La liberté sacrifiée sur l’autel du climat

Doit-on arriver à une telle interdiction chez nous ? « Ce n’est pas prévu », indique le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, via son cabinet. Il rappelle toutefois est que son intention est d’imposer le nutriscore sur les publicités alimentaires. C’est d’ailleurs dans l’accord de gouvernement.

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Contacté, le groupe Ecolo, dans l’opposition tant au fédéral qu’en région wallonne, salue également l’initiative d’Amsterdam. Mais veut aller un pas plus loin. En interdisant totalement la publicité dans l’espace public. « Nous sommes favorables à la suppression de toute publicité commerciale en ville sans cibler un secteur en particulier, commente le coprésident d’Ecolo, Gilles Vanden Burre. Il est généralement admis que nous sommes exposés à entre 1000 et 2000 messages publicitaires quotidiennement. »

Et de prendre l’exemple de Grenoble. « Le retrait progressif des panneaux publicitaires y a permis de rendre de la respiration à la ville, de réduire la pollution visuelle et de remettre en valeur le paysage urbain. C’est une démarche qui mérite d’être étudiée sérieusement chez nous aussi. »

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Concrètement, cela pourrait passer par plusieurs étapes, indique Vanden Burre. « Ne plus renouveler certains contrats publicitaires, limiter progressivement les grands panneaux lumineux et les dispositifs les plus agressifs, renforcer les règles locales en matière d’affichage et réinvestir ces espaces pour des usages utiles collectivement. Parce que la question n’est pas seulement « contre quoi » on agit, mais « pour quoi ». Les espaces libérés pourraient accueillir davantage de végétalisation, des arbres, des fresques artistiques, de l’affichage associatif et culturel, des informations citoyennes ou encore des initiatives locales. L’espace public doit devenir un lieu de rencontre, de démocratie et de qualité de vie, pas un couloir de sollicitation permanente à la consommation. »

Les Engagés favorables à une régulation plus stricte du marketing alimentaire

De son côté, le ministre wallon de la Santé et l’Environnement, Yves Coppieters (Les Engagés), dit « saluer » la décision de la Ville d’Amsterdam tout en rappelant que l’initiative « interroge plus largement le rôle de la publicité dans la normalisation de comportements de consommation et de déplacement aux effets connus sur la santé, la qualité de l’air, et l’environnement de manière générale. »

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Le ministre rappelle toutefois que le cadre juridique de la publicité audiovisuelle est de compétence fédérale. Et que les villes et régions ne disposent pas des mêmes leviers qu’à l’étranger pour décider seules d’une interdiction générale de ce type de publicité. Néanmoins, le ministre plaide pour « une régulation plus stricte du marketing alimentaire » pour mettre en place des environnements qui « facilitent la consommation d’aliments de bonne qualité nutritionnelle. »

Car une exposition répétée à des messages identiques « peut entraîner une banalisation, voire une invisibilisation progressive. »