{"id":84523,"date":"2026-04-24T13:35:11","date_gmt":"2026-04-24T13:35:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/84523\/"},"modified":"2026-04-24T13:35:11","modified_gmt":"2026-04-24T13:35:11","slug":"derriere-chaque-clic-il-y-a-une-vie-adoptez-le-reflexe-smart-click","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/84523\/","title":{"rendered":"Derri\u00e8re chaque clic, il y a une vie. Adoptez le R\u00e9flexe Smart click."},"content":{"rendered":"<p>[Smart Click Africa] \u2013 L\u2019espace num\u00e9rique <a href=\"https:\/\/www.digitalbusiness.africa\/objet-tribune-analyse-strategique-pourquoi-la-proptech-camerounaise-doit-pivoter-vers-la-certification-des-acteurs-bilan-de-90-jours\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">camerounais<\/a> traverse une zone de turbulences. Ce qui devait \u00eatre un levier d\u2019\u00e9mancipation, d\u2019innovation et de participation citoyenne s\u2019apparente de plus en plus, pour une frange d\u2019usagers, \u00e0 un espace de r\u00e8glement de comptes, de stigmatisation et de violence symbolique.<\/p>\n<p>L\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente, marqu\u00e9e par l\u2019interpellation de la cyberactiviste A\u00efcha Kamoise \u00e0 la suite d\u2019une plainte d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019homme d\u2019affaires Steven Nbienou Kouadjo, PDG de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/@Nbikotv\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">NBIKO TV<\/a>, illustre \u00e0 quel point les tensions num\u00e9riques peuvent rapidement basculer dans le domaine judiciaire. La com\u00e9dienne est accus\u00e9e d\u2019avoir tenu des propos injurieux et provocateurs sur les r\u00e9seaux sociaux \u00e0 l\u2019encontre de Nbiko TV, de son PDG et de son \u00e9pouse.<\/p>\n<p>Entre prises de position passionn\u00e9es, campagnes de soutien et lynchage num\u00e9rique, une r\u00e9alit\u00e9 s\u2019impose : le d\u00e9bat public en ligne au Cameroun perd ses rep\u00e8res.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette d\u00e9rive et sans pr\u00e9juger de l\u2019issue judiciaire de cette affaire, il devient imp\u00e9ratif de replacer la responsabilit\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019usage des outils num\u00e9riques.<\/p>\n<p>Car derri\u00e8re chaque clic, il y a une vie.<\/p>\n<p>La banalisation des violences num\u00e9riques : un risque syst\u00e9mique<\/p>\n<p>Le cyberespace camerounais n\u2019est plus seulement un lieu d\u2019\u00e9changes ; il est devenu, dans certains cas, un tribunal parall\u00e8le o\u00f9 l\u2019injure, la diffamation, l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur et le cyberharc\u00e8lement sont \u00e9rig\u00e9s en modes d\u2019expression.<\/p>\n<p>Cette banalisation n\u2019est pas anodine. Elle traduit une crise plus profonde : celle de la r\u00e9gulation sociale du discours \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique. L\u2019illusion d\u2019anonymat, la recherche de visibilit\u00e9 \u00e0 tout prix et la viralit\u00e9 des contenus cr\u00e9ent un environnement propice aux d\u00e9rives.<\/p>\n<p>Or, ces d\u00e9rives sont juridiquement encadr\u00e9es :<\/p>\n<p>L\u2019injure d\u00e9grade le d\u00e9bat sans produire de valeur ;<br \/>\nLa diffamation d\u00e9truit la r\u00e9putation sur la base d\u2019all\u00e9gations non prouv\u00e9es ;<br \/>\nL\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur fragilise la dignit\u00e9 individuelle et collective ;<br \/>\nLe cyberharc\u00e8lement installe une violence r\u00e9p\u00e9t\u00e9e aux cons\u00e9quences psychologiques parfois irr\u00e9versibles.<br \/>\nLe discours de haine fracture la soci\u00e9t\u00e9 en ciblant des personnes ou des groupes en raison de leur appartenance raciale, religieuse, tribale ou ethnique.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des individus directement vis\u00e9s, c\u2019est le tissu social lui-m\u00eame qui est affect\u00e9. Perte d\u2019estime de soi, familles expos\u00e9es, carri\u00e8res bris\u00e9es, r\u00e9putation num\u00e9rique durablement alt\u00e9r\u00e9e : les d\u00e9g\u00e2ts d\u00e9passent largement le cadre de l\u2019\u00e9cran et peuvent aller de la d\u00e9pression au suicide.