{"id":97462,"date":"2026-05-09T09:36:08","date_gmt":"2026-05-09T09:36:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/97462\/"},"modified":"2026-05-09T09:36:08","modified_gmt":"2026-05-09T09:36:08","slug":"cryptoactifs-205-milliards-de-dollars-circulent-en-afrique-subsaharienne-africtelegraph","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/97462\/","title":{"rendered":"Cryptoactifs : 205 milliards de dollars circulent en Afrique subsaharienne &#8211; Africtelegraph"},"content":{"rendered":"<p>Le march\u00e9 mondial des cryptoactifs franchit un nouveau palier. Avec une capitalisation estim\u00e9e \u00e0 2 500 milliards de dollars, ces instruments num\u00e9riques, longtemps per\u00e7us comme sp\u00e9culatifs, s\u2019installent durablement dans le paysage financier international. L\u2019Afrique subsaharienne en repr\u00e9sente d\u00e9sormais 205 milliards de dollars, soit pr\u00e8s de 8 % du total mondial, une part significative pour une r\u00e9gion qui ne p\u00e8se qu\u2019une fraction du PIB plan\u00e9taire. La progression t\u00e9moigne d\u2019une appropriation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par des populations souvent exclues des circuits bancaires classiques.<\/p>\n<p>Une adoption port\u00e9e par les usages plut\u00f4t que par la sp\u00e9culation<\/p>\n<p>Contrairement aux march\u00e9s nord-am\u00e9ricain ou asiatique, o\u00f9 la dimension sp\u00e9culative reste pr\u00e9dominante, l\u2019Afrique subsaharienne se distingue par un usage transactionnel des cryptoactifs. Les transferts de fonds intra-africains, les paiements transfrontaliers et la pr\u00e9servation d\u2019\u00e9pargne face \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation mon\u00e9taire constituent les principaux moteurs d\u2019adoption. Le Nigeria, le Kenya, l\u2019Afrique du Sud et le Ghana figurent parmi les march\u00e9s les plus dynamiques, avec des volumes trait\u00e9s de pair-\u00e0-pair qui rivalisent avec ceux d\u2019\u00e9conomies bien plus d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette dynamique r\u00e9pond \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te. Les commissions appliqu\u00e9es aux transferts d\u2019argent traditionnels en Afrique subsaharienne demeurent parmi les plus \u00e9lev\u00e9es au monde, d\u00e9passant fr\u00e9quemment 8 %. Les stablecoins index\u00e9s sur le dollar offrent une alternative jug\u00e9e plus rapide et moins co\u00fbteuse, particuli\u00e8rement pour les diasporas qui alimentent les \u00e9conomies locales. Reste que cette substitution informelle pose la question du contr\u00f4le des flux et de la tra\u00e7abilit\u00e9 fiscale.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi r\u00e9glementaire des banques centrales africaines<\/p>\n<p>L\u2019essor des cryptoactifs place les autorit\u00e9s mon\u00e9taires du continent face \u00e0 un dilemme. Interdire frontalement, comme l\u2019avait tent\u00e9 la Banque centrale du Nigeria avant un revirement partiel, n\u2019enraye pas l\u2019usage mais le pousse vers des canaux opaques. Encadrer suppose en revanche des capacit\u00e9s techniques et juridiques que peu d\u2019institutions africaines ma\u00eetrisent pleinement. La Banque centrale des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (BCEAO) observe la situation avec prudence, sans cadre harmonis\u00e9 pour la zone UEMOA.<\/p>\n<p>Plusieurs juridictions tentent n\u00e9anmoins de structurer le secteur. L\u2019Afrique du Sud a inscrit les cryptoactifs comme produits financiers en 2022, soumis \u00e0 la supervision de la Financial Sector Conduct Authority. Le Maroc, apr\u00e8s une interdiction de fait depuis 2017, pr\u00e9pare un cadre l\u00e9gal annonc\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises par Bank Al-Maghrib. La R\u00e9publique centrafricaine avait pour sa part adopt\u00e9 le bitcoin comme monnaie l\u00e9gale en avril 2022, avant de revenir partiellement sur cette d\u00e9cision face aux critiques du Fonds mon\u00e9taire international.