{"id":39555,"date":"2026-03-11T06:26:09","date_gmt":"2026-03-11T06:26:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/39555\/"},"modified":"2026-03-11T06:26:09","modified_gmt":"2026-03-11T06:26:09","slug":"europe-jusquou-linflation-peut-elle-monter-si-la-guerre-en-iran-se-poursuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/39555\/","title":{"rendered":"Europe: jusqu&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;inflation peut-elle monter si la guerre en Iran se poursuit\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Les prix du p\u00e9trole ont connu lundi l\u2019un de leurs retournements de s\u00e9ance les plus spectaculaires jamais enregistr\u00e9s, au moment o\u00f9 le pr\u00e9sident Donald Trump laissait entendre que la campagne militaire men\u00e9e par les \u00c9tats-Unis contre l\u2019Iran touchait \u00e0 sa fin.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Mais pour les consommateurs europ\u00e9ens, le r\u00e9pit ne se fait pas encore sentir \u00e0 la pompe.<\/p>\n<p>Lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse lundi soir, Trump a d\u00e9clar\u00e9 que les forces am\u00e9ricaines et isra\u00e9liennes avaient r\u00e9alis\u00e9 des avanc\u00e9es rapides dans leurs op\u00e9rations militaires contre l\u2019Iran et a assur\u00e9 que Washington ne laisserait pas perturber les routes d\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique mondiales, d\u00e9troit d\u2019Ormuz compris.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019approvisionnement en p\u00e9trole sera nettement plus s\u00e9curis\u00e9 \u00bb, a affirm\u00e9 Trump, ajoutant que les \u00c9tats-Unis pourraient escorter les p\u00e9troliers dans ce passage strat\u00e9gique si n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 pour savoir si le conflit pourrait \u00eatre termin\u00e9 d\u2019ici quelques jours, Trump a r\u00e9pondu : \u00ab Je le pense. \u00bb<\/p>\n<p>Le baril de brut West Texas Intermediate, qui avait grimp\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 119 dollars (110 euros) dimanche soir, sur fond de craintes de fermeture du d\u00e9troit d\u2019Ormuz, est retomb\u00e9 sous les 90 dollars (83 euros) \u00e0 la cl\u00f4ture de la s\u00e9ance de lundi, soit un mouvement de plus de 30 dollars en moins de vingt-quatre heures.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ce retournement brutal des contrats \u00e0 terme sur le brut, la r\u00e9percussion des prix de gros du p\u00e9trole sur les prix de d\u00e9tail des carburants n\u2019est ni imm\u00e9diate ni sym\u00e9trique.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce d\u00e9calage qui explique que les \u00e9conomistes ne soient pas encore pr\u00eats \u00e0 \u00e9carter le risque d\u2019une nouvelle pouss\u00e9e d\u2019inflation dans la zone euro.<\/p>\n<p>En Europe, les carburants restent proches de 2 \u20ac le litre<\/p>\n<p>Selon Fuelo, une plateforme qui suit en temps r\u00e9el les prix des carburants en Europe, l\u2019essence et le gazole restent \u00e0 des niveaux \u00e9lev\u00e9s dans plusieurs grandes villes europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>\u00c0 Milan, le sans-plomb 95 s\u2019affiche \u00e0 1,89 \u20ac le litre et le gazole \u00e0 2,10 \u20ac, tandis qu\u2019\u00e0 Paris l\u2019essence est l\u00e9g\u00e8rement plus ch\u00e8re \u00e0 1,92 \u20ac et le gazole un peu moins \u00e0 2,06 \u20ac.<\/p>\n<p>Francfort est la plus ch\u00e8re des trois, avec le sans-plomb 95 \u00e0 2,12 \u20ac le litre et le gazole \u00e0 2,19 \u20ac.<\/p>\n<p>\u00ab Le principal canal de transmission du conflit iranien \u00e0 la croissance, \u00e0 l\u2019inflation et \u00e0 la politique mon\u00e9taire en Europe, c\u2019est la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie, car la plupart des pays europ\u00e9ens sont importateurs nets de p\u00e9trole et de gaz \u00bb, expliquait la semaine derni\u00e8re Sven Jari Stehn, chef \u00e9conomiste Europe de Goldman Sachs, dans une note.<\/p>\n<p>\u00ab La plupart des pays europ\u00e9ens sont importateurs nets de p\u00e9trole et de gaz \u00bb, ajoutait-il.<\/p>\n<p>Selon la r\u00e8gle empirique de Goldman, une hausse de 10 % des prix du p\u00e9trole se traduit par une augmentation de 0,3 point de pourcentage de l\u2019inflation globale dans la zone euro.<\/p>\n<p>Mais la banque avertit que des effets non lin\u00e9aires pourraient amplifier le choc, en particulier si les prix du gaz, qui ob\u00e9issent \u00e0 des dynamiques diff\u00e9rentes de celles du p\u00e9trole, restent eux aussi \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Trois sc\u00e9narios pour l\u2019inflation en Europe<\/p>\n<p>Ruben Segura-Cayuela, chef \u00e9conomiste Europe de Bank of America, a d\u00e9fini trois sc\u00e9narios en fonction de la dur\u00e9e de la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Dans le sc\u00e9nario jug\u00e9 le plus probable, le baril de p\u00e9trole se stabilise autour de 80 dollars (74 euros) et le gaz TTF n\u00e9erlandais autour de 50 \u20ac\/MWh pendant environ deux mois.<\/p>\n<p>Dans ce cas de figure, l\u2019inflation de la zone euro culminerait bri\u00e8vement autour de 2,5 % en mars et avril, avant de retomber sous 2 % \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, tandis que le PIB progresserait d\u2019environ 1,0 % en 2026, un rythme lent mais g\u00e9rable qui ne devrait pas inciter la BCE \u00e0 resserrer sa politique.