{"id":96523,"date":"2026-05-08T09:40:15","date_gmt":"2026-05-08T09:40:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/96523\/"},"modified":"2026-05-08T09:40:15","modified_gmt":"2026-05-08T09:40:15","slug":"senegal-mali-une-route-commerciale-sous-pression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/96523\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e9gal-Mali : une route commerciale sous pression"},"content":{"rendered":"<p>            <a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Corridor-Mali-Senegal-dessin.jpg\" data-caption=\"\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"492\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Corridor-Mali-Senegal-dessin-696x492.jpg\"   alt=\"\" title=\"Corridor Mali S\u00e9n\u00e9gal dessin\"\/><\/a><\/p>\n<p>La crise ouverte \u00e0 Bamako, depuis l\u2019offensive complexe du 25 avril, est ressentie jusqu\u2019\u00e0 Dakar o\u00f9 vit une forte communaut\u00e9 malienne. Les relations \u00e9conomiques tr\u00e8s imbriqu\u00e9es entre les deux pays p\u00e2tissent de la pression djihadiste. <\/p>\n<p>Reportage de Mor Amar. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Mali-Senegal-Afrique-de-lOuest.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"934\" height=\"526\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Mali-Senegal-Afrique-de-lOuest.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-152532\" style=\"width:475px;height:auto\"  \/><\/a><\/p>\n<p>C\u2019est une sorte de Little Bamako en plein c\u0153ur de Dakar. \u00c0 la rue Raffenel, angle Amadou Lahsane Ndoye, \u00e0 quelques encablures du c\u00e9l\u00e8bre march\u00e9 Sandaga, les activit\u00e9s battent leur plein en ce jeudi 30 avril 2026. Entre sonorit\u00e9s maliennes, pas de danse improvis\u00e9s et \u00e9clats de rires, l\u2019endroit vibre avec les marchandages devant les \u00e9tals aux produits tr\u00e8s vari\u00e9s.<\/p>\n<p>En apparence, les occupants semblent loin du stress et des pr\u00e9occupations s\u00e9curitaires du Mali, mais il suffit d\u2019aborder le sujet pour se rendre compte qu\u2019ils sont au fait de l\u2019actualit\u00e9. Les journalistes ne sont visiblement pas les bienvenus. \u00ab\u00a0Vous ne vous int\u00e9ressez au Mali que quand il y a un malheur. Quand tout va bien on ne vous entend pas et on ne vous voit pas\u00a0\u00bb, lance, d\u00e9pit\u00e9, un commer\u00e7ant trouv\u00e9 dans sa boutique.<\/p>\n<p>Sur place, il est difficile de trouver un interlocuteur pr\u00eat \u00e0 t\u00e9moigner sur la situation. Les rares qui acceptent de s\u2019ouvrir aux m\u00e9dias se bornent \u00e0 exprimer leur fiert\u00e9, leur optimisme et une confiance presque aveugle en la junte militaire en place depuis 2020. \u00ab\u00a0Vous ne parlez que de la mort du ministre Sadio Camara [ndlr\u00a0: ministre de la D\u00e9fense tu\u00e9 le 25 avril] ; vous\u00a0ne parlez pas des 3000 terroristes tu\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e malienne\u00a0\u00bb, poursuit, agac\u00e9, notre interlocuteur.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Little-Bamako-Dakar.-.jpeg\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"453\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Little-Bamako-Dakar.--1024x453.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-152534\" style=\"aspect-ratio:2.260509027447887;width:484px;height:auto\"  \/><\/a>\u00ab\u00a0Little Bamako\u00a0\u00bb, Dakar.