<\/p>\n<p>Le num\u00e9rique n\u2019est pas un espace hors-la-loi<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e encore r\u00e9pandue, Internet n\u2019est pas une zone de non-droit. Le Cameroun dispose d\u2019un arsenal juridique clair pour encadrer les usages num\u00e9riques et sanctionner les abus.<\/p>\n<p>Un principe fondamental doit \u00eatre rappel\u00e9 : \u00e0 l\u2019\u00e8re du num\u00e9rique, chaque internaute est \u00e0 la fois \u00e9diteur, diffuseur et responsable. Cette responsabilit\u00e9 ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la publication. Elle s\u2019\u00e9tend \u00e0 la diffusion.<\/p>\n<p>Partager une information non v\u00e9rifi\u00e9e, relayer une accusation sans preuve, amplifier une rumeur, porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur d\u2019autrui, tenir des propos injurieux ou tenir des discours de haine sur le web \u2014 c\u2019est potentiellement s\u2019exposer \u00e0 des poursuites judiciaires.<\/p>\n<p>Beaucoup pensent \u00eatre \u00e0 l\u2019abri derri\u00e8re un \u00e9cran ou derri\u00e8re un faux compte. Pourtant, des astuces existent pour retrouver l\u2019identit\u00e9 et la localisation des comptes anonymes ou des faux comptes. Car il existe des collaborations et des \u00e9changes entre ces r\u00e9seaux sociaux, les fournisseurs d\u2019adresses e-mail, les op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie et les gouvernements. De plus, les adresses IP peuvent \u00eatre retrac\u00e9es.<\/p>\n<p>Encore une fois, la loi ne se limite pas \u00e0 interdire la publication de fausses informations et d\u2019injures : elle impose \u00e9galement la responsabilit\u00e9 de leur diffusion. Si vous ne disposez ni de preuves ni de sources cr\u00e9dibles, le simple fait de liker ou de cliquer sur \u00ab Partager \u00bb peut vous exposer \u00e0 des poursuites judiciaires.<\/p>\n<p> Loi n\u00b02010\/012 du 21 d\u00e9cembre 2010 sur la cybercriminalit\u00e9 et la cybers\u00e9curit\u00e9<\/p>\n<p>Article 78 alin\u00e9a 1 (fausses nouvelles) :<br \/>\u00ab Est puni d\u2019un emprisonnement de six (06) mois \u00e0 deux (02) ans et d\u2019une amende de 5 000 000 \u00e0 10 000 000 de FCFA, ou de l\u2019une de ces deux peines seulement, celui qui publie ou propage, par voie de communications \u00e9lectroniques ou d\u2019un syst\u00e8me d\u2019information, une nouvelle sans pouvoir en rapporter la preuve de v\u00e9racit\u00e9 ou justifier qu\u2019il avait de bonnes raisons de croire \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de ladite nouvelle. \u00bb<br \/>\nArticle 78 alin\u00e9a 2 :<br \/>\u00ab Les peines pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1 ci-dessus sont doubl\u00e9es lorsque l\u2019infraction est commise dans le but de porter atteinte \u00e0 la paix publique. \u00bb<br \/>\nArticle 77 alin\u00e9a 1 (outrage race ou religion) :<br \/>\u00ab\u00a0Est puni d\u2019un emprisonnement de deux (02) \u00e0 cinq (05) ans et d\u2019une amende de 2.000.000 (deux millions) \u00e0 5.000.000 (cinq millions) F CFA,ou de l\u2019une de ces deux peines seulement, celui qui, par la voie de communications \u00e9lectroniques ou d\u2019un syst\u00e8me d\u2019information, commet un outrage \u00e0 l\u2019encontre d\u2019une race ou d\u2019une religion.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Article 77 alin\u00e9a 2 (outrage race ou religion) :<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>(2) Les peines pr\u00e9vues-\u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1 ci-dessus sont doubl\u00e9es lorsque l\u2019infraction est commise dans le but de susciter la haine ou le m\u00e9pris entre les citoyens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Code p\u00e9nal camerounais (Loi n\u00b02016\/007 du 12 juillet 2016)<\/p>\n<p>Le Code p\u00e9nal sanctionne clairement les atteintes \u00e0 l\u2019honneur et \u00e0 la dignit\u00e9 :<\/p>\n<p>Article 305 \u2013 Diffamation :<br \/>\u00ab Est puni d\u2019un emprisonnement de six (06) jours \u00e0 six (06) mois et d\u2019une