« J’ai toujours été manuel. Gamin, j’avais souvent un cutter, un bout de bois, une scie… » Son goût pour le patrimoine mais aussi pour la fabrication par soi-même prend aujourd’hui le dessus. Frédéric Thaëron, 51 ans, graphiste, complète cette activité par celle de maquettiste de bâti ancien. Sa société ? Kestufabrik. « J’espère faire cela de plus en plus », ajoute même, ce mardi 5 mai 2026, cet homme originaire de Rosporden, arrivé à Brest en 2018.

Un plaisir de jeunesse

Graphiste, donc, depuis 1997, il est indépendant depuis janvier 2011. « J’ai travaillé pendant treize ou quatorze ans pour l’abbaye de Daoulas. Je faisais des affiches, des catalogues, des programmes, des panneaux d’exposition. J’ai eu envie de changer, je me suis mis à mon compte ». En œuvrant surtout dans le tourisme, le culturel, avec des communes ou intercommunalités, notamment de la presqu’île de Crozon ou les musées départementaux.

Frédéric Thaëron est graphiste et artisan maquettiste, dans le quartier de Saint-Pierre à Brest. Il fabrique une commande pour les Moulins de Kerouat à Commana. L’enveloppe est achevée.Frédéric Thaëron est graphiste et artisan maquettiste, dans le quartier de Saint-Pierre à Brest. Il fabrique une commande pour les Moulins de Kerouat à Commana. L’enveloppe est achevée. (Photo Le Télégramme/David Cormier)

Mais alors, ces maquettes ? « Étant jeune, avec un copain, on a fait une ruelle pour un film d’animation. J’ai continué, par plaisir. J’ai fait celle du commun à pan de bois du manoir de Kernault (à Mellac). Elle fait deux mètres de long, c’est ma plus longue à ce jour. Elle est installée au-dessus de l’accueil, pour expliquer aux visiteurs… »

Un cutter, de la colle, du carton, du contreplaqué…

On peut voir chez lui, dans le quartier Saint-Pierre à Brest, une commande pour les Moulins de Kerouat, à Commana, dans les Monts d’Arrée. « La scénographie de l’accueil sera revue. Il y aura plusieurs maquettes, dont la mienne », explique Frédéric Thaëron. Le bâtiment a déjà bien pris forme. Il faudra graver toutes les pierres : une opération qui a pris quatre jours pour le manoir de Kernault. Des tirettes aimantées sont prêtes à être actionnées pour délivrer des informations.

Également pour des particuliers

Il espère bientôt produire « six ou sept maquettes pour une mairie, qui souhaiterait faire découvrir l’évolution d’un bâtiment à travers les âges ». Mais pas cette année, si le projet aboutit. Il peut aussi travailler pour des particuliers, des maisons, des façades. Pour des pièces allant de 1 000 € à 5 000 €. « Cela peut être installé en extérieur, dans un jardin… Selon l’usage, cela peut être très solide ».

Frédéric Thaëron utilise un matériel assez simple. « Très peu d’outils en fait : un cutter, de la colle, du carton, du contreplaqué… Un graveur laser pour les ouvertures mais pas d’imprimante 3D. Ce qui m’intéresse, c’est le côté artisanal : peu en font. Il y a des architectes qui travaillent au laser et font de l’assemblage. J’ai bien envie de me relancer dans ce domaine, et dans le vieux bâti. À l’heure de l’intelligence artificielle, je fais l’inverse ! » rit-il.

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