{"id":42593,"date":"2026-03-13T23:22:24","date_gmt":"2026-03-13T23:22:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/42593\/"},"modified":"2026-03-13T23:22:24","modified_gmt":"2026-03-13T23:22:24","slug":"entre-deux-elections-en-cote-divoire-la-paix-grace-aux-matraques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/42593\/","title":{"rendered":"Entre deux \u00e9lections en C\u00f4te d\u2019Ivoire, la paix gr\u00e2ce aux matraques"},"content":{"rendered":"<p>                                    25 d\u00e9cembre 2025 \u00e0 12h53<\/p>\n<p class=\"dropcap-wrapper\">AbidjanAbidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire).\u2013 \u00ab\u00a0Je constate avec cette \u00e9lection que la paix est revenue\u00a0\u00bb, affirmait au lendemain du scrutin Alassane Ouattara, r\u00e9\u00e9lu pr\u00e9sident de la C\u00f4te d\u2019Ivoire pour la quatri\u00e8me fois le 25 octobre. La paix, oui, mais \u00e0 quel prix\u00a0? Si le nombre de morts en lien avec la campagne et le processus \u00e9lectoral a nettement diminu\u00e9 par rapport au scrutin pr\u00e9c\u00e9dent \u2013 le Conseil national de s\u00e9curit\u00e9 fait \u00e9tat de 11 d\u00e9c\u00e8s, contre 85 lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2020 \u2013, les circonstances de certaines d\u2019entre elles mettent en cause le gouvernement.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas \u00e0 Kami, petit village qui borde Yamoussoukro, capitale de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Paul Konan Kacou, 46 ans, y est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 21 octobre. Selon le procureur de la R\u00e9publique, il se serait oppos\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e0 des individus participant \u00e0 un attroupement sur la voie publique\u00a0\u00bb, qui \u00ab\u00a0obstruaient les acc\u00e8s au village\u00a0\u00bb. Paul Konan Kacou aurait alors \u00ab\u00a0aid\u00e9\u00a0\u00bb la gendarmerie nationale, pr\u00e9sente sur place, avant de recevoir \u00ab\u00a0une pierre \u00e0 la t\u00eate\u00a0\u00bb, jet\u00e9e par les manifestants.<\/p>\n<p>Cette version des faits est vivement contest\u00e9e par les proches du d\u00e9funt. D\u2019apr\u00e8s leurs t\u00e9moignages, les gendarmes seraient entr\u00e9s dans la cour o\u00f9 vivaient Paul Konan Kacou et sa famille, \u00e0 la recherche des jeunes responsables des barricades. Le quadrag\u00e9naire, pris \u00e0 partie, se serait alors enfui. Rapidement attrap\u00e9, il aurait \u00e9t\u00e9 rou\u00e9 de coups de pied, de mousqueton et de matraque, dans une ruelle exigu\u00eb, \u00e0 seulement quelques m\u00e8tres de chez lui, loin des barricades. Selon les t\u00e9moins pr\u00e9sents sur place, il serait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 des suites de ses blessures.<\/p>\n<p>                            A Morof\u00e9, quartier de Yamoussoukro, une maison incendi\u00e9e lors des altercations entre les forces de l\u2019ordre et des opposants.                             \u00a9\u00a0Photo Th\u00e9odore Laurent et Ludivine Blazy pour Mediapart                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 1        <\/p>\n<p>Mediapart a visionn\u00e9 les vid\u00e9os et les photos prises sur le moment par ses proches. Les coups all\u00e9gu\u00e9s n\u2019ont pas pu \u00eatre film\u00e9s, la ruelle \u00e9tant trop \u00e9troite, mais l\u2019on y voit un homme inconscient, que des gendarmes en uniforme tra\u00eenent sur plusieurs m\u00e8tres. Son visage ne peut \u00eatre formellement distingu\u00e9. Mais tous et toutes, soit une quinzaine de personnes, sont unanimes\u00a0: il s\u2019agit bien de Paul Konan Kacou.<\/p>\n<p>D\u2019autres photos, qui auraient \u00e9t\u00e9 prises quelques jours plus tard \u00e0 la morgue par la famille, viennent \u00e9tayer cette version. L\u2019homme qui y figure est difficilement reconnaissable. Son visage et le haut de son corps sont tum\u00e9fi\u00e9s et lac\u00e9r\u00e9s\u00a0; ses dents, ab\u00eem\u00e9es. Aux yeux des villageois\u00b7es, l\u2019id\u00e9e qu\u2019une simple pierre ait pu causer de tels ravages ne tient pas.