{"id":9989,"date":"2026-02-11T00:26:07","date_gmt":"2026-02-11T00:26:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/9989\/"},"modified":"2026-02-11T00:26:07","modified_gmt":"2026-02-11T00:26:07","slug":"fin-des-importations-de-gnl-russe-en-europe-une-sanction-aux-effets-logistiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/9989\/","title":{"rendered":"Fin des importations de GNL russe en Europe : une sanction aux effets logistiques"},"content":{"rendered":"<p>\n      Dans son analyse hebdomadaire du march\u00e9, le courtier de fret Intermodal revient sur les \u00e9volutions \u00e0 attendre sur les flux de gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL). Les d\u00e9cisions europ\u00e9ennes de sanctionner le gaz russe et l\u2019augmentation de la production am\u00e9ricaine peut modifier les cha\u00eenes logistiques.\n    <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/portsetcorridors.com\/2026\/gnl-une-sanction-aux-effets-logistiques\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Un article de Ports et Corridors.<\/a> La d\u00e9cision de l\u2019Europe de rompre officiellement ses derniers liens gaziers avec la Russie marque la fin d\u2019un chapitre qui a d\u00e9fini le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique du continent pendant des d\u00e9cennies. Pr\u00e9sent\u00e9e comme une sanction destin\u00e9e \u00e0 entraver l&rsquo;effort de guerre de Moscou en Ukraine, cette mesure refl\u00e8te un changement structurel plus profond, estime le courtier de fret Intermodal.<\/p>\n<p>Le gaz, un combustible essentiel dans le mix \u00e9nerg\u00e9tique<\/p>\n<p>L\u2019interdiction progressive du gaz russe en Europe est \u00e9chelonn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la fin de 2027. Ainsi, les approvisionnements par gazoduc et par navires vont se tarir. Selon Intermodal, \u00ab le d\u00e9ficit sera principalement combl\u00e9 par les flux maritimes. Le GNL ne sera pas un outil d\u2019\u00e9quilibrage marginal, il deviendra un pilier central de l\u2019approvisionnement. \u00bb En 2025, l\u2019UE a import\u00e9 environ 146 milliards de m\u00b3 de GNL, faisant de ce combustible un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 du mix \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Une hausse de 285 % de GNL am\u00e9ricain en Europe<\/p>\n<p>\u00c0 court terme, le d\u00e9ficit laiss\u00e9 par les volumes russes est principalement combl\u00e9 par les \u00c9tats-Unis. Le GNL am\u00e9ricain est rapidement pass\u00e9 d\u2019une source flexible \u00e0 la principale source de gaz de l\u2019Europe, repr\u00e9sentant de 55 \u00e0 60 % des importations totales de GNL de l\u2019UE, soit 81 Mdm\u00b3 en 2025, une hausse de 285 % par rapport \u00e0 2021. Les accords en cours et potentiels avec les fournisseurs am\u00e9ricains laissent entrevoir un sc\u00e9nario o\u00f9 les volumes am\u00e9ricains pourraient approcher 40 % de la demande totale de gaz en Europe, voire 80 % des importations de GNL d\u2019ici la fin de la d\u00e9cennie.<\/p>\n<p>Des livraisons de 7 Mdm\u00b3 par mois<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les volumes de gaz russe vers l\u2019Europe diminuent, passant de 151 Mdm\u00b3 en 2021 \u00e0 37 Mdm\u00b3 en 2025. Cette r\u00e9duction est compens\u00e9e par les \u00c9tats-Unis, qui fournissent environ 21 Mdm\u00b3 sur la m\u00eame p\u00e9riode. Cette d\u00e9pendance devient particuli\u00e8rement visible en p\u00e9riode de crise : le froid de cet hiver a port\u00e9 les livraisons de GNL am\u00e9ricain \u00e0 environ 7 Mdm\u00b3 par mois. Si ce flux renforce la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, il introduit \u00e9galement un nouveau dilemme strat\u00e9gique. L\u2019Europe r\u00e9duit son exposition \u00e0 l\u2019\u00e9nergie russe, mais concentre les risques ailleurs. Le GNL am\u00e9ricain offre \u00e9chelle, flexibilit\u00e9 et alignement politique, mais la d\u00e9pendance demeure.<\/p>\n<p>Le d\u00e9placement des risques<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance g\u00e9n\u00e8re un ensemble diff\u00e9rent de vuln\u00e9rabilit\u00e9s, li\u00e9es \u00e0 la politique d\u2019exportation am\u00e9ricaine, \u00e0 sa politique int\u00e9rieure et \u00e0 l\u2019utilisation du commerce comme levier g\u00e9opolitique. Les tensions r\u00e9centes entre Bruxelles et Washington montrent que m\u00eame les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement alli\u00e9es ne sont pas \u00e0 l\u2019abri de perturbations. Cette situation fait passer l\u2019Europe d\u2019une simple substitution \u00e0 une diversification, les acheteurs privil\u00e9giant l\u2019optionalit\u00e9 \u00e0 mesure que les contrats russes \u00e0 long terme expirent \u00e0 partir de 2027.