{"id":55346,"date":"2026-03-26T02:09:19","date_gmt":"2026-03-26T02:09:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/55346\/"},"modified":"2026-03-26T02:09:19","modified_gmt":"2026-03-26T02:09:19","slug":"les-banques-dafrique-a-la-rescousse-du-senegal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/55346\/","title":{"rendered":"Les banques d&rsquo;Afrique \u00e0 la rescousse du S\u00e9n\u00e9gal"},"content":{"rendered":"<p>            <a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Le-president-senegalais-recoit-le-PDG-de-lAfrica-Finance-Corporation-qui-annonce-un-appui-financier-de-900-millions-deuros.jpg\" data-caption=\"VIsite du PDG de l&#039;Africa Finance Corporation au Pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais, le 14 avril 2025. \" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"483\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Le-president-senegalais-recoit-le-PDG-de-lAfrica-Finance-Corporation-qui-annonce-un-appui-financier-.jpeg\"   alt=\"\" title=\"Le pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais re\u00e7oit le PDG de l'Africa Finance Corporation, qui annonce un appui financier de 900 millions d\u2019euros,\"\/><\/a>VIsite du PDG de l&rsquo;Africa Finance Corporation au Pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais, le 14 avril 2025. <\/p>\n<p>Il y a 11 jours, le S\u00e9n\u00e9gal devait assurer une \u00e9ch\u00e9ance de 471 millions d\u2019euros pour l\u2019ensemble des eurobonds (obligations en euros) \u00e9mis par l\u2019\u00c9tat. Beaucoup attendaient ce que l\u2019on nomme le d\u00e9faut, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019incapacit\u00e9 du pays d\u00e9biteur \u00e0 payer sa dette \u00e0 la date due. Il n\u2019en a rien \u00e9t\u00e9. Dakar persiste dans sa volont\u00e9 de reprofiler sa dette sans c\u00e9der aux pressions des cr\u00e9anciers qui lui demandent de la restructurer. <\/p>\n<p>Par Paolo Vieira<\/p>\n<p>La France, en particulier, est irrit\u00e9e de voir le S\u00e9n\u00e9gal honorer sa dette de march\u00e9, celle que l\u2019on paye sous forme d\u2019eurobonds, et diff\u00e9rer le remboursement des pr\u00eats bilat\u00e9raux publics comme ceux de l\u2019Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement. Mais ce n\u2019est pas le sujet imm\u00e9diat. Depuis que le r\u00e9gime de Macky Sall lui a laiss\u00e9 une dette cach\u00e9e, syst\u00e9matiquement ignor\u00e9e par le FMI et la Banque centrale ouest-africaine (BCEAO), la nouvelle \u00e9quipe Faye-Sonko a d\u00e9cid\u00e9 de trouver des ressources pour rembourser les cr\u00e9anciers priv\u00e9s. C\u2019est par cette volont\u00e9 et cette capacit\u00e9 \u00e0 payer les \u00e9ch\u00e9ances des obligations en euros que Dakar entend retrouver une meilleure appr\u00e9ciation de son risque souverain par les agences de notation.<\/p>\n<p>Le coup de main des Africains\u00a0 <\/p>\n<p>La Banque ouest-africaine de D\u00e9veloppement (BOAD), et son pr\u00e9sident Serge Eku\u00e9 en particulier, a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans cette strat\u00e9gie alternative. Le reprofilage n\u00e9cessitait de passer par une technique nomm\u00e9e \u00ab\u00a0swap\u00a0\u00bb. Cela permet d\u2019\u00e9changer une dette \u00e0 court terme, par exemple, contre une dette plus longue, dont les \u00e9ch\u00e9ances seront plus lointaines.<\/p>\n<p>En 2025, le S\u00e9n\u00e9gal a conclu un accord avec l\u2019Africa Finance Corporation (AFC), bas\u00e9e au Nigeria, qui lui a permis de lever jusqu\u2019\u00e0 350 millions d\u2019euros de financement. Fond\u00e9e en 2007, l\u2019Africa Finance Corporation est dot\u00e9e maintenant de 12 milliards de dollars US d\u2019actifs gr\u00e2ce aux apports de 37 investisseurs, majoritairement des \u00c9tats et des institutions multilat\u00e9rales africaines. Cette grande institution financi\u00e8re africaine, aid\u00e9e par les N\u00e9erlandais, a pour mission de pr\u00eater aux \u00c9tats du continent et de leur ouvrir un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble des financements souverains dont elle dispose (y compris les solutions de SWAP en devises fortes et les facilit\u00e9s de refinancement de la dette). L\u2019AFC