{"id":63444,"date":"2026-04-02T03:20:19","date_gmt":"2026-04-02T03:20:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/63444\/"},"modified":"2026-04-02T03:20:19","modified_gmt":"2026-04-02T03:20:19","slug":"zlecaf-4-ans-apres-lintegration-economique-africaine-fait-du-surplace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/63444\/","title":{"rendered":"ZLECAf: 4 ans apr\u00e8s, l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique africaine fait du surplace"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Avant la ZLECAf, le commerce intra-africain ne repr\u00e9sentait qu\u2019environ 18% des exportations totales du continent, un niveau sans \u00e9quivalent dans les autres grandes r\u00e9gions du monde. En Europe, cette part varie entre 48% et 58% selon les p\u00e9riodes, tandis qu\u2019en Asie elle d\u00e9passe r\u00e9guli\u00e8rement les 45%. Cette faiblesse structurelle traduisait une insertion internationale d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e, h\u00e9rit\u00e9e de trajectoires historiques marqu\u00e9es par l\u2019extraversion commerciale et la sp\u00e9cialisation dans l\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res brutes.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le mod\u00e8le des \u00e9conomies africaines s\u2019est largement construit sous contrainte coloniale, avec des r\u00e9seaux de transport et des syst\u00e8mes productifs orient\u00e9s vers les m\u00e9tropoles europ\u00e9ennes plut\u00f4t que vers les march\u00e9s r\u00e9gionaux. Une m\u00e9thode qui plombe jusqu\u2019\u00e0 ce jour certaines \u00e9conomies africaines. Cette logique a perdur\u00e9 apr\u00e8s les ind\u00e9pendances, renforc\u00e9e par des politiques industrielles fragment\u00e9es, des march\u00e9s nationaux \u00e9troits et une d\u00e9pendance persistante aux recettes d\u2019exportation hors du continent. \u00c0 la veille de la ZLECAf, l\u2019Afrique ne repr\u00e9sentait ainsi que 2,8% du commerce mondial, selon la Conf\u00e9rence des Nations Unies sur le Commerce et le D\u00e9veloppement (CNUCED), malgr\u00e9 pr\u00e8s de 18% de la population mondiale.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La faiblesse du commerce intra-africain n\u2019\u00e9tait pas uniquement le produit d\u2019une absence de volont\u00e9 politique. Elle refl\u00e9tait aussi des contraintes mat\u00e9rielles lourdes: infrastructures d\u00e9ficientes, co\u00fbts logistiques \u00e9lev\u00e9s, cadres r\u00e9glementaires h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et instabilit\u00e9 macro\u00e9conomique dans plusieurs r\u00e9gions. \u00c0 cela s\u2019ajoutaient des syst\u00e8mes financiers fragment\u00e9s et des monnaies peu convertibles, compliquant les \u00e9changes transfrontaliers m\u00eame lorsque des compl\u00e9mentarit\u00e9s \u00e9conomiques existaient.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/le-patronat-marocain-reaffirme-son-engagement-pour-la-reussite-de-la-zlecaf-et-lessor-du-made-in_6UEMFM53LBHTRPLSHTGQFK2HQY\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Le patronat marocain r\u00e9affirme son engagement pour la r\u00e9ussite de la ZLECAf et l\u2019essor du \u00abMade in Africa\u00bb<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">C\u2019est dans ce contexte que la ZLECAf s\u2019est progressivement impos\u00e9e comme un projet central de l\u2019Union africaine. Les premi\u00e8res discussions formelles ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es \u00e0 Addis-Abeba au milieu des ann\u00e9es 2010, dans le prolongement des communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales existantes. L\u2019accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en 2018, avant que sa phase op\u00e9rationnelle ne soit officiellement lanc\u00e9e en juillet 2019 \u00e0 Niamey. Les premiers \u00e9changes commerciaux sous le r\u00e9gime de la ZLECAf n\u2019ont toutefois d\u00e9but\u00e9 que le 1er janvier 2021, r\u00e9v\u00e9lant d\u00e9j\u00e0 la complexit\u00e9 du passage de la norme juridique \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La ZLECAf est pr\u00e9sent\u00e9e comme un pilier de l\u2019Agenda 2063 de l\u2019Union africaine, qui vise \u00e0 b\u00e2tir une Afrique int\u00e9gr\u00e9e, prosp\u00e8re et pacifique. Avec un march\u00e9 potentiel de pr\u00e8s de 1,4 milliard de consommateurs et un PIB cumul\u00e9 estim\u00e9 \u00e0 3.400 milliards de dollars, l\u2019accord entend cr\u00e9er un espace \u00e9conomique capable de soutenir une industrialisation endog\u00e8ne et de renforcer la position du continent dans les cha\u00eenes de valeur mondiales.