<\/p>\n<p>Le Qatar, une s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le Qatar appara\u00eet comme un pilier essentiel de la strat\u00e9gie de diversification europ\u00e9enne. Le GNL qatari repr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 15 \u00e0 20 Mdm\u00b3 en Europe. Les extensions de capacit\u00e9 \u00e0 North Field East et North Field South devraient augmenter de 55 Mdm\u00b3 par an l\u2019offre mondiale d\u2019ici la fin de la d\u00e9cennie. Contrairement au GNL am\u00e9ricain, les volumes qataris sont g\u00e9n\u00e9ralement vendus dans le cadre de contrats \u00e0 long terme de 15 \u00e0 25 ans, offrant une s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement au d\u00e9triment de la flexibilit\u00e9. Pour l\u2019Europe, ce compromis devient acceptable, car il limite la d\u00e9pendance \u00e0 un seul fournisseur.<\/p>\n<p>L\u2019Azerba\u00efdjan et le Nig\u00e9ria, nouvelles sources d\u2019approvisionnement<\/p>\n<p>L\u2019Azerba\u00efdjan peut augmenter ses livraisons de gaz via le corridor gazier sud-europ\u00e9en, avec un engagement \u00e0 porter ses exportations \u00e0 20 Mdm\u00b3. En janvier 2026, le gaz az\u00e9ri a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre achemin\u00e9 vers l\u2019Allemagne et l\u2019Autriche, mais la capacit\u00e9 reste limit\u00e9e. Les retards \u00e0 Shah Deniz et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tendre les gazoducs repoussent les d\u00e9lais au-del\u00e0 de l\u2019objectif initial de 2027. Le Nig\u00e9ria est \u00e9galement envisag\u00e9 comme une source \u00e0 long terme, offrant des solutions par voie maritime et par gazoduc, avec deux projets \u00e0 l\u2019\u00e9tude : le gazoduc transsaharien (pr\u00e9vu en 2030) et le gazoduc Nig\u00e9ria-Maroc, dont le calendrier reste incertain.<\/p>\n<p>L\u2019implication pour la logistique maritime<\/p>\n<p>Pour le secteur maritime, les cons\u00e9quences sont claires. Le remplacement du gaz russe achemin\u00e9 par gazoduc par du GNL am\u00e9ricain allonge les distances de transport et augmente la demande en tonnes-kilom\u00e8tres. L\u2019expansion des capacit\u00e9s de liqu\u00e9faction et d\u2019exportation am\u00e9ricaine ancre durablement les flux transatlantiques vers l\u2019Europe. En fin de compte, l\u2019Europe ne cherche pas l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique totale, mais se dirige vers un syst\u00e8me plus complexe, d\u00e9pendant du transport maritime et de la diversification des fournisseurs.<\/p>\n<p>\u00a9 Un article de la r\u00e9daction de Ports et Corridors.\u00a0Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans son analyse hebdomadaire du march\u00e9, le courtier de fret Intermodal revient sur les \u00e9volutions \u00e0 attendre sur&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9990,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[24,38,25,33,26,30,22,31,18,36,29,35,20,23,21,19,27,34,28,37,32],"class_list":{"0":"post-9989","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-chantiers","9":"tag-commando","10":"tag-construction-navale","11":"tag-costa","12":"tag-croisiere","13":"tag-dcns","14":"tag-defense","15":"tag-euronaval","16":"tag-europe","17":"tag-fremm","18":"tag-interviews","19":"tag-littoral","20":"tag-marine","21":"tag-marine-nationale","22":"tag-maritime","23":"tag-mer","24":"tag-offshore","25":"tag-peche","26":"tag-reportages","27":"tag-sncm","28":"tag-stx"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116049161908917953","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9989","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9989"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9989\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9990"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9989"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9989"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9989"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}