{"id":52634,"date":"2026-03-23T17:33:09","date_gmt":"2026-03-23T17:33:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/52634\/"},"modified":"2026-03-23T17:33:09","modified_gmt":"2026-03-23T17:33:09","slug":"les-pecheurs-senegalais-accables-face-au-pillage-de-leurs-ressources-actualites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/52634\/","title":{"rendered":"Les p\u00eacheurs s\u00e9n\u00e9galais accabl\u00e9s face \u00ab\u00a0au pillage\u00a0\u00bb de leurs ressources : Actualit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead \">Quand le poisson a commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre des c\u00f4tes s\u00e9n\u00e9galaises, Ibrahima Mar a d&rsquo;abord perdu son moyen de subsistance, puis son propre fils, et avec eux, tout un mode de vie qui faisait vivre sa famille depuis des g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p class=\"lead \">La p\u00eache industrielle et ill\u00e9gale a contribu\u00e9, entre autres facteurs, au d\u00e9clin des ressources halieutiques dans la r\u00e9gion, privant ce pays ouest-africain d&rsquo;un revenu et d&rsquo;une source nutritive essentiels.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Le poisson se fait de plus en plus piller\u00a0\u00bb, explique \u00e0 l&rsquo;AFP ce p\u00eacheur de 55 ans.<\/p>\n<p class=\"lead \">Depuis son village de p\u00eacheurs \u00e0 Rufisque, en banlieue de Dakar, Ibrahima raconte que tout le poisson \u00ab\u00a0est pris sur notre passage. Donc, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;espoir&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"lead \">Les chalutiers de fond et les navires industriels, qui battent g\u00e9n\u00e9ralement pavillon s\u00e9n\u00e9galais mais dont il est difficile de d\u00e9terminer la v\u00e9ritable nationalit\u00e9 des armateurs, exp\u00e9dient leurs prises \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Si vous creusez un peu, la propri\u00e9t\u00e9 effective\u00a0\u00bb des bateaux dans les eaux s\u00e9n\u00e9galaises revient \u00e0 des Espagnols, des Italiens, des Fran\u00e7ais, des Chinois ou des Turcs, entre autres, explique \u00e0 l&rsquo;AFP Bassirou Diarra, responsable pour le S\u00e9n\u00e9gal de la Fondation pour la Justice Environnementale (EJF).<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Non seulement le poisson manque pour le march\u00e9 du S\u00e9n\u00e9gal, pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, mais l&rsquo;argent qui doit revenir pour l&rsquo;\u00e9conomie nationale, l\u00e0 aussi ne revient pas\u00a0\u00bb, souligne ce militant.<\/p>\n<p class=\"lead \">Les pratiques ill\u00e9gales incluent selon lui la p\u00eache en zone interdite, l&rsquo;usage de filets non r\u00e9glementaires ou encore le non-respect des aires marines prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211;  Effondrement &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">Un rapport de l&rsquo;EJF de 2025 souligne que 57% des groupes de poissons exploit\u00e9s au S\u00e9n\u00e9gal sont en situation d&rsquo;effondrement.<\/p>\n<p class=\"lead \">Face \u00e0 la disparition des ressources, de plus en plus de p\u00eacheurs tentent clandestinement la p\u00e9rilleuse route migratoire atlantique vers l&rsquo;Europe. <\/p>\n<p class=\"lead \">Parmi eux, deux des fils d&rsquo;Ibrahima Mar. <\/p>\n<p class=\"lead \">Le premier a r\u00e9ussi la travers\u00e9e. Quelques ann\u00e9es plus tard, son cadet, alors \u00e2g\u00e9 d&rsquo;environ 17 ans, a appel\u00e9 son p\u00e8re: il se trouvait dans une pirogue de 140 personnes en route vers l&rsquo;Espagne. <\/p>\n<p class=\"lead \">La famille a attendu des nouvelles pendant des jours, puis des semaines. Il n&rsquo;est jamais r\u00e9apparu.<\/p>\n<p class=\"lead \">Sur les 700 kilom\u00e8tres de c\u00f4te s\u00e9n\u00e9galaise, les pirogues de bois bariol\u00e9es omnipr\u00e9sentes t\u00e9moignent d&rsquo;une activit\u00e9 essentielle: plus de 82.000 personnes travaillent dans la p\u00eache, soit environ 2% de la population active, selon le dernier recensement.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;une pirogue p\u00eachait avant en deux mois, actuellement cette pirogue peut p\u00eacher pendant plus de 6 \u00e0 7 mois pour avoir ce m\u00eame tonnage\u00a0\u00bb, se lamente Mamadou Diouf S\u00e8ne, pr\u00e9sident de la Commission des recettes du quai de p\u00eache de Rufisque.<\/p>\n<p class=\"lead \">Du charretier au vendeur de glace, en passant par la mareyeuse et la transformatrice, une multitude de professions d\u00e9pendent du secteur.<\/p>\n<p class=\"lead \">Sur le quai, Fatou Seck, poissonni\u00e8re de 39 ans, propose dorades, carpes blanches et mulets.