b\u00e9n\u00e9ficie de conditions comp\u00e9titives gr\u00e2ce aux immunit\u00e9s diplomatiques et \u00e0 son statut de cr\u00e9ancier privil\u00e9gi\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal a re\u00e7u un premier versement de 105 millions d\u2019euros en \u00e9change (swap) de la remise \u00e0 l\u2019AFC de l\u2019\u00e9quivalent de 150 millions d\u2019euros en obligations libell\u00e9es en franc CFA et de paiements d\u2019int\u00e9r\u00eats de 3,5 \u00e0 4% au-dessus du taux de base. En juin 2025, le pays a sign\u00e9 un swap suppl\u00e9mentaire de trois ans avec First Abu Dhabi Bank, qui lui a permis d\u2019emprunter 300 millions d\u2019euros en donnant en \u00e9change (swap) \u00e0 la plus grande banque des \u00c9mirats arabes unis le titre sur environ 400 millions d\u2019euros d\u2019obligations et en payant un taux variable major\u00e9 d\u2019environ 5%.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/delegation-emiratie-a-Dakar-decembre-2025.jpg\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-149406\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/delegation-emiratie-a-Dakar-decembre-2025-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"475\" height=\"316\"  \/><\/a>Visite d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation d\u2019investisseurs \u00e9miratis \u00e0 Dakar, le 10 d\u00e9cembre 2025.<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie de service de la dette du nouveau S\u00e9n\u00e9gal d\u00e9fie cette hydre que l\u2019on nomme communaut\u00e9 internationale, une galaxie de bailleurs et de partenaires qui sont souvent des l\u00e2cheurs. C\u2019est ainsi que le Pr\u00e9sident Macron a envoy\u00e9 en f\u00e9vrier son conseiller Jeremy Robert r\u00e9clamer \u00e0 Dakar les cr\u00e9ances de l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD) tandis que le FMI demande toujours une restructuration de l\u2019ensemble de la dette. Sonko continue de s\u2019opposer \u00e0 ce front. Et le S\u00e9n\u00e9gal semble avoir trouv\u00e9 des alli\u00e9s r\u00e9gionaux pour la mise en \u0153uvre de sa solution. Mais pour combien de temps ?<\/p>\n<p>Eurobonds first<\/p>\n<p>Quelques jours avant la date cruciale du paiement des eurobonds en mars 2026, le pr\u00e9sident Macron et R\u00e9my Rioux, le patron de l\u2019AFD, ont perdu leur sang-froid \u00e0 propos de la dette s\u00e9n\u00e9galaise. Le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais demande instamment le r\u00e8glement de plusieurs impay\u00e9s, notamment envers l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD), dont la facture s\u2019\u00e9l\u00e8ve entre 20 millions et 30 millions d\u2019euros.<\/p>\n<p>C\u2019est assez extraordinaire quand on sait le r\u00f4le n\u00e9faste jou\u00e9 par l\u2019AFD dans l\u2019endettement du S\u00e9n\u00e9gal de Macky Sall. En 2026, l\u2019AFD va de mal en pis et la tr\u00e9sorerie de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais est tendue en raison de son propre endettement. Il faut donc faire payer le d\u00e9biteur s\u00e9n\u00e9galais quand la dette vient \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance, encore plus quand des arri\u00e9r\u00e9s s\u2019accumulent, au risque de devoir provisionner des pertes et montrer un bilan comptable d\u00e9grad\u00e9 de l\u2019AFD.<\/p>\n<p>Au total, le S\u00e9n\u00e9gal a \u00e9mis 5 milliards de dollars US d\u2019eurobonds sur les march\u00e9s internationaux des capitaux de 2009 \u00e0 2024. Dakar doit \u00e0 pr\u00e9sent payer les int\u00e9r\u00eats et les coupons, voire l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 en fin de terme. La priorit\u00e9 imm\u00e9diate de la pr\u00e9sidence s\u00e9n\u00e9galaise \u00e9tait de rembourser, ce mois de mars 2026, les 488 millions de dollars US d\u2019obligations de march\u00e9 dus \u00e0 des cr\u00e9anciers priv\u00e9s ext\u00e9rieurs. Les assurances donn\u00e9es par Dakar que ces eurobonds seraient bien pay\u00e9s ont permis la remont\u00e9e des titres de cr\u00e9ances \u00e9mis par le S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 82% de leur valeur faciale depuis janvier 2026, contre la tr\u00e8s forte d\u00e9cote \u00e0 68% de leur valeur faciale en d\u00e9cembre 2025. Ce rebond de la valeur r\u00e9elle des titres internationaux s\u00e9n\u00e9galais a rassur\u00e9 les march\u00e9s financiers internationaux et les agences de notation. De son c\u00f4t\u00e9, le FMI maintient son opposition au refus s\u00e9n\u00e9galais d\u2019une restructuration classique de la dette et ne d\u00e9caisse donc aucune facilit\u00e9 de cr\u00e9dit. Le pr\u00e9sident Macron et d\u2019autres bailleurs de fonds bilat\u00e9raux se sont ralli\u00e9s \u00e0 cette position.