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les institutions internationales ont rapidement quantifi\u00e9 les b\u00e9n\u00e9fices attendus de la ZLECAf. Selon la Banque mondiale, l\u2019accord pourrait g\u00e9n\u00e9rer pr\u00e8s de 450 milliards de dollars de revenus suppl\u00e9mentaires d\u2019ici 2035 et sortir environ 30 millions de personnes de l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9. Ces projections reposent sur l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une r\u00e9duction substantielle des droits de douane, mais surtout d\u2019un recul significatif des barri\u00e8res non tarifaires, souvent plus p\u00e9nalisantes que les taxes elles-m\u00eames. Mais \u00e0 ce jour les initiatives pour contourner ces goulots d\u2019\u00e9tranglements restent vaines.<\/p>\n<p lang=\"fr\">Tarifs moyens pond\u00e9r\u00e9s dans et entre les communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/back.svg?d=293\" width=\"10\" height=\"20\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/next.svg?d=293\" width=\"10\" height=\"20\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/fullscreen.svg?d=293\" width=\"28\" height=\"28\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/pause.svg?d=293\" width=\"30\" height=\"30\"\/><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">D\u2019autres estimations \u00e9voquent un gain de croissance du PIB continental d\u2019environ 1,2% par an \u00e0 long terme, ainsi qu\u2019une augmentation du commerce intra-africain pouvant atteindre 45% \u00e0 l\u2019horizon 2045. Dans les sc\u00e9narios les plus optimistes, notamment ceux relay\u00e9s par certains centres de recherche, les exportations intra-africaines pourraient m\u00eame doubler d\u2019ici 2035, \u00e0 condition que les r\u00e9formes soient pleinement mises en \u0153uvre.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Au-del\u00e0 des chiffres, ces projections ont jou\u00e9 un r\u00f4le politique essentiel. Elles ont permis de mobiliser les \u00c9tats autour d\u2019un narratif commun, fond\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e que l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale constitue une condition pr\u00e9alable au d\u00e9veloppement industriel et \u00e0 la souverainet\u00e9 \u00e9conomique du continent.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/atlantique-africain-atouts-et-freins-a-lemergence-dune-nouvelle-passerelle-commerciale_T7C6K4KANVFSLMPRJEE24J2RM4\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Atlantique africain: atouts et freins \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle passerelle commerciale internationale<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La r\u00e9alit\u00e9 de la mise en \u0153uvre appara\u00eet toutefois plus nuanc\u00e9e. Fin 2024, seuls 31 pays sur les 48 ayant ratifi\u00e9 l\u2019accord avaient effectivement engag\u00e9 des \u00e9changes commerciaux sous le r\u00e9gime de la ZLECAf. Plusieurs rapports soulignent que, pendant certaines p\u00e9riodes, moins de 24 \u00c9tats op\u00e9raient activement dans ce cadre. Cette lenteur n\u2019est pas uniquement imputable \u00e0 des r\u00e9sistances politiques, mais aussi \u00e0 des capacit\u00e9s administratives et techniques in\u00e9gales.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La lib\u00e9ralisation tarifaire, pilier central de l\u2019accord, progresse de mani\u00e8re h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Si la suppression progressive de 90% des droits de douane est inscrite dans les textes, son application effective reste conditionn\u00e9e \u00e0 des n\u00e9gociations complexes sur les r\u00e8gles d\u2019origine et les produits sensibles. Ces discussions, souvent techniques, traduisent des arbitrages politiques d\u00e9licats entre ouverture commerciale et protection des industries naissantes.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/regles-dorigine-dans-la-zlecaf-details-sur-les-dispositions-cles-pour-maximiser-vos-avantages_7UKPGKPI75AP5B42JQ2LTUHNEM\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">R\u00e8gles d\u2019origine dans la ZLECAf. D\u00e9tails sur les dispositions cl\u00e9s pour maximiser vos avantages commerciaux<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">M\u00eame lorsque les droits de douane sont r\u00e9duits, les barri\u00e8res non tarifaires continuent de freiner les \u00e9changes. Les proc\u00e9dures douani\u00e8res lourdes, les exigences r\u00e9glementaires divergentes et les contr\u00f4les sanitaires peu harmonis\u00e9s constituent autant d\u2019obstacles concrets. Plusieurs \u00e9tudes soulignent que le co\u00fbt et le temps n\u00e9cessaires pour franchir une fronti\u00e8re en Afrique figurent parmi les plus \u00e9lev\u00e9s au monde, annulant une partie des gains attendus de la lib\u00e9ralisation commerciale.