{"id":40980,"date":"2026-03-12T13:10:09","date_gmt":"2026-03-12T13:10:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/40980\/"},"modified":"2026-03-12T13:10:09","modified_gmt":"2026-03-12T13:10:09","slug":"biodiversite-et-services-ecosystemiques-pourquoi-le-maroc-doit-muscler-sa-protection","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/40980\/","title":{"rendered":"Biodiversit\u00e9 et services \u00e9cosyst\u00e9miques : pourquoi le Maroc doit muscler sa protection"},"content":{"rendered":"<p>Entre richesse end\u00e9mique et menaces d\u2019extinction, le nouveau rapport sur l\u2019\u00c9valuation nationale de la biodiversit\u00e9 et des services \u00e9cosyst\u00e9miques dresse un diagnostic sans concession. Ce document trace les contours d\u2019une urgence nationale : r\u00e9concilier un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement sous pression avec la pr\u00e9servation d\u2019un patrimoine naturel qui, \u00e0 lui seul, s\u00e9questre 23 millions de tonnes de CO2 et fait vivre 38% de la population active.<\/p>\n<p>Le Maroc s\u2019impose comme le deuxi\u00e8me sanctuaire de biodiversit\u00e9 en M\u00e9diterran\u00e9e apr\u00e8s la Turquie, un rang prestigieux qui dissimule aussi une fragilit\u00e9. Pilot\u00e9e par le minist\u00e8re de la Transition \u00e9nerg\u00e9tique et du D\u00e9veloppement durable, l\u2019\u00c9valuation nationale de la biodiversit\u00e9 et des services \u00e9cosyst\u00e9miques (ENBSE) est le fruit d\u2019une mobilisation de 124 experts et 45 organismes.<\/p>\n<p>Ce rapport de r\u00e9f\u00e9rence recense un patrimoine de 25.597 esp\u00e8ces animales et 7.491 esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales. Si la force de ce capital naturel r\u00e9side dans son taux d\u2019end\u00e9misme unique au monde, l\u2019alerte est cependant inqui\u00e9tante : sur les 2.695 esp\u00e8ces \u00e9valu\u00e9es par l\u2019UICN dans le Royaume, 291 sont jug\u00e9es pr\u00e9occupantes et 71 se trouvent en danger critique d\u2019extinction, \u00e0 l\u2019instar du phoque moine et de l\u2019embl\u00e9matique ibis chauve.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9tail, le rapport a chiffr\u00e9 la valeur r\u00e9elle du \u00abservice\u00bb rendu par la nature. Le secteur forestier, \u00e0 lui seul, g\u00e9n\u00e8re une valeur directe de plus de 7 milliards de DH, bien au-del\u00e0 de sa contribution apparente de 0,4% au PIB national. En r\u00e9alit\u00e9, si l\u2019on int\u00e8gre les revenus tir\u00e9s par les populations rurales et le bois combustible, la for\u00eat contribue \u00e0 hauteur de 10% au PIB agricole.<\/p>\n<p>38% de la population d\u00e9pend directement de l\u2019agriculture <br \/>Le rapport souligne que 38% de la population marocaine d\u00e9pend directement de l\u2019agriculture, elle-m\u00eame tributaire de services \u00e9cosyst\u00e9miques invisibles mais vitaux. La d\u00e9gradation des eaux continentales et la pollution (co\u00fbtant 1,26% du PIB pour l\u2019eau et encore plus pour l\u2019air) menacent directement cette stabilit\u00e9 socio-\u00e9conomique, notamment via l\u2019augmentation du prix du poisson et le licenciement d\u2019ouvriers dans le secteur halieutique.<\/p>\n<p>Pour sa part, le diagnostic de l\u2019empreinte \u00e9cologique a calcul\u00e9 cet \u00e9l\u00e9ment au Maroc \u00e0 1,77 hectare global (hag) par habitant, alors que sa biocapacit\u00e9 n\u2019est que de 0,73, r\u00e9v\u00e9lant un d\u00e9ficit \u00e9cologique de 1,04. Cela signifie que le Maroc consomme 2,4 fois plus de ressources que ce que son propre territoire peut produire.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9s\u00e9quilibre se traduit par des pertes s\u00e8ches : la d\u00e9forestation d\u00e9vore 30.000 hectares par an, tandis que l\u2019urbanisation du littoral atlantique atteint un taux de 69%. Les pr\u00e9visions de l\u2019IRES, cit\u00e9es dans le rapport, font \u00e9tat d\u2019un risque de disparition de pr\u00e8s de 22% de la biodiversit\u00e9 nationale \u00e0 l\u2019horizon 2050.