Les accompagnateurs de train ciblés quotidiennement par des agressions : « J’ai ressenti une douleur inimaginable, et je me suis effondré »Une augmentation de la violence ?
Selon différentes personnes interrogées, cette mesure risque d’accroître la violence déjà bien présente dans le milieu. « À compter du 1er juillet, je dois immédiatement infliger une amende – la contravention C170 – de 90 euros à tout voyageur sans titre de transport valide, même s’il est disposé à en acheter un. Pendant des années, on nous a demandé de gérer les situations calmement, d’éviter les conflits et d’agir avec pragmatisme dans les moments difficiles. Désormais, nous devons sanctionner immédiatement tout voyageur en infraction, quelle que soit la justification qu’il puisse fournir », déplore un autre contrôleur interrogé.
Différents employés de la SNCB pointent du doigt les problèmes techniques récurrents sur l’application mobile ou encore sur les bornes en gare. Même en cas de circonstances atténuantes, les passagers risquent désormais une amende.
« Sur les lignes où la tension est déjà palpable, cela entraînera une recrudescence des agressions verbales, des intimidations, voire des incidents physiques. Je dresse déjà entre 150 et 200 contraventions par mois pour fraude. Comme ces voyageurs refusent souvent de présenter leur carte d’identité, la police ou les agents de Securail doivent intervenir, ce qui provoque des retards importants. Quiconque travaille quotidiennement sur des lignes à haut risque le sait pertinemment : on évite souvent l’escalade des incidents non pas en durcissant les règles, mais grâce au bon sens, à la communication et à la capacité d’agir avec pragmatisme. Ironiquement, la SNCB présente cette réforme sous le prétexte d’une sécurité accrue pour le personnel », ajoute un contrôleur.
Agressions au couteau, crachats, insultes…: bienvenue sur la ligne de train de la SNCB la plus dangereuse du paysUn manque à gagner pour les contrôleurs
Aux risques sécuritaires s’ajoute une perte financière pour les contrôleurs. Ces derniers touchent en effet une commission sur chaque billet vendu à bord. Ce montant varie en fonction de la ligne et du nombre de tickets vendus, mais peut rapporter plusieurs centaines d’euros par mois.
Un contrôleur fort de 25 années d’expérience nuance légèrement ces chiffres : « À mes débuts – le système de commission existait déjà – je vendais facilement 400 à 500 billets par mois. Maintenant, avec les distributeurs automatiques partout, je n’en vends parfois que 30 à 50. En février, cela m’a rapporté 58 euros nets. Novembre a été un bon mois, avec 107 euros ». Avant de préciser que, contrairement à ce que beaucoup pensent, les contrôleurs ne touchent pas un centime sur les amendes.