{"id":91270,"date":"2026-05-02T15:55:44","date_gmt":"2026-05-02T15:55:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/91270\/"},"modified":"2026-05-02T15:55:44","modified_gmt":"2026-05-02T15:55:44","slug":"senegal-le-souverainisme-economique-a-rude-epreuve-ouestaf-com","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/91270\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e9gal\u00a0:\u00a0Le souverainisme \u00e9conomique \u00e0 rude \u00e9preuve \u2013 Ouestaf.com"},"content":{"rendered":"<p>Ouestafnews \u2013 Les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises actuelles s\u2019illustrent par leurs discours souverainistes. Mais sur le plan \u00e9conomique, on est loin du compte, selon certains sp\u00e9cialistes. La souverainet\u00e9 reste encore \u00e0 l\u2019\u00e9tat de promesse sur des sujets comme le franc CFA. Les contraintes sont li\u00e9es non seulement \u00e0 la crise de l\u2019endettement que vit le pays mais aussi \u00e0 des fragilit\u00e9s plus structurelles. \u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Endettement ext\u00e9rieur, d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des cr\u00e9anciers, le franc CFA, la nature extravertie de l\u2019\u00e9conomie, etc. Loin des discours politiques et des d\u00e9clarations volontaristes, les \u00e9cueils sur les chemins qui m\u00e8nent au souverainisme \u00e9conomique sont multiples.<\/p>\n<p>R\u00e9unis autour d\u2019un d\u00e9bat sur le sujet organis\u00e9 par le think-tank\u00a0Afrikajom Center le 16 avril 2026, les \u00e9conomistes s\u00e9n\u00e9galais restent majoritairement sceptiques sur l\u2019ad\u00e9quation entre la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique et les ambitions du gouvernement.<\/p>\n<p>L\u2019endettement ext\u00e9rieur r\u00e9duit s\u00e9rieusement\u00a0la souverainet\u00e9, souligne l\u2019\u00e9conomiste Babacar Gaye qui explique qu\u2019une une bonne partie des recettes fiscales de l\u2019\u00c9tat\u00a0est consacr\u00e9e au remboursement de dettes.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat sur la souverainet\u00e9 se pose depuis l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau pouvoir qui en a fait un de ses objectifs et un cadre pour ses choix \u00e9conomique. Dans l\u2019Agenda 2050, le nouveau r\u00e9f\u00e9rentiel des politiques publiques, le gouvernement se fixe pour objectif de \u00ab\u00a0garantir la souverainet\u00e9 \u00e9conomique\u00a0\u00bb du S\u00e9n\u00e9gal. Pour cela, indique le document, l\u2019\u00c9tat\u00a0pr\u00e9voit notamment de\u00a0limiter son endettement \u00e0 \u00ab\u00a0des niveaux soutenables\u00a0\u00bb et d\u2019augmenter \u00ab\u00a0significativement\u00a0\u00bb sa capacit\u00e9 de collecte de recettes fiscales.<\/p>\n<p>Mais sur le terrain, depuis 2024, le pays conna\u00eet des difficult\u00e9s\u00a0financi\u00e8re li\u00e9es au poids de la dette apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation par l\u2019actuel gouvernement des dettes dites \u00ab cach\u00e9es \u00bb. Ces accusations, rejet\u00e9es par l\u2019ex-pr\u00e9sident Macky Sall et ses partisans, ont cependant provoqu\u00e9 la suspension des financements du Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et limit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s du pays au march\u00e9 financier international. \u00a0<\/p>\n<p>Cette situation fragilise les vell\u00e9it\u00e9s souverainistes en renfor\u00e7ant une d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des cr\u00e9anciers et des march\u00e9s internationaux, souligne l\u2019\u00e9conomiste Demba Moussa Demb\u00e9l\u00e9, participant au d\u00e9bat.