{"id":6786,"date":"2026-02-08T06:57:24","date_gmt":"2026-02-08T06:57:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/6786\/"},"modified":"2026-02-08T06:57:24","modified_gmt":"2026-02-08T06:57:24","slug":"expertise-france-est-la-2e-agence-de-cooperation-technique-deurope-jeremie-pellet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/6786\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Expertise France est la 2e agence de coop\u00e9ration technique d\u2019Europe \u00bb (J\u00e9r\u00e9mie Pellet)"},"content":{"rendered":"<p>LA TRIBUNE AFRIQUE &#8211; Que repr\u00e9sente Expertise France et de quelle fa\u00e7on se r\u00e9partissent ses activit\u00e9s en Afrique\u00a0?<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00e9mie Pellet, directeur g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Expertise France\u00a0: Expertise France compte 625 salari\u00e9s au si\u00e8ge, 1 000 intervenants sur le terrain dont 440 experts, 220 experts techniques internationaux (ETI) (+60 % par rapport \u00e0 2021). Sur le millier d&rsquo;intervenants que nous comptons, deux tiers environ sont bas\u00e9s en Afrique.<\/p>\n<p>Expertise France, c&rsquo;est aussi 380 projets en cours dans 145 pays. L&rsquo;Afrique repr\u00e9sente 65 % de nos activit\u00e9s. Depuis quelques ann\u00e9es, nous renfor\u00e7ons notre pr\u00e9sence en Afrique centrale et en Afrique de l&rsquo;Est, \u00e0 la demande de nos partenaires, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du Rwanda, de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), du Kenya, de l&rsquo;\u00c9thiopie ou du Burundi. Nous appuyons aussi des organisations r\u00e9gionales comme la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO), ou encore l&rsquo;Union africaine (UA) sur l&rsquo;op\u00e9rationnalisation de la zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECAf). Nous avons enregistr\u00e9 un chiffre d&rsquo;affaires de 341 millions d&rsquo;euros, l&rsquo;an dernier.<\/p>\n<p>Ce repositionnement g\u00e9ographique accompagne le retrait de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;ouest du continent. Dans quelle mesure le contexte sah\u00e9lien affecte-t-il vos activit\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p>Notre d\u00e9veloppement dans d&rsquo;autres r\u00e9gions africaines ne s&rsquo;est pas traduit simultan\u00e9ment par un d\u00e9sengagement \u00e0 l&rsquo;ouest du continent. Au contraire, nous avons augment\u00e9 assez fortement nos activit\u00e9s en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, au S\u00e9n\u00e9gal, au Niger et en Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Au Sahel comme ailleurs, nous travaillons sur demande des pays partenaires. Lorsqu&rsquo;ils ne souhaitent plus travailler avec Expertise France, comme ce fut le cas au Mali d\u00e9but 2022, nous arr\u00eatons toutes nos activit\u00e9s bilat\u00e9rales sur lesquelles une quarantaine de collaborateurs travaillaient. En substance, cela repr\u00e9sentait un volume total d&rsquo;activit\u00e9 de 25 millions d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 figure parmi les secteurs-cl\u00e9s accompagn\u00e9s par Expertise France. N&rsquo;a-t-elle pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;un repositionnement g\u00e9ographique\u00a0?<\/p>\n<p>Effectivement, la s\u00e9curit\u00e9 est l&rsquo;un des sujets phares de l&rsquo;agence, dans le secteur maritime par exemple. Nous travaillons notamment sur financement europ\u00e9en via le programme Gulf of Guinea Inter-Regional Network (GoGIN &#8211; 9,2 millions d&rsquo;euros), pour am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 et la s\u00fbret\u00e9 maritimes dans le golfe de Guin\u00e9e. Nous facilitons la coordination entre les autorit\u00e9s des pays sur diff\u00e9rents sujets li\u00e9s \u00e0 la piraterie ou aux syst\u00e8mes de r\u00e9gulation du trafic. Gr\u00e2ce \u00e0 nos actions, les pirates sont oblig\u00e9s de s&rsquo;\u00e9loigner de plus en plus des c\u00f4tes (&#8230;) Parall\u00e8lement, nous appuyons plusieurs pays dans leur lutte contre le blanchiment et nous intervenons en soutien \u00e0 l&rsquo;action s\u00e9curitaire d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;\u00c9tats sur leurs fronti\u00e8res septentrionales.