{"id":23285,"date":"2026-02-23T16:57:06","date_gmt":"2026-02-23T16:57:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/23285\/"},"modified":"2026-02-23T16:57:06","modified_gmt":"2026-02-23T16:57:06","slug":"quand-le-patriarcat-sacrifie-lenfance-au-senegal-par-suzanne-sy-militante-feministe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/23285\/","title":{"rendered":"Quand le patriarcat sacrifie l\u2019enfance au S\u00e9n\u00e9gal, par Suzanne SY, Militante f\u00e9ministe"},"content":{"rendered":"<p class=\"firstp\">Dakar, capitale du S\u00e9n\u00e9gal, avec ses belles plages, ses rues anim\u00e9es, ses nombreux commerces et ses enfants talib\u00e9s. Oui, les enfants de la rue font partie du d\u00e9cor de cette ville et de tant d\u2019autres au S\u00e9n\u00e9gal. Ce constat nous pousse \u00e0 nous interroger sur la place des enfants dans notre soci\u00e9t\u00e9. \u00c0 quel point leur protection est une priorit\u00e9 politique chez nous. \u00c0 quel point leur sort touche \u00e0 la conscience collective. Avons-nous failli collectivement \u00e0 leur \u00e9gard ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, il est important d\u2019interroger la forme structurelle d\u2019organisation de notre soci\u00e9t\u00e9 : le patriarcat. Ce mot est souvent d\u00e9fini comme \u00e9tant un syst\u00e8me d\u2019oppression des hommes sur les femmes ; toutefois, cette d\u00e9finition est incompl\u00e8te. Elle nous emp\u00eache de voir une r\u00e9alit\u00e9 plus d\u00e9rangeante : le patriarcat opprime massivement les enfants, et de mani\u00e8re plus brutale. Au S\u00e9n\u00e9gal particuli\u00e8rement, le patriarcat, \u00e0 travers le r\u00f4le du patriarche, organise une hi\u00e9rarchie des \u00e2ges, o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 masculine adulte prime sur tout, y compris sur la protection des enfants.<\/p>\n<p>Le 7 f\u00e9vrier 2026, la gendarmerie s\u00e9n\u00e9galaise a annonc\u00e9 l\u2019arrestation de plusieurs hommes soup\u00e7onn\u00e9s de \u00ab p\u00e9dophilie en bande organis\u00e9e \u00bb, de \u00ab viols commis sur des mineurs \u00e2g\u00e9s de 3 \u00e0 15 ans \u00bb et de \u00ab transmission volontaire du VIH \u00bb. Pourtant, les unes des journaux, les d\u00e9bats sur les r\u00e9seaux sociaux et l\u2019indignation collective se sont principalement focalis\u00e9s sur la sexualit\u00e9 des adultes concern\u00e9s, leur statut marital et leur statut s\u00e9rologique. Vous l\u2019aurez remarqu\u00e9, les premi\u00e8res victimes de ce r\u00e9seau criminel ont \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9es au second plan : les enfants talib\u00e9s.<br \/>Ce silence s\u2019inscrit dans un continuum de violences que vivent les enfants dans ce pays. Au S\u00e9n\u00e9gal, la violence faite aux enfants est tr\u00e8s r\u00e9pandue mais peu document\u00e9e. Pour beaucoup d\u2019enfants, les espaces cens\u00e9s prot\u00e9ger, autrement dit la famille, l\u2019\u00e9cole, la communaut\u00e9, sont pr\u00e9cis\u00e9ment les lieux o\u00f9 s\u2019exercent abus, exploitation et violences. La mendicit\u00e9 forc\u00e9e, souvent li\u00e9e \u00e0 des r\u00e9seaux de traite, est devenue un probl\u00e8me national : des dizaines de milliers d\u2019enfants, principalement des gar\u00e7ons, mendient chaque jour dans les rues, au d\u00e9triment de leur sant\u00e9, de leur \u00e9ducation et de leurs droits fondamentaux.