<\/p>\n<p>Une concurrence frontale aux monnaies souveraines<\/p>\n<p>La capitalisation de 205 milliards de dollars d\u00e9tenue par les utilisateurs subsahariens d\u00e9passe, \u00e0 titre de comparaison, le PIB de plusieurs \u00e9conomies de la r\u00e9gion. Cette masse \u00e9chappe pour l\u2019essentiel \u00e0 la fiscalit\u00e9 et \u00e0 la politique mon\u00e9taire des \u00c9tats. Pour les gouvernements, l\u2019enjeu d\u00e9passe la simple r\u00e9gulation prudentielle. Il touche \u00e0 la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire elle-m\u00eame, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les stablecoins libell\u00e9s en dollars consolident l\u2019extraterritorialit\u00e9 du billet vert dans les \u00e9conomies \u00e9mergentes.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse institutionnelle prend \u00e9galement la forme de monnaies num\u00e9riques de banque centrale. Le Nigeria a lanc\u00e9 l\u2019eNaira en octobre 2021, avec des r\u00e9sultats mitig\u00e9s en termes d\u2019adoption. Le Ghana et l\u2019Afrique du Sud avancent sur leurs propres pilotes. Ces projets visent \u00e0 offrir une alternative num\u00e9rique souveraine aux cryptoactifs priv\u00e9s, tout en modernisant les infrastructures de paiement. Leur succ\u00e8s d\u00e9pendra largement de leur capacit\u00e9 \u00e0 offrir les avantages des cryptoactifs \u2014 instantan\u00e9it\u00e9, faibles co\u00fbts, interop\u00e9rabilit\u00e9 \u2014 sans en h\u00e9riter de la volatilit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour les acteurs \u00e9conomiques africains, le sujet n\u2019est plus marginal. Les plateformes d\u2019\u00e9change locales, \u00e0 l\u2019image de Yellow Card ou de Luno, l\u00e8vent des fonds significatifs et structurent des \u00e9cosyst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s. Les fintechs traditionnelles int\u00e8grent progressivement des fonctionnalit\u00e9s crypto \u00e0 leurs offres. Cette convergence dessine un paysage financier hybride, o\u00f9 la fronti\u00e8re entre actifs r\u00e9gul\u00e9s et non r\u00e9gul\u00e9s se brouille. L\u2019enjeu, pour les r\u00e9gulateurs comme pour les op\u00e9rateurs, sera de transformer ce march\u00e9 parall\u00e8le en levier de d\u00e9veloppement plut\u00f4t qu\u2019en zone grise. <a href=\"https:\/\/news.google.com\/rss\/articles\/CBMi2wFBVV95cUxNRXVtNzZ2VjVLbzduLXBUMmUzSXpPa3hCbG82Z3JPZ0l4N2JJNmVfdGRUMlZYTXFob0J4Umd3ODJ2VHM3UzRkSWE0REVfOU1VUTRLdTltUkhvNHg5ZU5WbkNad1FhSUZqRzhiWU9JX0RsQTRVT2E1OWRWZmEtN2ZDSk1WaDZwWnNTX3NhbjMzZlZGUUM1SzlpUEpIWVpzbGpJZHZEWVBOaFEyXzlqekRaMk5JNUozNmtTbzdIYWN3VXV5VktSdFZJSFRQVjlLbFViNGZyOW1LUC0xMlk?oc=5\" rel=\"noopener external nofollow\" target=\"_blank\">Selon Dakaractu<\/a>, la question d\u2019un encadrement adapt\u00e9 reste ouverte.<\/p>\n<p>Pour aller plus loin<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/cheikh-diba-alerte-sur-les-risques-des-crypto-actifs-au-senegal\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cheikh Diba alerte sur les risques des crypto-actifs au S\u00e9n\u00e9gal<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/aide-au-developpement-lafrique-cherche-a-sortir-de-la-dependance\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Aide au d\u00e9veloppement : l\u2019Afrique cherche \u00e0 sortir de la d\u00e9pendance<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/la-bceao-reunit-a-dakar-une-conference-sur-les-crypto-actifs\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">La BCEAO r\u00e9unit \u00e0 Dakar une conf\u00e9rence sur les crypto-actifs<\/a><\/p>\n<p>J\u2019aime \u00e7a\u00a0:<\/p>\n<p>J\u2019aime chargement\u2026<\/p>\n<p><a class=\"sd-link-color\"\/><\/p>\n<p>\n\tSimilaire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le march\u00e9 mondial des cryptoactifs franchit un nouveau palier. 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