Le chiffre de 16 000 AVC par an, pris comme référence par le ministre de la Santé pour la Belgique est largement sous-estimé pour Pascal, président de l’association de prévention Stroke and Go. « Il y a eu 28 895 admissions pour AVC dans les hôpitaux belges. En ajoutant les personnes décédées sans diagnostic, on peut arrondir à 30 000 AVC par an en Belgique. »

AVC - Pascal Lecomte - Président de Stroke & GoAVC - Pascal Lecomte - Président de Stroke & GoAVC – Pascal Lecomte – Président de Stroke & Go ©Jacques DuchateauDes séquelles liées au retard de la prise en charge

Aujourd’hui, 34 ans après, Pascal est resté aphasique : « J’ai eu de la logopédie pendant un an. Je m’exprime avec difficulté, car je dois beaucoup chercher mes mots. »

« À 24 ans, on m’avait dit que je passerai ma vie en chaise roulante. » Mais son jeune âge et sa volonté lui ont permis de remarcher. « Avec une cane, parce que j’ai des gros problèmes d’équilibre. Je ne sais plus courir car mon pied ne se relève pas. Je ne sais plus écrire, jouer au tennis… »

Si la logopédie est derrière, la kinésithérapie fait toujours partie de sa vie. « Depuis 34 ans, je force sur mon côté gauche, j’ai des grosses douleurs au quotidien.

C’est ce qui l’a poussé à créer Stroke and Go. « Avant, j’étais dans le déni. Je me demandais ‘pourquoi ça m’est arrivé à moi, si jeune ? Mais j’ai réalisé qu’il fallait en parler. Beaucoup de personnes qui ont un AVC sont aphasiques : on nous prend pour des bègues, ou pour des gens peu intelligents, on se moque de nous quand on parle. Du coup, on s’autocensure. On a honte parce qu’on a une partie du cerveau en moins, qu’on n’arrivera plus jamais à faire fonctionner. »

AVC - Pascal Lecomte - Président de Stroke & GoAVC - Pascal Lecomte - Président de Stroke & GoAVC – Pascal Lecomte – Président de Stroke & Go ©Jacques DuchateauInformer les jeunes dans les écoles

C’est aux étudiants que Pascal s’adresse, avec Stroke and Go. « Les statistiques montrent qu’on a une chance sur quatre d’avoir un AVC. Or, 90 % des cas pourraient être évités, « en allant tous les trois mois chez le médecin pour contrôler sa tension, en évitant l’alcool, le tabac, le stress, en sensibilisant au cholestérol, l’athérosclérose, le diabète. »

Il leur explique l’importance de l’exercice physique, à la fois en prévention, mais aussi pour éviter la récidive : « On peut avoir jusqu’à 6 AVC », commente-t-il.

Il a même une sorte de « jeu de carte sur l’AVC », pour driller les jeunes à adopter des réflexes comme appeler le 112.

AVC - Pascal Lecomte - Président de Stroke & GoAVC - Pascal Lecomte - Président de Stroke & GoAVC – Pascal Lecomte – Président de Stroke & Go ©Jacques Duchateau

Stroke and Go fait aussi du lobbying auprès du monde politique pour développer les centres spécialisés Stroke Unit : les centres S1, spécialisés en imagerie et en prise en charge rapide, et les centres de 2e ligne S2, qui réalisent les thrombectomies.

« Actuellement, si on appelle les secours, l’AVC passe après les accidents de la route est les arrêts cardiaques, alors que la rapidité de prise en charge change réellement la donne. Et encore maintenant, il vaut mieux faire un AVC à Bruxelles qu’en province du Luxembourg. »

Le travail de sensibilisation de Pascal est loin d’être terminé.

L’audit de l’Inami montre que la prise en charge de l’AVC est inégale