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ces contraintes touchent particuli\u00e8rement les petites et moyennes entreprises, pourtant au c\u0153ur du tissu productif africain. Faute de capacit\u00e9s administratives et financi\u00e8res suffisantes, nombre d\u2019entre elles peinent \u00e0 se conformer \u00e0 des normes multiples et \u00e0 absorber les d\u00e9lais logistiques.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le d\u00e9ficit d\u2019infrastructures constitue sans doute l\u2019obstacle le plus structurel \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de la ZLECAf. Les besoins annuels d\u2019investissement sont estim\u00e9s entre 130 et 170 milliards de dollars pour combler les lacunes en mati\u00e8re de transport, d\u2019\u00e9nergie et de logistique. Pr\u00e8s de 600 millions d\u2019Africains n\u2019ont toujours pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, limitant les capacit\u00e9s productives et industrielles de vastes r\u00e9gions du continent.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/golfe-et-caraibes-les-nouvelles-routes-du-commerce-africain_OG7TUSZBTJBAFGM5EBDJ25Y6GU\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Golfe et Cara\u00efbes: les nouvelles routes du commerce africain<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Sans r\u00e9seaux routiers et ferroviaires fiables, sans ports comp\u00e9titifs et sans \u00e9nergie \u00e0 co\u00fbt ma\u00eetris\u00e9, l\u2019int\u00e9gration commerciale reste largement th\u00e9orique, un r\u00eave diraient les plus pessimistes tant est si bien que le continent reste fragmenter par des questions politiques retardant consid\u00e9rablement l\u2019envol \u00e9conomique. A ce titre, la ZLECAf ne peut produire ses effets que si elle s\u2019accompagne d\u2019une transformation mat\u00e9rielle des \u00e9conomies africaines.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La fragmentation mon\u00e9taire constitue un autre frein majeur avec plus de quarante monnaies nationales, des r\u00e9gimes de change h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et des march\u00e9s financiers peu interconnect\u00e9s, les paiements transfrontaliers restent co\u00fbteux et lents. Cette situation p\u00e9nalise les \u00e9changes commerciaux, en particulier pour les entreprises de taille interm\u00e9diaire. M\u00eame si on brandi le narratif colonial \u00e0 propos du CFA qui tarde \u00e0 devenir l\u2019ECO pour une monnaie commune en Afrique de l\u2019Ouest, le contient fait face un s\u00e9rieux probl\u00e8me de monnaie tant sur le plan structurel, \u00e9conomique comme politique et \u00e0 cela s\u2019ajoute un rejet des populations africaine de toute imposition des brettons Wood concernant les politiques \u00e9conomiques.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/afrique-australe\/les-raisons-de-la-creation-a-marrakech-de-la-federation-africaine-des-entreprises-du-numerique_SNGNZHVWEVE3RNWPUGL3ZCJPGU\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Les raisons de la cr\u00e9ation \u00e0 Marrakech de la f\u00e9d\u00e9ration africaine des entreprises du num\u00e9rique<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Syst\u00e8me panafricain de paiement et de r\u00e8glement (PAPSS) vise \u00e0 faciliter les transactions en monnaies locales et \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux devises \u00e9trang\u00e8res. S\u2019il repr\u00e9sente une avanc\u00e9e institutionnelle importante, son d\u00e9ploiement reste progressif et son impact encore limit\u00e9, faute d\u2019adoption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e par les acteurs bancaires.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Au-del\u00e0 des contraintes techniques, la ZLECAf soul\u00e8ve des interrogations sur la r\u00e9partition de ses b\u00e9n\u00e9fices. Les \u00e9conomies disposant d\u00e9j\u00e0 d\u2019une base industrielle diversifi\u00e9e et d\u2019infrastructures avanc\u00e9es sont mieux arm\u00e9es pour tirer parti de l\u2019ouverture des march\u00e9s. \u00c0 l\u2019inverse, les pays dont les recettes publiques d\u00e9pendent fortement des droits de douane ou dont le tissu productif est peu comp\u00e9titif risquent de subir des ajustements difficiles.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Certains analystes mettent en garde contre le risque d\u2019une concentration des gains au profit des grandes entreprises et des \u00e9lites \u00e9conomiques, au d\u00e9triment des acteurs locaux. Sans politiques d\u2019accompagnement cibl\u00e9es, l\u2019int\u00e9gration commerciale pourrait accentuer certaines in\u00e9galit\u00e9s existantes.