{"id":45,"date":"2026-02-04T04:07:37","date_gmt":"2026-02-04T04:07:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/45\/"},"modified":"2026-02-04T04:07:37","modified_gmt":"2026-02-04T04:07:37","slug":"fregates-compactes-ou-croiseurs-de-combat-quels-navires-de-surface-pour-defendre-leurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/45\/","title":{"rendered":"Fr\u00e9gates compactes ou croiseurs de combat : quels navires de surface pour d\u00e9fendre l\u2019Europe\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>\n      Selon la presse italienne, Rome serait sur le point de lancer l\u2019industrialisation du programme DDG\/DDX, destin\u00e9 \u00e0 doter la Marina militare de deux destroyers lourds, en r\u00e9alit\u00e9 des croiseurs. Une orientation comparable \u00e0 celle retenue \u2013 pour l\u2019instant\u00a0\u2013 par l\u2019Allemagne avec le programme F127, mais en rupture avec les choix des Fran\u00e7ais ou des Grecs qui privil\u00e9gient d\u00e9sormais des fr\u00e9gates plus compactes. D\u2019o\u00f9 vient cette divergence doctrinale ? L\u2019un de ces mod\u00e8les est-il mieux adapt\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats europ\u00e9ens ?&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 2025, le minist\u00e8re italien de la D\u00e9fense a annonc\u00e9 le lancement prochain <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/l-italie-poursuit-l-etude-de-son-projet-de-super-destroyers-la-france-pas-interessee\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">du programme DDX<\/a> et son intention de confier la construction de deux destroyers lourds \u00e0 Orizzonte Sistemi Navali (OSN, la joint-venture de Fincantieri et Leonardo). Une proc\u00e9dure n\u00e9goci\u00e9e est donc en cours, et devrait normalement d\u00e9boucher sur une contractualisation pr\u00e9vue le 18 f\u00e9vrier 2026. Le montant du contrat devrait \u00eatre d\u2019environ 2.7 milliards d\u2019euros (hors TVA et hors inflation) pour la construction de ces deux navires polyvalents officiellement destin\u00e9s \u00e0 remplacer les destroyers lance-missiles Luigi Durand de la Penne et Francesco Mimbelli, mis en service en 1993. Le premier a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sarm\u00e9 en octobre 2024 et le second devrait suivre assez rapidement.\u00a0<\/p>\n<p>Sur le plan technique, il est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu que les deux DDX (parfois d\u00e9sign\u00e9s DDX\/DDG) soient d\u00e9riv\u00e9s des <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/la-construction-de-la-premiere-fremm-evo-de-la-marine-italienne-a-debute\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">fr\u00e9gates du type FREMM EVO<\/a>, actuellement en cours de construction. Ils reprendront probablement une grande partie du syst\u00e8me de combat, y compris la suite de d\u00e9tection anti-a\u00e9rienne et anti-sous-marine. Mais l\u00e0 o\u00f9 les FREMM EVO sont des navires d\u2019environ 6500 tonnes, les futurs destroyers italiens devraient probablement d\u00e9placer entre 13.000 et 15.000 tonnes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      L&rsquo;un des premiers concept de DDX, d\u00e9voil\u00e9 en 2020. On y voit huit lanceurs octuples Sylver, seize missiles anti-navires, un canon de 127\u00a0mm et trois canons de 76\u00a0mm.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les caract\u00e9ristiques techniques pr\u00e9cises de cette nouvelle classe \u2013 que certains qualifient d\u00e9j\u00e0 de croiseurs vu le tonnage \u2013 sont pour l\u2019instant inconnues. Au fil des ann\u00e9es, la presse italienne a pu \u00e9voquer l\u2019int\u00e9gration de 8 \u00e0 12 lanceurs octuples Sylver A50 et A70, ainsi que 8 \u00e0 16 missiles antinavires. Les derni\u00e8res estimations de nos confr\u00e8res italiens \u00e9voquent ainsi 80 VLS pour missiles antia\u00e9riens et missiles de croisi\u00e8re, ainsi que 8 (ou 16) missiles antinavires dans des lanceurs horizontaux. Les VLS doivent pouvoir prendre en compte des missiles antia\u00e9riens de la famille Aster ainsi que des missiles de croisi\u00e8re MdCN, tandis que l\u2019armement antinavire sera constitu\u00e9 de Teseo\u00a0Mk2\/E, en attendant l\u2019arriv\u00e9e des futurs missiles antinavires <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/pour-la-lutte-antinavire-les-type-26-britanniques-devraient-miser-sur-le-missile-de-croisiere\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">d\u00e9velopp\u00e9s en coop\u00e9ration par la France, le Royaume-Uni et l\u2019Italie<\/a>.<\/p>\n<p>La densit\u00e9 en VLS pourrait notamment d\u00e9pendre du choix de l\u2019artillerie principale, selon que la Marina Militare s\u2019oriente exclusivement vers des canons de 76 mm ou opte pour un mix de canons de 76 mm et de 127 mm, ce dernier venant sans doute limiter le nombre de lanceurs octuples pouvant \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 l\u2019avant du navire.<\/p>\n<p>France-Italie : les routes se s\u00e9parent<\/p>\n<p>Quels que soient les d\u00e9tails pr\u00e9cis de la configuration adopt\u00e9e pour le programme DDX, on note qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de navires deux fois plus gros que les FREMM EVO en cours de construction, pour une capacit\u00e9 d\u2019emport en missiles trois \u00e0 quatre fois plus \u00e9toff\u00e9e. Ces navires seront \u00e9galement bien plus lourds et puissants que les deux destroyers antia\u00e9riens du <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/la-fregate-italienne-andrea-doria-a-toulon\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">type Orizonte<\/a> (programme franco-italien Horizon) actuellement en service en Italie, que les DDX viendront th\u00e9oriquement compl\u00e9ter, en tant que rempla\u00e7ants des Durand de la Penne.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le programme Horizon\/Orizzonte a permis la conception des classes Forbin et Andrea Doria, utilis\u00e9es respectivement par la France et l&rsquo;Italie. Avec les FREMM, d\u00e9j\u00e0, les communalit\u00e9s entre navires fran\u00e7ais et italiens commen\u00e7aient \u00e0 largement s&rsquo;estomper.