{"id":93515,"date":"2026-05-05T09:46:12","date_gmt":"2026-05-05T09:46:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/93515\/"},"modified":"2026-05-05T09:46:12","modified_gmt":"2026-05-05T09:46:12","slug":"lechec-russe-au-sahel-nest-pas-que-militaire-il-est-symbolique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/93515\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9chec russe au Sahel n\u2019est pas que militaire, il est symbolique\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>ENTRETIEN. Apr\u00e8s les attaques du 25 avril au Mali, l\u2019AES reste silencieuse et la Cedeao impuissante. Pour Bakary Sambe, pr\u00e9sident du Timbuktu Institute, la crise r\u00e9v\u00e8le aussi les limites du soutien russe au Sahel.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/personne-nest-a-labri-apres-les-attaques-au-mali-londe-de-choc-gagne-abidjan-BDQ4ITAUAVHFRJM4LMHWVP5DUA\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/personne-nest-a-labri-apres-les-attaques-au-mali-londe-de-choc-gagne-abidjan-BDQ4ITAUAVHFRJM4LMHWVP5DUA\/\">Le Mali vacille<\/a>, et ses alli\u00e9s regardent ailleurs. Ni l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel \u2014 cens\u00e9e incarner une r\u00e9ponse s\u00e9curitaire commune entre <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/au-sahel-une-alliance-militaire-a-lepreuve-des-faits-HWWCSKSEU5AQXPOQPWEXYPKI5Q\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/au-sahel-une-alliance-militaire-a-lepreuve-des-faits-HWWCSKSEU5AQXPOQPWEXYPKI5Q\/\">le Mali, le Burkina Faso et le Niger<\/a> \u2014 ni la Cedeao, dont Bamako s\u2019est retir\u00e9, ne semblent en mesure de peser r\u00e9ellement. Entre silences, condamnations de principe et calculs politiques, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest donne le sentiment d\u2019un vide strat\u00e9gique. Pour Le Point Afrique, Bakary Sambe, pr\u00e9sident du Timbuktu Institute et enseignant-chercheur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Gaston-Berger de Saint-Louis, d\u00e9crypte une s\u00e9quence qui rebat les \u00e9quilibres s\u00e9curitaires en Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le Point Afrique : Apr\u00e8s les attaques du 25 avril, que sait-on vraiment de la situation au Mali aujourd\u2019hui ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Bakary Sambe : L\u2019attaque coordonn\u00e9e a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s lourde, notamment \u00e0 Kati avec <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/\">la mort du ministre de la D\u00e9fense<\/a>, Sadio Camara, aujourd\u2019hui remplac\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Assimi Go\u00efta lui-m\u00eame. Pour autant, \u00e0 ce stade, je crois qu\u2019il faut se garder de parler d\u2019un possible changement de r\u00e9gime ou de chute de Bamako. La vie continue tant bien que mal et les Maliens, tellement habitu\u00e9s aux crises, usent \u00e0 nouveau de leur esprit de r\u00e9silience. Malgr\u00e9 la guerre des communiqu\u00e9s entre les autorit\u00e9s militaires, le FLA et le JNIM.<\/p>\n<p class=\"newsletter-subscription__disclaimer\">En vous inscrivant, vous acceptez les <a class=\"c-link newsletter-subscription__legal-link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/html\/cgu\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">conditions g\u00e9n\u00e9rales d&rsquo;utilisation<\/a> et notre <a class=\"c-link newsletter-subscription__legal-link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/html\/politique-de-protection-donnees-personnelles\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">politique de confidentialit\u00e9<\/a>.