<\/p>\n<p>Au rendez-vous<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le paiement des \u00e9ch\u00e9ances d\u2019eurobonds en mars 2026 semblait tenir de la prouesse, sinon du miracle. Pourtant, c\u2019est chose faite. R\u00e9pondant aux critiques et aux doutes aussit\u00f4t soulev\u00e9s c\u00f4t\u00e9 adverse, un proche d\u2019Ousmane Sonko, le ministre de l\u2019Hydraulique et de l\u2019Assainissement Cheikh Tidiane Dieye, s\u2019est r\u00e9joui mardi, sur sa page Facebook, de ce que le S\u00e9n\u00e9gal avait pay\u00e9 \u00ab \u00e0 temps et avec la mani\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Hier, certains annon\u00e7aient que le S\u00e9n\u00e9gal ferait d\u00e9faut et ne pourrait pas honorer ses\u00a0engagements. (\u2026) Aujourd\u2019hui, les m\u00eames s\u2019accrochent \u00e0 un article d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, confus et largement tendancieux du Financial Times pour reconna\u00eetre, certes, que le S\u00e9n\u00e9gal a honor\u00e9 ses engagements, mais en insinuant qu\u2019il l\u2019aurait fait gr\u00e2ce \u00e0 des emprunts non d\u00e9clar\u00e9s au march\u00e9 ou au FMI. (\u2026) Ils ne savent plus quoi dire ni quoi inventer (\u2026) pour ne pas s\u2019\u00e9crouler de honte et continuer \u00e0 entretenir leur r\u00eave de voir le S\u00e9n\u00e9gal s\u2019effondrer, s\u2019agenouiller. (\u2026) Je le dis tout net : aucun emprunt n\u2019a \u00e9t\u00e9 cach\u00e9. Tout a \u00e9t\u00e9 programm\u00e9 dans la Strat\u00e9gie de gestion de la dette \u00e0 moyen terme (SDMT), inscrit dans les lois de finances et approuv\u00e9 par l\u2019Assembl\u00e9e nationale. \u00bb<\/p>\n<p>Le myst\u00e8re togolais<\/p>\n<p>Les fameux emprunts non-d\u00e9clar\u00e9s qu\u2019\u00e9voque Cheikh Tidiane Dieye ne sont qu\u2019une composante de la strat\u00e9gie de reprofilage de la dette souveraine. Le S\u00e9n\u00e9gal nouveau est all\u00e9, des mois durant, sur le march\u00e9 mon\u00e9taire et financier de l\u2019organisation financi\u00e8re r\u00e9gionale, l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire d\u2019Afrique de l\u2019Ouest\u00a0 (dit UMOA-Titres), pour pr\u00e8s de 510 milliards de FCFA (777,490 millions d\u2019euros). Ces adjudications de titres s\u00e9n\u00e9galais fournissent au Tr\u00e9sor du S\u00e9n\u00e9gal des liquidit\u00e9s pour s\u2019acquitter de la dette des eurobonds. Celui qui a sauv\u00e9 la mise du S\u00e9n\u00e9gal, apr\u00e8s la vaine sollicitation des banques ivoiriennes et s\u00e9n\u00e9galaises, c\u2019est finalement le Togo.<\/p>\n<p>En janvier 2026, lors de la mise aux ench\u00e8res des titres UEMOA, le Togo a acquis 154 milliards FCFA (234,771 millions d\u2019euros) de titres de cr\u00e9ances offerts par le S\u00e9n\u00e9gal. Les observateurs attendaient les derni\u00e8res ench\u00e8res du Tr\u00e9sor s\u00e9n\u00e9galais sur le march\u00e9 UMOA-Titres du 20 f\u00e9vrier pour savoir si la lev\u00e9e de fonds de l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal rencontrerait l\u2019adh\u00e9sion des souscripteurs et du myst\u00e9rieux investisseur togolais. Le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 apparemment satisfaisant. L\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais a r\u00e9ussi \u00e0 cette date une \u00e9mission simultan\u00e9e de Bons et Obligations assimilables du Tr\u00e9sor (BAT\/OAT), levant 87,99 milliards FCFA (134 millions d\u2019euros), soit pr\u00e8s de 8 milliards FCFA de plus que l\u2019objectif initial. Par contre, les autres pays de la r\u00e9gion ont \u00e9t\u00e9 moins demandeurs et ce sont les investisseurs s\u00e9n\u00e9galais qui ont souscrit pour 61,75 milliards FCFA (94 millions d\u2019euros) , soit 70,17% des montants retenus. Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment bon signe. Que s\u2019est-il pass\u00e9 ? Pourquoi le Togo a- t-il recul\u00e9 par rapport \u00e0 sa position dominante de janvier 2026 ?<\/p>\n<p>Lors de l\u2019adjudication du 16 janvier 2026, il \u00e9tait apparu qu\u2019un seul acheteur togolais avait acquis 51 milliards de FCFA (77,7 millions d\u2019euros) de dette \u00e0 un an. Et le 30 janvier 2026, r\u00e9cidive pour 60 milliards (91,4 millions d\u2019euros) en une seule adjudication, toujours au Togo. Le 6 f\u00e9vrier 2026, le Togo compte pour 60 milliards d\u2019achat de titres s\u00e9n\u00e9galais sur une offre de 143 milliards. En quelques semaines, la place financi\u00e8re de Lom\u00e9 aura donc consacr\u00e9 300 millions de dollars US \u00e0 l\u2019achat de papiers du S\u00e9n\u00e9gal qui, pourtant, n\u2019a pas encore re\u00e7u la Facilit\u00e9 \u00c9largie de Cr\u00e9dit du FMI, et est harcel\u00e9 par les pays qui ont pourtant acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la dynamique d\u2019endettement de Macky Sall.<\/p>\n<p>La puce \u00e0 l\u2019oreille d\u2019Emmanuel Macron<\/p>\n<p>C\u2019est beaucoup d\u2019argent pour le S\u00e9n\u00e9gal, et pour le Togo aussi, et c\u2019est sans doute ce qui a mis la puce \u00e0 l\u2019oreille du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais. L\u2019\u00e9conomiste Martin Kessler, directeur ex\u00e9cutif du Finance for Development Lab, qui avait d\u00e9j\u00e0 relativis\u00e9 le montant de la dette cach\u00e9e en pr\u00e9tendant que les actifs correspondant aux emprunts dissimul\u00e9s existaient bel et bien, s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 il y a peu \u00e0 la situation de la dette domestique. Avec Abdoulaye Ndiaye, il a r\u00e9dig\u00e9 une note hostile \u00e0 la strat\u00e9gie s\u00e9n\u00e9galaise de reprofilage, qui recommande plut\u00f4t la restructuration acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de la dette ext\u00e9rieure, car, pour lui, continuer \u00e0 lever des fonds sur le march\u00e9 r\u00e9gional menacerait la sant\u00e9 des banques commerciales de la r\u00e9gion et la stabilit\u00e9 de la zone Franc.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Macron s\u2019est ralli\u00e9 \u00e0 ce point de vue et il a tent\u00e9 de constituer, comme il en a le secret, un front commun des cr\u00e9anciers bilat\u00e9raux. En Chine, il en a \u00e9t\u00e9 question avec la China Exim Bank, en marge de la visite du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais en d\u00e9cembre 2025. P\u00e9kin est le premier d\u00e9tenteur de la dette bilat\u00e9rale du S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 hauteur de 43 %. Mais la Chine ne s\u2019aligne pas sur les pays occidentaux pour le traitement de la dette, d\u2019autant plus que le Club de Paris, ce groupe informel de cr\u00e9anciers suppos\u00e9 trouver des solutions coordonn\u00e9es de<br \/>gestion de la dette, n\u2019est plus qu\u2019un zombie. La France, elle-m\u00eame, quand elle harc\u00e8le le S\u00e9n\u00e9gal d\u2019un c\u00f4t\u00e9, n\u2019h\u00e9site pas de l\u2019autre, le 11 f\u00e9vrier 2026, \u00e0 abandonner unilat\u00e9ralement ses cr\u00e9ances sur l\u2019\u00c9thiopie et \u00e0 accorder au gouvernement d\u2019Addis-Abeba 80 millions d\u2019euros et 1,5 million d\u2019euros d\u2019assistance technique.<\/p>\n<p>Qui \u00e9tait donc, dans le pr\u00e9 carr\u00e9 fran\u00e7ais, ce bienfaiteur du Togo allant \u00e0 l\u2019encontre de la volont\u00e9 de Paris ?\u00a0 Devant l\u2019importance des souscriptions \u00e9manant du Togo, apr\u00e8s avoir \u00e9limin\u00e9 l\u2019implication de deux puissantes institutions bancaires du continent (Oragroup et<br \/>Ecobank), certains ont fini par s\u2019interroger sur le r\u00f4le la Banque Ouest-Africaine de D\u00e9veloppement (BOAD), bas\u00e9e \u00e0 Lom\u00e9. La BOAD a r\u00e9pondu qu\u2019elle ne pouvait pas commenter les transactions sur le march\u00e9 UMOA-Titres et qu\u2019il fallait s\u2019adresser \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 des march\u00e9s comp\u00e9tente. Or, celle-ci est aux abonn\u00e9s absents et la Banque centrale ouest-africaine (BCEAO) dont elle d\u00e9pend ne r\u00e9agit pas \u00e0 la surchauffe des adjudications \u00e9tatiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es qui pompent les ressources bancaires de la zone.