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Alors que la France et l&rsquo;Italie ont d\u00e9velopp\u00e9 conjointement une grande partie de leur flotte de surface actuelle, en l\u2019occurrence les Horizon puis les FREMM, le fait que Rome d\u00e9cide de compl\u00e9ter ces b\u00e2timents \u00ab\u00a0par le haut\u00a0\u00bb avec deux destroyers aux allures de croiseurs vient d\u00e9noter avec le choix fran\u00e7ais de s&rsquo;orienter, \u00e0 l&rsquo;inverse, vers les fr\u00e9gates FDI de Naval Group, beaucoup plus compactes que les FREMM (4500 tonnes contre 6300\u00a0tonnes).<\/p>\n<p>Certes, on pourrait arguer que la marine italienne dispose \u00e9galement de b\u00e2timents comparables aux FDI avec les PPA de la classe Thaon di Revell (environ 5000 tonnes), mais ce serait oublier que les FDI disposent de capacit\u00e9s de premier rang (notamment pour la lutte anti-missiles balistiques) que l&rsquo;on ne retrouve pas sur les PPA, mais qui seront par contre au c\u0153ur des DDX. On pourrait aussi ajouter que rien n&#8217;emp\u00eache la France de compl\u00e9ter ou remplacer ses propres Horizon par des navires nettement plus lourds, dans un avenir relativement proche (la Marine nationale pr\u00e9voit le remplacement des Forbin et- Chavalier Paul \u00e0 partir de 2038).<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Pr\u00e9sent\u00e9s initiallement comme des patrouilleurs hauturiers, les PPA\/PHP sont en r\u00e9alit\u00e9s de v\u00e9ritables fr\u00e9gates polyvalentes. Sur de nombreux points, notamment la lutte ASM et la lutte ABM, ces navires restent cependant en retrait par rapport aux FDI fran\u00e7aises, pourtant plus compactes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Mais cette approche semble d\u00e9j\u00e0 rejet\u00e9e par Paris. En novembre dernier, auditionn\u00e9 par la Commission des affaires \u00e9trang\u00e8re, de la d\u00e9fense et des forces arm\u00e9es du S\u00e9nat, le chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la marine, l\u2019amiral Vaujour, a en effet plaid\u00e9 pour la commande de FDI suppl\u00e9mentaires afin de porter le format de la flotte de surface fran\u00e7aise \u00e0 18 unit\u00e9s. Quant aux futurs navires de d\u00e9fense a\u00e9rienne destin\u00e9s \u00e0 remplacer les Horizon, le CEMM a bien \u00e9voqu\u00e9 des navires plus lourds que les FDI, mais qui resteraient dans la classe des 7000-7500 tonnes de d\u00e9placement, d\u2019apr\u00e8s lui. De ses propres mots, les strat\u00e9gies de moyens italienne et fran\u00e7aise prennent aujourd\u2019hui des routes tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Irons-nous vers les croiseurs ? Nous divergeons de la marine italienne sur la strat\u00e9gie de construction. Nous avions coop\u00e9r\u00e9 sur un programme commun, celui de la fr\u00e9gate Horizon. Sur le programme FREMM, nous avons un peu diverg\u00e9 sur les radars. Leur ambition est d\u00e9sormais de construire beaucoup plus gros, un croiseur de bataille de 10.000 tonnes, puis de 14.000 tonnes, quand nous optons pour une unit\u00e9 plus compacte, la FDI de 4500 tonnes\u00a0\u00bb, a dit le chef de la flotte fran\u00e7aise.\u00a0<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, comment expliquer que ces deux marines, dont les besoins convergeaient tant lors de la conception de la pr\u00e9c\u00e9dente g\u00e9n\u00e9ration de navires de combat, prennent aujourd&rsquo;hui des directions radicalement diff\u00e9rentes en mati\u00e8re de tonnage pour leurs unit\u00e9s de premier rang ?<\/p>\n<p>Quelles ambitions en Europe\u00a0?<\/p>\n<p>La question est d&rsquo;autant plus int\u00e9ressante qu&rsquo;elle ne s&rsquo;applique pas qu&rsquo;au seul cas franco-italien. En Europe, la plupart des navires de premier rang en cours de construction ou de conception (F110 espagnole, ASWF belgo-n\u00e9erlandaises&#8230;) conservent des dimensions assez classiques pour des b\u00e2timents de ce type, avec un d\u00e9placement autour de 6500-7000\u00a0tonnes, allant jusqu&rsquo;\u00e0 8000 tonnes pour la T26 britannique, ce qui est tr\u00e8s lourd pour une unit\u00e9 \u00e0 vocation prioritairement anti-sous-marine. N\u00e9anmoins, les ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s en Italie et en France se retrouvent \u00e9galement dans d\u2019autres pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>A l\u2019instar de l\u2019Italie, l\u2019Allemagne s\u2019oriente aujourd\u2019hui vers des b\u00e2timents de premier rang de grandes dimensions. Les nouvelles fr\u00e9gates F126, dont l\u2019armement reste un cran en dessous de celui des FREMM franco-italiennes, devraient d\u00e9placer presque 11.000 tonnes. Les F127 de d\u00e9fense a\u00e9rienne, pour peu qu\u2019elles voient le jour, pourraient, elles, atteindre ou d\u00e9passer les 13.000\u00a0tonnes, ce qui leur permettrait d\u2019embarquer pas moins de 96\u00a0cellules de lancement vertical.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Avec les F127, la marine allemande esp\u00e8re disposer de navires lourds embarquant une centaine de missiles. L&rsquo;avenir du programme reste cependant incertain \u00e0 l&rsquo;heure actuelle.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, la compacit\u00e9 de la FDI fran\u00e7aise a d\u00e9j\u00e0 convaincu la marine grecque, et Naval Group esp\u00e8re encore s\u00e9duire la Su\u00e8de, le Danemark ou le Portugal avec son navire de premier rang de moins de 5000\u00a0tonnes \u00e0 pleine charge. Sur ces m\u00eames march\u00e9s, la FDI est en concurrence avec d\u2019autres designs de fr\u00e9gates relativement compactes, notamment la Type\u00a031 britannique (5700\u00a0tonnes) au Danemark et en Su\u00e8de, ce dernier design s\u2019\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 impos\u00e9e en Pologne.