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Que font concr\u00e8tement le Burkina Faso et le Niger, alli\u00e9s du Mali dans l\u2019AES ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le capitaine Ibrahim Traor\u00e9 du Burkina Faso s\u2019est exprim\u00e9 officiellement en parlant de \u00ab complot monstrueux \u00bb. Si certains qualifient une telle r\u00e9action de molle, c\u2019est que Ouagadougou est avant tout r\u00e9aliste. <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/burkina-faso-deux-ans-denquete-revelent-lampleur-des-massacres-de-civils-VVF5JDHQE5ADFF7JQ5Q6643UJU\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/burkina-faso-deux-ans-denquete-revelent-lampleur-des-massacres-de-civils-VVF5JDHQE5ADFF7JQ5Q6643UJU\/\">Le Burkina Faso reste tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9 par sa propre situation<\/a>, d\u2019o\u00f9 son retrait relatif. La semaine derni\u00e8re, plusieurs attaques ont encore co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 de nombreux soldats sur le sol burkinab\u00e8. Lors du blocus sur le carburant au Mali fin de 2025, le Burkina Faso avait par exemple d\u00e9ploy\u00e9 une aide logistique avant que la situation ne devienne trop complexe \u00e0 g\u00e9rer sur son propre front. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">D\u2019un point de vue juridique, l\u2019article 5 et 6 de la Charte du Liptako-Gourma [qui scelle l\u2019alliance entre ces trois pays sah\u00e9liens, Ndlr] sont souvent compar\u00e9s au principe d\u2019assistance mutuelle de l\u2019OTAN. Cela est assez clair. Mais, tant pour le Burkina Faso que le Niger, la menace s\u00e9curitaire en interne limite leur mise en \u0153uvre. Sur le papier, l\u2019AES est une conf\u00e9d\u00e9ration qui n\u2019a pas encore atteint son degr\u00e9 de maturit\u00e9 strat\u00e9gique, \u00e0 commencer par la capacit\u00e9 \u00e0 mutualiser ses forces. Cette semaine les autorit\u00e9s du Niger se sont r\u00e9sign\u00e9es \u00e0 d\u00e9cr\u00e9ter une journ\u00e9e nationale de \u00ab je\u00fbne \u00bb et de pri\u00e8res contre le terrorisme.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph blockquote\">La crise malienne r\u00e9v\u00e8le l\u2019impuissance des alliances r\u00e9gionales <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">La Cedeao a appel\u00e9 \u00e0 une \u00ab mobilisation r\u00e9gionale \u00bb, mais avec quel objectif, alors m\u00eame que Bamako a quitt\u00e9 l\u2019organisation en janvier 2025 ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Il faut replacer cette d\u00e9claration dans le contexte r\u00e9gional r\u00e9cent. Nous sommes au lendemain d\u2019une grande r\u00e9union d\u00e9di\u00e9e au Sahel et organis\u00e9e \u00e0 Lom\u00e9, au Togo. Pour la premi\u00e8re fois depuis des ann\u00e9es, <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/vers-un-divorce-inedit-entre-la-cedeao-et-l-alliance-des-etats-du-sahel-15-12-2024-2577991_3826.php\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/vers-un-divorce-inedit-entre-la-cedeao-et-l-alliance-des-etats-du-sahel-15-12-2024-2577991_3826.php\">les ministres des pays de l\u2019AES ainsi que des repr\u00e9sentants de la Cedeao<\/a>, de l\u2019Union africaine, de la France, de l\u2019Union europ\u00e9enne et de la Russie \u00e9taient tous r\u00e9unis \u00e0 la m\u00eame table. <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-width=\"384\" data-height=\"456\" data-chromatic=\"ignore\" class=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/UHCV63L5XBC5NH7XP36IT2YRVY.jpg\"  loading=\"lazy\"\/>Bakary Sambe est \u00e0 la t\u00eate du Timbuktu Institute. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Au-del\u00e0 de l\u2019actualit\u00e9 br\u00fblante au Mali, il ne faut pas perdre de vue certains efforts diplomatiques qui entendent contrecarrer la tendance \u00e0 la fragmentation r\u00e9gionale et l\u2019aggravation de la situation s\u00e9curitaire de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. C\u2019est dans ce contexte que la Cedeao veut op\u00e9rer une rupture en termes d\u2019image ; s\u2019\u00e9loigner de l\u2019organisation r\u00e9gionale qui avait tent\u00e9 d\u2019intervenir militairement au Niger. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Lors de la r\u00e9union \u00e0 Lom\u00e9, Abdoulaye Diop, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Mali a d\u2019ailleurs assur\u00e9 que les portes demeuraient ouvertes pour dialoguer, \u00e9changer, dans le strict cadre du respect de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats du Sahel. Avec ces ouvertures, la Cedeao entend revenir petit \u00e0 petit dans le jeu sah\u00e9lien.