{"id":81006,"date":"2026-04-20T16:19:18","date_gmt":"2026-04-20T16:19:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/81006\/"},"modified":"2026-04-20T16:19:18","modified_gmt":"2026-04-20T16:19:18","slug":"kemcore-veut-localiser-la-production-dintrants-chimiques-miniers-en-afrique-pour-reduire-les-importations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/81006\/","title":{"rendered":"Kemcore veut localiser la production d&rsquo;intrants chimiques miniers en Afrique, pour r\u00e9duire les importations"},"content":{"rendered":"<p>La d\u00e9pendance de l\u2019industrie mini\u00e8re africaine aux intrants import\u00e9s reste un point de fragilit\u00e9 structurel, alors m\u00eame que le continent s\u2019impose comme un fournisseur cl\u00e9 de minerais critiques pour la transition \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>La semaine derni\u00e8re, le n\u00e9gociant zambien d\u2019intrants miniers, Kemcore, a annonc\u00e9 la construction d\u2019unit\u00e9s de production en Afrique, dont une usine \u00e0 103 millions USD (environ 87,6 millions d\u2019euros) au Botswana. L\u2019objectif est de localiser la fabrication de produits chimiques essentiels, et de r\u00e9duire l\u2019exposition des op\u00e9rateurs miniers aux chocs ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>L\u2019installation botswanaise doit entrer en service \u00e0 la mi-2026 et cibler directement la copperbelt, en approvisionnant les producteurs de cuivre et de cobalt en Zambie ainsi qu&rsquo;en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Elle produira du sodium metabisulfite, du sodium hydrosulfure, et des collecteurs de flottation comme les xanthates, indispensables au traitement des minerais. La capacit\u00e9 atteindra 57 500 tonnes par an d\u00e8s 2027, avant de monter \u00e0 250 000 tonnes en 2032, soit environ 25% de la demande africaine.<\/p>\n<p>En Angola, une autre unit\u00e9, d\u00e9j\u00e0 financ\u00e9e et li\u00e9e \u00e0 un projet de terres rares, produira 88 000 tonnes d\u2019acide sulfurique et 50 000 tonnes de chaux caustique par an. \u00c0 terme, Kemcore vise 25 % d\u2019un march\u00e9 continental estim\u00e9 \u00e0 500 millions USD (environ 425 millions d\u2019euros).<\/p>\n<p>Une r\u00e9ponse \u00e0 une d\u00e9pendance structurelle et expos\u00e9e aux chocs&#13;\n<\/p>\n<p>Avec cette expansion, l\u2019entreprise veut corriger un d\u00e9s\u00e9quilibre structurel qui voit l\u2019Afrique exporter des minerais, mais importer une bonne partie des produits n\u00e9cessaires \u00e0 leur transformation. Le cuivre et le cobalt, dont la Zambie et la RDC concentrent une large part de la production, n\u00e9cessitent des intrants chimiques aujourd\u2019hui majoritairement import\u00e9s de Chine et du Moyen-Orient. Cette organisation expose toute la cha\u00eene de valeur \u00e0 des risques exog\u00e8nes.<\/p>\n<p>Des perturbations r\u00e9centes en donnent une illustration directe. Le conflit en Iran a affect\u00e9 les flux de soufre, mati\u00e8re premi\u00e8re essentielle pour produire de l\u2019acide sulfurique, provoquant une hausse des prix observ\u00e9e notamment au port de Dar es Salaam. Ce type de choc externe se r\u00e9percute imm\u00e9diatement sur les co\u00fbts d\u2019exploitation des mines africaines. Il r\u00e9v\u00e8le une d\u00e9pendance qui ne tient pas \u00e0 l\u2019absence de ressources locales, mais \u00e0 un d\u00e9ficit de capacit\u00e9s industrielles interm\u00e9diaires.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>En produisant localement, Kemcore cherche \u00e0 raccourcir les cha\u00eenes logistiques, \u00e0 s\u00e9curiser l\u2019acc\u00e8s aux intrants et \u00e0 lisser les co\u00fbts. Elle avance un potentiel de r\u00e9duction pouvant atteindre 35% pour les op\u00e9rateurs. Mais au-del\u00e0 du gain \u00e9conomique, l\u2019enjeu est industriel. Il s\u2019agit de capter une part de la valeur aujourd\u2019hui externalis\u00e9e, sans modifier la nature des ressources exploit\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette approche reste toutefois cibl\u00e9e. M\u00eame \u00e0 pleine capacit\u00e9, l\u2019usine botswanaise ne couvrira qu\u2019un quart de la demande africaine. Elle r\u00e9duit la d\u00e9pendance, sans la supprimer. Elle introduit une capacit\u00e9 locale, sans constituer \u00e0 elle seule un \u00e9cosyst\u00e8me industriel complet. Le projet marque donc une inflexion, mais pas une rupture. Il s\u2019inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement des cha\u00eenes de valeur.<\/p>\n<p>A travers son programme de transformation \u00e9conomique, le Botswana cherche \u00e0 structurer des activit\u00e9s industrielles en aval du secteur extractif. Le projet de Kemcore, qui a s\u00e9curis\u00e9 son foncier et avanc\u00e9 dans ses proc\u00e9dures environnementales, s\u2019int\u00e8gre dans cette logique de diversification. Il pourrait g\u00e9n\u00e9rer des emplois, des recettes fiscales et renforcer les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement r\u00e9gionales.<\/p>\n<p>Un int\u00e9r\u00eat g\u00e9opolitique encore naissant&#13;\n<\/p>\n<p>L\u2019initiative attise \u00e9galement un int\u00e9r\u00eat g\u00e9opolitique. Des agences am\u00e9ricaines ont manifest\u00e9 un int\u00e9r\u00eat pr\u00e9liminaire, dans un contexte o\u00f9 Washington cherche \u00e0 r\u00e9duire l\u2019influence de la Chine sur les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement en minerais critiques. Aucun engagement n\u2019est act\u00e9, mais cette attention souligne que la transformation locale devient un enjeu strat\u00e9gique, au-del\u00e0 de la seule extraction.<\/p>\n<p>Le financement du projet devrait n\u00e9anmoins rester majoritairement africain, ce qui distingue cette initiative de mod\u00e8les plus d\u00e9pendants de capitaux ext\u00e9rieurs. Fond\u00e9e en 2007 comme soci\u00e9t\u00e9 de n\u00e9goce, Kemcore \u00e9volue ainsi vers un mod\u00e8le int\u00e9gr\u00e9, combinant distribution et production, en s\u2019appuyant sur un ancrage r\u00e9gional d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli.<\/p>\n<p>La comp\u00e9titivit\u00e9 des unit\u00e9s locales face aux importations d\u00e9pendra notamment des co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques et logistiques. La mont\u00e9e en puissance devra suivre la demande r\u00e9elle en minerais critiques, et la multiplication de projets similaires sera n\u00e9cessaire pour cr\u00e9er un effet d\u2019\u00e9chelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La d\u00e9pendance de l\u2019industrie mini\u00e8re africaine aux intrants import\u00e9s reste un point de fragilit\u00e9 structurel, alors m\u00eame que&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":81007,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[58,6,29752,29751,1812,29749,59,29750,8081,622,2236,1159],"class_list":{"0":"post-81006","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-58","9":"tag-afrique","10":"tag-chimiques","11":"tag-dintrants","12":"tag-importations","13":"tag-kemcore","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-localiser","16":"tag-miniers","17":"tag-production","18":"tag-reduire","19":"tag-veut"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116437946447692808","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81006","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81006"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81006\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/81007"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}