\n<\/p>\n<p>En novembre 2024, lors de la Journ\u00e9e nationale des daaras, le pr\u00e9sident Bassirou Diomaye Faye pointait du doigt une probl\u00e9matique majeure de l\u2019enseignement coranique : la mendicit\u00e9 des enfants talib\u00e9s. Il d\u00e9clarait alors : \u00ab Il serait injuste de taire les d\u00e9fis qui ternissent parfois l\u2019image des daaras et leur noble vocation : le ph\u00e9nom\u00e8ne de la mendicit\u00e9 forc\u00e9e des enfants, souvent visible dans nos rues, constitue une d\u00e9viance. \u00bb Avant d\u2019ajouter : \u00ab Il faut corriger, par rapport \u00e0 l\u2019esprit originel des daaras, ces pratiques qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec l\u2019essence m\u00eame de ces institutions. \u00bb<br \/>Quinze mois apr\u00e8s ce discours, aucune mesure concr\u00e8te n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise pour prot\u00e9ger ces m\u00eames talib\u00e9s, pourtant explicitement reconnus comme victimes d\u2019un syst\u00e8me d\u00e9viant.<br \/>En revanche, lors du Conseil des ministres du 18 f\u00e9vrier 2026, un projet de loi visant \u00e0 durcir le traitement de l\u2019homosexualit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9, en r\u00e9action \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents qui, je le rappelle, concernant des enfants talib\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 3 \u00e0 15 ans.\n<\/p>\n<p>Que doit-on comprendre de cette mobilisation gouvernementale \u00e0 double standard ?\n<\/p>\n<p>Au lendemain de ce conseil des ministres, un f\u00e9minicide d\u2019une rare violence a occup\u00e9 la une des journaux : D. Sow, \u00e2g\u00e9e de 5 ans, a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e, viol\u00e9e et d\u00e9capit\u00e9e par son oncle. Ce crime n\u2019est pas un cas isol\u00e9. En 2025 d\u00e9j\u00e0, l\u2019ann\u00e9e s\u2019\u00e9tait ouverte sur le f\u00e9minicide de Djary Sow, \u00e2g\u00e9e de 12 ans. Ces violences extr\u00eames contre des enfants, commises dans l\u2019espace familial ou communautaire, ne provoquent pourtant ni lois d\u2019exception ni mobilisation politique comparable. Elles sont trait\u00e9es comme des faits divers, alors qu\u2019elles sont le produit d\u2019un syst\u00e8me social qui banalise la domination des adultes sur les corps les plus vuln\u00e9rables.\n<\/p>\n<p>Le 22 f\u00e9vrier 2026, le minist\u00e8re de la Famille et des Solidarit\u00e9s a sorti un communiqu\u00e9 o\u00f9 il d\u00e9nonce, condamne, appelle \u00e0 la vigilance, mais reste remarquablement vague d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de responsabilit\u00e9s structurelles et de mesures concr\u00e8tes. Aucune mention des enfants de la rue, aucune mention sp\u00e9cifique des talib\u00e9s, pourtant parmi les populations infantiles les plus expos\u00e9es aux violences, aux abus sexuels, \u00e0 l\u2019exploitation et \u00e0 la traite. Il est essentiel de rappeler que les enfants talib\u00e9s sont fr\u00e9quemment admis dans des centres de sant\u00e9 ou des structures d\u2019accueil en raison de d\u00e9chirures anales. Cette r\u00e9alit\u00e9 est bien connue des professionnels de sant\u00e9, des responsables de centres d\u2019accueil et, par cons\u00e9quent, des autorit\u00e9s minist\u00e9rielles.\n<\/p>\n<p>Ce communiqu\u00e9 reconduit une posture classique du gouvernement s\u00e9n\u00e9galais : appeler \u00e0 la responsabilit\u00e9 collective tout en \u00e9vitant de nommer les structures de pouvoir qui rendent ces<br \/>violences-l\u00e0 possibles. Des violences qui, je le rappelle, sont politiques avant toute chose. Le 31 d\u00e9cembre 2025, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, en parlant des f\u00e9minicides, nous a assur\u00e9 qu\u2019aucune forme de violence ne pouvait \u00eatre tol\u00e9r\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal. Je tiens \u00e0 rappeler que le Code de la famille s\u00e9n\u00e9galais, adopt\u00e9 en 1972 et r\u00e9form\u00e9 une seule fois en 1999, contient des dispositions qui oppressent les femmes et les enfants, c\u2019est aussi une forme de violence.