{"id":87467,"date":"2026-04-28T08:09:17","date_gmt":"2026-04-28T08:09:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/87467\/"},"modified":"2026-04-28T08:09:17","modified_gmt":"2026-04-28T08:09:17","slug":"othmane-ibn-ghazala-les-fonds-cherchent-desesperement-des-startups-dans-lesquelles-investir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/87467\/","title":{"rendered":"Othmane Ibn Ghazala : \u201cLes fonds cherchent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment des startups dans lesquelles investir\u201d"},"content":{"rendered":"<p>Othmane Ibn Ghazala, fondateur d\u2019Accelab et vice-pr\u00e9sident du Conseil national du tourisme, livre son diagnostic sur l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me travel tech local.<\/p>\n<p>Vous si\u00e9giez hier au jury du concours national de startups co-organis\u00e9 par la SMIT et ONU Tourisme. Quel est l\u2019\u00e9tat des lieux de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me ?<br \/>La SMIT joue aujourd\u2019hui, un r\u00f4le de locomotive pour la travel tech locale. C\u2019est un \u00e9cosyst\u00e8me qui peine \u00e0 \u00e9merger en d\u00e9pit du poids consid\u00e9rable de l\u2019industrie touristique dans notre \u00e9conomie. D\u2019autres segments, la fintech notamment, captent davantage l\u2019imaginaire des fondateurs. Des programmes comme celui-ci ont le m\u00e9rite de remettre l\u2019innovation appliqu\u00e9e au tourisme en pleine lumi\u00e8re et, surtout, d\u2019en r\u00e9v\u00e9ler les opportunit\u00e9s. C\u2019est par la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019exercice, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, et en capitalisant sur les premiers succ\u00e8s, que l\u2019on incitera davantage de porteurs de projets \u00e0 se tourner vers le secteur et davantage d\u2019investisseurs \u00e0 consid\u00e9rer la travel tech comme relais de croissance solide.<\/p>\n<p>Quelles familles de projets ont \u00e9merg\u00e9 de la session de pitch ?<br \/>Plusieurs jeunes pousses au potentiel consid\u00e9rable. La premi\u00e8re assure la digitalisation de l\u2019exp\u00e9rience touristique. Beyond The Map, fond\u00e9e par Chaymae Lougmani-Casanova, en est l\u2019illustration la plus aboutie. C\u2019est une web app qui agr\u00e8ge l\u2019information, la mobilit\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 et la r\u00e9servation dans une interface unique, accessible sans t\u00e9l\u00e9chargement. C\u2019est ce que nous appelons un travel buddy, un compagnon de voyage qui facilite chaque \u00e9tape du parcours client. La deuxi\u00e8me famille rel\u00e8ve de la gamification. Mossika, port\u00e9e par Ilias Eddaki, digitalise l\u2019apprentissage d\u2019instruments marocains, oud, qanun, gembri, avant de prolonger l\u2019exp\u00e9rience par une d\u00e9couverte physique du patrimoine sur site. Enfin, une troisi\u00e8me ligne de projets investit la gastronomie, terrain sur lequel le Maroc dispose d\u2019un actif de diff\u00e9renciation qu\u2019aucun concurrent ne peut lui contester.<\/p>\n<p>Ces p\u00e9pites ont vocation \u00e0 devenir, \u00e0 terme, des ambassadrices de la destination. \u00c0 qui incombe la responsabilit\u00e9 d\u2019en faire des acteurs globaux ?<br \/>Elle incombe, en premier lieu, aux fondateurs eux-m\u00eames. Ce sont eux, et personne d\u2019autre, qui peuvent faire en sorte qu\u2019une startup atteigne son march\u00e9, r\u00e9ponde \u00e0 un besoin r\u00e9el et s\u2019y installe durablement. Des acteurs comme la SMIT et ONU Tourisme remplissent un r\u00f4le d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur, ils facilitent et raccourcissent les \u00e9tapes. Mais l\u2019attractivit\u00e9 commerciale de ces solutions repose sur les porteurs de projets.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e8s au capital demeure-t-il, selon vous, l\u2019obstacle structurel pour la travel tech ?<br \/>Ce diagnostic correspondait \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019il y a dix ans. L\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du financement de l\u2019innovation est, aujourd\u2019hui, particuli\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9 au Maroc. Un r\u00e9seau structur\u00e9 de business angels accompagne les projets en phase d\u2019amor\u00e7age. En aval, les fonds de venture capital, largement multisectoriels, s\u2019adressent \u00e9galement au tourisme. Les chiffres de 2024 sont \u00e9loquents. Sur les quinze plus grosses lev\u00e9es de fonds de l\u2019exercice, trois concernaient des startups du tourisme.