<\/p>\n<p>Les \u00e9quations \u00e9conomiques derri\u00e8re le tonnage des navires<\/p>\n<p>A premi\u00e8re vue, il appara\u00eet que des navires plus compacts, et donc moins chers, sont plus faciles \u00e0 exporter, expliquant leur pr\u00e9sence dans tant de comp\u00e9titions internationales, mais aussi des choix de conception prenant en compte, d\u00e8s l\u2019origine, la future comp\u00e9titivit\u00e9 commerciale des navires. Au S\u00e9nat, l\u2019amiral Vaujour d\u00e9clarait ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0je ne suis pas un partisan des gros croiseurs. Je pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;agilit\u00e9. Si l&rsquo;on regarde l&rsquo;\u00e9quation \u00e9conomique : tr\u00e8s peu de marines pourront se payer de tels navires, quand la fr\u00e9gate de 5000 tonnes para\u00eet beaucoup plus accessible. D&rsquo;ailleurs, la FDI int\u00e9resse beaucoup. Bien qu&rsquo;elle n&rsquo;ait pas remport\u00e9 le contrat norv\u00e9gien : elle correspond aux besoins.\u00a0\u00bb De quoi justifier le d\u00e9veloppement de navires comme la FDI ou la T31, dont les dimensions ma\u00eetris\u00e9es permettent \u00e0 la fois de r\u00e9pondre aux besoins op\u00e9rationnels nationaux et aux contraintes budg\u00e9taires, notamment \u00e0 l\u2019exportation.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      La fr\u00e9gate grecque Kimon (FDI). \u00a0Ce navire a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour pouvoir s\u00e9duire le march\u00e9 de l&rsquo;exportation sans transiger sur les capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles r\u00e9clam\u00e9es par la Marine nationale.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9quation \u00e9conomique, justement, n\u2019est pas toujours aussi simple qu\u2019il y para\u00eet. Certes, les deux DDX pr\u00e9vus pour la marine italienne devraient co\u00fbter environ 3 milliards d\u2019euros, contre 1.5 milliard d\u2019euros pour l\u2019acquisition de deux FREMM EVO. Soit le double du prix pour des navires deux fois plus lourds.<\/p>\n<p>Cependant, il faut aussi prendre en compte le fait qu\u2019un navire deux fois plus lourd (DDX vs FREMM EVO) pourra emporter trois, quatre ou m\u00eame cinq fois plus d\u2019armes qu\u2019une fr\u00e9gate standard. Concr\u00e8tement, les DDX pourraient emporter 80 VLS (potentiellement 96), l\u00e0 ou une FREMM italienne embarque g\u00e9n\u00e9ralement 16 ou 32 VLS. Si la puissance de feu instantan\u00e9e sur un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9ration est un \u00e9l\u00e9ment jug\u00e9 essentiel par l\u2019amiraut\u00e9, alors un navire lourd de type croiseur prend tout son sens.<\/p>\n<p>Concentration vs ubiquit\u00e9\u00a0: comment utiliser au mieux sa flotte de surface\u00a0?<\/p>\n<p>Pour les marines, tout d\u00e9pend donc des effets tactiques recherch\u00e9s, et notamment du choix qui doit \u00eatre fait entre la concentration et la dispersion des moyens, et notamment de la capacit\u00e9 de feu. Pour reprendre la comparaison entre la France et l\u2019Italie, il faut garder en t\u00eate que \u2013\u00a0sch\u00e9matiquement\u00a0\u2013 un unique DDX italien fera le poids de trois FDI fran\u00e7aises, et qu\u2019il co\u00fbtera le prix de deux de ces fr\u00e9gates.<\/p>\n<p>Pour un d\u00e9placement de 14.000 ou 15.000 tonnes, la marine italienne disposera ainsi d\u2019une centaine de missiles (80 \u00e0 96 VLS + 8 \u00e0 16 missiles antinavires) install\u00e9s sur un unique DDX. Pour la m\u00eame masse, la Marine nationale pourra disposer de trois FDI embarquant, au cumul, 96\u00a0VLS et 24 missiles antinavires, pour peu que les navires soient pleinement \u00e9quip\u00e9s. Et si l\u2019on parle \u00e0 budget constant, celui d\u2019un unique DDX, la France pourra toujours s\u2019offrir deux FDI compl\u00e8tes capables d\u2019embarquer 64\u00a0VLS et 16 missiles antinavires.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Pour des raisons budg\u00e9taires, les premi\u00e8res FDI fran\u00e7aises ont \u00e9t\u00e9 command\u00e9es avec seulement deux lanceurs octuples Sylver\u00a0A50. La dotation en VLS devrait cependant \u00eatre port\u00e9e ult\u00e9rieurement \u00e0 32 cellules pour toutes les FDI. Mais au-del\u00e0 du nombre de VLS se pose la question de leur remplissage, et du stock de missiles disponibles pour l&rsquo;ensemble de la flotte.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 budget \u00e9quivalent, un gros destroyer a l\u2019avantage de pouvoir offrir une bien plus grande capacit\u00e9 de feu, aussi bien offensive que d\u00e9fensive. Mais cette capacit\u00e9 de feu est concentr\u00e9e sur un point unique, l\u00e0 o\u00f9 des fr\u00e9gates plus petites disposent au final d\u2019une puissance de feu moindre, mais dispers\u00e9e sur plusieurs navires. Cette dispersion permet alors d\u2019intervenir simultan\u00e9ment sur un plus grand nombre de th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Sur le plan de la r\u00e9silience, il faut \u00e9galement consid\u00e9rer que des navires de premier rang plus compacts offrent une certaine redondance lorsque la flotte doit subir des chantiers de maintenance ou de modernisation \u00a0&#8211; ou si, l\u2019histoire l\u2019a montr\u00e9, un ou plusieurs navires devai(en)t \u00eatre coul\u00e9(s) ou mis hors de combat suite aux coups adverses ou \u00e0 un accident. Pour des marines aux ambitions globales, mais aux budgets contraints, comme c\u2019est le cas de la Marine nationale et de la Royal Navy, cette derni\u00e8re approche appara\u00eet aujourd\u2019hui comme la plus pertinente, et celle d\u00e9fendue logiquement par les \u00e9tats-majors.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le HMS Sheffield lors de la guerre des Malouines. Ce conflit a rappel\u00e9 qu&rsquo;un navire frapp\u00e9 par un missile adverse, qu&rsquo;il coule ou non, se retrouve bien souvent hors de combat. Si un croiseur de combat peut embarquer un plus grand nombre de syst\u00e8mes d\u00e9fensifs, sa puissance de feu offensif en fait \u00e9galement une cible de choix pour n&rsquo;importe quel adversaire.