{"id":7303,"date":"2026-02-08T17:23:08","date_gmt":"2026-02-08T17:23:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/7303\/"},"modified":"2026-02-08T17:23:08","modified_gmt":"2026-02-08T17:23:08","slug":"comment-les-russes-tentent-de-modifier-le-rapport-de-force-sur-le-terrain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/7303\/","title":{"rendered":"comment les Russes tentent de modifier le rapport de force sur le terrain"},"content":{"rendered":"<p>Il est le politologue attitr\u00e9 du Kremlin. Chaque ann\u00e9e depuis sept ans, Fiodor Loukianov mod\u00e8re les discussions du public face \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/la-tribune-dimanche\/dans-le-monde\/11180547350901\/guerre-en-ukraine-l-ombre-de-vladimir-poutine-plane-sur-miami\" target=\"_blank\" article-id=\"11180547350901\" rel=\"nofollow noopener\">Vladimir Poutine<\/a> lors des rencontres du club Valda\u00ef, le Davos Russe, dont il est le directeur scientifique. \u00c0 59 ans, l\u2019expert international est aussi le r\u00e9dacteur en chef de Russia in Global Affairs, une revue qui d\u00e9fend les int\u00e9r\u00eats g\u00e9opolitiques de la Russie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la visite cette semaine \u00e0 Moscou d\u2019Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique d\u2019Emmanuel Macron venu pr\u00e9parer une reprise des \u00e9changes entre les pr\u00e9sidents fran\u00e7ais et russe, La Tribune Dimanche s\u2019est entretenue avec Fiodor Loukianov. Alors que les n\u00e9gociateurs russes, ukrainiens et am\u00e9ricains vont se retrouver \u00e0 nouveau, apr\u00e8s deux jours de discussion la semaine derni\u00e8re \u00e0 Abou Dhabi, Fiodor Loukianov revient sur ces tractations, le r\u00f4le de l\u2019Europe et les convergences entre <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/la-tribune-dimanche\/opinions\/86884674041796\/opinion-face-a-trump-poutine-et-leurs-fossiles-l-urgence-d-une-energie-souveraine-et-abordable-par-sylvain-waserman-directeur-general-de-lademe?id=86884674041796\" target=\"_blank\" article-id=\"86884674041796\" rel=\"nofollow noopener\">Vladimir Poutine et Donald Trump.<\/a><\/p>\n<p>Dans la capitale russe, la d\u00e9marche fran\u00e7aise, qualifi\u00e9e de \u00ab\u202fpath\u00e9tique\u202f\u00bb par le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Sergue\u00ef Lavrov, suscite une r\u00e9action mitig\u00e9e, entre satisfaction de voir les Europ\u00e9ens reconna\u00eetre la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un dialogue avec la Russie et scepticisme sur ce que l\u2019Europe peut offrir. \u00ab\u202fLe pr\u00e9sident russe s\u2019est toujours dit ouvert \u00e0 la discussion, affirme Fiodor Loukianov. La question est : pour parler de quoi ? \u00bb S\u2019il s\u2019agit, par exemple, des garanties de s\u00e9curit\u00e9, entendues comme le d\u00e9ploiement en Ukraine de forces de pays membres de la coalition des volontaires, la conversation risque de tourner court. \u00ab\u202fToute la logique de l\u2019op\u00e9ration lanc\u00e9e en f\u00e9vrier\u202f2022 visait \u00e0 garantir que l\u2019Ukraine ne servirait jamais de plateforme militaire contre la Russie, explique l\u2019analyste. Poutine ne peut pas c\u00e9der sur ce point car cela reviendrait \u00e0 abandonner un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de toute sa strat\u00e9gie.\u202f\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame intransigeance sur le retrait ukrainien du Donbass. Le Kremlin en a fait une condition centrale d\u2019un accord de paix. \u00ab\u202fLors des n\u00e9gociations d\u2019Istanbul, au printemps 2022, la question territoriale n\u2019\u00e9tait pas la plus importante mais elle l\u2019est devenue avec l\u2019\u00e9volution de la situation sur le terrain, soutient Fiodor Loukianov. Une certaine marge de man\u0153uvre existe pour d\u2019autres territoires occup\u00e9s par les forces russes, mais pas sur le p\u00e9rim\u00e8tre du Donbass.\u202f\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame les Ukrainiens ne sont pas tr\u00e8s chauds pour impliquer l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Moscou per\u00e7oit l\u2019Europe comme align\u00e9e sur l\u2019Ukraine et donc comme partie prenante au conflit. Contrairement aux \u00c9tats-Unis de Trump qui s\u2019affichent en \u00ab\u202fm\u00e9diateur\u202f\u00bb, sans d\u00e9signer l\u2019agresseur. \u00ab\u202fUn changement r\u00e9volutionnaire que personne en Occident n\u2019aurait pu imaginer\u202f\u00bb, l\u00e2che Fiodor Loukianov. Pour l\u2019heure, la Russie ne voit gu\u00e8re d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire une place aux Europ\u00e9ens \u00e0 la table de n\u00e9gociation. \u00ab\u202fPersonne n\u2019en veut, persifle le propagandiste. Ni les Russes ni les Am\u00e9ricains. M\u00eame les Ukrainiens ne sont pas tr\u00e8s chauds pour impliquer l\u2019Europe dont ils ne voient pas la valeur ajout\u00e9e. \u00c0 ce stade, je ne vois pas quel r\u00f4le l\u2019Europe pourrait jouer dans ce r\u00e8glement.