{"id":81133,"date":"2026-04-20T19:00:15","date_gmt":"2026-04-20T19:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/81133\/"},"modified":"2026-04-20T19:00:15","modified_gmt":"2026-04-20T19:00:15","slug":"conflit-au-moyen-orient-lafrique-pourrait-perdre-02-point-de-croissance-en-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/81133\/","title":{"rendered":"Conflit au Moyen-Orient : l\u2019Afrique pourrait perdre 0,2 point de croissance en 2026"},"content":{"rendered":"<p>Les crises qui secouent le Moyen-Orient depuis f\u00e9vrier 2026 menacent de faire perdre \u00e0 l\u2019Afrique jusqu\u2019\u00e0 0,2 point de pourcentage de sa croissance \u00e9conomique, selon un document conjoint de la Commission de l\u2019Union africaine, de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, de la CEA et du PNUD. Pr\u00e9sent\u00e9 le 15 avril \u00e0 Washington en marge des r\u00e9unions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le rapport alerte sur les canaux de transmission du choc : envol\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie, des engrais et des denr\u00e9es alimentaires, perturbation des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, et volatilit\u00e9 des march\u00e9s des changes.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique paie d\u00e9j\u00e0 le prix du conflit au Moyen-Orient. Depuis le 28 f\u00e9vrier 2026, la fermeture de facto du d\u00e9troit d\u2019Ormuz a provoqu\u00e9 une onde de choc sur les \u00e9conomies du continent. Selon un rapport conjoint rendu public mardi 15 avril \u00e0 Washington, la croissance africaine pourrait reculer de 0,2 point de pourcentage en 2026 si la crise se prolonge. Une perte qui viendrait effacer une partie des progr\u00e8s durement acquis apr\u00e8s la pand\u00e9mie de Covid-19, la guerre en Ukraine et les chocs tarifaires de 2025. Le document, intitul\u00e9 \u00abImpacts du conflit au Moyen-Orient sur les \u00e9conomies africaines\u00bb, a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par la Commission de l\u2019Union africaine, le Groupe de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, la Commission \u00e9conomique des Nations unies pour l\u2019Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD).<\/p>\n<p>Des canaux de transmission multiples et d\u00e9j\u00e0 actifs<br \/>Le rapport identifie cinq canaux principaux par lesquels le conflit affecte le continent. D\u2019abord, les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res s\u2019affolent. Entre le 27 f\u00e9vrier et le 6 avril 2026, le prix du p\u00e9trole brut Brent a bondi de plus de 51%, passant de 72,87 \u00e0 109,77 dollars le baril. Le gaz naturel et l\u2019ur\u00e9e \u2013 engrais essentiel pour l\u2019agriculture africaine \u2013 ont \u00e9galement connu des hausses spectaculaires de 35% sur la m\u00eame p\u00e9riode. Ensuite, les perturbations des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement s\u2019aggravent. Le d\u00e9tournement des routes maritimes vers le cap de Bonne-Esp\u00e9rance allonge les trajets de 10 \u00e0 15 jours et augmente les co\u00fbts de fret de 20 \u00e0 40%.<\/p>\n<p>L\u2019indice Freightos Baltic (FBX13), qui mesure le co\u00fbt du transport de conteneurs depuis la Chine vers la M\u00e9diterran\u00e9e, a d\u00e9j\u00e0 grimp\u00e9 de 16,8% depuis le d\u00e9but du conflit. Troisi\u00e8me canal : la volatilit\u00e9 des march\u00e9s des changes.<\/p>\n<p>Selon Claver Gatete, secr\u00e9taire ex\u00e9cutif de la CEA, 31 pays africains enregistrent d\u00e9j\u00e0 une d\u00e9pr\u00e9ciation de leur devise par rapport au dollar am\u00e9ricain. Cette d\u00e9pr\u00e9ciation alourdit le co\u00fbt du service de la dette et rench\u00e9rit les importations, alimentant une spirale inflationniste. Quatri\u00e8mement, les flux de capitaux et les transferts de fonds sont menac\u00e9s. Plus de 3,6 millions de migrants africains r\u00e9sident et travaillent dans les \u00c9tats du Golfe. Leurs envois de fonds, qui atteignaient 28,3 milliards de dollars en provenance du Conseil de coop\u00e9ration du Golfe, constituent une bou\u00e9e de sauvetage pour de nombreux pays comme l\u2019\u00c9gypte, l\u2019\u00c9thiopie, le Kenya ou le Nigeria. Une interruption ou une baisse de ces flux aurait des cons\u00e9quences imm\u00e9diates sur les r\u00e9serves de change et la consommation des m\u00e9nages. Enfin, le tourisme \u2013 source essentielle de devises pour des pays comme le Cap-Vert, Maurice, les Seychelles ou la Tunisie \u2013 subit \u00e9galement les contrecoups de l\u2019instabilit\u00e9 r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>80% du p\u00e9trole import\u00e9 d\u2019Afrique vient de la zone du Golfe<br \/>Le rapport rappelle une donn\u00e9e structurelle cl\u00e9 : 80% du p\u00e9trole brut import\u00e9 par l\u2019Afrique provient de la r\u00e9gion du Golfe, ainsi que 50% de ses produits p\u00e9troliers raffin\u00e9s. Au total, 19 pays africains enregistrent des importations en provenance du Moyen-Orient sup\u00e9rieures \u00e0 10% de leurs achats totaux, bien au-dessus de la moyenne continentale de 8,9%.