Propos polémiques de Jacqueline Galant sur la RTBF: le CSA saisi d’un grand nombre de plaintes… qui resteront sans suite !

Interrogé par Le Soir, il décrit sa version des faits : « Elle a voulu participer à l’after-party avec moi. Il n’y a ni preuve, ni témoin par rapport à ce geste imaginaire (ni de mon prétendu geste, ni de sa prétendue ‘morsure de défense’) malgré les centaines de personnes présentes ce soir-là ! Mon bras ne présentait aucune marque de morsure. »

« Un comportement de prédateur sexuel »

La plainte de Nina a relancé un dossier plus ancien, classé sans suite pour « charges insuffisantes ». Celui de Chloé (nom d’emprunt), qui accuse Thomas Rorive de viol survenu le 13 janvier 2021 alors qu’elle était en état de vulnérabilité lié à l’alcool et à la prise de Citalopram, un antidépresseur. Selon Le Soir, Thomas Rorive se défend en rappelant que Chloé aurait d’abord reconnu avoir donné son consentement, n’aurait été qu’en « simple ivresse » et aurait refusé le kit de viol, la procédure médico-légale permettant de recueillir des preuves après une plainte pour viol.

Selon la juge d’instruction, si les faits sont avérés, ils « témoigneraient d’un comportement de prédateur sexuel, bafouant la dignité des femmes rencontrées et mêlant violence et mépris pour leur intégrité et leurs sentiments ». Dans un procès-verbal, consulté par nos confères, les enquêteurs notent : « Au travers de ces divers récits, on peut dégager un modus operandi similaire, consistant à faire boire de l’alcool aux victimes. Plusieurs d’entre elles suggèrent que ‘quelque chose’ aurait été ajouté dans leur verre. »

« À aucun moment, je n’ai remis en cause ou entravé la liberté de la RTBF »: Jacqueline Galant regrette la polémique suscitée par ses propos

D’autres anciennes victimes, dont Emma (nom d’emprunt), stagiaire en 2015 pour Questions à la Une, rapportent des comportements similaires. Elle avait signalé un « problème » à son responsable, sans mentionner de viol par crainte pour son stage, et évoque un groupe WhatsApp de journalistes RTBF où un avertissement circulait sur le comportement jugé inapproprié de Thomas Rorive. Le journaliste conteste et affirme qu’il ne s’agissait que d’une relation de drague maladroite.

« J’ai toujours invité ces jeunes femmes dans des restaurants ou des bars où il était difficile de boire autre chose. Je joue le rôle du festif, parfois un peu trop, mais agresseur sexuel, jamais », assure-t-il. Il se décrit comme « volontiers dragueur » et estime que les plaignantes se seraient concertées pour transformer son image de séducteur en celle de prédateur. Selon lui, il n’a « jamais été visé par une plainte officielle en 22 ans de carrière » et les faits reprochés relèveraient d’une « cabale » orchestrée par d’anciens collègues de la RTBF.

Jacqueline Galant accuse la RTBF d’être un nid de « gauchos » et Georges-Louis Bouchez regrette un « mélange d’humour pas drôle et de l’info »Des preuves vidéo et une liste inquiétante

Les enquêteurs ont découvert sur le matériel informatique de Thomas Rorive plusieurs vidéos montrant des actes sexuels où le consentement semble absent. Plusieurs femmes ont également été filmées à leur insu, et un document intitulé « fucking doggy list » recense 161 partenaires supposées.

Au total, six femmes accusent l’ancien journaliste de la RTBF, dont trois pour viol. Thomas Rorive conteste toutes les accusations. L’affaire judiciaire se déroule parallèlement à la contestation de son licenciement devant le tribunal du travail du Hainaut. Il bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une condamnation définitive n’est pas prononcée.