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Industrialisation, le cha\u00eenon manquant<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La question de l\u2019industrialisation appara\u00eet d\u00e8s lors centrale. L\u2019Afrique ne repr\u00e9sente qu\u2019environ 2% de la production manufacturi\u00e8re mondiale et continue d\u2019exporter majoritairement des mati\u00e8res premi\u00e8res non transform\u00e9es. La ZLECAf ne peut constituer un levier de transformation \u00e9conomique sans une mont\u00e9e en gamme productive.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La pression d\u00e9mographique renforce cet imp\u00e9ratif. D\u2019ici 2050, la population africaine devrait doubler, avec une majorit\u00e9 de jeunes entrant sur le march\u00e9 du travail. L\u2019industrialisation, si elle s\u2019appuie sur une \u00e9nergie comp\u00e9titive, des infrastructures adapt\u00e9es et un capital humain qualifi\u00e9, peut contribuer \u00e0 absorber cette main-d\u2019\u0153uvre et \u00e0 cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e localement.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La ZLECAf se situe ainsi \u00e0 la crois\u00e9e de choix politiques et \u00e9conomiques majeurs. Elle offre un cadre institutionnel in\u00e9dit pour l\u2019int\u00e9gration du continent, mais ne saurait se substituer aux r\u00e9formes nationales n\u00e9cessaires. La cr\u00e9dibilit\u00e9 du projet repose d\u00e9sormais sur la capacit\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 d\u00e9passer les logiques de souverainet\u00e9 \u00e9conomique d\u00e9fensive et \u00e0 coordonner leurs politiques industrielles, fiscales et commerciales.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Sans investissements massifs, harmonisation r\u00e9glementaire effective et r\u00e9duction des barri\u00e8res non tarifaires, l\u2019accord risque de rester une promesse symbolique. L\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique africaine ne se d\u00e9cr\u00e8te pas; elle se construit dans la dur\u00e9e, au prix de compromis politiques et d\u2019efforts budg\u00e9taires consid\u00e9rables.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Quatre ans apr\u00e8s le d\u00e9but des \u00e9changes, la ZLECAf demeure un projet en devenir. Ses fondements politiques sont solides, ses projections \u00e9conomiques ambitieuses, mais ses effets concrets encore limit\u00e9s. Le d\u00e9fi n\u2019est plus celui de la ratification, largement acquise, mais celui de la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La ZLECAf pourrait devenir un levier structurant pour l\u2019Afrique si elle parvient \u00e0 catalyser l\u2019industrialisation, \u00e0 renforcer les cha\u00eenes de valeur r\u00e9gionales et \u00e0 r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du continent aux chocs ext\u00e9rieurs. \u00c0 d\u00e9faut, elle risquerait de rejoindre la longue liste des initiatives panafricaines \u00e0 forte port\u00e9e symbolique mais \u00e0 impact \u00e9conomique restreint. L\u2019enjeu, d\u00e9sormais, est celui du passage de l\u2019intention politique \u00e0 la transformation productive.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Avant la ZLECAf, le commerce intra-africain ne repr\u00e9sentait qu\u2019environ 18% des exportations totales du continent, un niveau sans&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":63445,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[6,578,18,51,1133,24023,24024,10,67,68,513,69,70,24022],"class_list":{"0":"post-63444","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-afrique","9":"tag-commerce","10":"tag-europe","11":"tag-europe-afrique","12":"tag-industrie","13":"tag-integration-africaine","14":"tag-logistiques","15":"tag-matieres-premieres","16":"tag-ue","17":"tag-ue-afrique","18":"tag-union-africaine","19":"tag-union-europeenne","20":"tag-union-europeenne-afrique","21":"tag-zlec-af"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116332961683248808","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63444","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63444"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63444\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/63445"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63444"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63444"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63444"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}