\u202f\u00bb<\/p>\n<p>La crise de la relation transatlantique, exacerb\u00e9e par la <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/la-tribune-dimanche\/dans-le-monde\/9885357520811\/personne-ne-sait-ce-qu-il-va-decider-donald-trump-ou-le-regne-de-l-incertitude-sur-la-question-du-groenland\" target=\"_blank\" article-id=\"9885357520811\" rel=\"nofollow noopener\">question du Groenland<\/a>, vient opportun\u00e9ment renforcer les doutes des alli\u00e9s sur la solidit\u00e9 de la garantie am\u00e9ricaine. \u00ab\u202fC\u2019est avantageux pour la Russie m\u00eame si elle n\u2019y a pas contribu\u00e9, admet l\u2019ancien professeur d\u2019allemand. L\u2019\u00e9rosion du lien transatlantique, fruit de l\u2019apr\u00e8s-Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide, est in\u00e9vitable, poursuit-il. La d\u00e9composition des institutions de l\u2019ordre mondial lib\u00e9ral, comme l\u2019Otan et l\u2019UE, en fait partie. C\u2019est vrai que cela peut susciter en nous une certaine \u201cSchadenfreude\u201d [joie ressentie face au malheur d\u2019autrui], mais rien ne prouve que le nouvel ordre qui \u00e9mergera sera meilleur pour nous.\u202f\u00bb<\/p>\n<p>Faute de pouvoir changer le pouvoir ukrainien par la force, Moscou s\u2019en remet \u00e0 la capacit\u00e9 des Am\u00e9ricains \u00e0 \u00ab\u202fimposer des \u00e9lections et des proc\u00e9dures d\u00e9mocratiques au r\u00e9gime ukrainien\u202f\u00bb. Autrement dit, la tenue conjointe d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum sur l\u2019accord de paix et d\u2019\u00e9lections ferait partie du \u00ab\u202fpaquet\u202f\u00bb en cours de n\u00e9gociation.<\/p>\n<p>Ceux qui imaginent voir la Russie jeter l\u2019\u00e9ponge pour des raisons \u00e9conomiques se trompent.<\/p>\n<p>Depuis plusieurs semaines, la presse russe s\u2019inqui\u00e8te pourtant des cons\u00e9quences de la guerre en Ukraine pour l\u2019\u00e9conomie du pays. Tous les indicateurs virent \u00e0 l\u2019orange : croissance en berne, inflation, d\u00e9ficit budg\u00e9taire\u2026 \u00ab\u202fC\u2019est vrai, les fonds disponibles diminuent, reconna\u00eet Loukianov, mais ceux qui imaginent voir la Russie jeter l\u2019\u00e9ponge pour des raisons \u00e9conomiques se trompent. La Russie peut supporter ce conflit pendant encore au moins un an.\u202f\u00bb<\/p>\n<p>Un an ? \u00c0 bas bruit, le Kremlin semble se pr\u00e9parer \u00e0 une cessation des hostilit\u00e9s. Press\u00e9s d\u2019en finir avant les \u00e9lections de mi-mandat, d\u00e9but novembre aux \u00c9tats-Unis, les n\u00e9gociateurs am\u00e9ricains voudraient mettre fin \u00e0 la guerre d\u2019ici au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9, selon Volodymyr Zelensky. \u00c0 Moscou, on mise d\u2019ailleurs sur une pression accrue de Donald Trump sur le pr\u00e9sident ukrainien et on en profite pour tenter de cr\u00e9er un meilleur rapport de force sur le terrain en progressant dans l\u2019oblast de Donetsk et vers Zaporijia. Et en poursuivant les attaques sur le r\u00e9seau \u00e9nerg\u00e9tique, comme hier matin lors d\u2019importantes frappes qui ont provoqu\u00e9 des coupures de courant dans une grande partie du pays, alors que les temp\u00e9ratures sont particuli\u00e8rement basses.<\/p>\n<p>Ce qui int\u00e9resse Trump ce sont des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains tr\u00e8s pragmatiques, principalement d\u2019ordre financier.<\/p>\n<p>\u00ab\u202fPoutine souhaite clairement garder Trump de son c\u00f4t\u00e9\u202f\u00bb, ajoute Fiodor Loukianov. Le Kremlin se veut donc \u00ab\u202fconstructif\u202f\u00bb, en particulier sur tout ce qui pourrait favoriser la normalisation des relations avec Washington et la conclusion d\u2019accords bilat\u00e9raux avec les \u00c9tats-Unis. Sans se faire d\u2019illusions sur d\u2019\u00e9ventuels rapprochements, g\u00e9opolitiques ou id\u00e9ologiques, avec le pr\u00e9sident am\u00e9ricain. \u00ab\u202fTrump se moque des id\u00e9ologies et je ne constate pas beaucoup de convergence g\u00e9opolitique, d\u00e9crypte le politologue. Ce qui l\u2019int\u00e9resse, ce sont des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains tr\u00e8s pragmatiques, principalement d\u2019ordre financier. Son seul crit\u00e8re, c\u2019est la force. Et ce n\u2019est pas parce qu\u2019il qualifie l\u2019h\u00e9misph\u00e8re occidental de zone d\u2019influence naturelle des \u00c9tats-Unis qu\u2019il acceptera la m\u00eame politique de la part d\u2019autres grandes puissances comme la Russie, la Chine ou l\u2019Inde.\u202f\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Il est le politologue attitr\u00e9 du Kremlin. Chaque ann\u00e9e depuis sept ans, Fiodor Loukianov mod\u00e8re les discussions du&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":7304,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[58,18,1394,61,2135,4281,4054,4282,4283,233],"class_list":{"0":"post-7303","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-58","9":"tag-europe","10":"tag-guerre","11":"tag-leurope","12":"tag-la-tribune-dimanche","13":"tag-moscou","14":"tag-negociations","15":"tag-refuse","16":"tag-table","17":"tag-ukraine"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116036174121957756","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7303"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7303\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}