<\/p>\n<p>En t\u00eate, Nuit\u00e9e, qui a boucl\u00e9 une s\u00e9rie A de 48 millions de dollars, record marocain de l\u2019ann\u00e9e, pour son infrastructure de distribution connectant quinze mille h\u00f4tels africains. Userguest a lev\u00e9 2,4 millions de dollars aupr\u00e8s d\u2019Al Mada Ventures et de CDG Invest pour son outil d\u2019optimisation des revenus directs. Enfin Wanaut, que nous avons nous-m\u00eames accompagn\u00e9e chez Accelab, a s\u00e9curis\u00e9 deux millions de dirhams aupr\u00e8s d\u2019Augustulus Ventures pour sa marketplace d\u2019exp\u00e9riences durables. Le probl\u00e8me, au Maroc, ne se situe donc pas du c\u00f4t\u00e9 des fonds mais du c\u00f4t\u00e9 des projets.<\/p>\n<p>Comment expliquer ce d\u00e9ficit de projets investissables dans un secteur aussi strat\u00e9gique que le tourisme ?<br \/>Les fonds sont l\u00e0, nombreux. Ils cherchent, inlassablement et parfois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, des startups dans lesquelles d\u00e9ployer leurs capitaux. Ils ne les trouvent pas, ou en nombre tr\u00e8s insuffisant. Des jeunes pousses suffisamment solides, suffisamment pertinentes et r\u00e9silientes pour convaincre un investisseur, voil\u00e0 la denr\u00e9e rare. Chez Accelab, notre m\u00e9tier consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 combler cet \u00e9cart. Nous prenons ces startups, nous les formons au jargon de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, nous les alignons sur les priorit\u00e9s des investisseurs et nous travaillons leur identification du march\u00e9, leurs canaux de distribution et leur capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer du revenu. Les investisseurs ne sont pas l\u00e0 pour accompagner. Contrairement \u00e0 certains programmes \u00e0 vocation plus sociale, qui entretiennent une forme de na\u00efvet\u00e9 aupr\u00e8s de porteurs de projets aux id\u00e9es sympathiques mais sans march\u00e9, les fonds attendent des entreprises qui vont leur permettre de sortir avec une plus-value. Nous ne sommes pas au pays des Bisounours.<\/p>\n<p>De nombreux observateurs pointent r\u00e9guli\u00e8rement un d\u00e9ficit d\u2019accompagnement post-lev\u00e9e de fond. Que manque-t-il pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me local ?<br \/>Certaines startups cochent toutes les cases, l\u00e8vent effectivement des fonds, puis se retrouvent seules face \u00e0 la complexit\u00e9 op\u00e9rationnelle. L\u2019on constate alors qu\u2019elles n\u2019utilisent pas toujours ces capitaux de la meilleure des mani\u00e8res. Le nerf de la guerre, aujourd\u2019hui, r\u00e9side dans un accompagnement en deux temps. Accompagner pour lever, puis accompagner pour d\u00e9ployer. Les \u00e9cosyst\u00e8mes les plus matures l\u2019ont parfaitement int\u00e9gr\u00e9. La SMIT l\u2019a compris \u00e9galement, avec ses trois programmes d\u2019incubation d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la gamification, \u00e0 la digitalisation et \u00e0 la gastronomie, dot\u00e9s d\u2019une enveloppe de 156 millions de dirhams. L\u2019accent mis sur l\u2019accompagnement est, sans conteste, le bon r\u00e9flexe \u00e0 adopter \u00e0 ce niveau.<\/p>\n<p>\u00c0 quel horizon et sur quels indicateurs jugerez-vous, dans deux ou trois ans, de la r\u00e9ussite de ce cycle d\u2019incubation ?<br \/>Il faut r\u00e9sister \u00e0 la tentation des chiffres impressionnants. Si, parmi l\u2019ensemble des startups accompagn\u00e9es, deux ou trois finissent, chaque ann\u00e9e, par lever des fonds, g\u00e9n\u00e9rer du revenu et cr\u00e9er de l\u2019emploi, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un tr\u00e8s bon d\u00e9but. Ces success stories, parce qu\u2019elles inspirent, rassurent les investisseurs et attirent de nouveaux fondateurs. Elles produiront ainsi l\u2019effet boule de neige que nous recherchons tous.<\/p>\n<p>Ayoub Ibnoulfassih \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Othmane Ibn Ghazala, fondateur d\u2019Accelab et vice-pr\u00e9sident du Conseil national du tourisme, livre son diagnostic sur l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me travel&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":87468,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[83],"tags":[86,30950,32133,10902,2559,17878],"class_list":{"0":"post-87467","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-maroc","8":"tag-maroc","9":"tag-onu-tourisme","10":"tag-othmane-ibn-ghazala","11":"tag-smit","12":"tag-startups","13":"tag-travel-tech"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116481318088899961","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87467","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=87467"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87467\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/87468"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=87467"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=87467"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=87467"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}