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, des forces navales aux ambitions plus r\u00e9gionales, comme c\u2019est le cas de l\u2019Italie, pourraient tirer profit de b\u00e2timents plus gros et plus lourdement arm\u00e9s, d\u2019autant plus si ces derniers s\u2019inscrivent au sein de flottes de surface d\u00e9j\u00e0 bien dot\u00e9es en fr\u00e9gates conventionnelles. D\u00e9ploy\u00e9 en Adriatique, en M\u00e9diterran\u00e9e orientale ou dans la mer Rouge, un b\u00e2timent de la gamme du DDX pourrait ainsi offrir une importante capacit\u00e9 de protection (et de dissuasion conventionnelle) dans la dur\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 la fois \u00e0 son autonomie en carburant et \u00e0 sa lourde dotation en armement. Un usage qui le rapproche effectivement de celui d\u2019un croiseur, plut\u00f4t que d\u2019un destroyer (ou contre-torpilleur, dans la nomenclature italienne).\u00a0<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 les fr\u00e9gates misent sur leur agilit\u00e9 et leur mobilit\u00e9, les croiseurs tablent plut\u00f4t sur leur puissance brute et leur capacit\u00e9 \u00e0 encaisser le choc de l\u2019adversaire, y compris sur un temps assez long. La marine italienne disposant d\u00e9j\u00e0 d\u2019une flotte cons\u00e9quente de fr\u00e9gates et de destroyers (2 Orizzonte, 10 FREMM et bient\u00f4t 7 PPA\u2026), il sera donc int\u00e9ressant de voir comment elle compte employer la puissance de feu de ses futurs DDX.<\/p>\n<p>Ces derniers seront-ils surtout employ\u00e9s au sein de groupes a\u00e9ronavales et amphibies, \u00e0 la mani\u00e8re de destroyers survitamin\u00e9s\u00a0? Ou bien se verront-ils conf\u00e9rer des r\u00f4les de \u00ab\u00a0capital ship\u00a0\u00bb, avec \u00e9ventuellement des fonctions de navire amiral, notamment pour le contr\u00f4le de zones a\u00e9romaritimes, voire pour la r\u00e9alisation de navigations autonomes \u00e0 tr\u00e8s longue distance\u00a0?<\/p>\n<p>La probl\u00e9matique des ressources humaines<\/p>\n<p>On le voit, les consid\u00e9rations tactiques et \u00e9conomiques semblent conduire les marines aux ambitions globales \u00e0 souvent se diriger vers des navires de premier rang offrant un bon \u00e9quilibre entre puissance de feu et nombre de plateformes disponibles, amenant \u00e0 des design de fr\u00e9gates et de destroyers compris g\u00e9n\u00e9ralement entre 5000 et 7000\u00a0tonnes (un peu moins pour les FDI, un peu plus pour les T26) selon les usages.<\/p>\n<p>Mais au-del\u00e0 des consid\u00e9rations tactiques, et en continuant \u00e0 analyser les \u00e9quations \u00e9conomiques, les gros navires de surface semblent tout de m\u00eame pr\u00e9senter un avantage ind\u00e9niable\u00a0: \u00e0 puissance de feu \u00e9quivalente, ou m\u00eame \u00e0 prix \u00e9quivalent, ils requi\u00e8rent moins de ressources humaines que des fr\u00e9gates conventionnelles.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      L&rsquo;un des tous premiers concepts de DDX\/DDG d\u00e9voil\u00e9 par la Marina Militare. Bien que deux fois plus lourd qu&rsquo;une FREMM, les DDX devraient se contenter d&rsquo;une augmentation d&rsquo;\u00e9quipage de l&rsquo;ordre de 50\u00a0% par rapport aux fr\u00e9gates actuelles.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Lorsque le concept du DDX a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre d\u00e9voil\u00e9 en 2020, la marine italienne \u00e9voquait un \u00e9quipage d\u2019environ 300 personnes pour armer ses nouveaux destroyers lourds (10.000\u00a0tonnes \u00e9voqu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque, plus de 14.000\u00a0tonnes aujourd\u2019hui). Par comparaison, en situation op\u00e9rationnelle, une FREMM italienne embarque environ 200\u00a0personnes, \u00e9quipage, sp\u00e9cialistes de mission et d\u00e9tachement a\u00e9rien compris. Ainsi, les deux DDX co\u00fbteraient le prix de quatre FREMM, embarqueraient l\u2019armement de cinq ou six FREMM, mais ne monopoliseraient que l\u2019\u00e9quivalent de trois \u00e9quipages de FREMM. Un calcul qui s\u2019explique d\u2019autant plus facilement qu\u2019il est probable que le d\u00e9tachement a\u00e9rien (deux h\u00e9licopt\u00e8res), la suite de lutte anti-sous-marine ou encore les radars des DDX soient identiques \u2013\u00a0ou en tous cas tr\u00e8s similaires\u00a0\u2013 \u00e0 ceux des FREMM EVO.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 \u00e0 ce sujet par Mer et Marine \u00e0 l&rsquo;occasion de la Conf\u00e9rence naval de Paris 2026, le nouveau chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la marine italienne, l&rsquo;amiral Bergotto, nous a ainsi confirm\u00e9 l&rsquo;importance de la question des ressources humaines dans la conception des nouveaux navires italiens\u00a0:<\/p>\n<p>La marine italienne, comme beaucoup de marines europ\u00e9ennes, souffre d&rsquo;un manque de ressources humaines. Nous essayons naturellement de r\u00e9duire et d&rsquo;optimiser la taille des \u00e9quipages des futurs destroyers de la Marina Militare, en misant sur l&rsquo;automatisation ou les effets d&rsquo;\u00e9chelle. Les enjeux de ressources humaines rejoignent aussi ceux de la modularit\u00e9 des navires: nous devons \u00eatre en mesure de pouvoir embarquer des compl\u00e9ments \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipage en fonction des missions secondaires, des modules de mission, des th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;op\u00e9ration. Mais bien s\u00fbr, il y a des limites \u00e0 la r\u00e9duction des \u00e9quipages, notamment afin de disposer d&rsquo;une masse critique suffisante pour pouvoir g\u00e9rer des avaries au combat notamment.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, on le comprend, pour une force navale qui souhaite disposer d\u2019une puissance de feu importante mais qui a de fortes contraintes en mati\u00e8re de ressources humaines, une plateforme lourde peut appara\u00eetre comme une solution de compromis int\u00e9ressante, voire n\u00e9cessaire. En tout \u00e9tat de cause, c\u2019est peut-\u00eatre une des raisons qui rend le DDX si attrayant pour la marine italienne, qui ne cache pas ses probl\u00e9matiques de recrutement.