« On ne voulait surtout pas lancer le sprint en tête et le plan de l’équipe était de placer Paul dans la roue du coureur le plus rapide », expliquait son équipier Jasper Stuyven à l’arrivée. Une stratégie exécutée à la perfection, malgré le fait que Dries Van Gestel, habituel dernier lanceur, n’était pas à 100 % après sa chute de samedi et a donc dû fournir son effort un peu plus tôt que prévu. Seule une célébration légèrement anticipée de la pépite de Soudal Quick-Step aurait pu priver Magnier d’une nouvelle victoire.
« Je n’étais pas certain d’avoir gagné quand j’ai levé les bras, car Dylan revenait très vite de l’arrière. Pendant un instant, je me suis maudit d’avoir célébré trop tôt », souriait Magnier après l’arrivée. Mais la photo-finish n’a finalement même pas été nécessaire : le Français possédait une demi-roue d’avance sur ses rivaux. « Nous pouvons être vraiment fiers, collectivement, de cette victoire. Si l’équipe continue à courir de cette manière, on en remportera assurément d’autres. »
Si les routes bulgares lui ont, selon ses propres mots, « donné des ailes » dans la quête du maillot rose — cédé samedi à Guillermo Thomas Silva (Astana XDS) après la victoire surprise de l’Uruguayen à Veliko Tarnovo — puis d’un deuxième succès, Magnier espère désormais poursuivre sur sa lancée lors de la suite de son deuxième Tour d’Italie. Un an après une expérience bien plus mitigée, conclue avec un seul podium en 2025.
Encore de l’appétit et le maillot cyclamen dans le viseur
« Quand arrivera la prochaine occasion au sprint ? D’abord, on va profiter de la journée de repos, ce lundi, pour savourer cette deuxième victoire, glissait-il. Et une fois en Italie, nous établirons un nouveau plan. On espère évidemment que les choses continueront à tourner dans ce sens. »
Tout porte à le croire. Car les victoires de Magnier sont celles d’un coureur sûr de sa force, désormais capable de battre le gratin mondial des sprinters — Milan, Groenewegen ou encore Lund Andresen. « Maintenant, je sais que je peux battre les meilleurs sprinters du monde », assure le Français, forcément regonflé en confiance.
Au point de faire du maillot cyclamen — qu’il possède avec 41 points d’avance sur Milan — un nouvel objectif ? « Jonathan l’a déjà gagné deux fois, il sait donc comment faire pour le remporter. Il reste le grand favori. Mais je me sens très fort aussi et l’objectif est de conserver cette tunique jusqu’à Rome. » Parce que l’appétit vient en mangeant.
Beau geste entre Belges : quand Victor Campenaerts vient en aide à un Arnaud De Lie en difficulté sur le Giro (VIDEO)Vingegaard a déjà testé ses rivaux
Si les trois premières étapes du Giro ont surtout été marquées par la lourde chute survenue samedi et qui a contraint Santiago Buitrago, Marc Soler, Jay Vine Adam Yates ou Andrea Vendrame à l’abandon, tout en diminuant de nombreux coureurs (Gee-West, Cavagna, Van Gestel,…), il y a déjà eu de la bagarre entre les favoris, samedi.
Dans l’exigeante montée du monastère de Lyaskovets, Jonas Vingegaard a placé sa première accélération de ce Tour d’Italie. Et seuls deux coureurs ont été capables de suivre le Danois : Giulio Pellizzari, qui s’affirme déjà comme son principal rival pour les semaines à venir, et… le Belge Lennert Van Eetvelt, visiblement de retour à son meilleur niveau après un début de saison compliqué.
Si le trio a finalement été repris avant la ligne, permettant à Guillermo Thomas Silva (Astana XDS) de s’imposer et de s’emparer du maillot rose, cette première explication a déjà offert un aperçu intéressant de l’état de forme des principaux prétendants. Parmi les satisfactions du week-end, on retiendra également la solide impression laissée par Jan Christen, devenu le leader de circonstance d’une équipe UAE Emirates XRG décimée par la chute massive de samedi.