Première rencontre

Lors de leur première rencontre, le 30 mars 2022, l’accusé se trouve en prison. « On a quelqu’un qui répond difficilement aux questions, très autocentré et inquiet sur la procédure », explique le neuropsychiatre. Paolo Falzone évoque alors une vitesse de « 70 km/h », une consommation de « whisky coca » et affirme avoir dû « casser le pare-brise pour voir où il allait ».

Les experts décrivent un homme replié sur lui-même, minimisant ses antécédents routiers et mettant fortement en avant sa passion pour les voitures puissantes. « Il cache certains pans de sa vie », souligne encore Xavier Bongaerts, précisant qu’il refusait alors de voir ses proches en détention.

Le psychologue Donatien Marquet a soumis l’accusé à plusieurs tests cognitifs. « Il n’y a pas de retard mental mais on n’est pas dans les normes de la société non plus. On est entre deux », explique-t-il. Selon lui, Paolo Falzone a « peu conscience de ses limites intellectuelles », ce qui correspond « à son désir de paraître ».

Les experts n’ont relevé aucun trouble mental ni stress post-traumatique majeur, mais pointent une personnalité immature, dépendante et en quête de valorisation. « On ne peut pas retenir un profil marginal et antisocial mais un besoin de manifester une certaine force et une certaine vigueur », précise encore le psychologue.

La voiture occupe, selon eux, une place centrale dans son identité. « Il a besoin d’un objet symbolique synonyme de puissance et de réussite sociale », explique l’expertise. Les spécialistes parlent même d’un profil « autophile », à savoir « à la fois centré sur lui-même et passionné par l’automobile ».

Les tests psychologiques mettent également en évidence une personnalité égocentrée, une faible tolérance à la frustration ainsi qu’une attirance pour les sensations fortes et certaines formes de transgression. Les experts soulignent toutefois qu’il apparaît consciencieux et perfectionniste dans son travail.

Après la reconstitution, Paolo Falzone « très réservé »

Après la reconstitution du 5 juillet 2023, Paolo Falzone a de nouveau été examiné. Les experts décrivent un homme « très réservé », parlant peu et exprimant peu d’émotions, même si certaines réactions ont été observées lorsqu’il a dû remonter dans son véhicule.

Au fil des entretiens, l’accusé a exprimé « de la honte et de la tristesse » envers les victimes et leurs proches. Selon les experts, il reconnaît sa responsabilité dans le drame et qualifie son comportement de « complètement inconscient ». Il continue toutefois d’affirmer qu’il n’a pas vu le corps de Frédéric d’Andrea sur le capot de sa voiture.

MONS, BELGIUM - MAY 08 : Paolo and Antonino Falzone Trial : the trial concerns the Strépy-Bracquegnies tragedy of 2022, in which a car crashed into a carnival procession, killing seven people and injuring many others on May 8, 2026 in Mons, Belgium, 08/05/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsMONS, BELGIUM - MAY 08 : Paolo and Antonino Falzone Trial : the trial concerns the Strépy-Bracquegnies tragedy of 2022, in which a car crashed into a carnival procession, killing seven people and injuring many others on May 8, 2026 in Mons, Belgium, 08/05/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsPaolo Falzone derrière son avocat. ©DLE

Paolo Falzone aurait également indiqué ne plus vouloir conduire et accepter une éventuelle suppression définitive de son permis, tout en envisageant encore un avenir professionnel dans le secteur automobile.

Les experts concluent qu’aucun trouble mental n’a été constaté, ni au moment des faits ni lors des expertises. Ils estiment qu’il conservait pleinement son discernement et le contrôle de ses actes.

« Une fille en vieille Opel, c’est une clocharde »

Interrogé par un juré sur l’apparition d’émotions chez l’accusé, Xavier Bongaerts explique avoir d’abord observé « de la colère » lors du premier entretien. « Il a fallu du temps pour que la tristesse et les regrets apparaissent, notamment grâce à l’aide psychologique en prison », ajoute-t-il

Au cours des débats, Me Gelay a rappelé une déclaration de Paolo Falzone: « C’est triste à dire, mais cela aurait pu arriver à n’importe qui. » Le psychologue confirme qu’il parlait alors « d’un accident ».

Me De Beco a également souligné que Paolo Falzone avait expliqué discuter avec Antonino Falzone « de la soirée » au moment de l’impact. Les experts confirment également que l’accusé a reconnu que cette conversation avait détourné son attention de la route. Me Guttadauria, avocat d’Antonino, constate, après avoir vu la vidéo, qu’aucun mot n’est échangé entre les deux hommes. Les experts n’ont pas vu cette vidéo.

Selon les rapports relus à l’audience, Paolo Falzone avait aussi indiqué qu’on ne lui avait « jamais dit » que filmer son compteur en roulant était dangereux.

En janvier 2023, Paolo déclare que quelqu’un qui roule en Mercedes est quelqu’un de bien. Par contre, il déclare qu’une fille qui roule avec une vieille Opel est une « clocharde ». Cela correspond avec son profil matérialiste, répondent les experts.

Me D’Agristina relève que Paolo a regretté l’absence de balisage autour du cortège. « Il a déclaré qu’il roulait un peu trop vite mais que l’accident était dû à un manque de signalisation », répondent les experts.

Me Discepoli, avocat de l’accusé, demande aux experts de confirmer la déclaration de Paolo, selon lequel il ignorait l’existence de festivités dans le centre du village.