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      La FREMM EVO devrait servir de base de travail pour la conception du syst\u00e8me de combat des DDX\/DDG. L&rsquo;uniformisation des syst\u00e8mes d&rsquo;arme, des syst\u00e8mes de combat et des syst\u00e8mes de conduite des navires permet de simplifier l&rsquo;\u00e9quation RH pour les marines.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ainsi, en mars 2025, l\u2019amiral Credendino, alors chef de la marine italienne, d\u00e9clarait\u00a0que \u00ab\u00a0les marines fran\u00e7aise et britannique, qui ont un nombre de navires similaire au n\u00f4tre, comptent 10.000 personnes de plus dans leurs rangs. Nous en sommes rest\u00e9s \u00e0 30.000 marins, ce qui a un impact sur la r\u00e9silience des \u00e9quipages qui restent en mer pendant des mois et sur la vie de leurs familles, m\u00eame si tous reviennent enthousiastes de leurs missions. Je pense qu&rsquo;il serait opportun d&rsquo;augmenter les effectifs \u00e0 39.000 personnes\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La marine allemande, qui devrait conna\u00eetre une croissance substantielle dans les prochaines ann\u00e9es, conna\u00eet \u00e9galement des probl\u00e9matiques RH similaires, ce qui pourrait contribuer \u00e0 expliquer sa pr\u00e9f\u00e9rence pour des unit\u00e9s de surface lourdes mais fortement automatis\u00e9es. Cette tendance peut aussi s\u2019observer dans d\u2019autres marines ayant de fortes pressions RH, comme en Cor\u00e9e du Sud et au Japon, m\u00eame si le contexte op\u00e9rationnel y est suffisamment diff\u00e9rent pour que s\u2019arr\u00eate ici cette comparaison.<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, m\u00eame si la Marine nationale doit \u00e9galement composer avec ses propres probl\u00e9matiques de recrutement, elle s\u2019av\u00e8re aujourd\u2019hui en mesure d\u2019armer pleinement ses navires de combat, et m\u00eame de doubler les \u00e9quipages d&rsquo;un certain nombre d\u2019entre eux. D\u00e8s lors, pour la France, les ressources humaines ne sont pas forc\u00e9ment un goulet d\u2019\u00e9tranglement, ni la principale contrainte \u00e9conomique.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      La Marine nationale dispose de suffisamment de ressources humaines pour fournir un double \u00e9quipage \u00e0 certaines de ses principales unit\u00e9s combattantes. Ainsi, pour la France, le goulet d&rsquo;\u00e9tranglement ne se situe pas au niveau des ressources humaines, mais bien au niveau du nombre de coques disponibles pour sa flotte de surface.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Adapter les designs aux besoins op\u00e9rationnels<\/p>\n<p>Pour le moment, nous nous sommes employ\u00e9s \u00e0 comparer deux strat\u00e9gies d\u2019\u00e9quipement en nous focalisant sur la puissance de feu offerte par chaque approche, et sur les contraintes \u00e9conomiques qui y sont li\u00e9es. Ainsi, en r\u00e9duisant la taille de ses fr\u00e9gates sans transiger sur la capacit\u00e9 d\u2019emport en armement, la France entend disposer \u2013\u00a0\u00e0 co\u00fbt \u00e9quivalent\u00a0\u2013 d\u2019une flotte plus flexible, bas\u00e9e sur un plus grand nombre de coques capables d\u2019op\u00e9rer simultan\u00e9ment sur plusieurs th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration. A l\u2019inverse, en consacrant une partie de leurs ressources \u00e0 la construction de grandes unit\u00e9s de premier rang, les marines italienne ou allemande vont sacrifier un peu de leur flexibilit\u00e9 pour obtenir une plus grande puissance de feu ponctuelle, tout en pr\u00e9servant leurs ressources humaines.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la question de la puissance de feu et de sa r\u00e9partition ne doit pas \u00eatre le seul crit\u00e8re qui entre en jeu dans la conception d\u2019une plateforme de combat. En effet, les fr\u00e9gates et destroyers modernes sont par d\u00e9finition des unit\u00e9s polyvalentes. Si le nombre de missiles et la vari\u00e9t\u00e9 des capteurs embarqu\u00e9s donne une bonne mesure des capacit\u00e9s de lutte antia\u00e9rienne, antinavire et anti-sous-marine, ou m\u00eame de frappe en profondeur vers la terre, les b\u00e2timents de premiers rangs doivent aussi pouvoir d\u00e9ployer des commandos, \u00e9vacuer des ressortissants, intervenir lors de catastrophes humanitaires ou bien encore r\u00e9colter du renseignement \u00e9lectromagn\u00e9tique. Ces diff\u00e9rentes missions vont \u00e9galement venir impacter les choix de conception et, in fine, la taille des plateformes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Les fr\u00e9gates de la classe Niedersachsen (F126) disposent d&rsquo;un armement fixe relativement l\u00e9ger pour des navires de pr\u00e8s de 11.000\u00a0tonnes. Toutefois, leur important volume leur offre une grande autonomie de mission, et leur permet d&#8217;embarquer diff\u00e9rents modules adapt\u00e9s aux op\u00e9rations de longue endurance.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Sch\u00e9matiquement, un navire plus gros dispose souvent de plus de volume interne pour de l\u2019\u00e9quipement de mission. Il peut embarquer plus d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res, ou bien des h\u00e9licopt\u00e8res plus lourds, et dispose g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une drome mieux fournie, avec des embarcations annexes plus nombreuses ou mieux dimensionn\u00e9es. De fait, un b\u00e2timent de combat lourd peut embarquer plus d\u2019\u00e9quipements pour les forces sp\u00e9ciales, prendre en charge plus de bless\u00e9s ou de r\u00e9fugi\u00e9s lors d\u2019une crise humanitaire, \u00e9vacuer plus de ressortissants\u2026<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, \u00e0 budget \u00e9quivalent, une flotte constitu\u00e9e d\u2019un nombre plus \u00e9lev\u00e9 de navires plus petits pourra op\u00e9rer plus longuement sur un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9ration, ou bien d\u00e9poser des commandos selon plusieurs axes d\u2019approche, et maintenir une \u00e9coute \u00e9lectronique sur plusieurs points en simultan\u00e9. Ainsi, encore une fois, il n\u2019y a pas forc\u00e9ment de doctrine d\u2019emploi qui soit fondamentalement meilleure que l\u2019autre. Le principal est que le dimensionnement des navires et de la flotte elle-m\u00eame r\u00e9ponde aux besoins mais aussi aux contraintes sp\u00e9cifiques de la marine cliente.