Anderlecht s’était imposé 1-3 avec trois buts après la pause. Tous les cadres avaient été mis au repos dans une logique de fraîcheur. Jérémy Taravel ne pourra pas en faire de même. Pour plusieurs raisons.
Il doit penser au top 4
Anderlecht n’est assuré de rien en cette fin de saison. Il peut encore ramener un trophée et être top 4. Mais il peut tout aussi bien tout perdre.
Jérémy Taravel en est conscient. Il n’est pas question pour lui d’être le coach d’un Anderlecht historiquement décevant. « J’ai lu que j’allais aligner une équipe B. Pour être très clair, ce ne sera pas le cas. Le match de dimanche est trop important pour nous, pour la quatrième place. Je n’ai pas pour habitude de tout miser sur un match. Il n’y aura pas une mise au repos de toute l’équipe. »
Il n’aurait de toute façon pas voulu faire comme Besnik Hasi et changer toute l’équipe. « Dans un monde idéal, on aurait pu faire plus d’ajustements, oui, pour en faire souffler certains mais il n’aurait pas été question de mettre une équipe B. »
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Le sort semble s’acharner sur le noyau d’Anderlecht avec encore une belle poignée de joueurs à l’infirmerie. En plus de Danylo Sikan et Mario Stroeykens, viennent s’ajouter à la liste Enric Llansana, Nathan Saliba et Moussa Diarra. Ce qui risque de causer des bouleversements derrière.
« J’espère qu’ils seront de retour jeudi. Pour Nathan, c’est un petit souci à la hanche. C’est une zone sensible mais le staff médical fait son possible pour qu’il soit de retour jeudi. Pour Moussa, nous devons suivre le protocole commotion suite à son coup pris contre le Club Bruges. »
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Son discours ne dit pas pour autant qu’il n’y aura pas de changements. Il n’a pas caché que certains profils – on pense notamment à Thorgan Hazard – ne peuvent pas jouer deux fois 90 minutes à bloc en quatre jours. « On doit faire attention à la gestion des joueurs. Certains doivent être ménagés. On sait qu’on doit être attentifs pour certains profils. D’autres peuvent enchaîner. »
Et que faire de Nathan De Cat ? Selon son coach, il est capable de jouer 90 minutes mais on peine à croire qu’il le fera. Il a besoin d’avoir une bonne heure de jeu dans les jambes avant la finale mais il est difficile d’envisager une rencontre complète pour le gamin tout juste de retour d’une blessure à la cheville.
« On discute encore des temps de jeu pour être au mieux dimanche et jeudi. Peut-être qu’on limitera les minutes de certains ou ce genre de chose mais je vais aligner l’équipe la plus cohérente pour faire un bon match. »
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Il y a une donne en plus depuis le début de semaine : Jérémy Taravel a un patron direct : Antoine Sibierski. Bien que le Français ne s’implique pas encore trop dans les décisions, sa présence change la donne. « On sent qu’il a une expertise foot, dit le coach. Ça fait du bien de discuter avec quelqu’un qui est proche du terrain. Il est dans un rôle d’observateur. Il ne veut pas nous déstabiliser. Il me laisse travailler. On a eu des discussions. J’ai apprécié ces moments. On partage beaucoup de valeurs. »
Comme expliqué par Sibierski, l’avenir de Taravel n’est pas encore un dossier prioritaire. « Moi non plus je ne pense pas à mon avenir. Je suis concentré sur les matchs qui viennent. On aura le temps de parler de la suite quand tout sera fini. »