<\/p>\n<p>Un commerce tr\u00e8s actif<\/p>\n<p>Sur ce march\u00e9, un immeuble \u00e0 deux \u00e9tages avec quelques \u00e9tals tout autour, on trouve des produits d\u2019origine malienne, souvent tr\u00e8s pris\u00e9s des femmes s\u00e9n\u00e9galaises\u00a0: beurre de karit\u00e9, produits m\u00e9dicinaux, astuces de femmes, fruits sauvages, bazin en tous genres. Ces marchandises passent, pour l\u2019essentiel, par la route, achemin\u00e9es soit par des camions qui desservent le port de Dakar soit par des autobus de transport en commun. Normalement, le d\u00e9lai entre la commande et l\u2019arriv\u00e9e de la marchandise ne d\u00e9passe pas 96 heures, explique le pr\u00e9sident des commer\u00e7ants Simaly B. Traor\u00e9. \u00ab\u00a0Si vous passez la commande le samedi, vous pouvez avoir la marchandise le mardi\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il, assis dans sa boutique pleine de tissus aux couleurs vives.<\/p>\n<p>Jusque-l\u00e0, tout semblait bien se passer sur le corridor, hormis quelques tensions sur les produits p\u00e9troliers, particuli\u00e8rement vis\u00e9s par les jihadistes qui ont impos\u00e9 un blocus il y a plusieurs mois. Mais depuis l\u2019attaque du 25 avril dernier \u00e0 Bamako, la paralysie semble quasi g\u00e9n\u00e9rale et des blocages sont not\u00e9s un peu partout sur le territoire malien. Gora Khouma est le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union des routiers du S\u00e9n\u00e9gal (URS). Il confirme\u00a0les difficult\u00e9s, mais tente de rassurer\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est depuis les derniers \u00e9v\u00e9nements que le blocus est devenu total. Avant, seuls les camions citernes \u00e9taient cibl\u00e9s et ce march\u00e9 est r\u00e9serv\u00e9 aux conducteurs maliens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Plusieurs transporteurs s\u00e9n\u00e9galais bloqu\u00e9s au Mali<\/p>\n<p>Depuis le 25 avril, personne n\u2019est \u00e9pargn\u00e9. Beaucoup de transporteurs sont bloqu\u00e9s de part et d\u2019autre de la fronti\u00e8re, ne pouvant ni continuer vers Bamako ni rebrousser chemin. \u00ab\u00a0De nombreux S\u00e9n\u00e9galais sont ainsi bloqu\u00e9s au Mali, \u00e0 des endroits diff\u00e9rents, mais je dois pr\u00e9ciser qu\u2019ils n\u2019ont subi aucune violence\u00a0; ils sont juste contraints de stationner\u00a0\u00bb, a rapport\u00e9 M. Khouma par t\u00e9l\u00e9phone, le 1er mai. \u00c0 l\u2019en croire, le blocus concerne presque tous les axes qui m\u00e8nent vers les pays frontaliers. Le seul axe qui continue de fonctionner sans grand probl\u00e8mes, selon ses informations, c\u2019est l\u2019axe menant vers la C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s le responsable de la communication de l\u2019organisation syndicale joint le 5 mai, la situation est toujours pr\u00e9occupante. \u00ab\u00a0Hier [ndlr : le 4 mai), vers 19h-20h, les terroristes ont incendi\u00e9 six camions appartenant \u00e0 des S\u00e9n\u00e9galais. Trois \u00e0 Sandar\u00e9, \u00e0 la sortie de Kayes, et trois \u00e0 Gogui, vers la Mauritanie \u00bb, a indiqu\u00e9 Daouda Gueye. Selon lui, les jihadistes ont instaur\u00e9 des barrages dans plusieurs localit\u00e9s sur l\u2019axe Kayes \u2013 Bamako. Ils ont ordonn\u00e9 aux camionneurs de rentrer au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>L\u2019Union des routiers du S\u00e9n\u00e9gal a ainsi donn\u00e9 des instructions \u00e0 tous ses membres de se regrouper \u00e0 Kayes en vue d\u2019organiser le retour dans les meilleures conditions. \u00ab\u00a0Les camions \u00e9taient, jusque-l\u00e0, bloqu\u00e9s dans plusieurs localit\u00e9s, chacun l\u00e0 o\u00f9 il se trouvait. Certains \u00e0 hauteur de Sandar\u00e9, d\u2019autres \u00e0 Diangount\u00e9 Camara et \u00e0 Tasara. Les terroristes leur permettent maintenant de retourner au S\u00e9n\u00e9gal, mais pas de continuer sur Bamako\u00a0\u00bb, explique le charg\u00e9 de communication de l\u2019URS.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Terminal-a-conteneurs-du-port-de-Dakar.