<\/p>\n<p>D\u00e9rive r\u00e9pressive<\/p>\n<p>Interrog\u00e9, Amadou Coulibaly, ministre de la communication ivoirien, maintient la version des autorit\u00e9s locales et invoque \u00ab\u00a0de faux t\u00e9moignages instrumentalis\u00e9s par l\u2019opposition\u00a0\u00bb, soucieuse de pr\u00e9senter \u00ab\u00a0un r\u00e9gime liberticide, autoritaire, qui tue ses populations\u00a0\u00bb. Tout en rappelant qu\u2019un sous-lieutenant de l\u2019escadron d\u2019Agboville est lui aussi d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en marge de la campagne, le 20 octobre, le ministre reste cat\u00e9gorique\u00a0: \u00ab\u00a0Nous n\u2019avons enregistr\u00e9 aucune mort caus\u00e9e par les forces de l\u2019ordre.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Anticipant des d\u00e9bordements \u00e0 l\u2019approche de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, dans un pays habitu\u00e9 aux violences \u00e9lectorales, qui ont fait pr\u00e8s de 3\u00a0000 morts en 2010, le gouvernement a mobilis\u00e9 un dispositif s\u00e9curitaire d\u2019une ampleur in\u00e9dite\u00a0: 44\u00a0000 hommes d\u00e9ploy\u00e9s \u00e0 travers le pays depuis le 5 octobre, soit 9\u00a0000 de plus qu\u2019en 2020. Cette d\u00e9monstration de force s\u2019est n\u00e9anmoins accompagn\u00e9e d\u2019une d\u00e9rive r\u00e9pressive visant \u00e0 \u00e9touffer toute contestation.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages recueillis aupr\u00e8s des habitant\u00b7es proches des quartiers au sein desquels l\u2019opposition s\u2019est mobilis\u00e9e (notamment \u00e0 Morof\u00e9, pr\u00e8s de Yamoussoukro, le 21 octobre, et \u00e0 Blockhauss, lors de la marche du 8 octobre) font ainsi \u00e9tat de nombreuses violences.\u00a0<\/p>\n<p>Il y a eu une volont\u00e9 assum\u00e9e de dissuader toute vell\u00e9it\u00e9 de contestation.<\/p>\n<p>Un sp\u00e9cialiste des questions s\u00e9curitaires<\/p>\n<p>Les forces de l\u2019ordre seraient entr\u00e9es dans les cours et auraient jet\u00e9 des grenades lacrymog\u00e8nes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame des habitations. Plusieurs personnes, dont des enfants, ont risqu\u00e9 l\u2019asphyxie. \u00c0 Morof\u00e9, le jet d\u2019une grenade lacrymog\u00e8ne aurait m\u00eame d\u00e9clench\u00e9 l\u2019incendie d\u2019une maison. Et ceux qui disent avoir re\u00e7u des coups de matraque et de pied \u00e0 m\u00eame le sol sont ind\u00e9nombrables.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous n\u2019utilisons que des m\u00e9thodes conventionnelles, se d\u00e9fend Amadou Coulibaly. Vous avez vu comment cela se passe en France\u00a0?! S\u2019il y a des d\u00e9rives, cela voudrait dire que nos forces de l\u2019ordre sont d\u00e9bord\u00e9es. Or nous ne faisons qu\u2019augmenter nos effectifs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                            Le pr\u00e9sident ivoirien Alassane Ouattara lors de sa c\u00e9r\u00e9monie d&rsquo;investiture au palais pr\u00e9sidentiel d&rsquo;Abidjan, le 8 d\u00e9cembre 2025.                             \u00a9\u00a0Photo Sia Kambou \/ Pool \/ AFP                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 2        <\/p>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache que, comme le reconna\u00eet le ministre de la communication, rouer de coups un citoyen ne fait pas partie des moyens conventionnels. \u00ab\u00a0C\u2019est fait pour semer la terreur et emp\u00eacher tout mouvement de contestation\u00a0\u00bb, affirme S\u00e9bastien Dano Dj\u00e9dj\u00e9, porte-parole du PPA-CI, parti de l\u2019ancien pr\u00e9sident Laurent Gbagbo. \u00ab\u00a0Les m\u00e9thodes utilis\u00e9es ont pu jouer un r\u00f4le dans la r\u00e9duction des mobilisations, analyse, sous couvert d\u2019anonymat, un sp\u00e9cialiste des questions s\u00e9curitaires. Il y a eu une volont\u00e9 assum\u00e9e de dissuader toute vell\u00e9it\u00e9 de contestation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des mineurs incarc\u00e9r\u00e9s<\/p>\n<p>Dans la continuit\u00e9 de ces violences, plus de 1\u00a0650 personnes ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9es, selon le Conseil national de s\u00e9curit\u00e9, parmi lesquelles des cadres de l\u2019opposition. Plusieurs dizaines ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9cop\u00e9 de peines de prison ferme allant jusqu\u2019\u00e0 trois ans, tandis que les manifestations de l\u2019opposition ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement interdites jusqu\u2019aux l\u00e9gislatives, pr\u00e9vues le 27 d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Le 16 octobre d\u00e9j\u00e0, l\u2019ONG Amnesty International \u00ab\u00a0exhortait les autorit\u00e9s ivoiriennes \u00e0 publier des informations sur les arrestations et les chefs d\u2019accusation retenus contre chaque manifestant\u00b7e arr\u00eat\u00e9\u00b7e, et \u00e0 enqu\u00eater sur tout recours inutile et excessif \u00e0 la force\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Car la r\u00e9pression a \u00e9galement vis\u00e9 de simples participants, parfois mineurs. Dans le d\u00e9partement d\u2019Agboville, situ\u00e9 \u00e0 environ 80 kilom\u00e8tres d\u2019Abidjan, quatre enfants, scolaris\u00e9s en primaire et au coll\u00e8ge, ont \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9s pendant pr\u00e8s de trois semaines. Les autorit\u00e9s leur reprochent d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 une manifestation contre le quatri\u00e8me mandat d\u2019Alassane Ouattara, organis\u00e9e le 19 octobre dans le village de Guessigui\u00e9. Ce rassemblement avait d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en affrontements entre protestataires et forces de l\u2019ordre.<\/p>\n<p>Un enfant de 11\u00a0ans \u00e9voque une d\u00e9tention \u00ab\u00a0difficile\u00a0\u00bb, faite de coups lors de son arrestation et de mauvais traitements.<\/p>\n<p>L\u2019affaire, relay\u00e9e par la presse locale et sur les r\u00e9seaux sociaux, a pris une ampleur consid\u00e9rable. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas parce que vous \u00eates mineur que vous pouvez b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un passe-droit pour violer les lois de votre pays\u00a0\u00bb, avait d\u00e9clar\u00e9 le porte-parole du gouvernement, interpell\u00e9 sur la question. Mais pour les habitants de Guessigui\u00e9, majoritairement proches du PPA-CI, ces interpellations ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0arbitraires\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0violentes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Post\u00e9 devant son petit \u00e9tal en bois, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un auvent improvis\u00e9, M\u2019Bollo replace quelques produits en attendant de rares client\u00b7es. Le commer\u00e7ant, p\u00e8re d\u2019un enfant de 11 ans, se souvient parfaitement de son arrestation. \u00ab\u00a0Quand les gendarmes sont arriv\u00e9s, nous nous sommes enferm\u00e9s dans la maison. Mon fils est sorti pour aller chercher sa s\u0153ur, raconte celui dont une malformation aux jambes limite les d\u00e9placements. Les forces de l\u2019ordre ont vu mon fils et se sont lanc\u00e9es \u00e0 sa poursuite. Elles ont cass\u00e9 la porte et sont all\u00e9es le prendre directement dans sa chambre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                            A Nahio, Aline Bl\u00e9 Djazo tient la photo de son mari, Farass Gomen\u00e9. Depuis sa mort, le 25 octobre, des vid\u00e9os de son corps calcin\u00e9 continuent de circuler sur les r\u00e9seaux sociaux.                             \u00a9\u00a0Photo Th\u00e9odore Laurent et Ludivine Blazy pour Mediapart                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 3        <\/p>\n<p>Le quinquag\u00e9naire assure que l\u2019enfant n\u2019a pris part \u00e0 aucune manifestation, et dit m\u00eame soutenir le parti au pouvoir, le RHDP. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, son fils \u00e9voque de mani\u00e8re lapidaire une d\u00e9tention \u00ab\u00a0difficile\u00a0\u00bb, faite de coups lors de son arrestation et de mauvais traitements. Un t\u00e9moignage similaire a \u00e9t\u00e9 recueilli dans un autre village situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres. Celui-ci fait \u00e9tat de blessures persistantes plusieurs semaines apr\u00e8s la lib\u00e9ration de l\u2019enfant.<\/p>\n<p>Aucune excuse publique ni volont\u00e9 de r\u00e9paration n\u2019ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es par les autorit\u00e9s. D\u2019aucuns consid\u00e8rent pourtant que le billet de sortie \u00e9mis \u00e0 leur intention prouve leur innocence. Celui-ci, consult\u00e9 par Mediapart, mentionne des \u00ab\u00a0troubles \u00e0 l\u2019ordre public\u00a0\u00bb ainsi qu\u2019un \u00ab\u00a0attroupement arm\u00e9\u00a0\u00bb, mais ne mentionne aucune condamnation p\u00e9nale ni amende.