{"id":34314,"date":"2026-03-05T23:10:30","date_gmt":"2026-03-05T23:10:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/34314\/"},"modified":"2026-03-05T23:10:30","modified_gmt":"2026-03-05T23:10:30","slug":"ce-quattend-lafrique-un-continent-au-coeur-du-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/34314\/","title":{"rendered":"\u00ab Ce qu&rsquo;attend l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb\u00a0: un continent au c\u0153ur du si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>            <a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/5.jpeg\" data-caption=\"Ce qu&#039;attend l&#039;Afrique - Beno\u00eet Chervalier\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"1093\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/5-696x1093.jpeg\"   alt=\"\" title=\"Ce qu' attend l'Afrique\"\/><\/a>Ce qu&rsquo;attend l&rsquo;Afrique &#8211; Beno\u00eet Chervalier<\/p>\n<p>\u00c0 rebours des clich\u00e9s et des discours catastrophistes, Beno\u00eet Chervalier propose dans Ce qu\u2019attend l\u2019Afrique une lecture nuanc\u00e9e des transformations du continent. Entre d\u00e9mographie, souverainet\u00e9 et mutations \u00e9conomiques, son essai esquisse les contours d\u2019un si\u00e8cle o\u00f9 l\u2019Afrique comptera davantage que jamais.<\/p>\n<p>Une chronique de Karim Saadi<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/4-1.jpeg\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-148078\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/4-1-300x245.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"245\"  \/><\/a>Beno\u00eet Chervalier<\/p>\n<p>L\u2019Afrique n\u2019est pas un bloc homog\u00e8ne. Elle ne parle pas d\u2019une seule voix, ne partage ni une histoire unique ni un destin uniforme. Pourtant, dans les imaginaires internationaux, le continent continue souvent d\u2019\u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 comme un ensemble monolithique, r\u00e9sum\u00e9 en quelques images simplificatrices. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment contre cette vision r\u00e9ductrice que se construit Ce qu\u2019attend l\u2019Afrique, l\u2019essai de Beno\u00eet Chervalier publi\u00e9 aux \u00c9ditions de L\u2019Aube.<\/p>\n<p>Ancien haut fonctionnaire, entrepreneur et enseignant \u00e0 l\u2019ESSEC, l\u2019auteur s\u2019appuie sur pr\u00e8s de vingt-cinq ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience professionnelle et sur un parcours qui l\u2019a conduit dans plus de quatre-vingts pays, dont une quarantaine en Afrique. Son livre ne se pr\u00e9sente pas comme une synth\u00e8se acad\u00e9mique classique, mais comme une r\u00e9flexion nourrie d\u2019observations de terrain, d\u2019\u00e9changes avec des responsables publics et priv\u00e9s, et de nombreuses ann\u00e9es d\u2019enseignement aupr\u00e8s d\u2019\u00e9tudiants venus du monde entier.<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage part d\u2019une question simple : qu\u2019est-ce qu\u2019\u00eatre africain ? Derri\u00e8re cette interrogation se dessine une r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019auteur rappelle d\u2019embl\u00e9e : l\u2019Afrique est faite d\u2019une pluralit\u00e9 de trajectoires historiques, culturelles et politiques. Au milieu du XIX\u1d49 si\u00e8cle, le continent comptait pr\u00e8s de dix mille royaumes et structures politiques diff\u00e9rentes. Cette diversit\u00e9 reste aujourd\u2019hui l\u2019une des cl\u00e9s de lecture indispensables pour comprendre les dynamiques contemporaines.<\/p>\n<p>Une Afrique de paradoxes et de potentialit\u00e9s<\/p>\n<p>L\u2019un des m\u00e9rites du livre est de cartographier les paradoxes qui traversent le continent. Beno\u00eet Chervalier montre comment certaines \u00e9conomies africaines demeurent prises dans un mod\u00e8le d\u2019extraction des ressources naturelles, sans toujours parvenir \u00e0 int\u00e9grer les cha\u00eenes de transformation industrielle.