{"id":88438,"date":"2026-04-29T08:32:09","date_gmt":"2026-04-29T08:32:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/88438\/"},"modified":"2026-04-29T08:32:09","modified_gmt":"2026-04-29T08:32:09","slug":"infrastructures-face-aux-besoins-toujours-criants-lafrique-en-mode-autofinancement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/88438\/","title":{"rendered":"Infrastructures : face aux besoins toujours criants, l&rsquo;Afrique en mode autofinancement ?"},"content":{"rendered":"<p>Les capitaux mobilisables sur le continent d\u00e9passent d\u00e9sormais les financements ext\u00e9rieurs mais ils sont mal exploit\u00e9s, estime un rapport cl\u00e9 d\u2019Africa Finance Corporation qui passe en revue de d\u00e9tail l\u2019\u00e9tat du d\u00e9veloppement des infrastructures en Afrique. Avec ses progr\u00e8s et ses lacunes\u2026<\/p>\n<p>L\u2019Afrique ne serait-elle plus condamn\u00e9e \u00e0 d\u00e9pendre des capitaux ext\u00e9rieurs ? C\u2019est ce qu\u2019avance le rapport \u00ab State of Africa\u2019s Infrastructure Report 2026 \u00bb de l\u2019Africa Finance Corporation (AFC), l\u2019une des principales institutions financi\u00e8res de d\u00e9veloppement africaines sp\u00e9cialis\u00e9e dans le soutien au secteur priv\u00e9. Selon <a href=\"https:\/\/www.africafc.org\/our-impact\/our-publications\/state-of-africas-infrastructure-report-2026\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ce document <\/a>publi\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la conf\u00e9rence The Africa We Build \u00e0 Nairobi, les pools de capitaux domestiques non bancaires d\u00e9passent d\u00e9sormais les 2 000 milliards de dollars, contre environ 1 700 milliards de dollars de flux externes cumul\u00e9s entre 2014 et 2024.<\/p>\n<p>En d\u00e9tail, selon l\u2019AFC, les actifs cumul\u00e9s des fonds de pension et des assurances ont franchi pour la premi\u00e8re fois le seuil des 1 000 milliards de dollars. Les banques de d\u00e9veloppement r\u00e9gionales (BIDC, BDEAC, TBD, etc.) disposent quant \u00e0 elles de 276 milliards de dollars et les fonds souverains nationaux de 164 milliards de dollars. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les r\u00e9serves des banques centrales (530 milliards de dollars en 2025), avec une part de l\u2019or pass\u00e9e de moins de 10 % en 2022-2023 \u00e0 environ 17 % aujourd\u2019hui. Pour Samaila Zubairu, PDG de l\u2019AFC, il s\u2019agit d\u2019un tournant historique : \u00ab La contrainte n\u2019est plus le capital, c\u2019est l\u2019interm\u00e9diation. L\u2019Afrique n\u2019est pas pauvre en capitaux, elle est pauvre en syst\u00e8mes capables de les canaliser \u00e0 grande \u00e9chelle vers les infrastructures et l\u2019industrie \u00bb. Pour lui, \u00ab le capital s\u2019accumule dans toute l\u2019Afrique, mais ne cr\u00e9e pas d\u2019emplois \u00e0 grande \u00e9chelle. C\u2019est le foss\u00e9 que nous devons combler \u00bb. D\u2019autant que, \u00e0 l\u2019inverse, les flux de financements externes vers le continent s\u2019effritent. L\u2019aide publique au d\u00e9veloppement (APD) devrait plonger de 16 \u00e0 28 % en Afrique subsaharienne \u00e0 partir de 2025, sous l\u2019effet notamment de l\u2019arr\u00eat de l\u2019USAID par l\u2019administration Trump, mais pas seulement, car l\u2019APD avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 diminuer par rapport \u00e0 son pic de 83,8 milliards de dollars en 2020.