D’autant qu’Anders n’est pas au top de sa forme. Le parti qui avait hérité du « 16 » sous la Vivaldi a particulièrement trinqué au dernier scrutin. Le score alarmant des libéraux flamands, qui les a forcé à opter pour l’opposition, tranchait avec le triomphe de leurs collègues francophones. A l’issue des élections, Georges-Louis Bouchez a enfoncé le clou, estimant que son parti frère néerlandophone « devait se ressaisir » et reprendre une ligne de droite. « Un libéral de gauche en Belgique sert autant qu’une veste d’hiver à Dubaï : absolument à rien », avait-il lancé, dans HLN, comme le rappelle cette semaine plusieurs confrères flamands. Du côté d’Anders, on nie les tensions au sein de la famille libérale… mais on reconnait tout de même qu’il y a un problème autour de la personne de Georges-Louis Bouchez. « Il est très autocratique, veut tout décider seul et estime qu’il doit être au centre de l’attention », a regretté Frédéric De Gucht, sur le plateau de Villa Politica, ce mercredi 6 mai. « Je ne pense pas que cela corresponde à l’idéologie libérale. » Le président des libéraux flamands estime d’ailleurs qu’il n’est pas le seul à ne pas apprécier les positions du Montois, qui sont parfois contestées « au sein même de son parti ». « Je pense que cela peut aussi être dit publiquement. » Bon, sans vouloir jouer les rabats-joie, tout ça ressemble davantage à un couple qui aurait besoin d’une bonne thérapie qu’à deux jeunes tourtereaux au début de leur idylle…

MR chairman Georges-Louis Bouchez and Open vld's chairman Frederic De Gucht pictured during a press conference of the 'Alliance of Liberals and Democrats for Europe Party' ALDE liberal European party, Friday 24 October 2025 in Brussels. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCKMR chairman Georges-Louis Bouchez and Open vld's chairman Frederic De Gucht pictured during a press conference of the 'Alliance of Liberals and Democrats for Europe Party' ALDE liberal European party, Friday 24 October 2025 in Brussels. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCKGeorges-Louis Bouchez (MR) et Frédéric De Gucht (Anders) ©Belgaimage2) Bras de fer au gouvernement bruxellois: Dilliès VS Van den Brandt

Qui va rempoter la partie de bras de fer qui vient de commencer au sein de l’exécutif bruxellois ? D’un côté, Boris Dilliès. De l’autre, Elke Van den Brandt. Tant le libéral que l’écologiste ne veulent rien lâcher. Muscles saillants, ils semblent prêts à tenir encore un petit temps. Vous vous demanderez: comment deux personnes d’un même gouvernement en arrivent à un tel spectacle ? C’est simple, il suffit d’aborder le thème de la mobilité. Dossier électrique pour l’exécutif alliant MR et Groen, deux partis qui ont fait campagne bien différemment sur le sujet. Donc, ce mardi, quand Elke Van den Brandt a annoncé un chantier imminent pour maintenir une unique bande au rond-point Louise (au lieu de trois) au nom de la sécurité routière des piétons et cyclistes, le sang du ministre-président libéral n’a fait qu’un tour. « S’agissant d’un dossier hérité de l’ancienne majorité qui avait déjà suscité des polémiques, ⁠on ne peut pas l’exécuter en l’état », a-t-il rapidement fait savoir par la voix de son cabinet, à nos confrères de la DH. « Boris Dilliès a donc demandé à Elke Van den Brandt de ne pas entreprendre de travaux le temps que le gouvernement adopte une vision globale à propos de ce quartier. »

Mais Elke Van den Brandt ne l’entend pas de cette oreille et refuse de se plier à l’injonction de son ministre-président. Pour elle, il est hors de question d’attendre que le dossier des « Champs-Elysées bruxellois » (qui concerne le boulevard de Waterloo et l’avenue de la Toison d’Or) ne soit tranché pour régler les soucis au rond-point Louise. « Revenir à une situation insécurisée n’est tout simplement pas une option, tout comme le maintien d’une situation illégale, alors que piétons, usagers du tram et cyclistes y passent chaque jour », a-t-elle réagi. On vous le disait le bras de fer s’annonce corsé. Les deux parties ont resserré leur poigne. Ça grimace. On risque d’être là pour un petit moment… Un pronostic peut-être ?

