{"id":39569,"date":"2026-03-11T06:43:20","date_gmt":"2026-03-11T06:43:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/39569\/"},"modified":"2026-03-11T06:43:20","modified_gmt":"2026-03-11T06:43:20","slug":"cereales-fourrages-vergers-comment-les-dernieres-pluies-ameliorent-les-perspectives-agricoles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/39569\/","title":{"rendered":"C\u00e9r\u00e9ales, fourrages, vergers&#8230; Comment les derni\u00e8res pluies am\u00e9liorent les perspectives agricoles"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La campagne agricole en cours \u00e9volue dans un contexte hydrique nettement plus favorable que les pr\u00e9c\u00e9dentes. Les pluies enregistr\u00e9es ont am\u00e9lior\u00e9 l\u2019\u00e9tat des cultures et contribu\u00e9 \u00e0 reconstituer une partie des r\u00e9serves hydriques apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique, souligne Kamal Aberkani, professeur \u00e0 la Facult\u00e9 pluridisciplinaire de Nador et expert en ing\u00e9nierie agronomique.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Selon les derniers chiffres communiqu\u00e9s par la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la m\u00e9t\u00e9orologie (DGM), le cumul pluviom\u00e9trique moyen national a atteint 136 mm, de d\u00e9cembre \u00e0 f\u00e9vrier, soit pr\u00e8s du double de la normale hivernale (71 mm). Cet hiver se classe ainsi au 3\u00e8me rang des hivers les plus arros\u00e9s depuis 1981, apr\u00e8s 2010 (200 mm) et 1996 (178 mm).<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La saison s\u2019est \u00e9galement distingu\u00e9e par 36 jours de pluie en moyenne, contre 17 jours en climat normal, avec des records de jours pluvieux dans plusieurs stations, notamment \u00e0 Ifrane (49 jours contre 44 en 1963), K\u00e9nitra (43 contre 41 en 1996), El Jadida (41 contre 36 en 1996), Casablanca (38 contre 37 en 1997) et Khouribga (37 contre 35 en 2010). Certaines r\u00e9gions ont re\u00e7u l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une ann\u00e9e de pluie en une saison, avec 1.296 mm \u00e0 Tanger (ancien record de 889 mm en 1996), 448 mm \u00e0 Nouaceur (ancien record de 386 mm en 1997) et 435 mm \u00e0 Sidi-Slimane (ancien record de 418 mm en 1997).<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00c9volution des ressources hydriques. (Source: minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement et de l\u2019Eau)<\/p>\n<p>2018-2025: la s\u00e9cheresseD\u00e9cembre 2025 \u2013 f\u00e9vrier 2026: le surplus- Sept ann\u00e9es cons\u00e9cutives de d\u00e9ficit <br \/>&#8211; Succession d\u2019ann\u00e9es s\u00e8ches, avec des taux de d\u00e9ficit annuels estim\u00e9s \u00e0: 54%, 71%, 59%, 85%, 66%, 71% et 58% par rapport \u00e0 la moyenne annuelle des apports d\u2019eau.<br \/>&#8211; Taux de remplissage des barrages: 25% en f\u00e9vrier 2024 (contre 32,7% un an plus t\u00f4t)<br \/>&#8211; Pr\u00e9cipitations 2024-25: 141,7 mm (d\u00e9ficit de 44% par rapport \u00e0 la normale de 182,6 mm)- 13,87 milliards de m\u00b3 d\u2019apports <br \/>&#8211; dont 60% soit 8,3 milliards ont pu \u00eatre stock\u00e9s, soit un exc\u00e9dent de 130% par rapport \u00e0 la moyenne annuelle nationale<br \/>&#8211; Le taux de remplissage global des barrages est pass\u00e9 de 27,6% \u00e0 70,7%. Il d\u00e9passe les 80% au niveau de 37 barrages dont 13 ont m\u00eame d\u00e9vers\u00e9<br \/>&#8211; Cela lib\u00e8re des dotations suppl\u00e9mentaires pour l\u2019irrigation<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abCette \u00e9volution intervient \u00e0 un moment cl\u00e9 du cycle des cultures, en particulier pour les c\u00e9r\u00e9ales qui entrent dans une phase d\u00e9terminante pour les rendements\u00bb, explique Mohamed Taher Sra\u00efri, sp\u00e9cialiste des syst\u00e8mes de polyculture-\u00e9levage et professeur \u00e0 l\u2019Institut agronomique et v\u00e9t\u00e9rinaire Hassan II.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les c\u00e9r\u00e9ales constituent l\u2019un des principaux indicateurs de la dynamique de la campagne agricole. Elles occupent les superficies les plus importantes et structurent l\u2019activit\u00e9 agricole dans de nombreuses r\u00e9gions rurales, fait-il remarquer.