CHRONIQUE – Mirwais publie déjà son troisième livre et l’écrivain est aussi novateur que le musicien.

On se souvient de son tube synthétique, Chercher le garçon (paroles de Daniel Darc, 1980), avec le groupe Taxi Girl. Mirwais Ahmadzaï semble avoir enfin trouvé l’adolescent dont « le réveil tragique succède à un sommeil sans rêve » : il se nomme Juan Nihilski. À 15 ans, ce dealer ultraviolent est une version contemporaine d’Alex DeLarge, le héros de L’Orange mécanique d’Anthony Burgess (1962). Comme Alex, il s’exprime dans un argot créé spécialement pour le roman. Burgess entrecroisait le russe, le manouche et l’anglais. Le travail syntaxique de Mirwais est un mixage analogue – un « sampling » d’arabe, de russe et de franglais. L’orthographe est transgressée comme dans un SMS analphabète.

Le verlan et les marques participent aussi à enrichir un volapük difforme. Le projet de Mirwais est d’écrire un livre illettré sur un crétin post-historique. Pour faire de ce constat désespéré un grand poème en prose, il lui a fallu un travail immense, le même qu’il demande à son lecteur…

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Le Figaro

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