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">L\u2019Union africaine \u00e9voque quant \u00e0 elle l\u2019importance des \u00ab m\u00e9canismes continentaux \u00bb pour \u00e9viter une d\u00e9stabilisation s\u00e9curitaire accrue au Sahel central. \u00c0 quoi fait r\u00e9f\u00e9rence l\u2019organisation continentale ? <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Encore une fois, <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/la-cedeao-ne-souhaite-pas-s-inscrire-dans-une-confrontation-avec-l-aes-15-12-2024-2578023_3826.php\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/la-cedeao-ne-souhaite-pas-s-inscrire-dans-une-confrontation-avec-l-aes-15-12-2024-2578023_3826.php\">la cr\u00e9ation de l\u2019AES<\/a>, avec la Charte du Liptako-Gourma, a quelque part d\u00e9structur\u00e9 l\u2019architecture de s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9gionale. Bien que celle-ci n\u2019ait jamais trop servi dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Et ce pour une raison simple : durant plus de dix ans, les organisations r\u00e9gionales ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es de la question s\u00e9curitaire, avec une priorisation assez claire du G5 Sahel, dissous en 2023. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Malgr\u00e9 leur \u00e9loignement historique du jeu s\u00e9curitaire au Sahel, l\u2019Union africaine ou la Cedeao continuent de poursuivre un id\u00e9al de force d\u2019intervention, en tout cas de force conjointe. Mais cette ambition a du mal \u00e0 se traduire sur le terrain. D\u2019ici fin 2026, la Cedeao pr\u00e9voit le d\u00e9ploiement d\u2019une brigade antiterroriste de 1650 hommes, mais une mission arm\u00e9e ou de maintien de la paix plus large reste pour le moment tr\u00e8s incertaine. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph q-paragraph-fix\">Quoi qu\u2019il en soit, il y a une prise de conscience qu\u2019extraire le Sahel central de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest en esp\u00e9rant lutter contre les groupes arm\u00e9s constitue une erreur strat\u00e9gique. Face aux questions qui divisent, il faut que la s\u00e9curit\u00e9 soit g\u00e9r\u00e9e conjointement avec de l\u2019\u00e9change de renseignements et la mutualisation des moyens. L\u2019\u00e9lectrochoc du 25 avril a remis \u00e0 l\u2019ordre du jour l\u2019indispensable coop\u00e9ration s\u00e9curitaire m\u00eame \u00e0 minima. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph blockquote\">La Russie subit une d\u00e9route strat\u00e9gique <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Justement, un autre acteur qui a multipli\u00e9 les visites au Sahel au cours des derniers mois n\u2019est autre que Washington. Quelle posture les \u00c9tats-Unis pourraient-ils \u00eatre tent\u00e9s d\u2019adopter face \u00e0 la crise malienne ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Au-del\u00e0 du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat relatif de Donald Trump pour l\u2019Afrique, on voit quand m\u00eame <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/au-sahel-le-discret-retour-de-washington-par-bamako-S3DEL5U35FDKZIGTFR2QLYGA7I\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/au-sahel-le-discret-retour-de-washington-par-bamako-S3DEL5U35FDKZIGTFR2QLYGA7I\/\">un regain d\u2019attention de la diplomatie am\u00e9ricaine<\/a>, avec de hauts responsables qui retournent au Sahel ; m\u00eame au Niger o\u00f9 les militaires am\u00e9ricains avaient \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s. Tout simplement car les enjeux ont chang\u00e9. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Par ailleurs, la situation au Mali r\u00e9v\u00e8le une d\u00e9route totale de la Russie, dont le signe le plus patent n\u2019est autre que la mort du ministre de la D\u00e9fense, Sadio Camara. Celui-ci \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme le plus russophile des militaires parvenus au sommet de l\u2019\u00c9tat malien. Le d\u00e9part des paramilitaires d\u2019Africa Corps de Kidal appara\u00eet comme un autre signal fort.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">L\u2019\u00e9chec russe au Sahel n\u2019est pas seulement militaire, il est aussi symbolique. Un mythe s\u2019est effondr\u00e9 : celui d\u2019une Russie capable d\u2019assurer la protection et la s\u00e9curisation de r\u00e9gimes. Le fonds de commerce diplomatique et s\u00e9curitaire de Moscou risque d\u2019en prendre un sacr\u00e9 coup.