{"id":58663,"date":"2026-03-28T23:50:05","date_gmt":"2026-03-28T23:50:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/58663\/"},"modified":"2026-03-28T23:50:05","modified_gmt":"2026-03-28T23:50:05","slug":"les-signes-degypte-du-peintre-hamed-abdalla-exposes-a-lima-tourcoing-reportage-culture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/58663\/","title":{"rendered":"Les \u00abSignes d&rsquo;\u00c9gypte\u00bb du peintre Hamed Abdalla expos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;IMA-Tourcoing &#8211; Reportage culture"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que le peintre \u00e9gyptien Hamed Abdalla, disparu en 1985, b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une r\u00e9trospective en France. En ce moment, et jusqu&rsquo;au 12 juillet 2026, l&rsquo;Institut du monde arabe-Tourcoing rend hommage au peintre prolifique, inventeur du \u00ab\u00a0mot forme\u00a0\u00bb, et dont le parcours nous informe autant sur sa propre trajectoire que sur celle de son pays.\u00a0                    <\/p>\n<p>C&rsquo;est la couleur, d&rsquo;abord, qui saute aux yeux. L&rsquo;exposition\u00a0Hamed Abdalla\u00a0: Signes d&rsquo;\u00c9gypte\u00a0a recouvert les murs de l&rsquo;IMA-Tourcoing des teintes ch\u00e8res au peintre\u00a0: l&rsquo;ocre, le brun, mais aussi des rouges vifs, des verts profonds et des bleus \u00e9lectriques. D\u00e8s les premiers pas, plong\u00e9e garantie donc dans l&rsquo;univers du peintre, encore aujourd&rsquo;hui relativement confidentiel en <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/france\/\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"nofollow noopener\">France<\/a>. \u00ab\u00a0C&rsquo;est assez paradoxal,\u00a0pointe la directrice du mus\u00e9e, Katia Boudoyan.\u00a0Hamed Abdalla reste assez m\u00e9connu du public, alors m\u00eame qu&rsquo;il b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une reconnaissance internationale dans le monde de l&rsquo;art et dans les mus\u00e9es.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Et de reconnaissance, on en fait difficilement de plus \u00e9clatante\u00a0: le peintre n\u00e9 en <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/\u00e9gypte\/\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"nofollow noopener\">\u00c9gypte<\/a> \u2013\u00a0pays auquel il est rest\u00e9 profond\u00e9ment attach\u00e9 malgr\u00e9 ses exils successifs au <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/danemark\/\" rel=\"nofollow noopener\">Danemark<\/a> et en France\u00a0\u2013 est aujourd&rsquo;hui expos\u00e9 aussi bien \u00e0 la Tate Gallery, \u00e0 Londres, qu&rsquo;au Metropolitan Museum of Arts \u00e0 New York et qu&rsquo;au Mathaf \u00e0 Doha. \u00ab\u00a0Il nous semblait donc important,\u00a0poursuit Katia Boudoyan,\u00a0de faire conna\u00eetre au public cet artiste qui se caract\u00e9rise aussi bien par la diversit\u00e9 de son esth\u00e9tique que par son regard sur l&rsquo;histoire \u00e9gyptienne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Un touche-\u00e0-tout des arts visuels\u00a0 <\/p>\n<p>La diversit\u00e9 de l&rsquo;art selon Abdalla, d&rsquo;abord. Sur la centaine de pi\u00e8ces r\u00e9colt\u00e9es aupr\u00e8s de la famille du peintre, on trouve aussi bien des lithographies que des peintures \u00e0 l&rsquo;acrylique ou \u00e0 la gouache \u2013\u00a0mais aussi des supports plus surprenants. \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200bTout au long de sa vie, Hamed Abdalla n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;exp\u00e9rimenter,\u00a0sourit Nada Majdoub, la commissaire en charge de l&rsquo;exposition.\u00a0Il a peint \u00e0 l&rsquo;encaustique, s&rsquo;est servi de techniques sur papier froiss\u00e9, de papier de soie imbib\u00e9 d&rsquo;encre et roul\u00e9 en boule.\u00a0\u00bb Quelques m\u00e8tres plus loin, elle rench\u00e9rit\u00a0: \u00ab\u00a0Il a m\u00eame peint avec du goudron\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ces explorations diverses et vari\u00e9es ont toutefois toutes une m\u00eame ligne de vie\u00a0: le mot-forme, une invention d&rsquo;Hamed Abdalla, \u00e0 la crois\u00e9e entre calligraphie et figuration. Un \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200bv\u00e9ritable pied-de-nez\u00a0\u00bb,\u00a0selon Nada Majdoub, \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200bpuisque dans l&rsquo;islam, la figuration est mal vue.