<\/p>\n<p>Faire \u00e9voluer l\u2019armement des flottes de surface<\/p>\n<p>Cet adage est \u00e9galement valable lorsque l\u2019on \u00e9voque le potentiel d\u2019\u00e9volution \u00e0 long terme des flottes de surface. Pour la marine italienne, le d\u00e9veloppement des DDX r\u00e9pond ainsi \u00e0 un besoin affich\u00e9 de disposer d\u2019une plateforme de combat lourde con\u00e7ue pour \u00eatre \u00e9volutive, et donc pour pouvoir embarquer de futurs syst\u00e8mes d\u2019armes de hautes performances. Sur une plateforme de la taille du DDX, il serait ainsi possible d\u2019int\u00e9grer des armements laser d\u00e9fensifs sans compromettre la dotation du navire.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des armements lourds, outre les missiles antia\u00e9riens Aster, les missiles de croisi\u00e8re MdCN et l<a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/mbda-signe-le-contrat-de-production-des-missiles-antinavires-italiens-teseo-mk2e\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">es missiles antinavires Teseo\u00a0Mk2\/E<\/a>, les autorit\u00e9s italiennes ont \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019utiliser le DDX pour embarquer le missile Aquila de MBDA, destin\u00e9 \u00e0 abattre des missiles hypersoniques. Pour l\u2019heure, toutefois, l<a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/aquila-mbda-va-diriger-un-consortium-pour-un-intercepteur-europeen-contre-les-menaces-hypersoniques\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">e projet Aquila<\/a> n\u2019en est qu\u2019\u00e0 une phase de recherche, sans aucune commande ni programme de d\u00e9veloppement concret. Sa seule \u00e9vocation, toutefois, laisse penser que Rome pourrait \u00eatre pr\u00eate \u00e0 utiliser ses futurs DDX comme vecteur d\u2019int\u00e9gration privil\u00e9gi\u00e9 pour de nouvelles capacit\u00e9s de missiles d\u00e9fensifs ou offensifs.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Vue d&rsquo;artiste de l&rsquo;Aquila, projet de recherche de missile anti-missiles hypersoniques men\u00e9 par MBDA. L&rsquo;Italie semble vouloir soutenir se projet, au point de citer cet armement comme l&rsquo;une des futures capacit\u00e9s des DDX.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Il faut dire que, quelle que soit la configuration d\u2019armement finale des DDX (qu\u2019il s\u2019agisse de 8, 10 ou 12 lanceurs octuples Sylver A50 et A70), ces derniers disposeront de suffisamment de marges de man\u0153uvre pour octroyer une partie de leurs VLS \u00e0 de nouvelles capacit\u00e9s d\u2019armement, voire pour int\u00e9grer ult\u00e9rieurement de nouveaux types de VLS, pour peu que des mesures conservatoires aient \u00e9t\u00e9 prises en ce sens \u00e0 la conception.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;amiral Bergotto, qui r\u00e9pondait aux questions de Mer et Marine, l&rsquo;\u00e9volutivit\u00e9 des nouveaux navires italiens est au coeur des probl\u00e9matiques de conception des nouveaux b\u00e2timents italiens:<\/p>\n<p>Nous devons imp\u00e9rativement concevoir des navires r\u00e9ellement polyvalent, et disposant d&rsquo;un gros potentiel d&rsquo;\u00e9volution. Aujourd&rsquo;hui, entre la conception d&rsquo;un navire et sa mise en service, il peut se passer une dizaine d&rsquo;ann\u00e9e. Mais aussi bien con\u00e7u soit-il, un nouveau navire peut-\u00eatre obsol\u00e8te le lendemain de sa mise en service si jamais une nouvelle menace disruptive est apparue entre-temps. [&#8230; ] Pour nous, les plateformes de surface doivent conserver leur coeur de mission principales \u2013\u00a0anti-sous-marine, antia\u00e9rienne&#8230;\u00a0\u2013 tout en disposant du potentiel pour r\u00e9aliser tout un panel de missions secondaires, dont certaines ne peuvent m\u00eame pas \u00eatre imagin\u00e9es aujourd&rsquo;hui. Cela impose \u00e9videmment d&rsquo;avoir des espaces et des volumes suffisants, mais aussi d&rsquo;avoir un syst\u00e8me de combat moderne capable d&rsquo;int\u00e9grer rapidement de nouvelles fonctionnalit\u00e9s. Et, surtout, nous devons donner plus de place \u00e0 la modularit\u00e9, afin d&rsquo;int\u00e9grer plus rapidement de nouveaux modules de missions, des drones, de nouveaux syst\u00e8mes d\u00e9fensifs, ce genre de choses.<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, sur une fr\u00e9gate l\u00e9g\u00e8re qui n\u2019embarque que 32 missiles \u00e0 lancement vertical, il devient difficile d\u2019implanter une nouvelle cat\u00e9gorie d\u2019armes sans impacter les fonctionnalit\u00e9s d\u00e9fensives (Aster) et offensives (MdCN) essentielles. Certes, les FDI ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues par Naval Group pour \u00eatre modulable, leur conception prenant en compte la possibilit\u00e9 de les rallonger de 9\u00a0m avec un module central capable d&#8217;embarquer des syst\u00e8mes de drones, des modules de mission ou des lanceurs de missiles suppl\u00e9mentaires. Toutefois, cet allongement de la fr\u00e9gate doit \u00eatre pris en compte \u00e0 la commande du navire, et ne peut pas \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 au cours de sa vie op\u00e9rationnelle.