<\/p>\n<p>Selon lui, l\u2019endettement ext\u00e9rieur est un levier de domination des bailleurs internationaux avec des politiques \u00ab\u00a0dict\u00e9es\u00a0\u00bb de l\u2019ext\u00e9rieur. C\u2019est ce qui explique les \u00ab\u00a0tensions\u00a0\u00bb entre le gouvernement s\u00e9n\u00e9galais et ses partenaires comme le FMI, mais aussi avec les agences de notation, estime M. D\u00e9mb\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p>La note souveraine du S\u00e9n\u00e9gal a subi de nombreuses d\u00e9gradations de la part de Moody\u2019s, de Standard &amp; Poor\u2019s et de Fitch depuis l\u2019\u00e9clatement de cette affaire des emprunts \u00ab\u00a0dissimul\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le FMI, de son cot\u00e9, a suspendu un pr\u00eat de 1,8 milliard de dollars pr\u00e9vu sur la p\u00e9riode 2023-2026 apr\u00e8s la confirmation par la Cour des comptes de la dissimilation du niveau r\u00e9el de la dette et du d\u00e9ficit public. Depuis, les discussions entre le gouvernement s\u00e9n\u00e9galais et le FMI s\u2019\u00e9ternisent pour la conclusion d\u2019un nouveau programme de financement. La derni\u00e8re rencontre entre les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises et le FMI, le 13 avril 2026 \u00e0 Washington, n\u2019a pas produit d\u2019avanc\u00e9e majeure.<\/p>\n<p>Le diff\u00e9rend porte notamment sur la gestion de la dette que le gouvernement juge encore \u00ab soutenable \u00bb. Il refuse ainsi d\u2019envisager une restructuration. L\u2019institution de Bretton Woods, de son cot\u00e9, ne semble pas encore convaincue m\u00eame si elle admet l\u2019existence de 7 milliards de dollars de dettes bancaires non comptabilis\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la souverainet\u00e9 voulue par les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises reste de \u00ab\u00a0fa\u00e7ade\u00a0\u00bb et il en sera ainsi \u00ab\u00a0tant qu\u2019on ne ma\u00eetrise pas la dette\u00a0\u00bb, assure l\u2019\u00e9conomiste Babacar Gaye.<\/p>\n<p>Cette spirale de l\u2019endettement et de la d\u00e9pendance est le r\u00e9sultat du mod\u00e8le \u00ab\u00a0extraverti\u00a0\u00bb\u00a0de\u00a0l\u2019\u00e9conomie s\u00e9n\u00e9galaise, explique Ahmadou Aly Mbaye, l\u2019enseignant-chercheur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Dakar. Si la souverainet\u00e9 \u00e9conomique s\u2019entend par l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0autosuffisance\u00a0\u00bb, elle doit permettre de d\u00e9velopper des cha\u00eenes\u00a0de valeurs afin de pouvoir compter sur ses propres forces, estime M. Mbaye.<\/p>\n<p>Avec un taux de transformation des mati\u00e8res premi\u00e8res encore \u00ab\u00a0structurellement\u00a0\u00bb inf\u00e9rieur \u00e0 15 %, le S\u00e9n\u00e9gal est loin d\u2019atteindre la souverainet\u00e9 \u00e9conomique, rench\u00e9rit Babacar Gaye.<\/p>\n<p>Pourtant la \u00ab\u00a0Vision S\u00e9n\u00e9gal 2050\u00a0\u00bb et le Plan de redressement \u00e9conomique et social (Pres) s\u2019inscrivent dans la dynamique d\u2019une mise en valeur des ressources internes, estime le Pr Ch\u00e9rif Salif Sy.<\/p>\n<p>L\u2019agenda 2050\u00a0fait de la\u00a0transformation locale l\u2019axe central des politiques \u00e9conomiques en vue de parvenir \u00e0 une industrialisation souveraine \u00e0 l\u2019horizon 2050. D\u2019ici l\u00e0, le Pres, lanc\u00e9 en ao\u00fbt\u00a02025, devrait permettre au gouvernement de ma\u00eetriser\u00a0la dette, r\u00e9duire le d\u00e9ficit budg\u00e9taire et relancer l\u2019\u00e9conomie. Pour y parvenir, les autorit\u00e9s privil\u00e9gient la fiscalit\u00e9 interne qui doit assurer 90 % du financement, avait indiqu\u00e9 le Premier ministre Ousmane Sonko.