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"550\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Terminal-a-conteneurs-du-port-de-Dakar.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-152535\" style=\"width:607px;height:auto\"  \/><\/a>Terminal \u00e0 conteneurs du port de Dakar. <\/p>\n<p>Inqui\u00e9tudes au sujet du mouton de la tabaski<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des commer\u00e7ants du march\u00e9 malien, on minimise et annonce qu\u2019il n\u2019y a aucune route bloqu\u00e9e par les terroristes. Le pr\u00e9sident des commer\u00e7ants constate tout de m\u00eame quelques tensions sur les prix et la disponibilit\u00e9 du bazin blanc \u00e0 Bamako (tissu damass\u00e9 en coton import\u00e9 d\u2019Europe et teint au Mali). Mais, s\u2019empresse de justifier monsieur Traor\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0cela n\u2019a aucun lien avec les attaques, c\u2019est surtout \u00e0 cause de la f\u00eate (Eid el kebir) qui approche, qu\u2019il y a des tensions sur la disponibilit\u00e9 et donc sur les prix\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 quelques centaines de m\u00e8tres de l\u00e0, au Port de Dakar transite une bonne partie des importations maliennes. \u00c0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019embarcad\u00e8re o\u00f9 l\u2019on prend la chaloupe qui assure la desserte Dakar-Gor\u00e9e, quelques femmes vendent des produits alimentaires habituellement apport\u00e9s par les camionneurs maliens. Contrairement \u00e0 ce qui se dit au \u00ab\u00a0march\u00e9 malien\u00a0\u00bb, o\u00f9 l\u2019on nie tout blocage sur les routes, ici on se plaint et on prie pour que la crise ne dure pas. \u00ab\u00a0Certains produits comme le madd commencent \u00e0 se rar\u00e9fier parce que les voitures ne peuvent plus venir, les transporteurs disent que les routes sont bloqu\u00e9es\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne une vendeuse de fruits, non sans pr\u00e9ciser que le produit vient de la C\u00f4te d\u2019Ivoire en cette p\u00e9riode. Embouchant la m\u00eame trompette, une jeune Malienne s\u2019inqui\u00e8te : \u00ab\u00a0Depuis le 24 avril, j\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 un colis pour Bamako et jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il n\u2019est pas encore arriv\u00e9 \u00e0 destination. Il para\u00eet qu\u2019ils sont bloqu\u00e9s \u00e0 Kita, la derni\u00e8re r\u00e9gion avant le district de Bamako.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En cette veille de tabaski (Eid el kebir), certains craignent un impact sur la disponibilit\u00e9 du mouton. En effet, le Mali est le deuxi\u00e8me pays pourvoyeur de b\u00e9tail derri\u00e8re la Mauritanie. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le S\u00e9n\u00e9gal avait import\u00e9 282 915 moutons. Pr\u00e8s de 85 000 venaient du Mali, selon les chiffres du gouvernement s\u00e9n\u00e9galais. Le reste soit plus de 196 000, provenaient de  Mauritanie. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le pays importe, en moyenne, 15% de ses besoins en moutons, de la Mauritanie et du Mali. \u00a0<\/p>\n<p>Des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses pour le port de Dakar<\/p>\n<p>Si elle perdure, cette situation risque \u00e9galement de nuire au port de Dakar dont le Mali reste le premier client. La reprise de la croissance sur le volume du transit malien not\u00e9e en 2025 pourrait ainsi \u00eatre affect\u00e9e. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, ce transit avait atteint plus de 2,811 millions de tonnes, une augmentation importante par rapport aux ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes marqu\u00e9es par les tensions entre les deux pays sur fond de conflit avec la communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO).<\/p>\n<p>En 2024, les flux de marchandises \u00e9taient \u00e9valu\u00e9s \u00e0 2,568 millions de tonnes, contre 2,602 millions en 2023, selon les chiffres des Entrep\u00f4ts Maliens au S\u00e9n\u00e9gal (EMASE). En 2022, au d\u00e9but de la crise avec la CEDEAO, ces importations \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 estim\u00e9es \u00e0 plus de 2,625 millions de tonnes. Depuis, le Mali a travaill\u00e9 \u00e0 diversifier ses portes en s\u2019ouvrant davantage \u00e0 la Mauritanie et \u00e0 la Guin\u00e9e Conakry, en plus d\u2019Abidjan, qui a toujours \u00e9t\u00e9 le principal concurrent de Dakar.<\/p>\n<p>3 millions de tonnes de marchandises <\/p>\n<p id=\"h-en-ce-qui-concerne-les-produits-venant-du-mali-ils-etaient-evalues-a-pres-de-169-000-tonnes-en-2025-nbsp-contre-plus-de-165-000-tonnes-en-2024-nbsp-et-224-000-tonnes-en-2023-en-2022-a-l-eclatement-de-la-crise-de-la-cedeao-avec-la-fermeture-des-frontieres-on-avait-enregistre-environ-127000-tonnes-contre-plus-de-222-000-tonnes-avant-la-crise\">En ce qui concerne les produits venant du Mali, ils \u00e9taient estim\u00e9s \u00e0 pr\u00e8s de 169 000 tonnes en 2025, contre plus de 165 000 tonnes en 2024\u00a0et 224 000 tonnes en 2023. En 2022, lorsque la crise a \u00e9clat\u00e9 avec la CEDEAO, aboutissant \u00e0 la fermeture des fronti\u00e8res, on avait enregistr\u00e9 environ 127 000 tonnes (contre plus de 222 000 tonnes avant la crise).<\/p>\n<p>Il ressort de l\u2019analyse de ces statistiques officielles que 310 camions en moyenne assurent tous les jours la desserte, soit autour de 112 000 mouvements de v\u00e9hicules pour l\u2019ann\u00e9e 2025. Si l\u2019on se fie aux transporteurs et camionneurs s\u00e9n\u00e9galais, le corridor enregistre chaque jour entre 400 et 500 mouvements de v\u00e9hicules [ndlr\u00a0: les chiffres officiels ne tiennent pas compte du transport de passagers], soit entre 146 000 et 182 000 mouvements.<\/p>\n<p>Hydrocarbures\u00a0: le calvaire des routiers<\/p>\n<p>Quelques jours avant l\u2019attaque du 25 avril 2026, au garage des camions maliens situ\u00e9 \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres de Dakar, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la ville de Rufisque, nous avons du mal \u00e0 trouver un chauffeur qui accepte de parler du blocus. Le sujet presque tabou. \u00ab\u00a0Nous sommes d\u00e9sol\u00e9s, nous ne pouvons pas parler aux journalistes\u00a0\u00bb, d\u00e9cline fermement le responsable du garage. \u00a0<\/p>\n<p>Au niveau de l\u2019annexe du garage, un chauffeur accepte enfin de t\u00e9moigner sous le couvert de l\u2019anonymat. La quarantaine, il travaille sur les corridors Dakar-Bamako et Bamako-Abidjan depuis les ann\u00e9es 2000. \u00c0 l\u2019en croire, les d\u00e9lais d\u2019attente ont \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9s voire tripl\u00e9s. \u00ab\u00a0Nous sommes l\u00e0 depuis 20 jours, on attend notre tour pour aller charger au port. Avant, c\u2019\u00e9tait juste 7 \u00e0 10 jours maximum.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur les questions de s\u00e9curit\u00e9 sur le trajet, il reconna\u00eet les dangers mais rassure : \u00ab\u00a0Moi, j\u2019ai fait plusieurs fois l\u2019itin\u00e9raire C\u00f4te d\u2019Ivoire-Gao et c\u2019\u00e9tait beaucoup plus risqu\u00e9.