{"id":78617,"date":"2026-04-17T16:00:40","date_gmt":"2026-04-17T16:00:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/78617\/"},"modified":"2026-04-17T16:00:40","modified_gmt":"2026-04-17T16:00:40","slug":"choc-energetique-de-la-guerre-en-iran-lasie-et-lafrique-misent-sur-le-nucleaire-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/78617\/","title":{"rendered":"Choc \u00e9nerg\u00e9tique de la guerre en Iran : l\u2019Asie et l\u2019Afrique misent sur le nucl\u00e9aire"},"content":{"rendered":"<p>Le choc \u00e9nerg\u00e9tique mondial provoqu\u00e9 par la guerre en Iran pousse les pays d\u2019Asie et d\u2019Afrique \u00e0 augmenter leur production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 nucl\u00e9aire et acc\u00e9l\u00e8re les projets d\u2019\u00e9nergie atomique dans les pays qui n\u2019en ont encore jamais eu.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>L\u2019Asie, principale destination du p\u00e9trole et du gaz du Moyen-Orient, a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re et la plus durement touch\u00e9e par les perturbations des routes maritimes ; l\u2019Afrique a suivi de pr\u00e8s. Les \u00c9tats-Unis et l\u2019Europe subissent eux aussi la hausse des co\u00fbts de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 mesure que le conflit rench\u00e9rit les prix.<\/p>\n<p>Les pays d\u00e9j\u00e0 dot\u00e9s de centrales nucl\u00e9aires augmentent leur production pour s\u00e9curiser des approvisionnements de court terme, tandis que les \u00c9tats non nucl\u00e9aires acc\u00e9l\u00e8rent des projets atomiques de long terme pour se pr\u00e9munir contre de futurs chocs sur les \u00e9nergies fossiles.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire n\u2019est pas une solution rapide. D\u00e9velopper une fili\u00e8re atomique peut prendre des d\u00e9cennies, surtout pour les nouveaux entrants. Mais les engagements de long terme pris aujourd\u2019hui l\u2019inscriront probablement durablement dans le bouquet \u00e9nerg\u00e9tique des pays, estime Joshua Kurlantzick, du Council on Foreign Relations.<\/p>\n<p>L\u2019Asie, durement touch\u00e9e, mise sur le nucl\u00e9aire<\/p>\n<p>En Asie, la guerre pousse la Cor\u00e9e du Sud \u00e0 augmenter sa production nucl\u00e9aire, tandis que Ta\u00efwan d\u00e9bat d\u2019un red\u00e9marrage de r\u00e9acteurs mis \u00e0 l\u2019arr\u00eat. En Afrique, le Kenya, le Rwanda et l\u2019Afrique du Sud ont tous r\u00e9affirm\u00e9 leur soutien \u00e0 la construction future de r\u00e9acteurs.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire exploite l\u2019\u00e9nergie d\u00e9gag\u00e9e lorsque le noyau d\u2019un atome, comme l\u2019uranium, se scinde lors d\u2019un processus appel\u00e9 fission. Contrairement aux combustibles fossiles, elle n\u2019\u00e9met pas de dioxyde de carbone. Mais elle g\u00e9n\u00e8re des d\u00e9chets radioactifs potentiellement dangereux, ce qui explique la prudence de nombreux pays.<\/p>\n<p>La guerre a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 une sorte de \u00ab renaissance nucl\u00e9aire \u00bb mondiale, observe Rachel Bronson, du Bulletin of the Atomic Scientists, alors que les \u00c9tats cherchent une alternative aux risques des march\u00e9s des \u00e9nergies fossiles.<\/p>\n<p>Quelque 31 pays utilisent l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire, qui fournit environ 10 % de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 mondiale, selon l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie atomique (AIEA). Quarante autres pays envisagent la technologie ou se pr\u00e9parent \u00e0 construire une centrale.<\/p>\n<p>En Asie, o\u00f9 la gestion d\u2019urgence de l\u2019\u00e9nergie va d\u2019un recours accru au charbon \u00e0 des achats de p\u00e9trole russe, les pays dot\u00e9s de centrales nucl\u00e9aires tentent de tirer davantage de leurs r\u00e9acteurs existants.<\/p>\n<p>La Cor\u00e9e du Sud augmente sa production et acc\u00e9l\u00e8re la maintenance de cinq r\u00e9acteurs \u00e0 l\u2019arr\u00eat, dont le red\u00e9marrage est pr\u00e9vu en mai.