\n<\/p>\n<p>Nous allons, dans les lignes qui vont suivre, analyser l\u2019impact de quelques dispositifs de ce code sur les enfants, \u00e0 travers le document de plaidoyer issu des donn\u00e9es des diff\u00e9rentes associations et mouvements travaillant autour du Code de la famille, r\u00e9unis dans le cadre de la concertation pour le respect et la pr\u00e9servation des droits des femmes \u00ab Ci la nu bokk \u00bb. Article 111 du Code de la famille : \u00ab Le mariage ne peut \u00eatre contract\u00e9 qu\u2019entre un homme \u00e2g\u00e9 de plus de 18 ans et une femme \u00e2g\u00e9e de plus de 16 ans, sauf dispense d\u2019\u00e2ge accord\u00e9e pour motif grave par le pr\u00e9sident du tribunal r\u00e9gional apr\u00e8s enqu\u00eate. \u00bb\n<\/p>\n<p>Le mariage pr\u00e9coce expose les filles \u00e0 des risques majeurs pour leur sant\u00e9, en particulier li\u00e9s \u00e0 la grossesse et \u00e0 l\u2019accouchement. Leurs corps, souvent encore en d\u00e9veloppement, ne sont pas pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 ces contraintes, ce qui augmente les risques de complications graves, parfois mortelles. Sur le plan \u00e9ducatif et \u00e9conomique, l\u2019impact est tout aussi destructeur. Les filles mari\u00e9es \u00e0 bas \u00e2ge abandonnent souvent l\u2019\u00e9cole pour diverses raisons. Cette rupture \u00e9ducative limite drastiquement leurs perspectives professionnelles et renforce la d\u00e9pendance \u00e9conomique. Ce n\u2019est pas sans rappeler que le mariage n\u2019est jamais un choix neutre : il doit reposer avant tout sur un consentement r\u00e9el.\n<\/p>\n<p>Or, on ne peut pas invoquer le consentement sans interroger les conditions dans lesquelles il est produit. Que vaut le consentement d\u2019une adolescente de 16 ans qui d\u00e9pend enti\u00e8rement d\u2019une tierce personne, \u00e9conomiquement, socialement et affectivement ? L\u2019argument de la pubert\u00e9 est souvent mobilis\u00e9 pour justifier religieusement le mariage des enfants au S\u00e9n\u00e9gal. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une dichotomie entre une r\u00e9alit\u00e9 hormonale et cognitive. Avoir ses r\u00e8gles ne signifie ni comprendre les cons\u00e9quences d\u2019un mariage, ni \u00eatre en position de les accepter librement.\n<\/p>\n<p>Article 196 : Interdiction de recherche de paternit\u00e9 \u00ab L\u2019\u00e9tablissement de la filiation paternelle est interdit \u00e0 tout enfant qui n\u2019est pas pr\u00e9sum\u00e9 issu du mariage de sa m\u00e8re ou n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 volontairement reconnu par son p\u00e8re, exception faite des cas pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 211. L\u2019enfant dont la filiation paternelle<br \/>n\u2019a pu \u00eatre \u00e9tablie peut toutefois obtenir des aliments par l\u2019exercice de l\u2019action pr\u00e9vue par les articles 215 \u00e0 218 \u00bb\n<\/p>\n<p>En refusant la reconnaissance de la paternit\u00e9 pour les enfants n\u00e9s hors mariage, le droit s\u00e9n\u00e9galais consacre une in\u00e9galit\u00e9 fondamentale entre les enfants. Ceux-ci se voient nier un droit essentiel : celui d\u2019\u00eatre juridiquement rattach\u00e9s \u00e0 leur p\u00e8re et d\u2019acc\u00e9der \u00e0 leur histoire familiale.<br \/>Cette exclusion juridique a des cons\u00e9quences concr\u00e8tes. Elle prive ces enfants de protections sociales, de droits successoraux et d\u2019avantages patrimoniaux auxquels ils pourraient pr\u00e9tendre, les rel\u00e9guant \u00e0 un statut inf\u00e9rieur uniquement en raison des circonstances de leur naissance, qui ne sont nullement de leur faute.