<\/p>\n<p>Violences intercommunautaires<\/p>\n<p>La traque des manifestants et des opposants politiques n\u2019a pas permis pour autant d\u2019\u00e9radiquer d\u00e9finitivement la plus grande menace qui p\u00e8se sur la C\u00f4te d\u2019Ivoire depuis la crise politico-militaire de 2002-2011\u00a0: les violences intercommunautaires.<\/p>\n<p>Le village de Nahio, \u00e0 l\u2019ouest du pays, a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d\u2019affrontements mortels opposant les B\u00e9t\u00e9s, identifi\u00e9s comme des sympathisants de Laurent Gbagbo, et les Malink\u00e9s, r\u00e9put\u00e9s proches du parti au pouvoir. Le bilan officiel fait \u00e9tat de trois morts \u2013 dont un a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 br\u00fbl\u00e9 sur un foyer \u00e0 m\u00eame le sol \u2013 appartenant \u00e0 la communaut\u00e9 b\u00e9t\u00e9. Quatorze personnes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es. Parmi elles, un seul membre de la communaut\u00e9 malink\u00e9. Une dizaine de maisons et de boutiques ont par ailleurs \u00e9t\u00e9 pill\u00e9es et incendi\u00e9es.<\/p>\n<p>Ces attaques s\u2019ancrent dans les ranc\u0153urs accumul\u00e9es depuis des ann\u00e9es entre allog\u00e8nes et autochtones, mais aussi dans les diff\u00e9rends politiques qui opposent B\u00e9t\u00e9s et Malink\u00e9s. \u00ab\u00a0Les violences ont commenc\u00e9 parce que les jeunes de l\u2019opposition ont tent\u00e9 d\u2019emp\u00eacher l\u2019acheminement du mat\u00e9riel \u00e9lectoral, affirme une source proche du dossier et du gouvernement. Un agent de la commission \u00e9lectorale ind\u00e9pendante a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9. En retour, les soutiens du pouvoir se sont mobilis\u00e9s.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Le PPA-CI expose une version tout \u00e0 fait diff\u00e9rente des faits, et va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 accuser \u00ab\u00a0une milice\u00a0\u00bb diligent\u00e9e par le RHDP. Un sc\u00e9nario peu cr\u00e9dible d\u2019apr\u00e8s l\u2019expert des questions s\u00e9curitaires pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Les milices sont des structures organis\u00e9es, en place sur une certaine dur\u00e9e, qui jouent un r\u00f4le permanent. Il est plus probable que des populations proches du pouvoir, tout simplement, soient \u00e0 l\u2019origine de ces attaques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quand des sympathisants du parti au pouvoir commettent des exactions, la justice, si rapide lorsqu\u2019il s\u2019agit des opposants, se montre moins efficace.<\/p>\n<p>Un expert d\u2019une ONG<\/p>\n<p>Le 28 octobre, une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 ouverte par le procureur de la R\u00e9publique. Depuis, un homme appartenant \u00e0 la communaut\u00e9 malink\u00e9 a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat de Daloa. Une dizaine d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9s. Mais, selon les habitants de Nahio, plusieurs responsables courent toujours. Th\u00e9odore Vagbeu Bali\u00e9, la cinquantaine, petit fr\u00e8re de l\u2019une des victimes, affirme pourtant avoir reconnu au moins deux de ses agresseurs, vivant \u00e0 quelques m\u00e8tres de chez lui.<\/p>\n<p>                            Th\u00e9odore Vagbeu Bali\u00e9, petit fr\u00e8re de l\u2019une des trois victimes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es le 25 octobre \u00e0 Nahio, devant sa maison int\u00e9gralement d\u00e9truite.                             \u00a9\u00a0Photo Th\u00e9odore Laurent et Ludivine Blazy pour Mediapart                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 4        <\/p>\n<p>Nombreux sont ceux qui d\u00e9noncent \u00ab\u00a0l\u2019impunit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard des communaut\u00e9s qui soutiennent Alassane Ouattara. \u00ab\u00a0On sent une certaine lenteur de la part de l\u2019appareil judiciaire sur cette affaire. Une personne a pourtant fait des vid\u00e9os, en se glorifiant d\u2019avoir attaqu\u00e9 le village, sans \u00eatre arr\u00eat\u00e9e officiellement. Le procureur n\u2019a pas pris la parole, ce qui est contraire \u00e0 ses habitudes\u00a0\u00bb, souligne un membre d\u2019une ONG internationale qui travaille sur l\u2019affaire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand des sympathisants du parti au pouvoir commettent des exactions, la justice, si rapide lorsqu\u2019il s\u2019agit des opposants, se montre moins efficace\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit notre expert. Des accusations vivement d\u00e9menties par une source proche du RHDP, qui rappelle les sanctions judiciaires prises contre des soutiens du RHDP responsables de violences li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle en 2020, notamment \u00e0 Yamoussoukro et \u00e0 Daoukro.