<\/p>\n<p>Mais pour le Pr Ch\u00e9rif\u00a0Salif Sy, sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9conomie du d\u00e9veloppement, la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire est \u00ab\u00a0indissociable\u00a0\u00bb de la question de l\u2019industrialisation. Cette souverainet\u00e9 ne se construit pas sur une \u00e9conomie extravertie, affirme-t-il.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, s\u2019accordent \u00e0 dire les experts, l\u2019absence de ma\u00eetrise de la valeur ajout\u00e9e, des recettes d\u2019exportation ainsi que du taux de change constituent de r\u00e9els obstacles pour les ambitions souverainistes.<\/p>\n<p>Exemple de ces probl\u00e8mes structurels de l\u2019\u00e9conomie s\u00e9n\u00e9galaise\u00a0: le d\u00e9ficit commercial du pays est estim\u00e9 \u00e0 60 milliards de FCFA en f\u00e9vrier 2026, selon l\u2019Agence national de la statistique et de la d\u00e9mographie (Ansd). Ce chiffre n\u00e9gatif s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 d\u2019une balance commerciale structurellement d\u00e9ficitaire. Cette tendance se poursuit malgr\u00e9 le d\u00e9marrage de l\u2019exploitation de p\u00e9trole et de gaz naturel en 2024.<\/p>\n<p>Autre grand d\u00e9fi qui se dresse contre les bonnes intentions souverainistes\u00a0: la sortie du franc CFA. Cette monnaie commune, que le S\u00e9n\u00e9gal partage avec les pays de l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (Uemoa), est consid\u00e9r\u00e9e comme un outil colonial qui permet \u00e0 la France de maintenir sa mainmise sur les \u00e9conomies des pays qui l\u2019utilisent.<\/p>\n<p>Le Franc CFA reste la cons\u00e9cration d\u2019une souverainet\u00e9 \u00ab\u00a0confisqu\u00e9e\u00a0\u00bb, selon l\u2019\u00e9conomiste Ch\u00e9rif Salif Sy. Selon lui, toute sortie du Franc CFA ou migration vers une nouvelle monnaie doit s\u2019inscrire dans une dynamique r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la suppression de la centralisation des r\u00e9serves aupr\u00e8s du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais et le retrait de la France des organes de gouvernance en 2020, il s\u2019agit de r\u00e9formes \u00ab\u00a0cosm\u00e9tiques\u00a0\u00bb, estime pour sa part, Demba Moussa Demb\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p>Lors de la campagne pour la pr\u00e9sidentielle de 2024, Bassirou Diomaye Faye avait promis de s\u2019en d\u00e9barrasser en cas de victoire. Aujourd\u2019hui, le chef de l\u2019\u00c9tat\u00a0s\u00e9n\u00e9galais dit privil\u00e9gier la piste de la nouvelle monnaie r\u00e9gionale Eco port\u00e9e par la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats\u00a0de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Cedeao). Ce projet, qui est dans les limbes depuis plus de deux d\u00e9cennies, n\u2019arrive toujours pas \u00e0 aboutir.<\/p>\n<p>Alors opposant, Ousmane Sonko, leader du parti au pouvoir, a toujours fustig\u00e9 le franc CFA comme un instrument de domination \u00e9conomique. Aujourd\u2019hui, cette monnaie offre une stabilit\u00e9 qui aide Dakar \u00e0 refinancer sa dette ext\u00e9rieure gr\u00e2ce notamment \u00e0 la solidarit\u00e9 de la zone Uemoa.<\/p>\n<p>IB\/md\/ts<\/p>\n<p style=\"color: #25beb9;\">Voulez-vous r\u00e9agir \u00e0 cet article ou nous signaler une erreur ? Envoyez-nous un message \u00e0 info(at)ouestaf.com.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ouestafnews \u2013 Les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises actuelles s\u2019illustrent par leurs discours souverainistes. 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