<\/p>\n<p>Selon le document de l\u2019AFC, l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s obligataires internationaux est \u00e9galement devenu plus ponctuel, avec des tensions r\u00e9currentes montrant \u00e0 quel point les \u00e9metteurs africains peuvent \u00eatre vite exclus de cette source de financement. Les \u00e9missions sont ainsi pass\u00e9es de plus de 29 milliards de dollars en 2018 \u00e0 seulement 4 \u00e0 6 milliards de dollars par an en 2022-2023. Parall\u00e8lement, l\u2019investissement direct \u00e9tranger, bien que relativement stable (45 \u00e0 55 milliards de dollars par an), reste concentr\u00e9 dans quelques secteurs (ressources naturelles notamment) et insuffisamment dimensionn\u00e9 pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019investissement du continent. Pour l\u2019AFC, le d\u00e9fi change de nature : il ne s\u2019agit plus de mobiliser des fonds, mais de les d\u00e9ployer efficacement. Une grande partie des capitaux domestiques reste cantonn\u00e9e dans des actifs \u00e0 court terme et peu risqu\u00e9s, notamment les titres publics. Il manque des pipelines de projets bancables, des m\u00e9canismes de partage des risques et une r\u00e9glementation qui incite \u00e0 l\u2019investissement \u00e0 long terme plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la liquidit\u00e9.<\/p>\n<p>Bref, le continent est riche en capital, mais encore trop pauvre en syst\u00e8mes d\u2019interm\u00e9diation efficaces pouvant devenir le carburant d\u2019une industrialisation et d\u2019une r\u00e9silience endog\u00e8ne. Ce basculement offre \u00e0 l\u2019Afrique une \u00ab chance historique \u00bb, selon l\u2019AFC, de reprendre la main sur son financement, sous r\u00e9serve de construire les institutions, les instruments financiers et les projets qui permettront de transformer l\u2019\u00e9pargne en investissements productifs. Le rapport revient par ailleurs en d\u00e9tail, avec une myriade de chiffres et d\u2019analyses, sur les principales tendances concernant les secteurs cl\u00e9s des infrastructures africaines : transport et logistique, \u00e9nergie, cha\u00eenes de valeur industrielles et num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Dans le domaine du transport, le document pointe des progr\u00e8s dans le domaine portuaire, notamment, mais plaide pour que les corridors commerciaux int\u00e9gr\u00e9s (type Lobito dans le rail en Angola) deviennent l\u2019\u00e9pine dorsale du commerce intra-africain et un facteur de r\u00e9silience face aux chocs externes r\u00e9currents. Il souligne notamment la faiblesse des infrastructures de stockage. Le rapport insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de passer d\u2019infrastructures \u00ab standalone \u00bb \u00e0 des \u00e9cosyst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s reliant \u00e9nergie, transport, industrie et num\u00e9rique, comme a pu le faire Tanger Med au Maroc. Pour l\u2019AFC, la connectivit\u00e9 a\u00e9rienne reste par ailleurs la cl\u00e9 d\u2019une int\u00e9gration plus rapide du continent.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, les d\u00e9pendances de l\u2019Afrique demeurent multiples, souligne le rapport, avec une production de faible qualit\u00e9 (\u00e9lectricit\u00e9 notamment) et une forte d\u00e9pendance aux importations de combustibles. \u00ab Les r\u00e9cents chocs g\u00e9opolitiques ont mis en \u00e9vidence l\u2019ampleur de cette vuln\u00e9rabilit\u00e9, en particulier pour l\u2019Afrique de l\u2019Est et du Sud-Est. La crise dans le golfe Persique a soulign\u00e9 la d\u00e9pendance du continent \u00e0 une seule route d\u2019approvisionnement critique \u00bb, note le rapport, qui rappelle qu\u2019en Afrique de l\u2019Est, il n\u2019y a aucun raffinage fonctionnel pour une population de 400 millions d\u2019habitants. Concernant l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, l\u2019AFC rel\u00e8ve un boom des moyens de production : la capacit\u00e9 install\u00e9e a doubl\u00e9 depuis 2008, d\u00e9passant les 260 GW en 2025, avec environ 6,5 GW ajout\u00e9s en 2024 et 8 GW ajout\u00e9s l\u2019an dernier. Toutefois, l\u2019h\u00e9ritage des r\u00e9seaux inadapt\u00e9s emp\u00eache d\u2019am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 des syst\u00e8mes existants. Un effort \u00e0 ce titre pourrait lib\u00e9rer des capacit\u00e9s additionnelles significatives sans m\u00eame ajouter de nouveaux moyens de production, estime l\u2019AFC.