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est cependant pas la premi\u00e8re fois que l\u2019impartialit\u00e9 de la justice ivoirienne est remise en cause lorsque des sympathisants du pouvoir sont suspect\u00e9s. En 2020, l\u2019affaire du \u00ab\u00a0Gabka vert\u00a0\u00bb, un minibus dont les occupants avaient \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s de violence lors de la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9lection, avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fray\u00e9 la chronique.<\/p>\n<p class=\"aside-kicker\">\u00c0 lire aussi<\/p>\n<p>                          <a data-smarttag=\"\" data-smarttag-name=\"a_lire_aussi\" data-smarttag-chapter1=\"recirculation\" data-smarttag-chapter2=\"corps_article\" data-smarttag-type=\"navigation\" href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/international\/271025\/en-cote-d-ivoire-alassane-ouattara-est-elu-pour-un-quatrieme-mandat-face-une-opposition-muselee\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">                                En C\u00f4te d\u2019Ivoire, Alassane Ouattara est \u00e9lu pour un quatri\u00e8me mandat face \u00e0 une opposition musel\u00e9e            <\/a>            <\/p>\n<p>                27 octobre 2025                                <\/p>\n<p>                              <a data-smarttag=\"\" data-smarttag-name=\"a_lire_aussi\" data-smarttag-chapter1=\"recirculation\" data-smarttag-chapter2=\"corps_article\" data-smarttag-type=\"navigation\" href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/international\/191025\/cote-d-ivoire-la-croissance-laisse-la-majorite-de-la-population-sur-le-carreau\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">                                C\u00f4te d\u2019Ivoire\u00a0: la croissance laisse la majorit\u00e9 de la population sur le carreau            <\/a>            <\/p>\n<p>                19 octobre 2025                                <\/p>\n<p>Selon Amnesty International, des policiers auraient \u00ab\u00a0permis \u00e0 des groupes d\u2019hommes, qui \u00e9taient pour certains arm\u00e9s de machettes et de gros b\u00e2tons, d\u2019attaquer des manifestant\u00b7es qui protestaient contre la d\u00e9cision du pr\u00e9sident Alassane Ouattara de briguer un troisi\u00e8me mandat\u00a0\u00bb. Une enqu\u00eate avait \u00e9t\u00e9 ouverte pour identifier ces hommes, sans que personne soit ensuite inculp\u00e9. La responsabilit\u00e9 du RHDP dans cette affaire est toujours questionn\u00e9e, notamment en raison de prises de parole publiques contradictoires.<\/p>\n<p>Loin d\u2019apaiser les tensions qui minent l\u2019unit\u00e9 nationale, la r\u00e9pression ciblant les opposants et la lenteur des proc\u00e9dures impliquant les sympathisants du pouvoir risquent d\u2019accentuer les fractures d\u2019un pays encore meurtri par la crise post-\u00e9lectorale de 2010-2011.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"25 d\u00e9cembre 2025 \u00e0 12h53 AbidjanAbidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire).\u2013 \u00ab\u00a0Je constate avec cette \u00e9lection que la paix est revenue\u00a0\u00bb,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":42594,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[154],"tags":[2047,1776,216,2048],"class_list":{"0":"post-42593","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-cote-divoire","8":"tag-afriques","9":"tag-alassane-ouattara","10":"tag-cote-divoire","11":"tag-elections-en-cote-divoire"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116224441897964294","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42593","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42593"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42593\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/42594"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42593"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42593"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42593"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}