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/economie\/de-la-secheresse-au-surplus-pourquoi-la-politique-agricole-doit-sadapter-a-la-nouvelle-donne_5H5G7JTLFNET7JLMZL7JWXM3FQ\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">De la s\u00e9cheresse au surplus: pourquoi la politique agricole doit s\u2019adapter \u00e0 la nouvelle donne hydrique<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abNous sommes dans la phase de formation des \u00e9pis. C\u2019est maintenant que tout se joue. Une grande partie du rendement se d\u00e9cide \u00e0 ce stade\u00bb, poursuit-il. On apprend ainsi que les pr\u00e9cipitations enregistr\u00e9es au mois de mars interviennent \u00e0 un moment d\u00e9terminant du cycle v\u00e9g\u00e9tatif. Elles devraient soutenir le remplissage des grains et stabiliser les perspectives de production. Les observations de terrain confirment, par ailleurs, cette \u00e9volution.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les parcelles pr\u00e9sentent toutefois des situations diff\u00e9rentes selon les dates de semis. Certaines cultures ont \u00e9t\u00e9 implant\u00e9es pr\u00e9cocement, tandis que d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 sem\u00e9es plus tardivement en raison du retard des pluies. Malgr\u00e9 ces diff\u00e9rences, l\u2019\u00e9tat global des cultures appara\u00eet plus favorable que lors des campagnes pr\u00e9c\u00e9dentes. \u00abDe mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le monde rural est dans un meilleur \u00e9tat\u00bb, souligne l\u2019agronome.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Le Maroc vu du ciel selon des images satellitaires r\u00e9colt\u00e9es par Copernic.\" class=\"c-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/https:\/\/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com\/le360\/7JPFQTYGYRCRTDONCLXGQCHPDA.jpg\" width=\"768\" height=\"100%\"\/><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Selon les estimations de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des n\u00e9gociants en c\u00e9r\u00e9ales et l\u00e9gumineuses, relay\u00e9es par <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/ar\/business\/PTIYF5463BPMLL5ICYMHILK3QU-2026-02-16\/\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.reuters.com\/ar\/business\/PTIYF5463BPMLL5ICYMHILK3QU-2026-02-16\/\" target=\"_blank\">Reuters<\/a>, la production nationale pourrait varier entre 8 et 9 millions de tonnes au terme de la campagne en cours, dont pr\u00e8s de 5 millions de tonnes de bl\u00e9 tendre. Moulay Abdelkader Alaoui, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration nationale de la minoterie, estime pour sa part la r\u00e9colte autour de 6 millions de tonnes, un niveau jug\u00e9 suffisant pour alimenter les r\u00e9serves sans interrompre les flux d\u2019importation.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les pr\u00e9cipitations jouent \u00e9galement un r\u00f4le particuli\u00e8rement important dans les zones conduites en r\u00e9gime bour, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9pendantes de la pluviom\u00e9trie. \u00abCes derni\u00e8res pr\u00e9cipitations qu\u2019on a eues notamment au mois de mars vont favoriser la production, surtout les cultures de c\u00e9r\u00e9ales sous un r\u00e9gime bour, c\u2019est-\u00e0-dire qui d\u00e9pend davantage de la pluie\u00bb, explique, de son c\u00f4t\u00e9, Kamal Aberkani, professeur \u00e0 la Facult\u00e9 pluridisciplinaire de Nador et expert en ing\u00e9nierie agronomique.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Dans ces r\u00e9gions non irrigu\u00e9es, la continuit\u00e9 de l\u2019humidit\u00e9 du sol permet aux cultures de poursuivre leur d\u00e9veloppement. \u00abCes pr\u00e9cipitations vont aider ces productions \u00e0 terminer leur cycle. Elles ne vont pas avoir de coupure hydrique\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Sans oublier les cultures irrigu\u00e9es, les cultures fourrag\u00e8res montrent aussi une \u00e9volution favorable. L\u2019avoine et le triticale pr\u00e9sentent un d\u00e9veloppement v\u00e9g\u00e9tatif satisfaisant dans plusieurs r\u00e9gions, note notre interlocuteur. Ces cultures entreront ensuite dans la phase pr\u00e9c\u00e9dant la fauche afin de constituer des stocks fourragers pour la p\u00e9riode estivale, indique Mohamed Taher Sra\u00efri.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019\u00e9volution du couvert v\u00e9g\u00e9tal constitue \u00e9galement un facteur important pour l\u2019\u00e9levage. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de s\u00e9cheresse, de nombreux \u00e9leveurs ont r\u00e9duit leurs troupeaux faute de ressources fourrag\u00e8res. La reprise de la v\u00e9g\u00e9tation pourrait contribuer \u00e0 am\u00e9liorer progressivement les disponibilit\u00e9s alimentaires pour le b\u00e9tail.