Lors de l’émission Villa Politica, Frédéric De Gucht a assuré que MR et Anders formaient encore « une grande famille politique ». Mais au vu des coups qui s’échangent entre le premier, dans la majorité fédérale, et le second, depuis les bancs de l’opposition, il est permis d’en douter. L’ex-ministre Vincent Van Quickenborne (Anders) passe son temps parlementaire à flinguer la taxe sur les plus-values pour tenter de faire passer le MR pour une formation de gauche. Georges-Louis Bouchez, en retour, accuse la Vivaldi, dont le Premier était issu d’Anders, de tous les maux actuels.

Alignés pour voter différemment

Bien que fourgués dans une situation similaire, PS et Vooruit entretiennent une relation, en façade, beaucoup plus mesurée. Depuis l’opposition, le PS prend garde, lorsqu’il tire sur l’Arizona, à ce que les coups ne touchent pas son homologue flamand. Pour accepter l’idée que leur parti-frère soit dans une majorité qu’ils conspuent, les socialistes francophones répètent que sans Vooruit au pouvoir, le gouvernement De Wever pencherait beaucoup plus à droite.

Vooruit a porté un combat du PS lors du kern sur les mesures énergétiques

Dans les votes, toutefois, la scission entre les deux camps socialistes est très claire. Rares sont les fois où PS et Vooruit votent encore ensemble. Dernier exemple en date : le renvoi de la loi-programme grâce au PS, au grand dam de Vooruit. Pour autant, les membres des deux partis disent conserver une certaine fraternité. Les présidents Paul Magnette et Conner Rousseau sont partis ensemble en Espagne pour le grand congrès du PES (Parti socialiste européen). Ils défendent un certain nombre de positions politiques communes (taxation des plus riches, défense des mutuelles, protection des travailleurs) même s’ils sont éloignés sur, par exemple, la migration.

Notons également que les frangins communiquent pas mal dans leur siège commun du boulevard de l’Empereur. « Pendant les négociations pour la formation du gouvernement, Anders recevait les notes de travail de l’Arizona via le PS qui les recevait de Vooruit », se souvient un habitué de la rue de la Loi.

Sociaux distants

Entre CD & V et Les Engagés, les liens sont nettement plus distendus. Si les chefs de cabinets s’entendent bien sur le plan humain, cela ne suffit pas à créer un alignement politique lors des décisions en kern.

Les héritiers de la famille sociale-chrétienne se sont éloignés sur le plan programmatique même s’ils partagent encore un « ADN humaniste », nous explique-t-on. Le CD & V est plus conservateur sur les questions éthiques mais penche plus à gauche sur le social ou la guerre à Gaza. Sur l’aspect économique, Les Engagés défendent une ligne entrepreneuriale qui se rapproche du libéralisme.

La défense surprenante de l’ancien Premier ministre Verhofstadt après avoir grillé un feu rouge : « Nous craignons la mauvaise publicité « 

Un moment de tension est apparu lorsque Les Engagés ont quitté le PPE au niveau européen, en juin 2024, alors que le CD & V y est resté. Le CD & V avait alors exprimé des inquiétudes et exercé une certaine pression, invitant les forces miroir à bien réfléchir avant de prendre cette décision. Ce départ a laissé des traces.

Au final, les partis qui parviennent encore à travailler en groupe sont Ecolo et Groen. Cependant, leur union n’a lieu qu’à la Chambre. À Bruxelles, le premier est dans l’opposition tandis que le second est au pouvoir.

Quant au PTB, en tant que parti unitaire et centralisé, il ne semble pas être traversé par ces divergences communautaires. Mais il a d’autres soucis internes.