<\/p>\n<p>Dans son analyse sur les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement industrielles, l\u2019AFC note le faible niveau de progr\u00e8s, m\u00eame si les industries du raffinage (raffinerie Dangote \u00e0 Lagos) et des fertilisants (projet OCP) gagnent du terrain. Les cha\u00eenes de valeur des m\u00e9taux, quant \u00e0 elles, stagnent en raison des contraintes \u00e9nerg\u00e9tiques et des syst\u00e8mes fragment\u00e9s qui limitent leur passage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle. L\u2019Afrique importe encore plus de 70 % de ses carburants raffin\u00e9s et supporte une facture annuelle d\u2019importations de biens essentiels (carburant, engrais, acier, plastiques, alimentation) estim\u00e9e \u00e0 230 milliards de dollars, selon le rapport.<\/p>\n<p>Enfin, dans le domaine des infrastructures num\u00e9riques, si les progr\u00e8s sont rapides, il demeure un \u00ab missing middle \u00bb (r\u00e9seaux terrestres de fibre, data centers, points d\u2019\u00e9change internet\u2026) qui emp\u00eache ce secteur d\u2019exprimer tout son potentiel. L\u2019enjeu est de construire des \u00e9cosyst\u00e8mes num\u00e9riques int\u00e9gr\u00e9s reposant sur l\u2019innovation pour stimuler la croissance et passer de la simple connectivit\u00e9 \u00e0 la productivit\u00e9.<\/p>\n<p>Bref, autant de sujets majeurs d\u2019intervention ces prochaines ann\u00e9es pour l\u2019Africa Finance Corporation. Cr\u00e9\u00e9e en 2007 sous l\u2019impulsion de la Banque africaine de d\u00e9veloppement et de dizaines d\u2019\u00c9tats africains (avec un fort soutien du Nigeria notamment), l\u2019AFC s\u2019inspire du mod\u00e8le de la SFI (International Finance Corporation), la filiale de la Banque mondiale d\u00e9di\u00e9e au secteur priv\u00e9. Avec plus de 15 milliards de dollars d\u2019actifs cumul\u00e9s, l\u2019AFC, qui est bas\u00e9e \u00e0 Lagos, investit dans des projets phares comme le couloir ferroviaire de Lobito en Angola, le complexe cuprif\u00e8re de Kamoa-Kakula en RDC ou encore la centrale hydro\u00e9lectrique de Singrobo-Ahouaty (44 MW) en C\u00f4te d\u2019Ivoire. L\u2019AFC vient de conduire avec succ\u00e8s la premi\u00e8re obligation verte de financement de projet de C\u00f4te d\u2019Ivoire pour la centrale solaire Poro Power, \u00e0 hauteur de 43 millions d\u2019euros. Cette institution vient aussi de signer un accord majeur de 1,1 milliard de dollars avec le gouvernement du Nigeria pour d\u00e9velopper une raffinerie d\u2019alumine dans ce pays. De la parole aux actes\u2026<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les capitaux mobilisables sur le continent d\u00e9passent d\u00e9sormais les financements ext\u00e9rieurs mais ils sont mal exploit\u00e9s, estime un&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":88439,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[6,544],"class_list":{"0":"post-88438","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-afrique","9":"tag-financement"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116487071249439091","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88438","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88438"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88438\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88439"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88438"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88438"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88438"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}