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019arboriculture pr\u00e9sente elle aussi des signes d\u2019am\u00e9lioration. Les arbres fruitiers de printemps, notamment les p\u00eachers, nectariniers et abricotiers, entrent actuellement dans leur phase de floraison. \u00abLe cycle v\u00e9g\u00e9tatif suit un d\u00e9veloppement normal. Les arbres fruitiers sont en pleine floraison et les pluies ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s b\u00e9n\u00e9fiques\u00bb, d\u00e9taille Mohamed Taher Sra\u00efri.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une \u00e9volution positive, mais pas que&#8230;<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Cette \u00e9volution intervient apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es particuli\u00e8rement difficiles pour les vergers. \u00abLe Maroc a travers\u00e9 sept ann\u00e9es de s\u00e9cheresse. Certains champs ont \u00e9t\u00e9 perdus parce que les arbres ne peuvent pas toujours r\u00e9sister \u00e0 un stress hydrique prolong\u00e9\u00bb, rappelle Kamal Aberkani.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La campagne agricole avait pourtant d\u00e9marr\u00e9 tardivement, puisque \u00able lancement officiel a eu lieu en novembre\u00bb, signale Kamal Aberkani. Le retard des pluies a entra\u00een\u00e9 un d\u00e9calage des semis dans plusieurs r\u00e9gions. \u00abLes agriculteurs ont commenc\u00e9 d\u2019abord \u00e0 semer l\u2019orge, les c\u00e9r\u00e9ales et les cultures fourrag\u00e8res apr\u00e8s les pluies de d\u00e9cembre\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les observations satellitaires confirment cette am\u00e9lioration. \u00abSi l\u2019on analyse l\u2019indice de v\u00e9g\u00e9tation par satellite, le NDVI, on constate un coefficient positif sur l\u2019ensemble du territoire national\u00bb, explique Kamal Aberkani. Cet indicateur traduit une progression du couvert v\u00e9g\u00e9tal apr\u00e8s plusieurs campagnes domin\u00e9es par le d\u00e9ficit hydrique.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/economie\/agriculture-terres-argileuses-pluies-exceptionnelles-la-double-peine-du-gharb-et-du-loukkos_OAZSUAKYJ5F2TN6MR5HLWE27S4\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Agriculture. Terres argileuses, pluies exceptionnelles: la double peine du Gharb et du Loukkos<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Certaines cultures restent toutefois difficiles \u00e0 rattraper, comme la betterave sucri\u00e8re, indique l\u2019expert. Les l\u00e9gumineuses ont en revanche b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la reprise des pluies. \u00abOn a eu des semis de f\u00e8ves et de f\u00e9veroles avec une augmentation des superficies\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les pr\u00e9cipitations ont \u00e9galement produit des effets sur la qualit\u00e9 des sols puisque \u00ables analyses montrent une diminution de la salinit\u00e9\u00bb. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de s\u00e9cheresse, les sels s\u2019\u00e9taient accumul\u00e9s dans les sols. Les pluies ont provoqu\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne de lessivage qui \u00abr\u00e9duit la salinit\u00e9 et favorise l\u2019activit\u00e9 des micro-organismes\u00bb. L\u2019augmentation de l\u2019humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique contribue \u00e9galement \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de croissance des cultures. \u00abL\u2019humidit\u00e9 de l\u2019air s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e, ce qui cr\u00e9e un environnement plus favorable \u00e0 la croissance v\u00e9g\u00e9tale\u00bb, ajoute notre interlocuteur.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Cependant, dans certaines r\u00e9gions, les \u00e9pisodes pluvieux ont toutefois provoqu\u00e9 des d\u00e9g\u00e2ts. Les zones du Gharb et du Loukkos, qui constituent des bassins agricoles importants, ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9es par des inondations localis\u00e9es. Elles concentrent notamment une part importante de la production de fruits rouges et d\u2019agrumes destin\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation. Les crues vont ainsi affecter certaines exploitations.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abIl y a des cultures qu\u2019on peut rattraper et d\u2019autres qu\u2019on ne peut pas rattraper\u00bb, explique l\u2019expert. Les agrumes figurent parmi les productions les plus sensibles. \u00abSi on a des d\u00e9g\u00e2ts sur les agrumes, il faut replanter et attendre cinq ans\u00bb, souligne Kamal Aberkani. Les fraises pr\u00e9sentent \u00e9galement des contraintes agronomiques importantes. C\u2019est pourquoi il plaide pour un renforcement des programmes de s\u00e9lection vari\u00e9tale.