent les exportations d\u2019or d\u2019Afrique du Sud, et celles-ci montrent que le commerce total avait atteint R159,5 milliards (8 milliards d&rsquo;euros, NDLR \u00bb pr\u00e9cise le Tr\u00e9sor, qui ajoute que \u00ab\u00a0cela a positionn\u00e9 la Suisse comme le sixi\u00e8me partenaire commercial de l\u2019Afrique du Sud\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pretoria exporte surtout des m\u00e9taux transform\u00e9s et des machines, tandis que Berne fournit des produits pharmaceutiques, horlogers et chimiques. Cette base offre un point d\u2019ancrage solide pour un partenariat tourn\u00e9 vers l\u2019industrie et la technologie.<\/p>\n<p>L\u2019industrie sud-africaine, pilier du partenariat&#13;\n<\/p>\n<p>Cette coop\u00e9ration renouvel\u00e9e s\u2019articule autour de la modernisation industrielle. L\u2019Afrique du Sud reste la premi\u00e8re puissance industrielle de son continent, avec un secteur qui pesait globalement 25% du PIB en 2023, et 12% pour l\u2019industrie manufacturi\u00e8re. La transformation d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9e de son appareil productif cherche \u00e0 conjuguer automatisation, efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et logistique avanc\u00e9e. Lors d\u2019un petit-d\u00e9jeuner d\u2019affaires \u00e0 bord d\u2019un train reliant Kehrsatz \u00e0 Uzwil, Cyril Ramaphosa a exhort\u00e9 les entreprises helv\u00e9tiques \u00e0 intensifier leurs liens avec son pays : \u00ab Nous ne sommes pas ici pour une simple balade; nous voulons davantage d\u2019investissements en Afrique du Sud \u00bb.<\/p>\n<p>Pretoria cherche \u00e0 attirer des investisseurs suisses capables d\u2019accompagner la mont\u00e9e en r\u00e9gime de son appareil industriel, de la production automobile \u00e0 la transformation des m\u00e9taux, en passant par les technologies \u00e9lectriques. Alors que le m\u00e9canisme d\u2019ajustement carbone aux fronti\u00e8res (CBAM) de l\u2019Union europ\u00e9enne, principal partenaire commercial de la nation arc-en-ciel, risque de peser sur les industries locales jusque-l\u00e0 port\u00e9es par une forte intensit\u00e9 carbone et des prix comp\u00e9titifs \u00e0 l\u2019export, la Suisse et les autres pays de l\u2019AELE apparaissent comme des alternatives de choix, \u00e0 m\u00eame de soutenir la transition vers une production plus durable.<\/p>\n<p>Un levier financier pour l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale&#13;\n<\/p>\n<p>L\u2019autre pilier de la relation se joue dans la finance, l\u2019Afrique du Sud disposant aussi du syst\u00e8me bancaire le plus important du continent. Johannesburg (JSE) figure actuellement dans le Top 20 des plus grandes places boursi\u00e8res au monde en termes de capitalisation. Six banques locales (Absa, Standard Bank, FirstRand, Nedbank, Capitec et Investec) p\u00e8sent \u00e0 elles seules 90 % des actifs financiers du pays. Les discussions \u00e0 Berne ont ainsi identifi\u00e9 ce secteur comme un vecteur de coop\u00e9ration essentiel.<\/p>\n<p>Pour une Suisse qui abrite certaines des plus grandes institutions mondiales de banque et d\u2019assurance, l\u2019Afrique du Sud repr\u00e9sente \u00e0 la fois un march\u00e9 int\u00e9ressant et une plateforme r\u00e9gionale d\u2019expansion vers le reste du continent. Des groupes comme UBS et Swiss Re sont d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9s \u00e0 Johannesburg. Le premier intervient dans l\u2019investissement et la gestion d\u2019actifs, tandis que le second s\u2019impose comme un partenaire de r\u00e9f\u00e9rence pour la r\u00e9assurance climatique et sanitaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La visite d\u2019\u00c9tat du pr\u00e9sident sud-africain Cyril Ramaphosa en Suisse, les 29 et 30 octobre, s&rsquo;inscrit dans une&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":22331,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[390,3148,8949,52,51,395,10082,59,676,995,1809],"class_list":{"0":"post-22330","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-390","9":"tag-ambitions","10":"tag-cherche","11":"tag-europe-africa","12":"tag-europe-afrique","13":"tag-europeen","14":"tag-industrielles","15":"tag-la-tribune-afrique","16":"tag-partenariat","17":"tag-pretoria","18":"tag-suisse"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116115391277189037","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22330","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22330"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22330\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22331"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22330"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22330"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22330"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}