\u00a0 Il y a environ cinq mois, j\u2019ai perdu un ami sur cet axe. Nous sommes des patriotes ; nous prenons ces risques parce que nous aimons notre pays\u00a0\u00bb, dit-il. Il d\u00e9plore cependant des r\u00e9mun\u00e9rations qui ne sont pas \u00e0 la hauteur des risques encourus. Les salaires varient entre 75 000 et 100 000 FCFA (entre 114 et 152 euros). Les conducteurs ont \u00e9galement droit \u00e0 des primes de 50 000 francs CFA (57 euros) pour chaque voyage. Quant aux apprentis, \u00ab\u00a0ils n\u2019ont rien parce qu\u2019ils apprennent\u00a0\u00bb. \u00a0<\/p>\n<p>Depuis le blocus, beaucoup de camionneurs s\u2019arr\u00eatent \u00e0 la fronti\u00e8re<\/p>\n<p>De plus en plus, des transporteurs s\u2019arr\u00eatent \u00e0 la fronti\u00e8re et ne prennent pas le risque d\u2019aller jusqu\u2019\u00e0 Bamako. Mais les d\u00e9lais d\u2019attente pour le d\u00e9chargement deviennent plus longs, \u00e0 cause du nombre de camions \u00e0 l\u2019arr\u00eat. \u00ab\u00a0Une fois \u00e0 la fronti\u00e8re, nous restons parfois deux \u00e0 trois mois sans d\u00e9charger parce qu\u2019il y a trop de camions qui s\u2019arr\u00eatent l\u00e0-bas, c\u2019est pourquoi le patron a d\u00e9cid\u00e9 que nous allons partir \u00e0 Abidjan\u00a0\u00bb, a expliqu\u00e9 un chauffeur clou\u00e9 \u00e0 Dakar avec son camion depuis plusieurs mois.<\/p>\n<p>La situation risque d\u2019empirer avec l\u2019escalade de ces derniers jours. Certains craignent d\u00e9j\u00e0 l\u2019engorgement du port sous la marchandise malienne. Il y a quelques mois, la m\u00eame situation avait pouss\u00e9 le port \u00e0 annuler certaines p\u00e9nalit\u00e9s pour faciliter aux Maliens l\u2019enl\u00e8vement de leurs cargaisons. \u00ab\u00a0Ces d\u00e9cisions avaient permis de lever un obstacle financier majeur \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement des marchandises\u00a0\u00bb, ont confi\u00e9 des sources portuaires. Le pr\u00e9sident du Conseil malien des chargeurs, Bakissima Sylla, avait \u00e9valu\u00e9 \u00e0 30 milliards de francs CFA l\u2019\u00e9conomie r\u00e9alis\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 ces annulations de p\u00e9nalit\u00e9s sur 3 000 conteneurs.<\/p>\n<p>Par ce geste, Dakar a aussi marqu\u00e9 un point dans sa dynamique de reconqu\u00eate du fret malien courtis\u00e9 \u00e9galement par\u00a0 Conakry et Nouakchott en plus d\u2019Abidjan. Mais pour le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Bassirou Diomaye Faye, l\u2019objectif \u00e9tait surtout de t\u00e9moigner la solidarit\u00e9 du peuple s\u00e9n\u00e9galais envers le peuple malien. \u00ab\u00a0Le peuple malien fr\u00e8re peut compter \u00e0 tout moment sur la solidarit\u00e9 agissante du peuple s\u00e9n\u00e9galais et des autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises. C\u2019est pourquoi, quand il y a eu une accumulation de la marchandise au niveau du port, j\u2019ai donn\u00e9 des instructions pour qu\u2019on ne leur r\u00e9clame pas certaines taxes et p\u00e9nalit\u00e9s\u00a0\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 le 2 mai dernier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La crise ouverte \u00e0 Bamako, depuis l\u2019offensive complexe du 25 avril, est ressentie jusqu\u2019\u00e0 Dakar o\u00f9 vit une&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":96524,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[84],"tags":[999,3747,11],"class_list":{"0":"post-96523","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-cedeao","9":"tag-mali","10":"tag-senegal"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116538299557691439","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/96523","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=96523"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/96523\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/96524"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=96523"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=96523"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=96523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}