Un médecin consulté par la suite a cependant indiqué que dans la quantité décrite, la prise de ces cachets ne mettait pas la vie de la victime en danger. Mais cela, sa femme l’ignorait…
Poursuivie devant le tribunal correctionnel il y a un mois pour tentative d’empoisonnement, l’intéressée n’a pas donné beaucoup d’explications à son geste. Elle avait indiqué durant l’enquête que son mari avait changé depuis qu’il était en retraite, qu’il partait seul en vacances puisqu’elle continuait à travailler, et qu’elle se sentait abandonnée.
Suite à ces événements, chacun vit désormais de son côté et le divorce a été prononcé début 2025. Depuis, d’après ce qui a été dit devant le tribunal, les deux protagonistes ne se sont plus jamais revus.
« Elle voulait juste l’embêter »
À l’audience, la Guibertine a précisé qu’elle était fâchée le jour des faits, qu’elle avait bu du vin, et que c’était « une journée épouvantable ». Mais elle a répété que son intention n’était pas du tout de tuer son mari. Le tribunal a dès lors insisté pour savoir quel était le sens de son comportement. Mais elle n’a pas répondu clairement.
Elle n’a pas non plus convaincu le ministère public: une peine de trois ans d’emprisonnement avait été requise à l’audience contre cette prévenue âgée de 65 ans. « Madame ne donne pas d’explication mais moi, j’en ai une, avait plaidé l’avocat de la défense. Ils sont ensemble depuis plus de 45 ans, ce couple bat de l’aile depuis au moins vingt ans, il part en vacances sans elle, elle pique des crises…. Ils ne peuvent plus se sentir ! Et ce jour-là, elle voulait juste l’embêter… »
La prévenue devra s’abstenir de toute consommation d’alcool
À l’appui de son argument, le conseil avait précisé que sa cliente n’avait pas réduit les médicaments en poudre, ni même vraiment tenté de les cacher. En commençant à manger, son mari les a vus directement.
Le jugement a été rendu ce jeudi. Le tribunal retient la prévention de tentative d’empoisonnement, mais estime que la volonté de tuer n’est pas établie. La prévenue écope dès lors d’un an de prison et d’une amende de 800 euros.
Un sursis de trois ans est accordé aussi bien pour l’emprisonnement que pour l’amende, mais il est probatoire. Pour éviter de se retrouver derrière les barreaux, la prévenue devra notamment s’abstenir de toute consommation d’alcool, et se prêter à un suivi médico-psychologique régulier.