Le MR de Charleroi n’a pas tardé à dégainer non plus : « Quand une ville choisit de taxer encore et encore plutôt que de s’attaquer sérieusement à sa dette et à ses dépenses, ce sont les citoyens qui paient l’addition », parlant de « créativité fiscale » sur les réseaux sociaux. Sauf que voilà : la taxe, votée au conseil communal, n’a pas fait l’objet de contestations. 32 voix pour et 4 abstentions, sans personne qui s’y est opposé.

Seules 5 communes taxent les piscines en province de Namur, voici ce que ça rapporte« Obligés par la Région »

Et Charleroi précise : « cette taxe, nous avons été obligés de la lever par la Région wallonne (coalition MR-Les Engagés) » explique le cabinet du bourgmestre. En effet, la convention Oxygène, où la Région prête des millions d’euros aux grandes villes – moins financées qu’en Flandre et qui doivent notamment payer des frais obligatoires sans avoir leur mot à dire (pensions, CPAS, police, zone de secours), prévoit textuellement une taxe piscine. « La convention oblige les communes à mettre en place toutes les taxes et redevances qui existent dans la circulaire. Dont celle sur les piscines, qui prévoit un montant de 555€ et une taxation à partir de 10m², on n’a rien inventé », précise Charleroi, qui rappelle qu’une taxe similaire existe à La Louvière ou Tournai comme dans une cinquantaine de communes wallonnes. « Le choix politique qui a été fait à l’époque a été d’uniquement supprimer la taxe sur la force motrice, qui aurait touché nos indépendants et entreprises, et la taxe sur l’égouttage, qui aurait touché tous les citoyens. On a donc économisé sur le reste du budget pour compenser. On a aussi voulu, on rappelle, introduire une taxe sur l’aéroport qui n’aurait pas touché les Carolos mais qui a été invalidée par la Région wallonne.« 

0,1% de la population carolo touchée

La taxe piscine touche 0,1% de la population, au premier recensement : une centaine de piscines sont concernées, sur 96.000 foyers. « La taxe ne concerne pas les piscines démontables et qui sont démontées : le recensement se fait au 1er janvier. Le citoyen qui a une piscine, même de plus de 10m², et qui l’installe d’avril à octobre n’est pas concerné », indique la Ville, qui dit avoir reçu de nombreuses questions de citoyens inquiétés par la polémique qui enfle. Et de préciser: « si l’administration a fait une erreur en voyant une piscine qui est en réalité démontable et démontée, il faut la saisir pour rectifier. » Quant à prévoir une exonération sur les piscines « hors sol » comme le réclame la pétition, ça semble légalement difficile: « le principe de non-discrimination sur l’égalité face à l’impôt ouvrirait la porte à des recours si on faisait la distinction. Les piscines saisonnières sont donc exemptées, mais pas les permanentes. »