\n<\/p>\n<p>Article 277 : Autorit\u00e9 parentale \u00ab La puissance paternelle sur les enfants l\u00e9gitimes appartient conjointement au p\u00e8re et \u00e0 la m\u00e8re. Durant le mariage, elle est exerc\u00e9e par le p\u00e8re en qualit\u00e9 de chef de famille. \u00bb Durant le mariage, l\u2019autorit\u00e9 parentale est exerc\u00e9e par le p\u00e8re en qualit\u00e9 de chef de famille. En cons\u00e9quence, l\u2019autorisation parentale doit \u00eatre sign\u00e9e par ce dernier. Ce dispositif, comme on peut le voir quotidiennement, a un impact r\u00e9el sur les enfants.\n<\/p>\n<p>Il est important de rappeler que le fait que le p\u00e8re exerce seul cette autorit\u00e9 pendant le mariage limite le r\u00f4le de la m\u00e8re dans les d\u00e9cisions importantes (\u00e9cole, sant\u00e9, voyages) et cr\u00e9e un d\u00e9s\u00e9quilibre dans la repr\u00e9sentation de l\u2019enfant face aux institutions. L\u2019enfant per\u00e7oit alors que la parole de la m\u00e8re a moins de valeur, ce qui influence sa vision des r\u00f4les parentaux. De plus, dans les cas o\u00f9 le p\u00e8re est absent, n\u00e9gligent ou autoritaire, la m\u00e8re se retrouve face \u00e0 des difficult\u00e9s \u00e0 agir rapidement pour prot\u00e9ger ou repr\u00e9senter l\u2019enfant.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me qui consacre une autorit\u00e9 hi\u00e9rarchis\u00e9e renforce un mod\u00e8le patriarcal o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 est associ\u00e9e uniquement au p\u00e8re. Ainsi, au <a href=\"https:\/\/www.senenews.com\/actualites\/lourdes-condamnations-au-maroc-ce-qui-peut-encore-sauver-les-18-supporters-senegalais_577086.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">S\u00e9n\u00e9gal<\/a>, les violences faites aux enfants ne sont ni isol\u00e9es ni accidentelles, elles s\u2019inscrivent dans un syst\u00e8me juridique et social qui place l\u2019autorit\u00e9 adulte masculine au-dessus de l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l\u2019enfant. Mariages pr\u00e9coces, in\u00e9galit\u00e9s de filiation, autorit\u00e9 parentale d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e, exploitation des talib\u00e9s : ces r\u00e9alit\u00e9s traduisent une hi\u00e9rarchie qui fragilise les plus vuln\u00e9rables. Prot\u00e9ger r\u00e9ellement les enfants suppose plus que des discours. Cela exige une r\u00e9forme courageuse des lois et une remise en question profonde et collective des structures patriarcales qui continuent, aujourd\u2019hui encore, \u00e0 sacrifier l\u2019enfance.<br \/>Suzanne SY, militante f\u00e9ministe<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dakar, capitale du S\u00e9n\u00e9gal, avec ses belles plages, ses rues anim\u00e9es, ses nombreux commerces et ses enfants talib\u00e9s.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":23286,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[84],"tags":[1167,195,10361,10362,126,11,114,115,10363],"class_list":{"0":"post-23285","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-contributions","9":"tag-dakar","10":"tag-enfance","11":"tag-feministe","12":"tag-politique","13":"tag-senegal","14":"tag-senegal-actualites","15":"tag-societe","16":"tag-suzanne-sy"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116121006450582405","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23285","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23285"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23285\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23286"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23285"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23285"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23285"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}