<\/p>\n<p>L\u2019exemple du cacao est devenu embl\u00e9matique : l\u2019Afrique produit une part majeure des f\u00e8ves mondiales mais reste marginale dans la fabrication du chocolat. De m\u00eame, plusieurs pays africains disposent d\u2019importants gisements de cobalt ou de lithium, indispensables aux technologies contemporaines, tout en \u00e9tant peu pr\u00e9sents dans la production des batteries \u00e9lectriques qui en d\u00e9pendent.<\/p>\n<p>Cette dissociation entre extraction et transformation constitue, selon l\u2019auteur, l\u2019un des d\u00e9fis majeurs du continent. Le v\u00e9ritable basculement ne r\u00e9siderait pas seulement dans l\u2019exploitation des ressources mais dans la capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper des industries locales cr\u00e9atrices d\u2019emplois et de valeur ajout\u00e9e.<\/p>\n<p>La question d\u00e9mographique occupe \u00e9galement une place centrale dans l\u2019analyse. Le continent africain est aujourd\u2019hui le plus jeune du monde et sa croissance d\u00e9mographique est appel\u00e9e \u00e0 jouer un r\u00f4le d\u00e9terminant au cours du XXI\u1d49 si\u00e8cle. Certains chiffres donnent la mesure de cette transformation : chaque jour, il na\u00eet autant d\u2019enfants au Nigeria qu\u2019aux \u00c9tats-Unis et en Europe r\u00e9unis.<\/p>\n<p>Cette dynamique ouvre \u00e0 la fois des perspectives et des d\u00e9fis consid\u00e9rables. Les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs devront absorber des dizaines de millions d\u2019\u00e9l\u00e8ves suppl\u00e9mentaires dans les prochaines ann\u00e9es. Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces besoins, il faudrait construire des millions de salles de classe et former des millions d\u2019enseignants.<\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre seulement un d\u00e9fi, cette jeunesse peut aussi constituer une formidable r\u00e9serve d\u2019\u00e9nergie \u00e9conomique et d\u2019innovation. Plusieurs initiatives technologiques ou entrepreneuriales en t\u00e9moignent d\u00e9j\u00e0. L\u2019exemple de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne Instadeep, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019intelligence artificielle et rachet\u00e9e pour plusieurs centaines de millions de dollars, illustre cette capacit\u00e9 d\u2019innovation qui \u00e9merge sur le continent.<\/p>\n<p>Mais l\u2019auteur souligne \u00e9galement les contraintes structurelles qui persistent : infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques insuffisantes, disparit\u00e9s importantes entre pays, in\u00e9galit\u00e9s territoriales ou encore fragilit\u00e9s institutionnelles. Autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui expliquent pourquoi les trajectoires africaines resteront probablement diverses et contrast\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019Europe et l\u2019Afrique face \u00e0 un destin partag\u00e9<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019analyse \u00e9conomique et d\u00e9mographique, le livre explore aussi les relations entre l\u2019Afrique et l\u2019Europe. Beno\u00eet Chervalier insiste sur un point essentiel : les deux continents entrent dans une p\u00e9riode o\u00f9 leurs destins seront de plus en plus \u00e9troitement li\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans un contexte international marqu\u00e9 par la recomposition des \u00e9quilibres g\u00e9opolitiques, l\u2019Afrique devient un acteur incontournable. Sa d\u00e9mographie, ses ressources naturelles, ses march\u00e9s \u00e9mergents et son r\u00f4le dans les transitions \u00e9nerg\u00e9tiques en font un partenaire strat\u00e9gique pour de nombreuses puissances.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Europe, cette proximit\u00e9 g\u00e9ographique et historique cr\u00e9e une relation particuli\u00e8re. Mais l\u2019\u00e9poque o\u00f9 certains pays europ\u00e9ens pouvaient pr\u00e9tendre exercer une influence dominante sur le continent africain semble d\u00e9sormais r\u00e9volue.