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      D\u00e9riv\u00e9es des fr\u00e9gates fran\u00e7aises La Fayette, la classe Formidable singapourienne dispose d&rsquo;un armement \u00e9tendu. Outre 32\u00a0missiles Aster sur la plage avant, ces b\u00e2timents disposent d&rsquo;une \u00ab\u00a0fosse missile\u00a0\u00bb \u00e9tendue entre le radar principal et le mat ECM, capable d&#8217;embarquer jusqu&rsquo;\u00e0 24\u00a0missiles Harpoon, contre 8\u00a0missiles antinavires pour la plupart des navires de ce type. Une FDI agrandie pourrait voir sa puissance de feu augment\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ainsi, pour les fr\u00e9gates conventionnelles comme pour les fr\u00e9gates de taille interm\u00e9diaire, l\u2019\u00e9volution du syst\u00e8me d\u2019armes sur le long terme pourrait passer par des capacit\u00e9s d\u00e9port\u00e9es, en s\u2019appuyant notamment sur des drones d\u2019escorte ou d\u2019accompagnement. Dans plusieurs pays d\u2019Europe, des \u00e9tudes ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but\u00e9 en ce sens.<\/p>\n<p>Ainsi, en France, le projet DANAE vise \u00e9quiper les fr\u00e9gates FREMM et FDI d\u2019un drone de surface arm\u00e9, capable d\u2019embarquer dans l\u2019un des bossoirs pr\u00e9vus pour une embarcation commando ECUME de 9 m\u00e8tres. D\u00e9ploy\u00e9 lors d\u2019un mouillage ou pendant une navigation en pleine mer, ce drone pourra \u00eatre utilis\u00e9 pour contrer diverses menaces (drones, h\u00e9licopt\u00e8res, navires de surface l\u00e9gers, batteries c\u00f4ti\u00e8res\u2026) \u00e0 distance de la fr\u00e9gate.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Seaquest-S de Sirehna\/Naval Group est l&rsquo;un des candidats du programme DANAE, qui doit permettre \u00e0 la Marine nationale d&#8217;embarquer un drone de surface arm\u00e9 \u00e0 bord de ses fr\u00e9gates de premier rang. Un tel engin pourrait int\u00e9grer des senseurs avanc\u00e9s, des armements guid\u00e9s ou m\u00eame des mini-torpilles, afin d&rsquo;\u00e9tendre la sph\u00e8re d&rsquo;action des FREMM et FDI.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Aux Pays-Bas, une approche encore diff\u00e9rente est \u00e0 l\u2019\u00e9tude, celle d\u2019un mini-Arsenal Ship. A travers le programme Multifunctional Support Ship (MSS), la marine n\u00e9erlandaise pr\u00e9voit en effet de se doter de deux navires l\u00e9gers porte-missiles. Bas\u00e9s sur des navires de soutien offshore FSC\u00a05900 de Damen, les MSS feront un peu plus de 50 m\u00e8tres de long, et disposeront d\u2019une capacit\u00e9 d\u2019emport de 250\u00a0tonnes sur le pont arri\u00e8re. Ils embarqueront 24 missiles antia\u00e9riens indo-isra\u00e9liens Barak-ER \u00e0 bord de quatre lanceurs escamotables conteneuris\u00e9s, mais aucun radar ni syst\u00e8me de combat antia\u00e9rien.<\/p>\n<p>La mise en \u0153uvre des missiles d\u00e9pendra donc du syst\u00e8me de combat des fr\u00e9gates que les MSS accompagneront. Si les MSS disposeront initialement d\u2019un \u00e9quipage r\u00e9duit, l\u2019objectif est \u00e0 terme d\u2019enti\u00e8rement automatiser leur fonctionnement, afin qu\u2019ils puissent agir comme des drones d\u2019escorte arm\u00e9s et de reconnaissance \u00e9lectronique au profit des navires de surface, sans avoir besoin d\u2019ajouter \u00e0 ces derniers de nouveaux capteurs ou de de nouveaux lanceurs de missiles.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Bas\u00e9 sur un navire logistique l\u00e9ger mais endurant, le Multifunctional Support Ship envisag\u00e9 par la marine n\u00e9erlandaise doit servir \u00e0 \u00e9tendre la capacit\u00e9 d&#8217;emport en missiles de la flotte de surface sans avoir \u00e0 ajouter de lanceurs \u00e0 bord des navires de premier rang. Il doit \u00e9galement pouvoir servir \u00e0 la reconnaissance avanc\u00e9e, toujours au profit des fr\u00e9gates.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Pour la marine n\u00e9erlandaise, le concept du MSS doit non seulement permettre d&rsquo;\u00e9tendre les capacit\u00e9s d&rsquo;action des fr\u00e9gates actuelles et futures, mais aussi permettre de disposer rapidement de nouvelles capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles qui seraient trop longues \u00e0 int\u00e9grer au sein d&rsquo;un navire de premier rang. Cela nous a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par le commandant de la marine royale n\u00e9erlandaise, le vice-armiral Liebregs, interrog\u00e9 par Mer et Marine le 3\u00a0f\u00e9vrier, en marge de la Conf\u00e9rence navale de Paris\u00a0:<\/p>\n<p>Nous devons nous pr\u00e9parer \u00e0 un conflit dans les prochaines ann\u00e9es. Et pour \u00e7a, nous ne pouvons pas tout miser sur de nouvelles classes de navires de premier rang qui ne seront peut-\u00eatre pas l\u00e0 \u00e0 temps. Il est donc essentiel d&rsquo;obtenir rapidement de nouveaux syst\u00e8mes nous apportant de la masse, de nouvelles plateformes de tir simples et rapides \u00e0 livrer. C&rsquo;est ce que nous visons avec les MSS, qui seront des b\u00e2timents simples, \u00e9quip\u00e9s des capteurs et des armements qui seront disponibles lors de leur entr\u00e9e en service, mais qui pourront \u00e9voluer constamment, et rapidement, pour int\u00e9grer de nouvelles capacit\u00e9s. En fait, ils pourront m\u00eame nous permettre de tester en conditions r\u00e9elles certains syst\u00e8mes qui pourront \u00eatre g\u00e9n\u00e9raliser sur les futurs navires de combat.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>D\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats europ\u00e9ens\u00a0<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, le d\u00e9bat entre fr\u00e9gates compactes et destroyers lourds ne saurait donc \u00eatre tranch\u00e9 de mani\u00e8re binaire. Il refl\u00e8te avant tout des besoins op\u00e9rationnels diff\u00e9rents, li\u00e9s \u00e0 la nature des ambitions strat\u00e9giques poursuivies par chaque marine et chaque pays. Les forces navales \u00e0 vocation globale privil\u00e9gient g\u00e9n\u00e9ralement la dispersion des moyens, la permanence \u00e0 la mer et la capacit\u00e9 \u00e0 couvrir simultan\u00e9ment plusieurs th\u00e9\u00e2tres, l\u00e0 o\u00f9 des marines aux priorit\u00e9s plus r\u00e9gionales peuvent assumer une concentration accrue de la puissance de feu sur un nombre limit\u00e9 de plateformes, capables d\u2019imposer localement un rapport de force favorable sur la dur\u00e9e d\u2019un affrontement.