<\/p>\n<p>Ta\u00efwan et le Japon reviennent sur les politiques qui avaient entra\u00een\u00e9 la fermeture de sites nucl\u00e9aires apr\u00e8s la catastrophe de Fukushima en 2011, provoqu\u00e9e par un s\u00e9isme et un tsunami qui avaient coup\u00e9 l\u2019alimentation des syst\u00e8mes de refroidissement des r\u00e9acteurs.<\/p>\n<p>Ta\u00efwan envisage le long processus de red\u00e9marrage de deux r\u00e9acteurs, qui n\u00e9cessitera des inspections minutieuses, des contr\u00f4les de s\u00fbret\u00e9 et la v\u00e9rification des syst\u00e8mes de commande.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de la guerre, au Japon, la Premi\u00e8re ministre Takaichi Sanae a sign\u00e9 un accord de 40 milliards de dollars (35 milliards d\u2019euros) pour des r\u00e9acteurs avec les \u00c9tats-Unis, un accord de recyclage de combustible nucl\u00e9aire avec la France et a promis une coop\u00e9ration nucl\u00e9aire \u00e0 l\u2019Indon\u00e9sie.<\/p>\n<p>Le Japon a remis en service en janvier la centrale nucl\u00e9aire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde.<\/p>\n<p>Sur le plan du co\u00fbt et de la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement, les \u00e9nergies renouvelables sont plus pertinentes que le nucl\u00e9aire, estime Michiyo Miyamoto, de l\u2019Institute for Energy Economics and Financial Analysis, bas\u00e9 aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Mais le niveau historiquement \u00e9lev\u00e9 des prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, aggrav\u00e9 par la crise actuelle, fait \u00e9voluer l\u2019opinion publique japonaise en faveur du nucl\u00e9aire, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>Au Bangladesh, le gouvernement s\u2019empresse de connecter au r\u00e9seau de nouveaux r\u00e9acteurs construits par le russe Rosatom, dans l\u2019espoir qu\u2019ils fournissent 300 m\u00e9gawatts au r\u00e9seau national d\u2019ici cet \u00e9t\u00e9 et att\u00e9nuent la pression li\u00e9e aux p\u00e9nuries de gaz.<\/p>\n<p>En mars, le Vi\u00eat Nam a sign\u00e9 avec Moscou un accord portant sur deux r\u00e9acteurs de conception russe.<\/p>\n<p>Les Philippines, qui viennent de d\u00e9clarer l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence \u00e9nerg\u00e9tique nationale, envisagent elles aussi de relancer une centrale nucl\u00e9aire construite apr\u00e8s le choc p\u00e9trolier de 1973 mais jamais mise en service.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019esp\u00e8re que nous avons tir\u00e9 les le\u00e7ons du pass\u00e9 \u00bb, d\u00e9clare Alvie Asuncion-Astronomo, de l\u2019Institut philippin de recherche nucl\u00e9aire. La guerre en Iran \u00ab donne au nucl\u00e9aire l\u2019impulsion qui manquait \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique affiche ses ambitions nucl\u00e9aires<\/p>\n<p>La flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie et les p\u00e9nuries d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 alimentent les appels \u00e0 une coop\u00e9ration nucl\u00e9aire dans toute l\u2019Afrique, o\u00f9 plus de 20 des 54 pays ont engag\u00e9 des plans de long terme dans le domaine de l\u2019\u00e9nergie atomique.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9e comme un march\u00e9 en plein essor, l\u2019Afrique attire les pays nucl\u00e9aires, dont les \u00c9tats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Cor\u00e9e du Sud, qui mettent en avant les petits r\u00e9acteurs modulaires (SMR) comme solution aux d\u00e9ficits \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Ces unit\u00e9s compactes sont moins co\u00fbteuses que les grandes centrales, mais les projets prennent malgr\u00e9 tout des ann\u00e9es. Le Kenya pr\u00e9voit de mettre un SMR en service en 2034, apr\u00e8s avoir lanc\u00e9 la premi\u00e8re phase du projet en 2009.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire n\u2019est plus une aspiration lointaine pour les pays africains ; c\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 strat\u00e9gique \u00bb, d\u00e9clarait le mois dernier Justus Wabuyabo, de la Nuclear Power and Energy Agency du Kenya.