{"id":51166,"date":"2026-03-22T06:41:09","date_gmt":"2026-03-22T06:41:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/51166\/"},"modified":"2026-03-22T06:41:09","modified_gmt":"2026-03-22T06:41:09","slug":"letat-devrait-davantage-controler-lintroduction-de-races-exotiques-2-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/51166\/","title":{"rendered":"\u00ab\u2009L\u2019\u00c9tat devrait davantage contr\u00f4ler l\u2019introduction de races exotiques\u2009\u00bb (2\/3)"},"content":{"rendered":"<p>Au S\u00e9n\u00e9gal, la fili\u00e8re caprine peine \u00e0 \u00e9merger comme un secteur autonome, souvent \u00e9clips\u00e9e par l\u2019\u00e9levage ovin ou bovin. Mais au-del\u00e0 de son sous-d\u00e9veloppement organisationnel, un enjeu crucial \u00e9merge : la protection des races locales, menac\u00e9es par des introductions \u00ab\u2009peu incontr\u00f4l\u00e9es\u2009\u00bb de races exotiques. H\u00e9l\u00e8ne Kuhn Ndour, cheffe de projet pour l\u2019am\u00e9lioration de la fili\u00e8re caprine dans les r\u00e9gions de Fatick et Diourbel, alerte sur ce risque et plaide pour une intervention urgente de l\u2019\u00c9tat afin de sauvegarder le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique des caprins locaux.<\/p>\n<p>Depuis 20 ans, H\u00e9l\u00e8ne Ndour travaille sur la valorisation de la ch\u00e8vre locale dans les r\u00e9gions de Fatick et Diourbel. \u00ab\u2009Nous d\u00e9veloppons la fili\u00e8re caprine depuis maintenant 20 ans avec les ch\u00e8vres locales\u2009\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Mais, m\u00eame si elle est pour une am\u00e9lioration des races locales de ch\u00e8vre avec celles venues du Mali, du Niger ou encore d\u2019Afrique du Sud comme cela se fait actuellement, elle plaide pour plus de contr\u00f4le. En effet, pour H\u00e9l\u00e8ne Ndour, l\u2019\u00c9tat doit encadrer l\u2019am\u00e9lioration et prioriser la protection des races locales.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009L\u2019\u00c9tat devrait davantage contr\u00f4ler l\u2019introduction de races caprines exotiques\u2009\u00bb, affirme-t-elle. H\u00e9l\u00e8ne Ndour appelle \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019un programme national d\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique, bas\u00e9 sur les exp\u00e9riences locales. \u00ab\u2009Aujourd\u2019hui, l\u2019\u00c9tat doit mettre en place un r\u00e9el programme d\u2019am\u00e9lioration de la fili\u00e8re caprine s\u00e9n\u00e9galaise au niveau national, en s\u2019appuyant sur les outils existants\u2009\u00bb, soutient-elle.<\/p>\n<p>Selon Mme Ndour, cela inclut une \u00e9valuation rigoureuse des introductions. Car elle estime qu\u2019il faut que l\u2019on mesure aussi les impacts de cette introduction de g\u00e8nes exotiques sur la dur\u00e9e.<\/p>\n<p>En outre, selon la cheffe du Projet d\u2019am\u00e9lioration de la fili\u00e8re caprine dans les r\u00e9gions de Diourbel et Fatick, l\u2019am\u00e9lioration de race chez les caprins doit r\u00e9pondre \u00e0 des crit\u00e8res sp\u00e9cifiques. Elle souligne qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tat actuel, l\u2019\u00e9levage caprin est surtout une t\u00e2che r\u00e9serv\u00e9e aux femmes en milieu rural qui parfois n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 la terre et ont des revenus r\u00e9duits.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, dit-elle, il faudrait que l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique r\u00e9ponde \u00e0 un crit\u00e8re essentiel qui est la consommation moyenne des sujets introduits. Selon elle, l\u2019id\u00e9al est d\u2019avoir des sujets qui produisent plus et consomment moins. Ce qui n\u2019est pas le cas, \u00e0 l\u2019en croire.<\/p>\n<p>\u00c0 cela, elle ajoute le d\u00e9fi de la pr\u00e9servation de la r\u00e9sistance des races locales. Elle souligne que sans r\u00e9gulation, ces croisements risquent de diluer les qualit\u00e9s adaptatives des races locales, r\u00e9sistantes au climat sah\u00e9lien et essentielles pour les \u00e9leveurs ruraux, dont 90 % sont des femmes souvent priv\u00e9es d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre.<\/p>\n<p>Pour Mme Ndour, il faut certes am\u00e9liorer mais pas en fragilisant les races existantes face \u00e0 des affections telles que la pasteurellose, une maladie ravageuse sans vaccin accessible et qui touche beaucoup les caprins. \u00ab\u2009Il n\u2019y a pas de vaccination obligatoire sur la pasteurellose. On a m\u00eame des difficult\u00e9s \u00e0 trouver un vaccin disponible parce que l\u2019Isra ne produit plus\u2009\u00bb, alerte-t-elle, soulignant les mortalit\u00e9s \u00e9lev\u00e9es qui affaiblissent les troupeaux.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces d\u00e9fis majeurs qui se dressent devant l\u2019importation de races caprines, H\u00e9l\u00e8ne Ndour appelle \u00e0 une reconnaissance institutionnelle de la fili\u00e8re caprine. Mme Ndour propose de distinguer la fili\u00e8re de celle ovine.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009Au niveau du minist\u00e8re, on devrait parler de la fili\u00e8re ovine et de la fili\u00e8re caprine. Et dans la fili\u00e8re caprine, il faudrait encore distinguer la partie laiti\u00e8re de la partie embouche afin de mieux prendre en compte l\u2019ensemble des enjeux du secteur\u2009\u00bb, d\u00e9clare H\u00e9l\u00e8ne Ndour.<\/p>\n<p>Car, selon elle, la fili\u00e8re caprine reste \u00ab\u2009tr\u00e8s sous-estim\u00e9e\u2009\u00bb alors qu\u2019elle pourrait sensiblement transformer l\u2019\u00e9conomie rurale gr\u00e2ce \u00e0 une vision sch\u00e9matis\u00e9e de l\u2019\u00c9tat b\u00e2tie sur les besoins sp\u00e9cifiques des ruraux.<\/p>\n<p>\u00a0Assane FALL<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Au S\u00e9n\u00e9gal, la fili\u00e8re caprine peine \u00e0 \u00e9merger comme un secteur autonome, souvent \u00e9clips\u00e9e par l\u2019\u00e9levage ovin ou&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":51167,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[84],"tags":[20129,20130,20131,529,20132,11],"class_list":{"0":"post-51166","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-boucs","9":"tag-caprin","10":"tag-chevres","11":"tag-elevage","12":"tag-ruminants","13":"tag-senegal"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116271467121343908","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51166","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=51166"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51166\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/51167"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=51166"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=51166"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=51166"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}