amende de 5 000 \u00e0 2 000 000 de francs, ou de l\u2019une de ces deux peines seulement, celui qui porte atteinte \u00e0 l\u2019honneur ou \u00e0 la consid\u00e9ration d\u2019une personne en lui imputant des faits dont il ne peut rapporter la preuve. \u00bb<br \/>\nArticle 307 \u2013 Injure :<br \/>\u00ab Est puni d\u2019un emprisonnement de cinq (05) jours \u00e0 trois (03) mois et d\u2019une amende de 5 000 \u00e0 100 000 francs, ou de l\u2019une de ces deux peines seulement, celui qui adresse \u00e0 une personne une expression outrageante, un terme de m\u00e9pris ou une invective ne renfermant l\u2019imputation d\u2019aucun fait. \u00bb<\/p>\n<p> Discours de haine \u2013 Code p\u00e9nal (Loi n\u00b02019\/020 du 24 d\u00e9cembre 2019)<\/p>\n<p> Article 241 nouveau, alin\u00e9a 1 \u2013 Outrage \u00e0 la tribu ou \u00e0 l\u2019ethnie :<\/p>\n<p>\u00ab Est puni d\u2019un emprisonnement de un (01) \u00e0 deux (02) ans et d\u2019une amende de trois cent mille (300 000) \u00e0 trois millions (3 000 000) de francs, celui qui, par quelque moyen que ce soit, tient des discours de haine ou proc\u00e8de aux incitations \u00e0 la violence contre des personnes en raison de leur appartenance tribale ou ethnique. \u00bb<\/p>\n<p> Article 241 nouveau, alin\u00e9a 3 :<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque l\u2019auteur du discours de haine est un fonctionnaire au sens de l\u2019article 131 du pr\u00e9sent Code, un responsable de formation politique, de m\u00e9dia, d\u2019une organisation non gouvernementale ou d\u2019une institution religieuse, les peines pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1 ci-dessus sont doubl\u00e9es et les circonstances att\u00e9nuantes ne sont pas admises. \u00bb<\/p>\n<p>Imposer le R\u00e9flexe Smart : une exigence citoyenne<\/p>\n<p>Dans ce contexte, il ne suffit plus d\u2019appeler \u00e0 la prudence. Il faut instaurer une culture.<\/p>\n<p>C\u2019est le sens du \u00ab R\u00e9flexe Smart \u00bb promu par Smart Click Africa : un m\u00e9canisme simple, mais structurant, qui doit pr\u00e9c\u00e9der chaque publication, chaque commentaire, chaque partage.<\/p>\n<p>Quatre questions doivent guider tout acte num\u00e9rique et se poser avant tout post:<\/p>\n<p>Est-ce vrai ?<br \/>\nEst-ce utile ?<br \/>\nEst-ce bienveillant ?<br \/>\nEst-ce assumable devant la loi ?<\/p>\n<p>Ce r\u00e9flexe n\u2019est pas une contrainte. C\u2019est une condition de maturit\u00e9 num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas de restreindre la libert\u00e9 d\u2019expression, mais de la responsabiliser. Car une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique forte ne se construit pas sur le bruit, l\u2019injure, la diffamation ou le discours de haine, mais sur la qualit\u00e9 du d\u00e9bat.<\/p>\n<p>Pour un espace num\u00e9rique cr\u00e9dible, responsable et constructif<\/p>\n<p>Le Cameroun ambitionne de renforcer son \u00e9conomie num\u00e9rique, d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la digitalisation de ses services publics (objet du prochain Salon E-Gov\u2019A du 14 au 16 octobre 2026 \u00e0 Yaound\u00e9 e-gov.africa) et de positionner son \u00e9cosyst\u00e8me technologique sur l\u2019\u00e9chiquier africain. Cette ambition ne saurait prosp\u00e9rer dans un environnement num\u00e9rique marqu\u00e9 par la d\u00e9fiance, la violence et l\u2019irresponsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Il est temps de r\u00e9habiliter l\u2019\u00e9thique de la parole num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Il est temps de transformer le clic en un acte conscient.<\/p>\n<p>Il est temps d\u2019imposer le R\u00e9flexe Smart.<\/p>\n<p>Smart Click Africa: Je clique pour construire, pas pour d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Par Beaugas-Orain DJOYUM<br \/>Pr\u00e9sident de l\u2019association Smart Click Africa<br \/>Directeur de publication, Digital Business Africa<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"[Smart Click Africa] \u2013 L\u2019espace num\u00e9rique camerounais traverse une zone de turbulences. 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