« Les gens ressortent, les terrasses se remplissent et l’espace public est plus fréquenté, ce qui crée mécaniquement plus d’opportunités pour certains types d’infractions. On parle surtout des vols à la tire, des petites altercations et, comme chaque année, des vols de vélos qui restent un problème récurrent », résume Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles.

La « folie psychiatrique » plus visible dans l’espace public avec le retour des beaux jours : « On observe une désinhibition de la violence »

Selon les chiffres de la police fédérale, on recense en moyenne 250 cambriolages par mois en hiver sur l’ensemble de la Belgique, contre une centaine en été. Le phénomène s’explique notamment par un contrôle social accru dès que le temps s’améliore. « Les gens sont dans les jardins, sur les balcons », note Laurent Masset, porte-parole de la zone Marlow (Uccle, Auderghem, Watermael-Boitsfort). Sa zone enregistre en revanche davantage d’extorsions entre jeunes et de vols de GSM ou de vêtements avec le retour du printemps.

Collaboration avec l’horeca

Côté vélos, sur les quelque 30 000 vols déclarés chaque année en Belgique, la majorité survient au printemps et en été. À Bruxelles Capitale Ixelles, une section spécialisée, les trekkers, est déployée dans les zones les plus fréquentées pour contrer les pickpockets. « Concernant les vols à la tire, notre section trekkers travaille dans les zones les plus sensibles. Nous travaillons aussi beaucoup en prévention, avec les exploitants horeca et avec le public, pour éviter que les voleurs ne profitent d’un moment d’inattention », précise Van de Keere. « Nous récupérons de plus en plus de vélos volés, ce qui nous permet de les restituer à leurs propriétaires. »

Pour ce qui est des tensions dans l’espace public, telles que les bagarres ou altercations, la consommation d’alcool peut jouer un rôle, sans être le seul facteur. « Chaque situation est traitée individuellement par les équipes de terrain », précise-t-elle.

Un faux plombier réveille ses victimes en pleine nuit pour les dépouiller : « Il profite de leur état comateux en prétextant un dégât des eaux »

Chaque printemps voit aussi revenir les bandes de faux artisans. Démousseurs, ramoneurs, poseurs de gouttières : des équipes itinérantes se déplacent de quartier en quartier pour proposer des services fictifs ou largement surfacturés à des riverains peu méfiants. « Cela n’a jamais diminué », assure Laurent Masset. « Ces bandes peuvent être composées de gens du voyage originaires de France ou d’autres pays étrangers, mais aussi de personnes résidant en Belgique qui opèrent de quartier en quartier. Une coordination entre zones de police et avec la police fédérale permet de suivre leurs déplacements. »

De faux QR codes sur les horodateurs

Plus récente, une arnaque technologique inquiète de plus en plus les forces de l’ordre : depuis environ deux ans, des autocollants frauduleux sont apposés sur certains horodateurs bruxellois. Ils renvoient vers des sites imitant les interfaces officielles de paiement, dans le but de soutirer des coordonnées bancaires et des données personnelles aux automobilistes. « Nous voyons une augmentation des arnaques technologiques : de faux QR codes collés sur des horodateurs ou des bornes de recharge, ou encore des escroqueries en ligne », confirme Ilse Van de Keere.

La police recommande de vérifier systématiquement l’URL affichée avant tout paiement en ligne et de n’installer des applications qu’via les plateformes officielles (App Store, Google Play). Il vaut mieux éviter tout téléchargement via un lien inconnu ou reçu par message.

En guerre contre les horodateurs, Mohamed mène son enquête : »On a supprimé le paiement en monnaie et chaque parcmètre a coûté 4 590 euros »

Face à l’ensemble de ces phénomènes, les zones locales travaillent en coordination permanente avec la police fédérale. « Notre zone s’inscrit pleinement dans les structures de coopération policière existantes, tant au niveau local qu’au niveau fédéral », indique Arjen Van Humbeeck, porte-parole de la zone Bruxelles Ouest (Molenbeek, Berchem, Jette, Ganshoren, Koekelberg). Un suivi collectif des groupes organisés qui opèrent sur plusieurs territoires est ainsi assuré tout au long de l’année.