{"id":69570,"date":"2026-04-08T10:08:08","date_gmt":"2026-04-08T10:08:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/69570\/"},"modified":"2026-04-08T10:08:08","modified_gmt":"2026-04-08T10:08:08","slug":"au-ghana-la-carte-didentite-devient-un-moyen-de-paiement-a-part-entiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/69570\/","title":{"rendered":"Au Ghana, la carte d\u2019identit\u00e9 devient un moyen de paiement \u00e0 part enti\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Adoss\u00e9e \u00e0 une application publique centralis\u00e9e, la Ghana Card \u00e9volue vers un outil multifonction \u00e0 la crois\u00e9e de l\u2019identification et des services financiers. Une initiative qui ouvre de nouvelles perspectives pour l\u2019inclusion financi\u00e8re en Afrique.<\/p>\n<p>Le Ghana poursuit la mise en place d\u2019une architecture num\u00e9rique dans laquelle l\u2019identit\u00e9 devient le point d\u2019entr\u00e9e des services publics et, d\u00e9sormais, des services financiers. Avec l\u2019int\u00e9gration d\u2019un portefeuille \u00e9lectronique \u00e0 la Ghana Card, la carte nationale d\u2019identit\u00e9, le pays ne se limite pas \u00e0 ajouter une fonctionnalit\u00e9 de paiement : il construit progressivement un syst\u00e8me unifi\u00e9 o\u00f9 identification, administration et transactions s\u2019articulent autour d\u2019une m\u00eame infrastructure.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution s\u2019inscrit dans un dispositif plus large port\u00e9 par la National Identification Authority (NIA) et structur\u00e9 autour de la CitizenApp, une plateforme qui centralise l\u2019acc\u00e8s aux services publics. L\u2019activation et la gestion du portefeuille \u00e9lectronique peuvent s\u2019effectuer via une application d\u00e9di\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019ajout de cette fonctionnalit\u00e9 transforme la nature m\u00eame de la Ghana Card. Sans \u00eatre une carte bancaire au sens strict, elle en adopte certains usages : retraits aux distributeurs automatiques, paiements en magasin et en ligne, ainsi que transactions internationales. Contrairement \u00e0 une carte de d\u00e9bit classique \u00e9mise par une banque, la Ghana Card reste un instrument d\u2019identification d\u00e9livr\u00e9 par l\u2019\u00c9tat, auquel est associ\u00e9 un portefeuille interop\u00e9rable pouvant \u00eatre connect\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents comptes bancaires.<\/p>\n<p>Un d\u00e9fi pour les acteurs comme Visa ou Mastercard&#13;\n<\/p>\n<p>Ce choix r\u00e9pond \u00e0 un contexte structurel particulier. Au Ghana, comme dans une grande partie de l\u2019Afrique subsaharienne, l\u2019acc\u00e8s aux services financiers formels reste limit\u00e9 malgr\u00e9 une demande forte. La faible diffusion des cartes bancaires traduit moins une absence de demande qu\u2019un d\u00e9calage entre les infrastructures existantes et les usages. La faible diffusion des cartes bancaires traduit moins une absence de demande qu\u2019un d\u00e9calage entre les infrastructures existantes et les usages. En associant \u00e0 la Ghana Card un portefeuille \u00e9lectronique, les autorit\u00e9s cherchent \u00e0 \u00e9largir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des services de paiement \u00e0 un support d\u00e9j\u00e0 largement diffus\u00e9, plut\u00f4t que de reposer uniquement sur l\u2019int\u00e9gration des citoyens aux circuits existants.<\/p>\n<p>Cette approche prolonge une strat\u00e9gie d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e autour de la Ghana Card. L\u2019e-ID constitue la base du syst\u00e8me, tandis que l\u2019e-passeport, activ\u00e9 en 2022, a \u00e9tendu les usages de la carte \u00e0 la mobilit\u00e9 internationale. L\u2019ajout du portefeuille compl\u00e8te cet ensemble en introduisant une dimension \u00e9conomique. L\u2019identit\u00e9 devient ainsi une interface unique reliant des fonctions administratives, des services publics et des transactions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775576657_129_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Potentiel d&rsquo;extension&#13;\n<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019inclusion financi\u00e8re, cette \u00e9volution interroge l\u2019organisation des syst\u00e8mes de paiement. En d\u00e9veloppant une infrastructure nationale interop\u00e9rable, le Ghana exp\u00e9rimente un mod\u00e8le o\u00f9 les paiements domestiques peuvent