{"id":64669,"date":"2026-04-03T06:18:16","date_gmt":"2026-04-03T06:18:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/64669\/"},"modified":"2026-04-03T06:18:16","modified_gmt":"2026-04-03T06:18:16","slug":"guerre-iran-europe-consequences-politiques-sur-lotan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/64669\/","title":{"rendered":"Guerre Iran Europe cons\u00e9quences politiques sur l&rsquo;OTAN"},"content":{"rendered":"<p>\n    Imprimer l\u2019article \ud83d\udda8\ufe0f<\/p>\n<p>      \u00c9couter \ud83d\udd0a<br \/>\n      Stop<\/p>\n<p>lediplomate.media \u2014 imprim\u00e9 le 03\/04\/2026<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IM_LDM-5-1024x576.jpg\" alt=\"Trump discours Maison Blanche\" class=\"wp-image-21013\"  \/>Photo Maison Blanche<\/p>\n<p>Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (C\u00f4me, Italie)\u00a0<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un mois d\u2019offensive am\u00e9ricaine et isra\u00e9lienne contre l\u2019Iran, le fait le plus significatif n\u2019est pas seulement d\u2019ordre militaire. Il est politique. L\u2019Italie, l\u2019Espagne et la France, chacune \u00e0 sa mani\u00e8re, ont impos\u00e9 des limites \u00e0 l\u2019usage de leur territoire, de leur espace a\u00e9rien ou de leurs infrastructures pour soutenir les op\u00e9rations contre T\u00e9h\u00e9ran. Ce passage p\u00e8se bien davantage qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, car il r\u00e9v\u00e8le une fracture au sein du dispositif occidental au moment m\u00eame o\u00f9 Washington exige unit\u00e9 et discipline. En d\u2019autres termes, la guerre contre l\u2019Iran ne se contente pas d\u2019\u00e9puiser les ressources et de d\u00e9stabiliser les march\u00e9s : elle met \u00e0 nu la fragilit\u00e9 du lien atlantique.<\/p>\n<p>Sigonella et le retour d\u2019une souverainet\u00e9 sous surveillance<\/p>\n<p>Le cas italien est embl\u00e9matique. Rome a refus\u00e9 l\u2019utilisation de Sigonella pour le transit de deux appareils de combat destin\u00e9s au th\u00e9\u00e2tre moyen-oriental, et dans les jours pr\u00e9c\u00e9dents des ravitailleurs am\u00e9ricains auraient \u00e9galement essuy\u00e9 un refus alors qu\u2019ils soutenaient les op\u00e9rations a\u00e9riennes contre l\u2019Iran. Le gouvernement a imm\u00e9diatement tent\u00e9 d\u2019att\u00e9nuer la port\u00e9e de la d\u00e9cision, en insistant sur l\u2019absence de tensions avec Washington et sur la continuit\u00e9 des engagements pris. Mais cette prudence m\u00eame d\u00e9voile l\u2019essentiel : l\u2019Italie agit dans un cadre de souverainet\u00e9 limit\u00e9e, r\u00e9gi par des accords bilat\u00e9raux opaques remontant \u00e0 1954 et toujours couverts par le secret.<\/p>\n<p>La formule reste la m\u00eame depuis des d\u00e9cennies : les bases sont italiennes en apparence, mais le contr\u00f4le op\u00e9rationnel r\u00e9el demeure am\u00e9ricain. Les commandements nationaux interviennent sur les aspects techniques, non sur l\u2019orientation strat\u00e9gique des missions. Mais lorsque l\u2019usage de ces installations implique un saut politique, c\u2019est-\u00e0-dire une participation directe \u00e0 une guerre que le Parlement n\u2019a pas autoris\u00e9e, alors le gouvernement est contraint de freiner. C\u2019est l\u00e0 que r\u00e9appara\u00eet le n\u0153ud jamais r\u00e9solu de la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine en Italie : non pas une simple coop\u00e9ration entre alli\u00e9s, mais un \u00e9quilibre ambigu entre d\u00e9pendance strat\u00e9gique et n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server au moins l\u2019apparence de la souverainet\u00e9.