<\/p>\n<p>Un choc plus marqu\u00e9, avec un p\u00e9trole \u00e0 100 dollars (92 euros) et un gaz \u00e0 60 \u20ac\/MWh, serait plus dommageable.<\/p>\n<p>L\u2019inflation s\u2019\u00e9tablirait en moyenne \u00e0 2,4 % sur l\u2019ensemble de 2026, avec un pic sup\u00e9rieur \u00e0 3 % au deuxi\u00e8me trimestre ; la croissance ralentirait autour de 0,8 %, et le retour \u00e0 l\u2019objectif de 2 % de la BCE serait probablement repouss\u00e9 au d\u00e9but de 2027.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me sc\u00e9nario \u00e9voque une perturbation prolong\u00e9e : m\u00eame avec un p\u00e9trole maintenu autour de 80 dollars, un choc \u00e9nerg\u00e9tique de quatre mois pourrait porter l\u2019inflation annuelle \u00e0 environ 2,2 %, avec une inflation moyenne de 2,5 % au deuxi\u00e8me trimestre et un ralentissement du PIB de la zone euro \u00e0 pr\u00e8s de 0,9 %, avec un risque de contraction temporaire.<\/p>\n<p>Si les prix de l\u2019\u00e9nergie restent \u00e9lev\u00e9s, Segura-Cayuela estime que la BCE devrait probablement relever ses taux de 50 \u00e0 75 points de base au total, vraisemblablement d\u2019ici septembre.<\/p>\n<p>\u00ab Si les prix de l\u2019\u00e9nergie ne se normalisent pas d\u2019ici juin, la BCE pourrait tr\u00e8s bien remonter ses taux \u00bb, pr\u00e9vient-il.<\/p>\n<p>\u00ab Les march\u00e9s int\u00e8grent d\u00e9j\u00e0 ce risque dans les cours. \u00bb<\/p>\n<p>Oxford Economics : impossible d\u00e9sormais de faire abstraction des chocs \u00e9nerg\u00e9tiques<\/p>\n<p>Pour Michael Saunders, conseiller \u00e9conomique principal chez Oxford Economics, la menace ne tient pas seulement au niveau des prix du p\u00e9trole : elle concerne aussi la capacit\u00e9 des banques centrales \u00e0 absorber le choc sans r\u00e9agir.<\/p>\n<p>Selon Saunders, l\u2019hypoth\u00e8se qui pr\u00e9valait autrefois, \u00e0 savoir que les banques centrales pouvaient tout simplement \u00ab regarder au-del\u00e0 \u00bb d\u2019une pouss\u00e9e d\u2019inflation li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, n\u2019est plus valable. Le nouveau mode d\u2019emploi consiste, dit-il, \u00e0 contrer le risque que les chocs \u00e9nerg\u00e9tiques se transmettent aux anticipations d\u2019inflation plus larges.<\/p>\n<p>En s\u2019appuyant sur le mod\u00e8le \u00e9conomique mondial d\u2019Oxford Economics, Saunders estime que les hypoth\u00e8ses actuelles de prix de l\u2019\u00e9nergie impliquent une inflation de la zone euro sup\u00e9rieure d\u2019environ 0,5 \u00e0 0,6 point de pourcentage au quatri\u00e8me trimestre 2026 par rapport aux pr\u00e9visions pr\u00e9c\u00e9dentes, un impact plus marqu\u00e9 que dans la plupart des autres grandes \u00e9conomies, qui refl\u00e8te la d\u00e9pendance structurelle de l\u2019Europe aux importations d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>La BCE devrait maintenir ses taux inchang\u00e9s \u00e0 court terme, ajoute-t-il, mais avec des taux d\u00e9j\u00e0 proches de leur niveau neutre, elle pourrait choisir de resserrer encore sa politique cette ann\u00e9e si la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie devait se prolonger.<\/p>\n<p>Les march\u00e9s de pr\u00e9diction int\u00e8grent 42 % de probabilit\u00e9 de hausse des taux de la BCE<\/p>\n<p>La plateforme de paris financiers Polymarket fait d\u00e9sormais ressortir une probabilit\u00e9 de 42 % d\u2019une hausse des taux de la BCE en 2026, contre seulement 12 % avant le d\u00e9clenchement du conflit avec l\u2019Iran, il y a moins de deux semaines.<\/p>\n<p>Ce quasi-triplement de la probabilit\u00e9 implicite illustre \u00e0 quel point le march\u00e9 a revu la fa\u00e7on dont il anticipe la r\u00e9action de la BCE.<\/p>\n<p>Avant la campagne iranienne de l\u2019administration Trump, le consensus allait clairement dans le sens de baisses de taux dans l\u2019ensemble des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 pr\u00e9sent, alors qu\u2019une inflation dop\u00e9e par l\u2019\u00e9nergie menace de ramener l\u2019inflation globale de la zone euro au-dessus de 3 % dans les prochains mois, les investisseurs se couvrent de plus en plus contre le risque de voir la BCE contrainte, au contraire, de resserrer \u00e0 nouveau sa politique mon\u00e9taire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les prix du p\u00e9trole ont connu lundi l\u2019un de leurs retournements de s\u00e9ance les plus spectaculaires jamais enregistr\u00e9s,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":39556,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[9778,18,801],"class_list":{"0":"post-39555","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-bce","9":"tag-europe","10":"tag-inflation"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116209122186789699","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39555","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39555"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39555\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/39556"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39555"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39555"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39555"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}