<\/p>\n<p>Ces choix sont \u00e9galement conditionn\u00e9s par des contraintes structurelles propres \u00e0 chaque nation. Les consid\u00e9rations de politique industrielle et d\u2019exportation p\u00e8sent lourdement sur le dimensionnement des navires, les fr\u00e9gates plus compactes offrant un meilleur potentiel commercial et une plus grande attractivit\u00e9 pour des marines aux budgets contraints. L\u2019Italie, qui dispose d\u00e9j\u00e0 de deux lignes de production actives pour des fr\u00e9gates exportables (FREMM et PPA\/PHP), et qui s\u2019autorise m\u00eame \u00e0 revendre d\u2019occasion <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/la-marine-italienne-commande-deux-ppa-pour-compenser-ceux-vendus-a-l-indonesie\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">certaines de ses propres fr\u00e9gates<\/a>, peut d\u00e8s lors se permettre d\u2019allouer une partie de ses moyens de production \u00e0 la construction de navires moins \u00e9vidents \u00e0 commercialiser.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Vue d&rsquo;artiste de la FREMM EVO. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 niveau technologique \u00e9quivalent, qui plus est chez le m\u00eame constructeur, un navire plus l\u00e9ger sera moins cher \u00e0 l\u2019achat et \u00e0 l\u2019usage, ce qui tendrait \u00e0 privil\u00e9gier les navires compacts sur le march\u00e9 international<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, les probl\u00e9matiques de ressources humaines, de plus en plus pr\u00e9gnantes en Europe, peuvent favoriser des unit\u00e9s plus grandes, fortement automatis\u00e9es, permettant de maximiser la puissance militaire d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 effectifs constants. En ce sens, le tonnage d\u2019un navire n\u2019est pas seulement un choix militaire, mais aussi un arbitrage \u00e9conomique, industriel et politique.<\/p>\n<p>Pour autant, cette diversit\u00e9 de formats des navires de premier rang n\u2019est pas n\u00e9cessairement un facteur de fragmentation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne. Elle peut au contraire constituer un atout, en offrant un \u00e9ventail de r\u00e9ponses op\u00e9rationnelles plus large face \u00e0 des menaces de plus en plus vari\u00e9es et \u00e9volutive. Fr\u00e9gates plus ou moins l\u00e9g\u00e8res, destroyers aux allures de croiseurs de combat, navires d\u2019accompagnement porte-missiles ou syst\u00e8mes d\u00e9port\u00e9s sans \u00e9quipage peuvent ainsi s\u2019inscrire dans une logique de compl\u00e9mentarit\u00e9, notamment au sein de groupes navals multinationaux ou lors d\u2019op\u00e9rations conjointes. Cette diversit\u00e9 de plateformes permet \u00e9galement de maximiser les chances de l\u2019industrie navale europ\u00e9enne en g\u00e9n\u00e9ral sur le march\u00e9 de l\u2019exportation.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Les fr\u00e9gates du Type\u00a045 britanniques int\u00e8grent le m\u00eame syst\u00e8me d&rsquo;arme principal que les fr\u00e9gates franco-italiennes Horizon: des missiles Aster\u00a015 et Aster\u00a030. Dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, gr\u00e2ce au programme, les navires des trois nations pourront aussi compter sur une famille commune de missiles de croisi\u00e8re et de missiles antinavires.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Surtout, malgr\u00e9 des choix parfois divergents en mati\u00e8re de plateformes, la continuit\u00e9 des coop\u00e9rations europ\u00e9ennes dans le domaine des armements demeure un point structurant, peut-\u00eatre m\u00eame plus critique qu\u2019une \u00e9ventuelle convergence dans le design des navires. Qu\u2019il s\u2019agisse des missiles antia\u00e9riens Aster, des missiles de croisi\u00e8re MdCN, des futurs intercepteurs de missiles hypersoniques comme Aquila, ou encore des missiles Stratus du <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/pour-la-lutte-antinavire-les-type-26-britanniques-devraient-miser-sur-le-missile-de-croisiere\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">programme FMAN\/FMC<\/a>, la fili\u00e8re munitionnaire europ\u00e9enne constitue aujourd\u2019hui un socle pour les marines fran\u00e7aise, italienne et britannique. Un socle qui garantit non seulement une forte interop\u00e9rabilit\u00e9 entre ces grandes marines europ\u00e9ennes, mais qui permet aussi de renforcer les cha\u00eenes de production de munitions, et donc la souverainet\u00e9 europ\u00e9enne dans ce domaine.<\/p>\n<p>\u00c0 d\u00e9faut d\u2019une standardisation des coques, c\u2019est peut-\u00eatre bien dans cette convergence capacitaire et technologique que se joue, en grande partie, la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats maritimes europ\u00e9ens. Car force est de constater que m\u00eame si la France, l\u2019Italie et le Royaume-Uni divergent de plus en plus sur le design de leurs navires de premier rang, leur coop\u00e9ration en mati\u00e8re de missiles ne s\u2019est jamais aussi bien port\u00e9e qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>\u00a9 Un article de la r\u00e9daction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Selon la presse italienne, Rome serait sur le point de lancer l\u2019industrialisation du programme DDG\/DDX, destin\u00e9 \u00e0 doter&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":46,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[24,38,25,33,26,30,22,31,18,36,29,35,20,23,21,19,27,34,28,37,32],"class_list":{"0":"post-45","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-chantiers","9":"tag-commando","10":"tag-construction-navale","11":"tag-costa","12":"tag-croisiere","13":"tag-dcns","14":"tag-defense","15":"tag-euronaval","16":"tag-europe","17":"tag-fremm","18":"tag-interviews","19":"tag-littoral","20":"tag-marine","21":"tag-marine-nationale","22":"tag-maritime","23":"tag-mer","24":"tag-offshore","25":"tag-peche","26":"tag-reportages","27":"tag-sncm","28":"tag-stx"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/46"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}