<\/p>\n<p>Lors d\u2019un sommet convoqu\u00e9 en mars par l\u2019AIEA, le pr\u00e9sident rwandais Paul Kagame a estim\u00e9 que l\u2019Afrique serait \u00ab l\u2019un des march\u00e9s mondiaux les plus importants \u00bb pour les petits r\u00e9acteurs dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Les SMR sont per\u00e7us comme une r\u00e9ponse \u00e0 la hausse de la demande d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 sur le continent, \u00e0 la faiblesse des r\u00e9seaux et \u00e0 la d\u00e9pendance excessive au diesel import\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique du Sud, qui poss\u00e8de les seules centrales nucl\u00e9aires du continent, veut faire passer la part du nucl\u00e9aire d\u2019environ 5 % \u00e0 16 % de son mix \u00e9nerg\u00e9tique d\u2019ici 2040.<\/p>\n<p>Selon Loyiso Tyabashe, de la South African Nuclear Energy Corporation, les SMR pourraient \u00ab nous permettre d\u2019atteindre notre objectif strat\u00e9gique consistant \u00e0 placer l\u2019Afrique du Sud \u00e0 la pointe des technologies nucl\u00e9aires avanc\u00e9es \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c9tats-Unis et Russie se disputent l\u2019influence<\/p>\n<p>Ces perturbations \u00e9nerg\u00e9tiques interviennent alors que la rivalit\u00e9 pour l\u2019influence en Afrique s\u2019intensifie entre Washington et Moscou.<\/p>\n<p>Rosatom, le g\u00e9ant nucl\u00e9aire russe, construit le premier r\u00e9acteur de l\u2019\u00c9gypte et a sign\u00e9 des accords de coop\u00e9ration avec l\u2019\u00c9thiopie, le Burkina Faso, le Ghana, la Tanzanie et le Niger, couvrant de grands projets, des centres de recherche, des installations de traitement de l\u2019uranium et des programmes de formation.<\/p>\n<p>Si seuls le Kenya et le Ghana ont rejoint une initiative am\u00e9ricaine sur les r\u00e9acteurs modulaires, Washington tente de rattraper son retard.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis et la Cor\u00e9e du Sud ont parrain\u00e9 le mois dernier une conf\u00e9rence sur le nucl\u00e9aire \u00e0 Nairobi, o\u00f9 Ryan Taugher, du d\u00e9partement d\u2019\u00c9tat am\u00e9ricain, a indiqu\u00e9 que Washington travaillait avec des pays africains pour d\u00e9velopper rapidement des r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires civils s\u00fbrs.<\/p>\n<p>Le Ghana, qui vise le d\u00e9but de la construction d\u2019une centrale en 2027, est en qu\u00eate de fournisseurs \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Les risques demeurent<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat progresse, mais les risques, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019accidents de fusion, de mauvaise gestion des d\u00e9chets ou d\u2019une possible d\u00e9rive vers l\u2019armement nucl\u00e9aire, restent bien pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Ayumi Fukakusa, de l\u2019ONG Friends of the Earth Japan, affirme que \u00ab le nucl\u00e9aire est tr\u00e8s risqu\u00e9 \u00bb et maintiendra les pays d\u00e9pendants de combustibles import\u00e9s comme l\u2019uranium enrichi.<\/p>\n<p>Selon Rex Amancio, de la Global Renewables Alliance, les gouvernements devraient rester concentr\u00e9s sur le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 long terme, dans la mesure o\u00f9 les fili\u00e8res nucl\u00e9aires prennent des ann\u00e9es \u00e0 se mettre en place.<\/p>\n<p>Bronson avertit \u00e9galement que les centrales nucl\u00e9aires sont vuln\u00e9rables en temps de conflit, citant des cas o\u00f9 des r\u00e9acteurs ont \u00e9t\u00e9 pris pour cible \u00e0 la fois pendant la guerre en Iran et la guerre entre la Russie et l\u2019Ukraine.<\/p>\n<p>\u00ab Tous ces \u00e9l\u00e9ments entrent d\u00e9sormais en ligne de compte dans notre conception de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique \u00bb, souligne-t-elle.<\/p>\n<p>\u00ab Les pays mettent aujourd\u2019hui ces risques en balance avec d\u2019autres risques, que l\u2019Asie et l\u2019Afrique constatent au premier chef, li\u00e9s \u00e0 ce qui se passe quand le gaz et le p\u00e9trole cessent d\u2019arriver. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le choc \u00e9nerg\u00e9tique mondial provoqu\u00e9 par la guerre en Iran pousse les pays d\u2019Asie et d\u2019Afrique \u00e0 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