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abAvec le changement climatique, le Maroc doit r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une strat\u00e9gie de s\u00e9lection g\u00e9n\u00e9tique pour disposer de vari\u00e9t\u00e9s capables de s\u2019adapter\u00bb, explique Kamal Aberkani.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Il faut aussi penser \u00e0 mettre en place des dispositifs pour soutenir les agriculteurs. \u00abCertaines mesures peuvent aider \u00e0 court terme, comme l\u2019apport d\u2019engrais ou l\u2019appui technique. D\u2019autres r\u00e9ponses rel\u00e8vent du long terme. Par exemple, pour les producteurs qui ont perdu une culture de betterave, il est possible d\u2019encourager des cultures de printemps si l\u2019irrigation au goutte-\u00e0-goutte est disponible. En revanche, pour les agrumes ou les fraises, les solutions sont plus limit\u00e9es \u00e0 court terme\u00bb, pr\u00e9conise-t-il.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"c-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/https:\/\/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com\/le360\/SIB4UT43WNDHZHPDR6BWEUAFMY.jpg\" width=\"768\" height=\"100%\"\/><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pour rappel, lors des \u00e9pisodes de d\u00e9ficit hydrique, les volumes destin\u00e9s \u00e0 l\u2019agriculture ont \u00e9t\u00e9 fortement r\u00e9duits. \u00abQuelque 3,5 milliards de m\u00b3 d\u2019eau \u00e9taient initialement adress\u00e9s \u00e0 l\u2019agriculture\u00bb, a relev\u00e9 le ministre de l\u2019\u00c9quipement et de l\u2019Eau, Nizar Baraka, lors d\u2019un ftour-d\u00e9bat organis\u00e9 par l\u2019Alliance des ing\u00e9nieurs istiqlaliens. Mais les niveaux r\u00e9cents ont \u00e9t\u00e9 nettement inf\u00e9rieurs: \u00abAujourd\u2019hui, sur ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on ne d\u00e9passait pas 1,1 milliard de m\u00b3.\u00bb<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00c9volutions du d\u00e9ficit hydrique par rapport \u00e0 la moyenne annuelle. (Source: minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement et de l\u2019Eau)<\/p>\n<p>Ann\u00e9eD\u00e9ficits par rapport \u00e0 la moyenne annuelle2018-2019-54%2019-2020-71%2020-2021-59%2021-2022-85%2022-2023-66%2023-2024-71<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Face \u00e0 cette contrainte hydrique, les autorit\u00e9s ont d\u00fb \u00e9tablir des priorit\u00e9s dans la r\u00e9partition de l\u2019eau. L\u2019objectif consistait \u00e0 s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement de la population. Cette orientation a eu des cons\u00e9quences sur certaines productions agricoles. Plusieurs exploitations ont d\u00fb revoir leurs cultures. Pas moins de 40.000 hectares de vergers agrumicoles ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s en cinq ans, notamment dans la r\u00e9gion de Taroudant. \u00abEt dans la r\u00e9gion du Souss, la superficie cultiv\u00e9e a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de 40% en raison des capacit\u00e9s hydrauliques limit\u00e9es\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les impacts du d\u00e9ficit hydrique sur l\u2019agriculture. (Source: minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement et de l\u2019Eau)<\/p>\n<p>BassinP\u00e9rim\u00e8treSurface (Ha)SebouGharb114.000MoulouyaTriffa, Bouareg, Zebra, Garet69.307Oum Er-RbiaDoukkala54.000TensiftAl Haouz central, Nfis38.200Souss-MassaSouss40.000<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Il \u00e9voque toutefois que les tensions hydriques persistent. \u00abLa situation s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e, mais les contraintes demeurent\u00bb, pr\u00e9vient-il, tout en notant que les projections climatiques restent pr\u00e9occupantes puisqu\u2019elles \u00abanticipent une baisse de 20% \u00e0 30% des apports en eau \u00e0 l\u2019horizon 2050\u00bb.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abLa politique agricole ne peut donc plus s\u2019organiser autour d\u2019une disponibilit\u00e9 en eau qui n\u2019existera plus. L\u2019allocation par bassin, le choix des cultures et les p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s doivent \u00eatre r\u00e9examin\u00e9s en coh\u00e9rence avec les nouvelles dotations hydriques\u00bb, estime Nizar Baraka.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La campagne agricole en cours \u00e9volue dans un contexte hydrique nettement plus favorable que les pr\u00e9c\u00e9dentes. 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