{"id":53204,"date":"2026-03-24T08:25:06","date_gmt":"2026-03-24T08:25:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/53204\/"},"modified":"2026-03-24T08:25:06","modified_gmt":"2026-03-24T08:25:06","slug":"des-gains-immediats-pour-lafrique-mais-aussi-des-risques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/53204\/","title":{"rendered":"des gains imm\u00e9diats pour l\u2019Afrique, mais aussi des risques"},"content":{"rendered":"<p>Lors de sa conf\u00e9rence bimensuelle avec les repr\u00e9sentants des m\u00e9dias, Julie Kozack, directrice du d\u00e9partement de la communication du Fonds mon\u00e9taire international (FMI), a rappel\u00e9 que l\u2019Afrique subsaharienne restera une r\u00e9gion profond\u00e9ment h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, avec des trajectoires \u00e9conomiques diff\u00e9renci\u00e9es, face aux nouveaux chocs ext\u00e9rieurs auxquels l\u2019ensemble des pays du monde est confront\u00e9. \u00ab\u00a0Lorsqu\u2019on regarde l\u2019Afrique subsaharienne, on constate qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9gion diversifi\u00e9e. Bien qu\u2019elle compte un certain nombre de pays \u00e0 faible revenu, elle comprend aussi des pays exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res et d\u2019autres qui en sont importateurs. Ainsi, les impacts d\u00e9pendront largement des circonstances propres \u00e0 chaque pays\u00a0\u00bb, a fait savoir Mme Kozack.<\/p>\n<p>En effet, l\u2019intensification des tensions au Moyen-Orient, et plus particuli\u00e8rement dans le golfe Persique, dessine une nouvelle ligne de fracture sur le continent africain. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les pays importateurs nets d&rsquo;\u00e9nergie et de produits de base, \u00e0 l&rsquo;instar de la Tanzanie ou du Mozambique, font face \u00e0 un alourdissement imminent de leurs factures d\u2019importation. Selon une r\u00e9cente \u00e9tude de la CNUCED (Conf\u00e9rence des Nations Unies pour le commerce et le d\u00e9veloppement), plusieurs de ces \u00e9conomies, notamment en Afrique de l\u2019est, sont particuli\u00e8rement expos\u00e9es aux perturbations du march\u00e9 mondial des engrais et des produits alimentaires. Pour ces pays, cela risque de peser lourdement sur leurs finances publiques, en raison de l\u2019augmentation de la dette li\u00e9e au commerce ext\u00e9rieur et de la pression sur leur stabilit\u00e9 mon\u00e9taire si le nombre de mois de couverture des importations se d\u00e9grade.<\/p>\n<p>Transformer la rente conjoncturelle en levier de croissance durable<\/p>\n<p>Cette pression est li\u00e9e \u00e0 la situation dans le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, point de passage de 20 % du p\u00e9trole mondial, dont le d\u00e9sengorgement pourrait prendre plusieurs mois, selon les analystes de la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine CNN, ce qui maintiendrait des prix \u00e9lev\u00e9s de mani\u00e8re durable.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, cette conjoncture offre une opportunit\u00e9 imm\u00e9diate aux grands exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res du continent. Pour des nations comme le Nig\u00e9ria, l\u2019Angola, l\u2019Alg\u00e9rie ou encore le S\u00e9n\u00e9gal, un baril de p\u00e9trole d\u00e9passant 100 dollars ne repr\u00e9sente pas seulement un gain financier, mais aussi un v\u00e9ritable outil de consolidation macro\u00e9conomique. Ces recettes suppl\u00e9mentaires en devises permettent de stabiliser les monnaies locales face \u00e0 un dollar fort et de renforcer les r\u00e9serves de change, tout en limitant le recours \u00e0 un endettement ext\u00e9rieur devenu de plus en plus co\u00fbteux.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable enjeu pour les gouvernements africains r\u00e9side d\u00e9sormais dans l\u2019allocation strat\u00e9gique de ces surplus financiers. L&rsquo;exp\u00e9rience des cycles pr\u00e9c\u00e9dents d\u00e9montre que la prosp\u00e9rit\u00e9 li\u00e9e aux mati\u00e8res premi\u00e8res doit imp\u00e9rativement \u00eatre orient\u00e9e vers des investissements productifs afin de ne pas s&rsquo;\u00e9vaporer.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la vigilance reste de mise concernant l&rsquo;environnement financier global, marqu\u00e9 par un durcissement des conditions de cr\u00e9dit. Alors que S&amp;P Global Ratings pr\u00e9voyait encore r\u00e9cemment (mars 2026) une mobilisation de 155 milliards de dollars sur les march\u00e9s de capitaux pour l&rsquo;Afrique en 2026, la hausse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat rend ces financements moins disponibles et plus s\u00e9lectifs. Les pays africains devront ainsi mieux examiner les \u00ab opportunit\u00e9s \u00bb de financement ext\u00e9rieur. Un autre risque identifi\u00e9 par des experts du FMI est celui de l&rsquo;effet d&rsquo;\u00e9viction du secteur priv\u00e9 cr\u00e9ateur de richesse, si les \u00c9tats saturent leurs march\u00e9s locaux en \u00e9mettant trop de dettes pour pallier l&rsquo;absence de fonds internationaux.<\/p>\n<p>Pour les investisseurs europ\u00e9ens et internationaux, cette s\u00e9quence confirme qu&rsquo;une lecture pays par pays est indispensable pour comprendre l&rsquo;ensemble des effets de la nouvelle crise dans la r\u00e9gion des golfes arabo-persiques en Afrique, car les dynamiques \u00e9conomiques qui s\u2019en suivront dans la r\u00e9gion, d\u00e9pendront, de la capacit\u00e9 de chaque \u00c9tat \u00e0 arbitrer efficacement entre ses gains imm\u00e9diats et ses trajectoires de d\u00e9veloppement \u00e0 long terme. \u00a0C\u2019est dans ce contexte d\u2019incertitude que se pr\u00e9pare le prochain sommet Afrique-France, pr\u00e9vu les 11 et 12\u00a0 mai 2026 \u00e0 Nairobi, au Kenya, avec, en plus de la France co-organisatrice, l\u2019Allemagne et l\u2019Inde comme invit\u00e9s. La deuxi\u00e8me journ\u00e9e de cet \u00e9v\u00e9nement sera consacr\u00e9e aux questions de financement du d\u00e9veloppement et aux enjeux globaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Lors de sa conf\u00e9rence bimensuelle avec les repr\u00e9sentants des m\u00e9dias, Julie Kozack, directrice du d\u00e9partement de la communication&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":53205,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[58,6,3097,20939,20940,73,59,377,8539],"class_list":{"0":"post-53204","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-58","9":"tag-afrique","10":"tag-crise","11":"tag-gains","12":"tag-immediats","13":"tag-lafrique","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-moyen-orient","16":"tag-risques"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116283200167113580","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=53204"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53204\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/53205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=53204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=53204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=53204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}