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Les temps sont vraiment durs\u00a0\u00bb, confie \u00e0 l&rsquo;AFP cette m\u00e8re de 6 enfants. Pour \u00ab\u00a0beaucoup d&rsquo;entre nous (&#8230;) ce travail est notre seule source de revenu pour nourrir nos enfants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"lead \">L&rsquo;augmentation du nombre de p\u00eacheurs artisanaux, attir\u00e9s par une profession qui requiert peu de formation, a \u00e9galement contribu\u00e9 au d\u00e9clin de la ressource halieutique. Les estimations du nombre de pirogues varient entre 12.000 et 19.000.<\/p>\n<p class=\"lead \">A cela s&rsquo;ajoute le changement climatique qui pousse les petits poissons p\u00e9lagiques d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest \u2013 des esp\u00e8ces de petite taille, vivant souvent en bancs, qui sont traditionnellement p\u00each\u00e9es par les S\u00e9n\u00e9galais \u2013 \u00e0 se d\u00e9placer vers le nord.<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; \u00ab\u00a0Far West\u00a0\u00bb &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">Les stocks de poissons sont en d\u00e9clin depuis une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es, mais les p\u00eacheurs artisanaux ont vraiment pris conscience du probl\u00e8me lorsque les petits p\u00e9lagiques, comme la sardinelle et le chinchard, ont commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre il y a une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es. <\/p>\n<p class=\"lead \">L&rsquo;id\u00e9e que le S\u00e9n\u00e9gal doive un jour importer du poisson, produit identitaire et ressource naturelle majeure, \u00ab\u00a0est catastrophique\u00a0\u00bb, s&rsquo;affole Ibrahima Mar. <\/p>\n<p class=\"lead \">Cheikh Salla Ndiaye de la Direction de la Protection et de la Surveillance des P\u00eaches estime que la surveillance en mer est \u00ab\u00a0tr\u00e8s difficile\u00a0\u00bb, ajoutant que l&rsquo;agence se fait aider par la marine et l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air. <\/p>\n<p class=\"lead \">Ibrahima a r\u00e9cemment embarqu\u00e9 \u00e0 bord d&rsquo;un navire de Greenpeace avec quatre autres p\u00eacheurs afin d&rsquo;apprendre \u00e0 mieux rep\u00e9rer et d\u00e9noncer la p\u00eache ill\u00e9gale.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Auparavant, on comparait la haute mer au Far West, car il \u00e9tait impossible de savoir ce qui s&rsquo;y passait vraiment\u00a0\u00bb, raconte \u00e0 l&rsquo;AFP Sophie Cooke, analyste sp\u00e9cialis\u00e9e dans les navires de p\u00eache chez Greenpeace, depuis le pont du bateau.<\/p>\n<p class=\"lead \">Mais de nouvelles technologies, notamment les dispositifs de localisation et les radars satellitaires, voire les smartphones que les p\u00eacheurs peuvent utiliser pour prendre des photos et localiser pr\u00e9cis\u00e9ment les bateaux, sont en train de changer la donne, ajoute-t-elle. <\/p>\n<p class=\"lead \">Ce sont des outils qu&rsquo;Ibrahima Mar compte introduire dans sa communaut\u00e9. <\/p>\n<p class=\"lead \">Ses deux fils p\u00eacheurs ayant d\u00e9sormais quitt\u00e9 la maison, l&rsquo;un en Espagne et l&rsquo;autre emport\u00e9 par la mer, le d\u00e9clin du poisson est pour lui une trag\u00e9die intime autant qu&rsquo;\u00e9conomique.<\/p>\n<p class=\"lead \">Quant \u00e0 son troisi\u00e8me fils, il a d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;inscrire dans un centre de formation: \u00ab\u00a0Il est en train d&rsquo;apprendre la soudure m\u00e9tallique.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quand le poisson a commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre des c\u00f4tes s\u00e9n\u00e9galaises, Ibrahima Mar a d&rsquo;abord perdu son moyen de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":52635,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[84],"tags":[6133,1348,3641,892,972,20626,20627,4087,11,14],"class_list":{"0":"post-52634","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-conomie","9":"tag-climat","10":"tag-migrants","11":"tag-migrations","12":"tag-ong","13":"tag-pche","14":"tag-pauvret","15":"tag-sngal","16":"tag-senegal","17":"tag-social"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116279692883840324","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52634","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=52634"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52634\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/52635"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=52634"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=52634"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=52634"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}