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique rend le continent vuln\u00e9rable \u00e0 toute perturbation dans le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, o\u00f9 le trafic maritime a chut\u00e9 de pr\u00e8s de 109 navires par jour avant le conflit \u00e0 une quasi-interruption au 22 mars 2026. Les cons\u00e9quences se mesurent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la pompe. Entre le 23 f\u00e9vrier et le 23 mars 2026, le prix de l\u2019essence a augment\u00e9 de 13,9% au Maroc, de 14,3% en \u00c9gypte, de 12,3% en Sierra Leone, et de 39,1% au Zimbabwe. Le diesel a connu des hausses encore plus spectaculaires : 21,4% au Maroc, 22,8% en Sierra Leone, 34,9% au Zimbabwe.<\/p>\n<p>Ces augmentations p\u00e8sent lourdement sur les m\u00e9nages et les entreprises, d\u2019autant que le transport repr\u00e9sente entre 30% et 50% des co\u00fbts finaux sur les march\u00e9s alimentaires domestiques. Le rapport alerte particuli\u00e8rement sur l\u2019impact du conflit dans le secteur des engrais. Cinq des dix plus grands importateurs d\u2019engrais en provenance de la r\u00e9gion du Golfe sont des pays africains : le Soudan, la Tanzanie, la Somalie, le Kenya et le Mozambique.<\/p>\n<p>La hausse de 35% du prix de l\u2019ur\u00e9e, coupl\u00e9e aux perturbations logistiques, menace la production agricole \u00e0 l\u2019approche des semis (mars-mai). Pour certains pays africains, le choc des engrais est plus lourd de cons\u00e9quences que le choc p\u00e9trolier lui-m\u00eame, car il frappe directement la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Une p\u00e9nurie d\u2019engrais se traduira par une baisse des rendements, une hausse des prix alimentaires, et une aggravation de la faim et de la malnutrition sur le continent, o\u00f9 les m\u00e9nages les plus pauvres consacrent d\u00e9j\u00e0 50 \u00e0 60% de leurs revenus \u00e0 l\u2019alimentation.<\/p>\n<p>Une r\u00e9silience africaine \u00e0 pr\u00e9server<br \/>Malgr\u00e9 ces chocs, le rapport souligne que l\u2019Afrique a fait preuve d\u2019une r\u00e9silience remarquable ces derni\u00e8res ann\u00e9es. En 2025, le continent comptait 12 des 20 \u00e9conomies \u00e0 la croissance la plus rapide au monde, et 22 pays affichaient une croissance du PIB sup\u00e9rieure \u00e0 5%.<\/p>\n<p>Kevin Urama, \u00e9conomiste en chef du Groupe de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, a appel\u00e9 les gouvernements \u00e0 ne pas c\u00e9der \u00e0 la panique et \u00e0 \u00e9viter les d\u00e9cisions pr\u00e9cipit\u00e9es qui pourraient handicaper leurs \u00e9quilibres budg\u00e9taires. Francisca Tatchouop Belobe, commissaire de l\u2019Union africaine charg\u00e9e de l\u2019\u00c9conomie et du D\u00e9veloppement, a rappel\u00e9 que \u00able continent fait preuve d\u2019une tr\u00e8s grande r\u00e9silience\u00bb.<\/p>\n<p>Les recommandations du rapport<br \/>Pour faire face \u00e0 la crise, le document conjoint formule plusieurs recommandations. \u00c0 court terme, il pr\u00e9conise une gestion strat\u00e9gique de l\u2019inflation pour stabiliser les anticipations de prix, une discipline budg\u00e9taire rigoureuse (gestion prudente des recettes exceptionnelles pour les pays exportateurs de p\u00e9trole, renforcement du contr\u00f4le de la dette), et le d\u00e9ploiement de mesures de protection sociale temporaires et cibl\u00e9es pour prot\u00e9ger les populations les plus vuln\u00e9rables. Il met en garde contre les subventions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, qui aggraveraient les d\u00e9ficits budg\u00e9taires \u00e0 long terme. Il appelle \u00e9galement \u00e0 diversifier les sources d\u2019approvisionnement en \u00e9nergie, engrais et produits alimentaires, et \u00e0 renforcer le commerce r\u00e9gional et intra-africain.<\/p>\n<p>\u00c0 moyen et long terme, le rapport insiste sur l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la mise en \u0153uvre de la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECAf), le renforcement de la mobilisation des capitaux domestiques, et la diversification du mix \u00e9nerg\u00e9tique africain via l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des investissements dans les \u00e9nergies renouvelables et le secteur gazier. Il invite \u00e9galement les acteurs financiers africains \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la mise en \u0153uvre de la Nouvelle architecture financi\u00e8re africaine (NAFA) pour renforcer le r\u00f4le du continent sur les march\u00e9s financiers mondiaux.<\/p>\n<p>H.K. \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les crises qui secouent le Moyen-Orient depuis f\u00e9vrier 2026 menacent de faire perdre \u00e0 l\u2019Afrique jusqu\u2019\u00e0 0,2 point&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":81134,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[6,29792,445,14055,2243],"class_list":{"0":"post-81133","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-afrique","9":"tag-conflit-au-moyen-orient","10":"tag-croissance","11":"tag-detroit-dormuz","12":"tag-zlecaf"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116438579446428702","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81133","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81133"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81133\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/81134"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81133"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81133"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81133"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}