Boris Dilliès, l’homme qui ne voulait pas être ministre-PrésidentBRUSSELS, BELGIUM - FEBRUARY 23 : First government statement by Minister-President Boris Dilliès (MR) new Minister-President of the Brussels-Capital Region Government & Elke Van den Brandt (Groen), Minister of Mobility, Public Works, Road Safety, and Animal Welfarepictured in plenary session of the Brussels parliament on  February 23, 2026 in Brussels, Belgium, 23/02/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsBRUSSELS, BELGIUM - FEBRUARY 23 : First government statement by Minister-President Boris Dilliès (MR) new Minister-President of the Brussels-Capital Region Government & Elke Van den Brandt (Groen), Minister of Mobility, Public Works, Road Safety, and Animal Welfarepictured in plenary session of the Brussels parliament on  February 23, 2026 in Brussels, Belgium, 23/02/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsBoris Dilliès et Elke Van den Brandt. ©DLE3) Maxime Prévot montre les dents face à Bill White: l’ambassadeur va-t-il finir dans un coin avec un bonnet d’âne ?

Pas contents, messieurs De Wever et Prévot. Pas contents du tout ! L’objet de leur colère ? Bill White. Eh oui, l’ambassadeur américain a remis le couvert. Et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère (pour rester dans le champ lexical de la table), puisqu’il a acté que la Belgique serait à présent considérée comme « antisémite ». Sa réaction, s’appuyant sur une attaque d’Israël du même acabit, fait suite à l’annonce du parquet d’Anvers de déférer deux circonciseurs rituels juifs devant le tribunal correctionnel. C’est déjà ce dossier qui avait mis le feu aux poudres en février dernier, donnant lieu à de vifs échanges entre l’Américain et plusieurs hommes politiques belges, qui s’étaient conclus par un rappel à l’ordre par Maxime Prévot. Ce dernier et le Premier ministre ont donc été tout particulièrement agacés par cette nouvelle tentative de l’ambassadeur d’interférer dans les décisions de justice belge. « Il n’est pas approprié de critiquer publiquement un pays et d’en ternir l’image simplement parce que vous n’êtes pas d’accord avec des procédures judiciaires », a tancé M. Prévot. « Je vous l’ai déjà dit. (…) En Belgique, le pouvoir judiciaire est indépendant et prend ses décisions – que l’on soit d’accord ou non – à l’abri de toute influence politique. » Même son de cloche du côté de Bart De Wever qui a qualifié les propos de Bill White d' »absurdes ». « Je ne peux qu’appeler tous les acteurs de ces débats à s’abstenir de toute prise de parole publique et de déclarations intempestives, véhémentes et injustifiées », a-t-il conclu.

Dans la presse flamande, on a salué ces réprimandes de la part de nos ministres. Enfin, surtout celles de M. Prévot. « Sa réaction était ferme et justifiée. Il faut du courage pour s’attaquer aussi frontalement aux acolytes de Trump », a écrit Het Nieuwsblad. « Le Premier ministre De Wever a suivi, mais avec davantage d’hésitation. » Les médias du nord du pays se sont interrogés sur la façon dont le trublion devait à présent être traité par les autorités belges. « White mérite désormais d’être mis au coin avec un bonnet d’âne. En commençant par annuler la grande fête coûteuse pour le contribuable qu’il veut organiser à Bruxelles le 4 juillet », a estimé Het Nieuwsblad, qui n’a pas manqué de pointer du doigt Theo Francken pour les bières partagées le week-end dernier avec le tonitruant ambassadeur.