Qu’ont en commun « La nuit du 12 », le polar sombre de Dominik Moll multirécompensé aux César ; l’énorme succès populaire « Le comte de Monte-Cristo », emmené par Pierre Niney ; le drame biographique « Monsieur Aznavour », de Grand Corps Malade avec Tahar Rahim ; ou encore la comédie romantique et musicale « Partir un jour », où chantonne Juliette Armanet ? Réponse : Bastien Bouillon. Ces quatre dernières années, ce comédien qui fêtera ses 41ans le 19mai a réussi à imposer sa bouille dans quelques-uns des plus jolis succès du cinéma français, sans jamais tirer la couverture à lui. Un peu à l’image de Pierre Lottin ou Benjamin Voisin, il a creusé pas à pas sa place, et va avoir de plus en plus de mal à se cacher derrière ses rôles.

Le tournant a été le drame proposé ce soir sur France2, « La nuit du 12 », sorti en 2022. Un film inspiré d’un fait divers atroce, décrit dans le livre « 18.3 – Une année à la PJ », de Pauline Guéna. Le féminicide épouvantable et toujours non élucidé de Maud Maréchal en 2013, à Lagny-sur-Marne. Alors qu’elle rentrait à pied d’une soirée entre amis, la jeune femme de 20ans a été aspergée d’essence par un inconnu et brûlée vive. Après que ses cris atroces auront déchiré la nuit, son corps calciné sera retrouvé en pleine rue. Qui a pu commettre un crime aussi odieux ? Quelle haine faut-il avoir en soi pour commettre un geste pareil ? Connaissait-elle son agresseur ? Pour les enquêteurs, sûrement. Mais il n’a toujours pas été identifié.


Dans le film, la victime s’appelle Clara, mais l’histoire reste la même, et on suit l’enquête des deux policiers, joués par Bastien Bouillon et Bouli Lanners, qui, petit à petit, sont bouffés par la frustration de ne pas trouver le coupable. Avec ses sept César, le film a marqué les esprits, et lancé définitivement la carrière de Bastien, reparti avec le trophée du meilleur espoir (celui du meilleur second rôle ira à Bouli, dont on se rappelle le retentissant « Putain, je viens de Liège, quand même ! », au moment de recevoir son prix).




Un meilleur espoir qui avait débuté déjà en 2011, cumulant les seconds rôles dans des productions diverses, notamment pour Valérie Donzelli (« La guerre est déclarée », « À pied d’œuvre »…) ou dans « Le mystère Henri Pick ». Mais Bastien, arrière-petit-neveu de Joséphine Baker, n’est pas un acteur avide. Parti faire le tour du monde durant deux ans dans sa jeunesse, père de trois enfants, il se voyait d’abord poète. « Enfant, c’est l’expression écrite que je préférais et dont je rêvais. J’écris encore de la poésie et maintenant, je commence à écrire le scénario d’un nouveau court métrage. Je ne sais pas si j’écrirai un roman un jour. Mais il n’est jamais trop tard », confiait-il l’an dernier.

Bientôt Badinter

Dans « Le comte de Monte-Cristo », il est le borgne comte de Morcerf, l’un des trois infâmes traîtres dont Edmond Dantès veut se venger. Dans « Monsieur Aznavour », il est Pierre Roche, le pianiste et chanteur qui forme un duo avec Charles Aznavour au début de sa carrière. Quand vous reverrez ces films, vous ne pourrez pas ne pas le reconnaître, car ce sera aussi l’acteur ayant incarné Robert Badinter dans le très attendu biopic de Pierre Godeau, annoncé pour novembre 2026.

« La nuit du 12 » – Dimanche 10 mai, 21h10, France 2