<\/p>\n<p>Un banquier affranchi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-Rencontre-President-BOAD-Ministre-des-Finances-et-du-Budget-Senegal-Modifie.jpg\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-149405\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-Rencontre-President-BOAD-Ministre-des-Finances-et-du-Budget-Senegal-Modifie-300x274.jpg\" alt=\"\" width=\"471\" height=\"430\" data-pin-description=\"Rencontre entre le pr\u00e9sident de la BOAD et le ministre des Finances du S\u00e9n\u00e9gal.\"  \/><\/a>Rencontre entre le pr\u00e9sident de la BOAD (\u00e0 gauche) et le ministre des Finances et du Budget du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Depuis cinq ans, le B\u00e9ninois Serge Eku\u00e9, qui pr\u00e9side la BOAD, a compl\u00e8tement transform\u00e9 la relation de sa banque avec les \u00c9tats membres en proposant des solutions \u00e0 leurs difficult\u00e9s. Il s\u2019affranchit ainsi de la Banque centrale r\u00e9gionale, de la France et des pr\u00e9tentions de la d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 Ouagadougou. Les accords de la BOAD avec le S\u00e9n\u00e9gal et le Niger ont ainsi permis au dernier quadrimestre 2025 de monter pour ces deux pays des Special Purpose Vehicles (SPV), des fonds sp\u00e9cifiques (moyen utilis\u00e9, par exemple, en France pour garer les actifs du Cr\u00e9dit Lyonnais) qui permettent de lever de nouvelles liquidit\u00e9s pour r\u00e9gler les cr\u00e9ances les plus urgentes.<\/p>\n<p>Ce sch\u00e9ma s\u2019est montr\u00e9 tout \u00e0 fait indiqu\u00e9 au regard de la trajectoire s\u00e9n\u00e9galaise privil\u00e9giant les \u00e9ch\u00e9ances d\u2019eurobonds. L\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal a ainsi sign\u00e9 un protocole d\u2019accord avec la BOAD pour cr\u00e9er un cadre strat\u00e9gique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la valorisation des actifs publics. Ce m\u00e9canisme s\u2019appuie sur le Fonds de Valorisation des Actifs du S\u00e9n\u00e9gal, dont les objectifs sont de diversifier les sources de financement, de soutenir la trajectoire \u00e9conomique du pays et de renforcer la mobilisation des ressources gr\u00e2ce aux recettes issues des infrastructures nationales (centrales \u00e9lectriques en particulier).<\/p>\n<p>Le rendez-vous difficile du paiement des coupons des eurobonds en mars 2026 a \u00e9t\u00e9 tenu in extremis par le S\u00e9n\u00e9gal. On le doit beaucoup \u00e0 la collaboration entre Cheikh Diba, le ministre des Finances et du Budget de ce pays, et la BOAD, belle endormie r\u00e9veill\u00e9e par Serge Eku\u00e9. Mais la partie n\u2019est pas termin\u00e9e car la BOAD se trouve d\u00e9sormais dans le collimateur de Paris et du FMI.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/a-la-une\/senegal-la-recette-du-casse-tete-de-la-dette\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">S\u00e9n\u00e9gal. La solution du casse-t\u00eate de la dette<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"VIsite du PDG de l&rsquo;Africa Finance Corporation au Pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais, le 14 avril 2025. Il y a 11&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":55347,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[6,2384,479,453,192,11,667],"class_list":{"0":"post-55346","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-afrique","9":"tag-banques","10":"tag-dette","11":"tag-france","12":"tag-nigeria","13":"tag-senegal","14":"tag-togo"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116293046327712145","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55346","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=55346"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55346\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/55347"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=55346"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=55346"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=55346"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}