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 les pays \u00e9mergents exhortent la communaut\u00e9 internationale \u00e0 red\u00e9finir le financement de la transition climatique, que faut-il retenir du Sommet pour un nouveau Pacte financier mondial qui s&rsquo;est tenu \u00e0 Paris, les 22 et 23 juin derniers\u00a0?<\/p>\n<p>Il \u00e9tait n\u00e9cessaire que la r\u00e9flexion sur la transition climatique et celle sur son financement se rejoignent. Il faut assurer le d\u00e9veloppement des pays qui le r\u00e9clament pour r\u00e9pondre aux besoins de leur population, tout en respectant la pr\u00e9servation durable de l&rsquo;environnement. Plusieurs engagements du Fonds mon\u00e9taire international (FMI), de la Banque mondiale, d&rsquo;organisations multilat\u00e9rales et des chefs d&rsquo;\u00c9tat eux-m\u00eames, ont \u00e9t\u00e9 pris lors de ce Sommet. Le pr\u00e9sident Macky Sall s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 rejoindre un partenariat r\u00e9pondant \u00e0 une transition \u00e9nerg\u00e9tique juste au S\u00e9n\u00e9gal, tout en poursuivant son d\u00e9veloppement (gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;exploitation prochaine du gaz et du p\u00e9trole, ndlr).<\/p>\n<p>Comment financer la transition climatique d&rsquo;une Afrique qui n&rsquo;est responsable que de 4 % des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale\u00a0?<\/p>\n<p>Les financements internationaux doivent jouer un effet de levier sur le secteur priv\u00e9 local. Il appartient aux \u00c9tats de mobiliser les ressources domestiques qui permettront de financer leur transition et leur adaptation climatiques (&#8230;) Plusieurs pays subsahariens enregistrent des taux de croissance importants et l&rsquo;entrepreneuriat se d\u00e9veloppe \u00e0 toute allure. Nous sommes \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s, pour les accompagner \u00e0 travers des programmes comme l&rsquo;Alliance pour l&rsquo;Entrepreneuriat ou Choose Africa.<\/p>\n<p>Certains chefs d&rsquo;\u00c9tat africains comme le Nig\u00e9rien Mohamed Bazoum (entretien r\u00e9alis\u00e9 avant le putsch au Niger) ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Paris qu&rsquo;ils ne renonceraient pas \u00e0 exploiter leurs \u00e9nergies fossiles pour assurer leur d\u00e9veloppement&#8230;<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique ne conna\u00eetra pas la m\u00eame trajectoire industrielle que l&rsquo;Europe. La technologie a beaucoup progress\u00e9 et les r\u00e9alit\u00e9s sont diff\u00e9rentes aujourd&rsquo;hui. Les \u00e9nergies elles-m\u00eames ont chang\u00e9. In fine, il revient aux \u00c9tats de d\u00e9finir leur propre strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement, sans \u00eatre brid\u00e9s par des contraintes internationales. Tout repose sur le consensus, c&rsquo;est bien pour cela que les \u00e9changes comme le Sommet pour un nouveau Pacte financier mondial sont essentiels. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans le cadre de la COP26 que l&rsquo;Afrique du Sud s&rsquo;est engag\u00e9e \u00e0 renoncer \u00e0 l&rsquo;exploitation du charbon qui pourvoit \u00e0 pr\u00e8s de 80 % de son \u00e9lectricit\u00e9 aujourd&rsquo;hui (avant que le pr\u00e9sident Cyril Ramaphosa ne se r\u00e9tracte en janvier dernier, sur la cha\u00eene SABC, ndlr).<\/p>\n<p>Le 1er janvier 2022, Expertise France int\u00e9grait le groupe AFD. En substance, quelles sont les nouvelles synergies observ\u00e9es depuis la r\u00e9organisation\u00a0?<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, nous avons b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la croissance globale de l&rsquo;activit\u00e9. Nous devrions atteindre environ 400 millions d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires cette ann\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 cette int\u00e9gration dans l&rsquo;AFD, nous avons consolid\u00e9 notre implantation dans un certain nombre de pays. Nous d\u00e9veloppons \u00e9galement de plus en plus d&rsquo;offres groupe et des projets int\u00e9gr\u00e9s sur des th\u00e9matiques porteuses\u00a0: nous avons notamment mis en place une plateforme r\u00e9gionale \u00e0 Abidjan, qui couvre l&rsquo;ensemble des sujets de mobilisation des ressources int\u00e9rieures en Afrique de l&rsquo;Ouest.