<\/p>\n<p>L\u2019auteur souligne que la diversification des partenariats est devenue une r\u00e9alit\u00e9. Les pays africains multiplient les relations \u00e9conomiques et diplomatiques avec des acteurs vari\u00e9s : Chine, Turquie, Inde, \u00c9tats-Unis ou encore pays du Golfe. Cette pluralit\u00e9 d\u2019alliances refl\u00e8te une volont\u00e9 croissante de souverainet\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la relation franco-africaine se transforme profond\u00e9ment. Les anciennes logiques de la \u00ab Fran\u00e7afrique \u00bb appartiennent d\u00e9sormais au pass\u00e9, m\u00eame si les h\u00e9ritages historiques continuent d\u2019influencer les perceptions. L\u2019auteur insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 pour la France et l\u2019Europe de repenser leurs partenariats sur des bases nouvelles : \u00e9conomiques, technologiques, scientifiques et culturelles.<\/p>\n<p>L\u2019un des axes centraux du livre concerne \u00e9galement l\u2019\u00e9volution du mod\u00e8le de coop\u00e9ration internationale. Beno\u00eet Chervalier plaide pour d\u00e9passer l\u2019opposition traditionnelle entre aide au d\u00e9veloppement et commerce. Selon lui, l\u2019aide ne peut \u00eatre efficace que si elle soutient l\u2019investissement, l\u2019entrepreneuriat et la cr\u00e9ation d\u2019emplois.<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e s\u2019inscrit dans un d\u00e9bat plus large sur les politiques de d\u00e9veloppement. L\u2019auteur propose de distinguer clairement les logiques de solidarit\u00e9 \u2013 notamment dans les situations humanitaires ou climatiques \u2013 et celles relevant de l\u2019investissement \u00e9conomique. L\u2019objectif serait de favoriser un partenariat davantage fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9change et la cr\u00e9ation de valeur.<\/p>\n<p>\u00c0 travers ces analyses, Ce qu\u2019attend l\u2019Afrique esquisse une vision nuanc\u00e9e de l\u2019avenir du continent. L\u2019auteur ne c\u00e8de ni \u00e0 l\u2019optimisme na\u00eff ni au pessimisme syst\u00e9matique. Il rappelle que les trajectoires africaines seront multiples et que tous les pays ne suivront pas la m\u00eame voie.<\/p>\n<p>Certaines \u00e9conomies pourraient conna\u00eetre des transformations rapides, port\u00e9es par l\u2019urbanisation, les technologies num\u00e9riques ou l\u2019industrialisation. D\u2019autres pourraient rester confront\u00e9es \u00e0 des fragilit\u00e9s politiques ou institutionnelles plus durables.<\/p>\n<p>Ce qui semble en revanche acquis, selon lui, c\u2019est que l\u2019Afrique occupera une place centrale dans les \u00e9quilibres mondiaux des prochaines d\u00e9cennies. Les enjeux d\u00e9mographiques, climatiques, \u00e9nerg\u00e9tiques et \u00e9conomiques du XXI\u1d49 si\u00e8cle y convergent.<\/p>\n<p>Une id\u00e9e traverse l\u2019ensemble du livre : l\u2019Afrique ne peut \u00eatre pens\u00e9e qu\u2019au pluriel. En rappelant la diversit\u00e9 de ses trajectoires, Beno\u00eet Chervalier invite \u00e0 voir dans ce continent non une marge du monde, mais l\u2019un de ses futurs centres de gravit\u00e9.<\/p>\n<p>Beno\u00eet Chervalier, Ce qu\u2019attend l\u2019Afrique, \u00c9ditions de L\u2019Aube, 2025, 200 pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ce qu&rsquo;attend l&rsquo;Afrique &#8211; Beno\u00eet Chervalier \u00c0 rebours des clich\u00e9s et des discours catastrophistes, Beno\u00eet Chervalier propose dans&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":34315,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[6,14329,14328,245,2225],"class_list":{"0":"post-34314","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-afrique","9":"tag-benoit-chervalier","10":"tag-chronique","11":"tag-culture","12":"tag-livre"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116179096261625192","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34314","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34314"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34314\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34315"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34314"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34314"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34314"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}