<\/p>\n<p>Le changement climatique agit aussi comme un multiplicateur de menaces : une baisse de croissance pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 6% du PIB d\u2019ici 2050 est redout\u00e9e \u00e0 cause de la rar\u00e9faction de l\u2019eau, mettant en p\u00e9ril des agro\u00e9cosyst\u00e8mes entiers.<\/p>\n<p>Seuls 19,5% des SIBE disposent de plans d\u2019am\u00e9nagement et de gestion\u00a0<br \/>Pour ce qui est du r\u00e9seau actuel de protection, il est jug\u00e9 insuffisant et mal r\u00e9parti. Fin 2017, le Maroc ne comptait que 2,67 millions d\u2019hectares prot\u00e9g\u00e9s en milieu terrestre (soit 3,7% du territoire) et \u00e0 peine 175.180 hectares en milieu maritime (0,25 %). De ce fait, le Maroc est loin de la \u00ab\u00a0Cible 3\u00a0\u00bb du Cadre de Kunming-Montr\u00e9al qui fixe un objectif de 30% d\u2019ici 2030.<\/p>\n<p>Le rapport pointe aussi une gestion d\u00e9faillante : bien que le pays dispose de 154 SIBE (Sites d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique et biologique) et 10 parcs nationaux, seuls 19,5% des SIBE disposent de plans d\u2019am\u00e9nagement et de gestion. De plus, aucun site class\u00e9 n\u2019est actuellement reconnu par l\u2019UICN comme r\u00e9pondant strictement \u00e0 la cat\u00e9gorie II (vocation pure de protection), car les droits d\u2019usage et les pressions humaines y restent pr\u00e9dominants.<\/p>\n<p>Les recommandations <br \/>Pour redresser la barre, le rapport appelle \u00e0 une restructuration juridique et institutionnelle imm\u00e9diate. La recommandation phare est l\u2019alignement de la strat\u00e9gie nationale sur les cibles 2030, impliquant la cr\u00e9ation d\u2019un cadre juridique sp\u00e9cifique \u00e0 la protection de la nature, lequel fait cruellement d\u00e9faut avec la Loi 29-05 actuelle. Sur le plan technique, l\u2019urgence est \u00e0 la cartographie compl\u00e8te des \u00e9cosyst\u00e8mes ainsi qu\u2019\u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une base de donn\u00e9es accessible (\u00ab\u00a0Observatoire de la biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>L\u2019ajustement structurel doit passer par une d\u00e9centralisation r\u00e9elle, formant les acteurs locaux \u00e0 la gestion des 64 zones cl\u00e9s pour la biodiversit\u00e9 (ZCB) identifi\u00e9es. Enfin, le financement doit \u00eatre sanctuaris\u00e9 via un fonds d\u00e9di\u00e9, aliment\u00e9 notamment par le principe du \u00ab\u00a0pollueur-payeur\u00a0\u00bb et des m\u00e9canismes de paiement pour services \u00e9cosyst\u00e9miques, et ce, afin de transformer la conservation en une opportunit\u00e9 de d\u00e9veloppement pour les populations rurales.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" id=\"videoThumbnail\" src=\"\" alt=\"Miniature vid\u00e9o\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>\u25b6<\/p>\n<p>  &#13;<br \/>\n    \ud83d\udd0a Activer le son&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a dir=\"LTR\" class=\"alert-main\" href=\"https:\/\/leseco.ma\/business\/guerre-au-moyen-orient-addition-salee-pour-les-exportateurs-marocains.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">&#13;<br \/>\n    &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Entre richesse end\u00e9mique et menaces d\u2019extinction, le nouveau rapport sur l\u2019\u00c9valuation nationale de la biodiversit\u00e9 et des services&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":40981,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[83],"tags":[3789,10814,16749,86,16750],"class_list":{"0":"post-40980","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-maroc","8":"tag-biodiversite","9":"tag-co2","10":"tag-enbse","11":"tag-maroc","12":"tag-services-ecosystemiques"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116216373027491567","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40980","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40980"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40980\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/40981"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40980"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40980"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40980"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}