<\/p>\n<p>Expertise France vient de prendre la pr\u00e9sidence du Practitioner&rsquo;s Network, un r\u00e9seau de 24 agences de coop\u00e9ration techniques europ\u00e9ennes. Comment faire converger l&rsquo;APD europ\u00e9enne\u00a0?<\/p>\n<p>La plupart des pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne (UE) disposent d&rsquo;agences de coop\u00e9ration comme Expertise France. Elles jouent un r\u00f4le de plus en plus important dans l&rsquo;architecture europ\u00e9enne de l&rsquo;aide au d\u00e9veloppement. Nous sommes d&rsquo;ailleurs favorables \u00e0 davantage de synergies entre une agence comme la n\u00f4tre, avec ENABEL (Belgique), la GIZ (Allemagne) ou encore l&rsquo;AICS (Italie). Nous voulons mutualiser nos efforts pour ne pas se retrouver en situation de concurrence ou se dupliquer. Les projets de coop\u00e9ration existent d\u00e9j\u00e0 sur le terrain. En Tunisie, nous avons accompagn\u00e9 la cr\u00e9ation du hub d&rsquo;innovation, The Dot, et nous travaillons sur le d\u00e9veloppement des entreprises du secteur de la transition \u00e9nerg\u00e9tique, en collaboration avec la GIZ (&#8230;).<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Allemagne consacre environ 3,5 milliards d&rsquo;euros par an, \u00e0 sa coop\u00e9ration technique via la GIZ. De son c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;activit\u00e9 d&rsquo;Expertise France a beaucoup progress\u00e9. Elle a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par 4 en 8 ans et repr\u00e9sente pr\u00e8s de 400 millions d&rsquo;euros. C&rsquo;est la 2e agence de coop\u00e9ration technique d&rsquo;Europe derri\u00e8re la GIZ.<\/p>\n<p>Quel est le r\u00f4le du Conseil pr\u00e9sidentiel du d\u00e9veloppement (CPD)\u00a0?<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 en 2021, le CPD, dont la seconde r\u00e9union s&rsquo;est tenue il y a quelques semaines, s&rsquo;adressait \u00e0 la jeunesse fran\u00e7aise, pour qu&rsquo;elle s&rsquo;engage dans des projets au service du d\u00e9veloppement, traduits par des programmes de Jeunes Experts internationaux d\u00e9velopp\u00e9s par Expertise France. Ces jeunes experts travailleront sur le terrain pour le compte des minist\u00e8res et des organisations des pays partenaires. Ils seront int\u00e9gr\u00e9s dans une action de renforcement des politiques publiques. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation de 3.000 postes d&rsquo;experts et de volontaires \u00e0 l&rsquo;international, d&rsquo;ici 2027 (&#8230;)<\/p>\n<p>Enfin, la France veut diriger son APD hors du champ de ses 19 pays prioritaires traditionnels (19 africains et Ha\u00efti), pour l&rsquo;orienter vers les pays les moins avanc\u00e9s (PMA), avec l&rsquo;objectif de lutter contre la pauvret\u00e9, mais aussi vers les pays les plus vuln\u00e9rables aux changements climatiques. Ce nouvel agenda, entre protection de la population et protection de la plan\u00e8te, repr\u00e9sente un changement de cap, dont le champ d&rsquo;application sera fix\u00e9 tr\u00e8s prochainement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"LA TRIBUNE AFRIQUE &#8211; Que repr\u00e9sente Expertise France et de quelle fa\u00e7on se r\u00e9partissent ses activit\u00e9s en Afrique\u00a0?&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":6787,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[4035,4039,2554,4036,4037,452,354,18,453,4040,4038,4034],"class_list":{"0":"post-6786","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-expertise","9":"tag-jeremie","10":"tag-2554","11":"tag-2e","12":"tag-agence","13":"tag-cooperation","14":"tag-deurope","15":"tag-europe","16":"tag-france","17":"tag-pellet","18":"tag-technique","19":"tag-think-tank-la-tribune-afrique"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116033712472384655","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6786","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6786"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6786\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6787"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6786"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6786"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6786"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}