{"id":85586,"date":"2026-04-25T21:24:25","date_gmt":"2026-04-25T21:24:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/85586\/"},"modified":"2026-04-25T21:24:25","modified_gmt":"2026-04-25T21:24:25","slug":"cinema-en-algerie-un-appel-de-cineastes-relance-la-controverse-autour-de-la-loi-24-07","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/85586\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma en Alg\u00e9rie : un appel de cin\u00e9astes relance la controverse autour de la loi 24-07"},"content":{"rendered":"<p>Diffus\u00e9 fin avril 2026, le texte intitul\u00e9 dans ses premi\u00e8res lignes \u00ab Le cin\u00e9ma est libert\u00e9 ou il n\u2019est rien \u00bb s\u2019inscrit directement dans le d\u00e9bat ouvert depuis l\u2019adoption de la loi 24-07 de 2024 relative \u00e0 l\u2019industrie cin\u00e9matographique. <\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 comme un communiqu\u00e9 collectif, il agr\u00e8ge des signatures de professionnels du secteur et d\u00e9nonce des pratiques assimil\u00e9es \u00e0 une censure administrative.<\/p>\n<p>Le point de d\u00e9part du document est l\u2019interdiction de projection d\u2019un film du r\u00e9alisateur Malek Bensma\u00efl \u00e0 Annaba, \u00e9voqu\u00e9e comme un cas embl\u00e9matique. Les auteurs y d\u00e9noncent une d\u00e9cision prise sans motivation publique claire, \u00e0 la suite d\u2019un refus de visa culturel.<\/p>\n<p>Mais au-del\u00e0 de cet \u00e9pisode, le texte \u00e9largit imm\u00e9diatement la critique. Il met en cause un syst\u00e8me jug\u00e9 opaque, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la diffusion d\u00e9pend d\u2019autorisations administratives pr\u00e9alables. La formule centrale \u2014 \u00ab le cin\u00e9ma est libert\u00e9 ou il n\u2019est rien \u00bb \u2014 sert ainsi de pivot \u00e0 une contestation plus globale des m\u00e9canismes de r\u00e9gulation. Le constat est implacable : la <a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/le-film-fragments-de-reves-interdit-par-le-ministere-de-la-culture\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">censure <\/a>bat son plein. Deux films au moins sont interdits de diffusion :<a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/le-film-ben-mhidi-interdit-de-projection-en-algerie\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> Ben M\u2019hidi <\/a>de Bachir Dera\u00efs et <a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/malek-bensmail-denonce-lannulation-de-son-film-au-festival-dannaba\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Arabe de Malek Bensma\u00efl, <\/a>inspir\u00e9 d\u2019un roman de Kamel Daoud<\/p>\n<p>La loi 24-07 en ligne de mire<\/p>\n<p>Sans toujours la citer explicitement, le communiqu\u00e9 renvoie de mani\u00e8re directe aux dispositifs introduits par la loi 24-07. Adopt\u00e9e en 2024, cette derni\u00e8re red\u00e9finit l\u2019organisation du secteur cin\u00e9matographique en Alg\u00e9rie, en encadrant l\u2019ensemble de la cha\u00eene \u2014 de la production \u00e0 l\u2019exploitation.<\/p>\n<p>Parmi les points les plus discut\u00e9s figure le maintien, voire le renforcement, de l\u2019obligation de visa pour la diffusion publique des \u0153uvres. Le texte des cin\u00e9astes critique pr\u00e9cis\u00e9ment ce type de m\u00e9canisme, consid\u00e9r\u00e9 comme un outil de filtrage en amont.<\/p>\n<p>Les signataires \u00e9voquent \u00e9galement : des d\u00e9cisions administratives non motiv\u00e9es, l\u2019absence de voies de recours transparentes, et un climat susceptible d\u2019encourager l\u2019autocensure.<\/p>\n<p>Ces \u00e9l\u00e9ments font \u00e9cho aux r\u00e9serves exprim\u00e9es d\u00e8s 2024 par une partie du secteur, qui redoutait que la loi, tout en structurant l\u2019industrie, consolide un contr\u00f4le \u00e9tatique \u00e9tendu sur les contenus.<\/p>\n<p>De la r\u00e9gulation \u00e0 la restriction : une ligne de fracture<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat cristallis\u00e9 par ce texte porte sur la nature m\u00eame de la r\u00e9gulation. Les autorit\u00e9s pr\u00e9sentent la loi 24-07 comme un cadre n\u00e9cessaire \u00e0 la relance du cin\u00e9ma national, visant \u00e0 organiser les financements, professionnaliser les acteurs et encadrer la diffusion.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, les auteurs du communiqu\u00e9 estiment que ce cadre se traduit, dans son application, par une restriction de la libert\u00e9 de cr\u00e9ation. Le visa pr\u00e9alable est per\u00e7u non comme un simple outil administratif, mais comme un instrument pouvant conditionner, voire emp\u00eacher, la circulation des \u0153uvres.<\/p>\n<p>Le cas de la projection annul\u00e9e du film de Malek Bensma\u00efl \u00e0 Annaba est ainsi mobilis\u00e9 comme illustration concr\u00e8te de ce basculement.<\/p>\n<p>L\u2019appel d\u2019avril 2026 ne constitue pas un \u00e9pisode isol\u00e9. Il y a eu l\u2019appel de d\u00e9cembre 2025 d\u00e9j\u00e0. <a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/cinema-algerien-plus-de-160-professionnels-accusent-le-pouvoir-de-blocage-et-interpellent-tebboune\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">L\u2019appel \u00e0 Tebboune <\/a>pour d\u00e9bloquer la production cin\u00e9matographique a re\u00e7u le m\u00e9pris du chef de l\u2019Etat. La censure, les blocages et le marchandage sur le financement de rares films continuent.<\/p>\n<p>Ce communiqu\u00e9 fonctionne \u00e0 la fois comme un signal d\u2019alerte conjoncturel, li\u00e9 \u00e0 un cas pr\u00e9cis et une critique structurelle, visant le cadre juridique instaur\u00e9 par la loi 24-07.<\/p>\n<p>Un d\u00e9bat ouvert sur l\u2019avenir du secteur<\/p>\n<p>En l\u2019absence de r\u00e9ponse officielle d\u00e9taill\u00e9e aux griefs soulev\u00e9s, le texte contribue \u00e0 installer un d\u00e9bat de fond : celui de l\u2019\u00e9quilibre entre organisation institutionnelle du cin\u00e9ma et garantie de la libert\u00e9 artistique.<\/p>\n<p>\u00c0 travers une formulation volontairement tranch\u00e9e, les signataires posent une ligne de principe. Leur prise de position met en lumi\u00e8re les tensions persistantes autour de la mise en \u0153uvre de la loi 24-07 et, plus largement, les conditions d\u2019exercice de la cr\u00e9ation cin\u00e9matographique en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Samia Na\u00eft Iqbal<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Diffus\u00e9 fin avril 2026, le texte intitul\u00e9 dans ses premi\u00e8res lignes \u00ab Le cin\u00e9ma est libert\u00e9 ou il&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":85587,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85],"tags":[116,6839,31417,31418,2782],"class_list":{"0":"post-85586","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-algerie","8":"tag-algerie","9":"tag-censure","10":"tag-interdiction-de-films","11":"tag-malek-bensmail","12":"tag-repression"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116467457292407641","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85586","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=85586"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85586\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/85587"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=85586"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=85586"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=85586"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}