{"id":2473,"date":"2026-02-05T03:59:28","date_gmt":"2026-02-05T03:59:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/2473\/"},"modified":"2026-02-05T03:59:28","modified_gmt":"2026-02-05T03:59:28","slug":"faustus-in-africa-nous-avons-besoin-a-la-fois-de-la-memoire-et-de-loubli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/2473\/","title":{"rendered":"Faustus in Africa ! \u00ab\u00a0Nous avons besoin \u00e0 la fois de la m\u00e9moire et de l\u2019oubli\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est le spectacle qui ouvre le Festival d\u2019Automne au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville\u00a0: Faustus in Africa\u00a0!, vision particuli\u00e8rement f\u00e9roce et ironique du mythe de Faust par la Handspring Puppet Company mis en sc\u00e8ne par le metteur en sc\u00e8ne, dramaturge et plasticien sud-africain, William Kentridge. Rencontre.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 en juin \u00e0 Montpellier dans le cadre du festival le Printemps des Com\u00e9diens, Faustus in Africa\u00a0! ressemble \u00e0 une cavalcade fr\u00e9n\u00e9tique o\u00f9 le texte original est contamin\u00e9 par l\u2019atmosph\u00e8re d\u00e9l\u00e9t\u00e8re du colonialisme qui a longtemps s\u00e9vi sur le continent africain. La rapidit\u00e9 avec laquelle les \u00e9v\u00e9nements s\u2019encha\u00eenent mais aussi avec laquelle Faust, une fois sign\u00e9 son pacte avec M\u00e9phisto, passe d\u2019une humeur \u00e0 une autre, tant\u00f4t enjou\u00e9 ou survolt\u00e9, tant\u00f4t morose comme un enfant capricieux, rel\u00e8ve d\u2019une logique de r\u00eave. Alors que r\u00e9sonne un extrait de La Damnation de Faust de Berlioz, la musique s\u2019interrompt brutalement. Des images de billets de banque inondent l\u2019\u00e9cran. Puis ce sont des publicit\u00e9s coloniales des ann\u00e9es 1930 ou 1950 en fran\u00e7ais. Dans sa fr\u00e9n\u00e9sie, d\u2019argent, de pouvoir, de sexe, de pr\u00e9dation \u2013 une image montre comment l\u2019homme blanc mange litt\u00e9ralement l\u2019Afrique en pillant ses ressources \u2013 Faust semble embarqu\u00e9 dans une course insens\u00e9e contre le temps. Multipliant les s\u00e9quences imbriqu\u00e9es les unes dans les autres et projetant la repr\u00e9sentation sur plusieurs plans, en conjuguant actions sc\u00e9niques, marionnettes et acteurs, films d\u2019animations, musique et chant, ce spectacle offre un exemple particuli\u00e8rement frappant de l\u2019art aussi riche que singulier de William Kentridge.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"601\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/faustus-in-africa-fiona-macpherson-25-1-700x601.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-24953\" style=\"width:524px;height:auto\"  \/>\u00a9 Fiona_MacPherson<\/p>\n<p>Trente ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, Faustus in Africa que vous reprenez aujourd\u2019hui se r\u00e9v\u00e8le \u00e9tonnamment en phase avec l\u2019actualit\u00e9 dans un monde o\u00f9 il est de plus en plus question de pr\u00e9dation et d\u2019appropriation de territoires. Comment analysez-vous les \u00e9chos troublants de l\u2019actualit\u00e9 dans ce spectacle\u00a0?<\/p>\n<p>Ce qui est int\u00e9ressant dans le fait que ce spectacle semble tellement en phase avec ce qui se passe aujourd\u2019hui, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre qui n\u2019a pas du tout chang\u00e9 depuis sa cr\u00e9ation. C\u2019est exactement le m\u00eame spectacle qu\u2019il y a trente ans. En revanche pendant les trente derni\u00e8res ann\u00e9es, le monde s\u2019est beaucoup transform\u00e9, au point qu\u2019on pourrait dire qu\u2019il a op\u00e9r\u00e9 un mouvement de quatre-vingt-dix degr\u00e9s. Ce qui explique qu\u2019aujourd\u2019hui on voit la m\u00eame \u0153uvre, mais sous un angle diff\u00e9rent. Et de ce fait on d\u00e9couvre d\u2019autres aspects, d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments qui ont toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 mais que l\u2019on distinguait moins \u00e0 premi\u00e8re vue. C\u2019est quelque chose qui nous a tous surpris quand nous avons d\u00e9cid\u00e9 de la rejouer. L\u2019\u0153uvre n\u2019a pas chang\u00e9. Ce qui a chang\u00e9, c\u2019est notre regard.<\/p>\n<p>Le contexte politique en Afrique du Sud \u00e9tait diff\u00e9rent \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 vous avez cr\u00e9\u00e9 ce spectacle, juste apr\u00e8s la fin de l\u2019apartheid\u2026.<\/p>\n<p>Effectivement Faustus in Africa a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la transition entre le r\u00e9gime de l\u2019apartheid et le r\u00e9gime d\u00e9mocratique en Afrique du Sud. La question d\u2019un pacte n\u00e9cessaire avec le diable si l\u2019on voulait \u00e9viter une guerre civile impliqu\u00e9e par cette transition \u00e9tait donc tr\u00e8s pr\u00e9sente. C\u2019\u00e9tait bien le sujet de la pi\u00e8ce. L\u2019ANC acceptait de ne pas consid\u00e9rer le gouvernement de l\u2019apartheid comme redevable des exactions commises pendant des ann\u00e9es, en \u00e9change de la paix. Il y avait par cons\u00e9quent ce casse-t\u00eate \u00e9thique de l\u2019absence de justice o\u00f9 personne n\u2019aurait de comptes \u00e0 rendre. C\u2019\u00e9tait il y a trente ans et la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue dans cette atmosph\u00e8re. Aujourd\u2019hui, on la reprend telle quelle, avec les m\u00eames marionnettes. Seuls les acteurs et les manipulateurs ont chang\u00e9, car ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 la cr\u00e9ation sont trop \u00e2g\u00e9s pour jouer.<\/p>\n<p class=\"has-text-align-center\"><a href=\"https:\/\/www.transfuge.fr\/acheter\/rentree-litteraire-les-25-meilleurs-romans-francais\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">La suite de l\u2019entretien est \u00e0 d\u00e9couvrir dans le dernier num\u00e9ro de Transfuge<\/a><\/p>\n<p class=\"has-text-align-center\">Faustus in Africa\u00a0!, de William Kentridge, Th\u00e9\u00e2tre de la Ville, du 11 au 19 septembre<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est le spectacle qui ouvre le Festival d\u2019Automne au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville\u00a0: Faustus in Africa\u00a0!, vision particuli\u00e8rement&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2474,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[6,1910],"class_list":{"0":"post-2473","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-afrique","9":"tag-interview"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116016025677735296","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2473","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2473"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2473\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2474"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2473"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2473"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2473"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}