<\/p>\n<p>Madrid et Paris : le refus s\u2019\u00e9largit<\/p>\n<p>L\u2019Espagne a adopt\u00e9 une ligne encore plus explicite. Le gouvernement de Pedro S\u00e1nchez a interdit l\u2019usage des bases de Rota et de Mor\u00f3n, ainsi que de l\u2019espace a\u00e9rien, pour soutenir l\u2019op\u00e9ration offensive contre l\u2019Iran. Madrid a pr\u00e9cis\u00e9 que cette restriction ne concernait que les activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la guerre, non le fonctionnement g\u00e9n\u00e9ral des installations am\u00e9ricaines. Mais le message est limpide : l\u2019alliance atlantique ne peut pas devenir un ch\u00e8que en blanc pour des guerres qui divisent l\u2019Europe, aggravent la crise \u00e9nerg\u00e9tique et \u00e9chappent \u00e0 tout cadre multilat\u00e9ral.<\/p>\n<p>La France, avec son langage plus nuanc\u00e9 mais non moins significatif, a elle aussi fait comprendre qu\u2019elle ne voulait pas servir de corridor automatique pour le transfert de mat\u00e9riel militaire vers Isra\u00ebl ou vers le front iranien. Donald Trump a r\u00e9agi avec sa brutalit\u00e9 habituelle, accusant Paris d\u2019ingratitude et d\u2019inutilit\u00e9. Mais derri\u00e8re l\u2019invective se cache un point sensible : les \u00c9tats-Unis constatent que l\u2019Europe, lorsque le conflit menace directement ses int\u00e9r\u00eats vitaux, n\u2019est plus dispos\u00e9e \u00e0 se laisser entra\u00eener sans condition.<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/tribune-mort-du-gendarme-comyn-la-france-a-tue-mon-mari\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">TRIBUNE \u2013 Mort du gendarme Comyn\u00a0: \u00ab\u00a0La France a tu\u00e9 mon mari\u00a0! \u00bb<\/a><\/p>\n<p>La fracture atlantique et le chantage \u00e9nerg\u00e9tique<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable point de rupture est le d\u00e9troit d\u2019Ormuz. Avec un trafic \u00e9nerg\u00e9tique mondial frapp\u00e9 de plein fouet et des march\u00e9s sous tension, les \u00c9tats-Unis demandent aux alli\u00e9s non seulement un soutien politique, mais aussi une participation concr\u00e8te \u00e0 la gestion de la crise. Trump va jusqu\u2019\u00e0 les exhorter \u00e0 prendre le contr\u00f4le du d\u00e9troit et \u00e0 \u00ab se battre pour eux-m\u00eames \u00bb, comme s\u2019il annon\u00e7ait que la protection am\u00e9ricaine ne serait plus gratuite. L\u2019alliance se transforme ainsi en pur rapport de force : que ceux qui d\u00e9pendent du p\u00e9trole du Golfe paient le prix militaire de cette d\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Europe, c\u2019est un cauchemar strat\u00e9gique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les \u00e9conomies du continent restent vuln\u00e9rables aux chocs \u00e9nerg\u00e9tiques. De l\u2019autre, les opinions publiques et plusieurs gouvernements refusent d\u2019\u00eatre entra\u00een\u00e9s dans une guerre per\u00e7ue comme am\u00e9ricaine et isra\u00e9lienne avant d\u2019\u00eatre occidentale. Il en r\u00e9sulte une contradiction redoutable : l\u2019Europe subit les cons\u00e9quences \u00e9conomiques du conflit, mais refuse d\u2019en assumer pleinement le co\u00fbt militaire. C\u2019est de l\u00e0 que na\u00eet la tension croissante avec Washington.<\/p>\n<p>Le calcul militaire et la peur de l\u2019escalade<\/p>\n<p>Sur le plan strictement strat\u00e9gique, le refus europ\u00e9en d\u2019ouvrir sans r\u00e9serve ses bases ne change pas \u00e0 lui seul le cours de la guerre, mais il complique la profondeur logistique am\u00e9ricaine. Une campagne contre l\u2019Iran, surtout si elle se prolonge, a besoin de couloirs a\u00e9riens, d\u2019escales techniques, de ravitaillement, de n\u0153uds de commandement et de soutien dispers\u00e9s. Restreindre ces acc\u00e8s signifie ralentir, d\u00e9tourner, augmenter les co\u00fbts et r\u00e9duire la flexibilit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Ce n\u2019est pas un geste purement symbolique : c\u2019est une forme de pression indirecte sur l\u2019architecture militaire am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, l\u2019Italie, l\u2019Espagne et la France savent qu\u2019accorder une pleine libert\u00e9 d\u2019action reviendrait \u00e0 s\u2019exposer \u00e0 des repr\u00e9sailles politiques, terroristes et peut-\u00eatre m\u00eame militaires. Dans un contexte o\u00f9 l\u2019Iran a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9largir le rayon de la crise, toute base utilis\u00e9e ouvertement pour l\u2019offensive risque de devenir une cible, ou du moins un facteur d\u2019implication directe. Le refus europ\u00e9en na\u00eet aussi de cet instinct de protection.