{"id":44815,"date":"2026-03-16T09:21:17","date_gmt":"2026-03-16T09:21:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/44815\/"},"modified":"2026-03-16T09:21:17","modified_gmt":"2026-03-16T09:21:17","slug":"la-surveillance-urbaine-a-lere-des-technologies-chinoises-et-russes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/44815\/","title":{"rendered":"la surveillance urbaine \u00e0 l\u2019\u00e8re des technologies chinoises et russes"},"content":{"rendered":"<p>En Alg\u00e9rie, la mont\u00e9e en puissance de la surveillance urbaine s\u2019appuie de plus en plus sur des infrastructures num\u00e9riques et des technologies fournies par des acteurs \u00e9trangers. Cam\u00e9ras intelligentes, centres de donn\u00e9es, outils de reconnaissance faciale ou vocale : cette \u00e9volution, qui s\u2019inscrit dans les projets de modernisation urbaine du pays, place les partenaires chinois et russes au c\u0153ur d\u2019un dispositif officiellement pr\u00e9sent\u00e9 comme un levier de s\u00e9curit\u00e9 et de gestion de la ville.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que met en lumi\u00e8re le rapport \u00ab Smart City Surveillance in Algeria \u00bb, publi\u00e9 en mars 2026 par l\u2019Institute of Development Studies (IDS). L\u2019\u00e9tude montre que l\u2019Alg\u00e9rie a progressivement int\u00e9gr\u00e9 des outils de surveillance de l\u2019espace public dans ses principales villes, mais aussi que cette trajectoire s\u2019accompagne d\u2019un recours croissant \u00e0 des technologies \u00e9trang\u00e8res, dans un cadre juridique consid\u00e9r\u00e9 comme incomplet.<\/p>\n<p>Des technologies \u00e9trang\u00e8res au c\u0153ur du dispositif&#13;\n<\/p>\n<p>Le rapport souligne le r\u00f4le de fournisseurs ext\u00e9rieurs dans la construction de l\u2019architecture de surveillance alg\u00e9rienne. En 2024, Huawei a \u00e9t\u00e9 retenu par le Haut-Commissariat \u00e0 la num\u00e9risation pour cr\u00e9er le Centre national des services num\u00e9riques, un data center destin\u00e9 \u00e0 h\u00e9berger et centraliser les donn\u00e9es nationales dans le pays. L\u2019\u00e9tude rappelle aussi que des travaux de recherche ont associ\u00e9 Huawei et l\u2019entreprise russe Speech Technology Center \u00e0 la fourniture de technologies comprenant notamment des syst\u00e8mes de reconnaissance audio et faciale.<\/p>\n<p>Pour les auteurs, cette place accord\u00e9e aux groupes \u00e9trangers s\u2019inscrit dans une dynamique plus large, observ\u00e9e dans plusieurs pays africains, o\u00f9 les projets de ville intelligente reposent sur des partenariats technologiques avec des entreprises sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019intelligence artificielle, les infrastructures de donn\u00e9es ou les outils biom\u00e9triques.<\/p>\n<p>La mont\u00e9e en puissance progressive de la vid\u00e9osurveillance&#13;\n<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution technologique s\u2019ins\u00e8re dans un mouvement plus ancien. Les premi\u00e8res cam\u00e9ras ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es \u00e0 Alger en 2003, d\u2019abord pour la r\u00e9gulation du trafic et la s\u00e9curit\u00e9 publique. Depuis, le r\u00e9seau s\u2019est fortement \u00e9tendu. Le rapport \u00e9voque entre 3000 et 5000 cam\u00e9ras dans la capitale, environ 1600 \u00e0 Oran, ainsi qu\u2019une extension continue des r\u00e9seaux dans d\u2019autres wilayas comme Constantine, B\u00e9ja\u00efa ou Blida. \u00c0 Alger, un projet de gestion intelligente du trafic pr\u00e9voit en outre l\u2019ajout de 5592 cam\u00e9ras \u00e0 un parc de 1837 unit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 op\u00e9rationnelles en avril 2024.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 en 2017, le projet \u00ab Algiers Smart City\u00bb devait initialement int\u00e9grer des technologies num\u00e9riques dans la gestion de la ville, notamment dans l\u2019eau, le transport et l\u2019\u00e9nergie. Mais le rapport rel\u00e8ve que, dans les faits, la dimension s\u00e9curitaire s\u2019est impos\u00e9e comme l\u2019un des principaux moteurs de cette transformation. \u00ab Si la principale initiative de smart city est rest\u00e9e concentr\u00e9e sur la capitale et pr\u00e9sent\u00e9e comme un projet de modernisation urbaine, le d\u00e9ploiement \u00e0 grande \u00e9chelle des cam\u00e9ras de surveillance a surtout \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 par des imp\u00e9ratifs de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019ordre public \u00bb, souligne l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Le dispositif repose sur une organisation centralis\u00e9e. Le syst\u00e8me national de vid\u00e9osurveillance comprend un centre national plac\u00e9 sous l\u2019autorit\u00e9 de la police, ainsi que des centres au niveau des wilayas, sous la responsabilit\u00e9 des gouverneurs. Les services de gendarmerie et de s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure y ont acc\u00e8s, tandis que la mise en \u0153uvre technique et la maintenance rel\u00e8vent d\u2019un \u00e9tablissement sp\u00e9cialis\u00e9 d\u00e9pendant du minist\u00e8re de la D\u00e9fense.