{"id":77947,"date":"2026-04-17T03:01:31","date_gmt":"2026-04-17T03:01:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/77947\/"},"modified":"2026-04-17T03:01:31","modified_gmt":"2026-04-17T03:01:31","slug":"financement-du-developpement-des-couts-demprunt-en-nette-hausse-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/77947\/","title":{"rendered":"Financement du d\u00e9veloppement : des co\u00fbts d\u2019emprunt en nette hausse en Afrique"},"content":{"rendered":"<p>Dans un contexte de resserrement financier mondial et de tensions g\u00e9opolitiques persistantes, l\u2019acc\u00e8s au financement se d\u00e9grade pour de nombreux pays africains, au risque de fragiliser durablement leurs trajectoires de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>La hausse rapide des co\u00fbts d\u2019emprunt red\u00e9finit profond\u00e9ment les marges de man\u0153uvre budg\u00e9taires des pays africains. Selon un rapport publi\u00e9 le 14 avril dernier par ONE Data, la plateforme de donn\u00e9es de l\u2019ONG ONE Campaign, les co\u00fbts d\u2019emprunt sur le continent ont bondi de 91% entre 2020 et 2024, sous l\u2019effet combin\u00e9 de la pand\u00e9mie de Covid-19, des tensions sur les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat mondiaux et des chocs g\u00e9opolitiques.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9tail, le co\u00fbt moyen de financement est pass\u00e9 de 2,7% \u00e0 5,1% en cinq ans, affectant l\u2019ensemble des sources de financement externe. M\u00eame les guichets historiquement les plus avantageux n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s. Les pr\u00eats de la Banque internationale pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement (BIRD), filiale de la Banque mondiale, ont ainsi vu leur taux moyen grimper de 1,4% \u00e0 5,2%, r\u00e9duisant leur avantage comparatif pour les pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution marque une rupture dans l\u2019environnement financier international, o\u00f9 les alternatives se rar\u00e9fient. Les financements chinois, longtemps per\u00e7us comme une option comp\u00e9titive, ont \u00e9galement vu leurs taux progresser, passant en moyenne de 2,5% \u00e0 5,7% sur la p\u00e9riode pour les pays africains.<\/p>\n<p>Les pays \u00ab\u00a0mixtes\u00a0\u00bb en premi\u00e8re ligne&#13;\n<\/p>\n<p>Les pays disposant \u00e0 la fois d\u2019un acc\u00e8s aux march\u00e9s financiers et \u00e0 des financements concessionnels \u2014 comme le Kenya, le S\u00e9n\u00e9gal, le B\u00e9nin ou le Ghana \u2014 apparaissent particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables. Ni suffisamment pauvres pour b\u00e9n\u00e9ficier pleinement de financements concessionnels, ni assez solides pour absorber la volatilit\u00e9 des march\u00e9s, ils subissent de plein fouet la remont\u00e9e des taux.<\/p>\n<p>Le rapport souligne que ces \u00ab\u00a0blend countries\u00a0\u00bb sont ceux qui auraient le plus \u00e0 gagner d\u2019un meilleur acc\u00e8s aux ressources concessionnelles. Entre 2020 et 2024, ils auraient pu \u00e9conomiser jusqu\u2019\u00e0 20,8 milliards USD (environ 17,67 milliards d&rsquo;euros) s\u2019ils avaient mobilis\u00e9 davantage de financements via des guichets moins co\u00fbteux des banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>En pratique, ces pays continuent pourtant de se financer sur les march\u00e9s obligataires internationaux \u00e0 des co\u00fbts nettement plus \u00e9lev\u00e9s, faute de volumes suffisants de pr\u00eats concessionnels. Cette contrainte accentue le poids du service de la dette et limite les capacit\u00e9s d\u2019investissement, notamment dans les infrastructures et le capital humain.<\/p>\n<p>Un effet d\u2019\u00e9viction sur les d\u00e9penses sociales&#13;\n<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des \u00e9quilibres macro\u00e9conomiques, la hausse des co\u00fbts d\u2019emprunt produit d\u00e9j\u00e0 des effets tangibles sur les politiques publiques. L\u2019augmentation des charges d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9duit les ressources disponibles pour financer les secteurs sociaux, dans un contexte d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 par la baisse de l\u2019aide internationale et la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie et des denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<p>Le rapport met en garde contre un effet d\u2019\u00e9viction croissant : les d\u00e9penses li\u00e9es au service de la dette grignotent les budgets consacr\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9ducation ou \u00e0 la protection sociale. Cette dynamique intervient alors que les besoins restent \u00e9lev\u00e9s, notamment dans les pays les plus fragiles ou expos\u00e9s aux chocs climatiques.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences humaines commencent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 appara\u00eetre. En 2025, le nombre d\u2019enfants d\u00e9c\u00e9d\u00e9s avant l\u2019\u00e2ge de cinq ans aurait augment\u00e9 pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle. Parall\u00e8lement, entre 638 et 720 millions de personnes ont souffert de la faim en 2024, une situation susceptible de s\u2019aggraver sous l\u2019effet des tensions inflationnistes.<\/p>\n<p>Le risque d\u2019un choc g\u00e9opolitique suppl\u00e9mentaire&#13;\n<\/p>\n<p>\u00c0 ces fragilit\u00e9s s\u2019ajoute un environnement international incertain. Le conflit opposant l\u2019Iran, les \u00c9tats-Unis et Isra\u00ebl constitue un facteur de risque suppl\u00e9mentaire pour les \u00e9conomies en d\u00e9veloppement. Deux sc\u00e9narios se dessinent : une remont\u00e9e des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat li\u00e9e \u00e0 une inflation tir\u00e9e par les mati\u00e8res premi\u00e8res, ou un ralentissement de la croissance mondiale affectant les recettes d\u2019exportation.<\/p>\n<p>Dans les deux cas, l\u2019effet est similaire : une contraction de l\u2019espace budg\u00e9taire \u00e0 un moment o\u00f9 les \u00c9tats ont besoin de ressources accrues pour soutenir leurs \u00e9conomies et leurs populations.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette situation, le rapport plaide pour un renforcement du r\u00f4le des banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement, une meilleure adaptation des instruments financiers aux besoins des pays et une r\u00e9forme des m\u00e9canismes de restructuration de la dette. Il souligne \u00e9galement l\u2019importance de pr\u00e9server les conditions pr\u00e9f\u00e9rentielles offertes par l\u2019Association internationale de d\u00e9veloppement (IDA), principal guichet concessionnel pour les pays les plus pauvres.<\/p>\n<p>En creux, c\u2019est toute l\u2019architecture du financement du d\u00e9veloppement qui est interrog\u00e9e. Alors que les besoins d\u2019investissement restent massifs, la capacit\u00e9 des pays africains \u00e0 mobiliser des ressources \u00e0 des conditions soutenables appara\u00eet plus que jamais comme un enjeu central.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans un contexte de resserrement financier mondial et de tensions g\u00e9opolitiques persistantes, l\u2019acc\u00e8s au financement se d\u00e9grade pour&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":77948,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[58,6,11400,28692,78,544,1153,59,28693],"class_list":{"0":"post-77947","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-58","9":"tag-afrique","10":"tag-couts","11":"tag-demprunt","12":"tag-developpement","13":"tag-financement","14":"tag-hausse","15":"tag-la-tribune-afrique","16":"tag-nette"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116417821599690095","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77947","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77947"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77947\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/77948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77947"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77947"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77947"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}