<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/moyen-orient-otan-equilibre-indispensable\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">ANALYSE \u2013 Le Moyen-Orient et l\u2019OTAN : Un \u00c9quilibre Indispensable<\/a><\/p>\n<p>Une le\u00e7on g\u00e9o\u00e9conomique pour l\u2019Europe<\/p>\n<p>Cette crise met en lumi\u00e8re une v\u00e9rit\u00e9 inconfortable : l\u2019Europe ne dispose pas encore d\u2019une v\u00e9ritable autonomie strat\u00e9gique, mais elle commence \u00e0 comprendre le prix de sa subordination. Les bases am\u00e9ricaines sur le continent restent un instrument de puissance de Washington. Pourtant, lorsque la guerre menace d\u2019\u00e9branler les approvisionnements, la stabilit\u00e9 interne et les \u00e9changes commerciaux, les \u00c9tats europ\u00e9ens tentent de redresser la t\u00eate. Non pour renverser l\u2019alliance, mais pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre entra\u00een\u00e9s dans un conflit susceptible de d\u00e9vaster leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>En ce sens, le non oppos\u00e9 \u00e0 Sigonella, \u00e0 Rota, \u00e0 Mor\u00f3n ou aux escales fran\u00e7aises n\u2019est pas seulement une affaire diplomatique. C\u2019est le sympt\u00f4me d\u2019un tournant historique plus profond : l\u2019Europe commence \u00e0 comprendre que la fid\u00e9lit\u00e9 atlantique, dans un monde travers\u00e9 par les guerres \u00e9nerg\u00e9tiques et les crises des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, peut se transformer en pi\u00e8ge. Et que la vraie question n\u2019est plus seulement de savoir s\u2019il faut rester alli\u00e9 des \u00c9tats-Unis, mais jusqu\u2019\u00e0 quel point il est possible de l\u2019\u00eatre sans payer un prix devenu insoutenable.<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/tribune-pour-politique-etrangere-lucide-libre-coherente\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">TRIBUNE \u2013 Pour une politique \u00e9trang\u00e8re lucide, libre et coh\u00e9rente<\/a><\/p>\n<p>#Iran #OTAN #Europe #Geopolitique #GuerreIran #USA #Israel #France #Italie #Espagne #Souverainete #AllianceAtlantique #CriseEnergetique #Ormuz #Defense #Strategie #Diplomatie #Conflit #Analyse #PolitiqueInternationale #RelationsInternationales #Armee #BasesMilitaires #Sigonella #Rota #Moron #Trump #Washington #Teheran #Escalade #Securite #EconomieMondiale #Petrole #Gaz #Crise #Puissance #Influence #AutonomieStrategique #Occident #Tensions<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Giuseppe-Gagliano.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" alt=\"gagliano\" itemprop=\"image\"\/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Imprimer l\u2019article \ud83d\udda8\ufe0f \u00c9couter \ud83d\udd0a Stop lediplomate.media \u2014 imprim\u00e9 le 03\/04\/2026 Photo Maison Blanche Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":64670,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[4494,520,18,519],"class_list":{"0":"post-64669","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-decryptage","9":"tag-donald-trump","10":"tag-europe","11":"tag-otan"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116339323964441648","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64669","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64669"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64669\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/64670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64669"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64669"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64669"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}