\u00a0\u00bb\u00a0Ici, Hamed Abdalla trouve, dans l&rsquo;\u00e9criture des mots arabes, des formes correspondant au sens du mot. Le mot \u00ab\u00a0la guerre\u00a0\u00bb prend par exemple la forme d&rsquo;un taureau cornu sur fond noir, tandis que \u00ab\u00a0la capitulation\u00a0\u00bb se confond avec la repr\u00e9sentation d&rsquo;une silhouette prostr\u00e9e. \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200bPour comprendre l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Hamed Abdalla, il faut bien distinguer la lisibilit\u00e9 et l&rsquo;intelligibilit\u00e9. La lisibilit\u00e9, c&rsquo;est, si l&rsquo;on veut, la premi\u00e8re couche,\u00a0d\u00e9taille Nada Majdoub.\u00a0Mais, ce qui l&rsquo;int\u00e9resse vraiment, c&rsquo;est l&rsquo;intelligibilit\u00e9\u00a0: pouvoir \u00eatre compris par des personnes qui ne lisent pas l&rsquo;arabe, ou qui ne savent pas lire, qui ne peuvent lire que les images.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Une \u0153uvre profond\u00e9ment politique\u00a0 <\/p>\n<p>Les mots-formes d&rsquo;Hamed Abdalla ont aussi rythm\u00e9 \u2013\u00a0ou en tout cas gard\u00e9 la m\u00e9moire\u00a0\u2013 des soubresauts politiques de l&rsquo;\u00c9gypte, et plus largement du Moyen-Orient. La guerre, la capitulation, ou au contraire la r\u00e9volte et la libert\u00e9 : autant de mots qui refl\u00e8tent l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00c9gypte, \u00e0 laquelle le peintre s&rsquo;int\u00e9ressait de pr\u00e8s. \u00ab\u00a0Son \u0153uvre fait vraiment \u00e9cho aux grands moments de l&rsquo;\u00c9gypte de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle,\u00a0appuie la directrice du mus\u00e9e Katia Boudoyan,\u00a0qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de moments douloureux ou de construction.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>L&rsquo;artiste a toujours port\u00e9 un regard profond\u00e9ment engag\u00e9 sur son pays, mais aussi sur ses voisins, et notamment la <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/territoires-palestiniens\/\" rel=\"nofollow noopener\">Palestine<\/a>. Ce n&rsquo;est donc \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200bpas anodin\u00a0\u00bb de lui consacrer une exposition en 2026, pointe l&rsquo;historienne, \u00ab\u00a0au regard de l&rsquo;actualit\u00e9 qui frappe l&rsquo;Orient et le Moyen-Orient. Son engagement est toujours d&rsquo;actualit\u00e9.\u00a0\u00bb Et Nada Majdoub de conclure\u00a0: \u00ab\u00a0Ce que cette exposition essaie de faire, c&rsquo;est d&rsquo;expliquer l&rsquo;histoire telle qu&rsquo;elle est depuis un si\u00e8cle, et de faire comprendre aussi que ce \u00e0 quoi l&rsquo;on assiste en ce moment n&rsquo;a pas commenc\u00e9 aujourd&rsquo;hui. Il s&rsquo;agit de laisser cette histoire s&rsquo;installer dans le temps long, et de l&rsquo;observer \u00e0 travers l&rsquo;\u0153il d&rsquo;un artiste.\u00a0\u00bb Les signes d&rsquo;\u00c9gypte d&rsquo;Hamed Abdalla n&rsquo;attendent plus que d&rsquo;\u00eatre d\u00e9chiffr\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/culture\/20260325-atiq-rahimi-l-\u00e9crivain-et-le-dessin\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"nofollow noopener\">Atiq Rahimi: l\u2019\u00e9crivain et le dessin<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que le peintre \u00e9gyptien Hamed Abdalla, disparu en 1985, b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une r\u00e9trospective en France.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":58664,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[122],"tags":[336,245,139,6981,6762],"class_list":{"0":"post-58663","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-egypte","8":"tag-arts","9":"tag-culture","10":"tag-egypte","11":"tag-exposition","12":"tag-reportage-culture"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116309486622854001","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58663"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58663\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/58664"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58663"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}