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, si les \u00c9tats-Unis estiment pouvoir bousculer, voire \u00e9vincer les Russes du Sahel, je crois que Washington trouvera des arguments g\u00e9ostrat\u00e9giques et diplomatiques pour d\u00e9velopper une pr\u00e9sence plus marqu\u00e9e dans la r\u00e9gion, notamment au Mali, avec en arri\u00e8re-plan la question des ressources.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">La crise malienne menace-t-elle d\u00e9sormais les pays du golfe de Guin\u00e9e ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Pour les pays c\u00f4tiers, ce sont surtout les dynamiques au Burkina Faso qui inqui\u00e8tent <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/antiterrorisme-l-afrique-de-l-ouest-vers-plus-de-solutions-endogenes-06-05-2022-2474550_3826.php\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/afrique\/antiterrorisme-l-afrique-de-l-ouest-vers-plus-de-solutions-endogenes-06-05-2022-2474550_3826.php\">les pouvoirs centraux du Togo, du B\u00e9nin, du Ghana ou de la C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/a>. En l\u2019\u00e9tat, si la situation s\u00e9curitaire malienne \u00e9tait amen\u00e9e \u00e0 s\u2019aggraver, les r\u00e9percussions se feraient davantage sentir au S\u00e9n\u00e9gal ou en Mauritanie. Tous scrutent donc la situation du c\u00f4t\u00e9 de Ouagadougou. La crainte d\u2019un effet domino sah\u00e9lien est plus que pertinente, de m\u00eame que le questionnement sur l\u2019avenir et la viabilit\u00e9 institutionnelle de l\u2019AES. Les populations sont en attente de r\u00e9ponses concr\u00e8tes au-del\u00e0 des rh\u00e9toriques.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">En attendant, le Togo tente de former un nouveau \u00ab pont avec le Sahel \u00bb, pour reprendre les mots du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res togolais, Robert Dussey. \u00c0 voir, avec le temps, ce que peut recouvrir cette volont\u00e9. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph blockquote\">Le Sahel ne peut pas \u00eatre extrait de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Faut-il craindre un effet domino apr\u00e8s ces attaques, notamment au Burkina Faso ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le cas malien est particulier, penser \u00e0 la r\u00e9plication d\u2019une telle attaque ailleurs, reviendrait \u00e0 aller un peu trop vite en besogne. D\u00e9j\u00e0, le <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/le-mali-une-nouvelle-syrie-au-coeur-du-sahel-YGJY2N5FMFD2VPUSQD2HXIYILU\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/le-mali-une-nouvelle-syrie-au-coeur-du-sahel-YGJY2N5FMFD2VPUSQD2HXIYILU\/\">Front de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad<\/a> (FLA) n\u2019op\u00e8re pas au Burkina Faso. Au Mali, le d\u00e9clencheur correspond \u00e0 la conjonction de profondes crises d\u2019ordre s\u00e9curitaire au Nord et politique \u00e0 Bamako. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Paradoxalement, la gravit\u00e9 de ces attaques pourrait donner lieu \u00e0 une forme de rente politique pour les autorit\u00e9s au pouvoir. Parce qu\u2019\u00e0 chaque fois que la question du Nord devient d\u00e9terminante, ou trop apparente, cela soude la population malienne autour de son arm\u00e9e sur fond d\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale. Le ralliement autour du drapeau n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi fort ces derniers jours \u00e0 Bamako, au point de refroidir les ardeurs de toute voix discordante qui, dans le climat actuel, serait vue comme \u00e0 contre-courant du patriotisme ambiant. Les autorit\u00e9s n\u2019ont m\u00eame plus besoin de communication galvanisatrice.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Pour revenir sur l\u2019effet domino, malgr\u00e9 les vastes portions de territoire hors de contr\u00f4le du pouvoir central de Ouagadougou, il n\u2019y a, pour l\u2019heure, aucun mouvement protestataire assez influent pour \u00e9pauler les djihadistes du JNIM et d\u00e9stabiliser aussi largement le Burkina Faso.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"ENTRETIEN. Apr\u00e8s les attaques du 25 avril au Mali, l\u2019AES reste silencieuse et la Cedeao impuissante. 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