<\/p>\n<p>Une tendance qui s\u2019observe ailleurs en Afrique&#13;\n<\/p>\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas un cas isol\u00e9. Le rapport montre que plusieurs pays africains investissent dans des syst\u00e8mes similaires m\u00ealant cam\u00e9ras intelligentes, reconnaissance faciale, analyse vid\u00e9o et centres de commandement centralis\u00e9s. Au S\u00e9n\u00e9gal, le projet \u00ab Safe City \u00bb, d\u00e9ploy\u00e9 depuis 2019 dans le cadre du programme Smart S\u00e9n\u00e9gal, s\u2019appuie sur un r\u00e9seau de cam\u00e9ras install\u00e9 notamment \u00e0 Dakar, Thi\u00e8s, Touba et Saint-Louis. \u00c0 Dakar, pr\u00e8s de 500 cam\u00e9ras intelligentes \u00e9taient pr\u00e9vues, dont plus de 470 d\u00e9j\u00e0 install\u00e9es, avec des logiciels d\u2019analyse des images collect\u00e9es.<\/p>\n<p>Le Rwanda est \u00e9galement cit\u00e9. \u00c0 Kigali, la surveillance urbaine est int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la strat\u00e9gie nationale de \u00ab smart cities \u00bb, avec un r\u00e9seau de cam\u00e9ras et d\u2019infrastructures num\u00e9riques d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la surveillance de la circulation et de l\u2019espace public. Dans certains projets r\u00e9cents, la capitale utilise des centaines, voire plus d\u2019un millier de cam\u00e9ras connect\u00e9es recourant \u00e0 l\u2019intelligence artificielle et \u00e0 l\u2019analyse vid\u00e9o pour traiter en temps r\u00e9el de grands volumes de donn\u00e9es \u00e0 des fins de s\u00e9curit\u00e9 et de gestion urbaine.<\/p>\n<p>Des gains s\u00e9curitaires mis en avant, un encadrement contest\u00e9&#13;\n<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes pr\u00e9sentent ces technologies comme des outils de lutte contre la criminalit\u00e9, de fluidification du trafic et d\u2019am\u00e9lioration des interventions d\u2019urgence. Le rapport cite par exemple des donn\u00e9es officielles selon lesquelles le syst\u00e8me intelligent de feux de circulation aurait permis de r\u00e9duire les embouteillages de 20 % sur certains axes, tandis que la vid\u00e9osurveillance aurait contribu\u00e9 \u00e0 une baisse de 15 % de la criminalit\u00e9 dans les zones concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9tude insiste surtout sur les limites du cadre de gouvernance. En Alg\u00e9rie, la surveillance de l\u2019espace public repose principalement sur des d\u00e9crets ex\u00e9cutifs, avec peu de clart\u00e9 sur la conservation des donn\u00e9es, leur utilisation ou les voies de recours offertes aux citoyens. L\u2019autorit\u00e9 nationale charg\u00e9e de la protection des donn\u00e9es personnelles existe bien, mais son champ d\u2019action n\u2019inclut pas les syst\u00e8mes de surveillance op\u00e9r\u00e9s par l\u2019\u00c9tat au nom de la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>\u00ab Dans l\u2019ensemble, le syst\u00e8me n\u2019appara\u00eet pas n\u00e9cessaire ni proportionn\u00e9, tant l\u2019absence de transparence, de r\u00e8gles claires et de contr\u00f4le ind\u00e9pendant cr\u00e9e un risque \u00e9lev\u00e9 d\u2019atteintes disproportionn\u00e9es \u00e0 la vie priv\u00e9e \u00bb, conclut le document.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En Alg\u00e9rie, la mont\u00e9e en puissance de la surveillance urbaine s\u2019appuie de plus en plus sur des infrastructures&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":44816,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85],"tags":[58,116,18092,5713,59,9909,15426,12109,18091],"class_list":{"0":"post-44815","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-algerie","8":"tag-58","9":"tag-algerie","10":"tag-chinoises","11":"tag-lere","12":"tag-la-tribune-afrique","13":"tag-russes","14":"tag-surveillance","15":"tag-technologies","16":"tag-urbaine"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116238121935908314","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/44815","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=44815"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/44815\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/44816"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=44815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=44815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=44815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}