s\u2019effectuer sans d\u00e9pendre uniquement des r\u00e9seaux internationaux traditionnels, d\u00e8s lors que les acteurs locaux et les institutions financi\u00e8res nationales s\u2019y int\u00e8grent. Dans ce contexte, le r\u00f4le d\u2019entit\u00e9s comme Visa ou Mastercard est susceptible d\u2019\u00e9voluer, en particulier sur les transactions domestiques. Leur position resterait n\u00e9anmoins centrale sur les flux internationaux, \u00e0 moins que des alternatives r\u00e9gionales ou \u00e9tatiques ne parviennent \u00e0 s\u2019imposer \u00e0 plus grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Ce mod\u00e8le pr\u00e9sente aussi un potentiel d\u2019extension \u00e0 d\u2019autres usages \u00e9conomiques. Les autorit\u00e9s ghan\u00e9ennes ont \u00e9voqu\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019utiliser la Ghana Card comme support pour des transactions li\u00e9es aux ressources naturelles, notamment dans le secteur de l\u2019or avec le Ghana Gold Board, ou encore pour des solutions num\u00e9riques \u00e9mergentes telles que la tokenisation. Ces pistes demeurent, pour l\u2019heure, au stade exploratoire, mais elles illustrent une volont\u00e9 d\u2019\u00e9largir le r\u00f4le de l\u2019infrastructure d\u2019identit\u00e9 au-del\u00e0 des services financiers classiques.<\/p>\n<p>La question centrale reste celle de l\u2019adoption : l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un tel syst\u00e8me d\u00e9pendra de sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 au quotidien dans des contextes vari\u00e9s et \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans les pratiques d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablies. L\u2019exp\u00e9rience d\u2019autres pays africains montre que l\u2019innovation financi\u00e8re repose souvent sur des solutions simples et tr\u00e8s r\u00e9pandues \u2014 comme le mobile money. Le mod\u00e8le ghan\u00e9en se distingue en s\u2019appuyant sur une infrastructure publique centralis\u00e9e plut\u00f4t que sur des plateformes priv\u00e9es de t\u00e9l\u00e9communications.<\/p>\n<p>Red\u00e9finir les \u00e9quilibres ?&#13;\n<\/p>\n<p>Ce choix pourrait contribuer \u00e0 structurer un environnement plus coh\u00e9rent pour l\u2019acc\u00e8s aux services, mais il comporte des enjeux de gouvernance, de confiance et d\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9. Il suppose que l\u2019\u00c9tat soit en mesure de garantir la fiabilit\u00e9 du syst\u00e8me tout en laissant aux acteurs priv\u00e9s l\u2019espace n\u00e9cessaire pour d\u00e9velopper des services autour de cette base commune.<\/p>\n<p>En reliant identit\u00e9 et paiement, le Ghana explore une reconfiguration des infrastructures \u00e9conomiques : l\u2019acc\u00e8s aux services financiers ne d\u00e9pend plus uniquement des banques et des r\u00e9seaux internationaux, mais d\u2019un dispositif public structurant la cha\u00eene des \u00e9changes. Si ce mod\u00e8le venait \u00e0 se diffuser plus largement, il pourrait contribuer \u00e0 red\u00e9finir les \u00e9quilibres entre \u00c9tats, institutions financi\u00e8res et acteurs mondiaux des paiements, en pla\u00e7ant l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique au c\u0153ur des syst\u00e8mes \u00e9conomiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Adoss\u00e9e \u00e0 une application publique centralis\u00e9e, la Ghana Card \u00e9volue vers un outil multifonction \u00e0 la crois\u00e9e de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":69571,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[161],"tags":[58,4472,26223,2065,26224,278,59,2854,547,7035],"class_list":{"0":"post-69570","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-ghana","8":"tag-58","9":"tag-carte","10":"tag-didentite","11":"tag-devient","12":"tag-entiere","13":"tag-ghana","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-moyen","16":"tag-paiement","17":"tag-part"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116368539885117180","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69570","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=69570"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/69570\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/69571"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=69570"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=69570"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=69570"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}