Le début et la fin n’ont pas été choisis par hasard puisque le 11 mai, le décret programme est présenté aux parlementaires en commission Éducation et le 27 mai, le texte est voté en plénière. Les mesures présentes dans ce décret programme ont ravivé les flammes encore bien chaudes avec, notamment, les deux périodes supplémentaires face classe pour les enseignants du secondaire supérieur sans augmentation financière afin d’enrayer la dette.
Le 12 mai, les syndicats invitent les enseignants à participer à la grève nationale. De grosses perturbations dans les classes sont attendues.
Fin d’année scolaire mouvementéeUn collectif présent en permanence devant le Parlement de la FWB
Le collectif Mars Attacks qui rassemble des professeurs d’une centaine d’écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles compte aussi recommencer sur des chapeaux de roue. Du 11 au 27 mai, il y aura une présence continue de « membres » devant le Parlement de la FWB. Ce mouvement né de la base refuse les mesures qui concernent l’enseignement et réclame la suppression de toutes les mesures afin de protéger le secteur et de lutter contre les inégalités. Le collectif nous a déjà fait part de son refus de compromis et sa détermination à tenir à la rentrée prochaine s’il le faut.
« Colère, lassitude, sentiment d’impuissance… Il ne faudra pas s’étonner si à un moment ça pète. Les gens se posent des questions sur l’efficacité d’une grève dans la lutte contre les mesures du gouvernement », avertit Luc Toussaint, président de la CGSP Enseignement. « Si le gouvernement reste aussi sourd aux appels et revendications et qu’il y a des débordements, il faudra réfléchir à sa responsabilité. Quand une des parties refuse le dialogue, cette-ci est responsable de la montée d’autre chose que les voix habituelles de concertation. »
Tous refusent d’assister au « détricotage de l’enseignement » qui impacterait négativement les conditions de travail et les élèves. La hausse du minerval, le passage du seuil de réussite du CEB à 60 %, les repas scolaires gratuits… sont vivement critiqués. « On a beau alerter la ministre, elle persiste et signe sans se rendre compte de la catastrophe », déplore Roland Lahaye qui réclame une vraie concertation. « Je réponds présent mais j’ignore jusque quand car si elle n’entend rien, on perd notre temps à venir. » Du côté de la CGSP Enseignement, le constat est le même : « On donne des avis de désaccord très régulièrement. Depuis le début de l’année scolaire, il y a eu 33 décrets et il est extrêmement rare que les modifications soient suffisantes pour changer en avis réservé. »