Présentée comme LA révolution électrique abordable venue d’Amérique, la Slate Auto semble aujourd’hui freinée par les réalités économiques.
Lancée avec fracas et portée par l’aura de Jeff Bezos, la start-up Slate Auto promettait rien de moins qu’une révolution : produire le pick-up électrique le plus abordable du marché américain. Un véhicule simple, personnalisable et pensé pour démocratiser enfin la voiture électrique. Sur le papier, l’idée était brillante. Dans la réalité, le rêve semble aujourd’hui sérieusement caler au point mort.
Certes, l’entreprise assure que son usine de Warsaw, dans l’Indiana, progresse rapidement. Les robots de l’atelier de carrosserie sont installés, les lignes d’assemblage prennent forme et les premiers composants entrent dans leur phase finale de validation. La production du fameux pick-up électrique Slate serait même prévue avant la fin de l’année.
L’électrique va trop vite pour Slate
Mais derrière cette communication optimiste, plusieurs signaux inquiètent. Le plus symbolique reste le désengagement discret de Jeff Bezos. Longtemps présenté comme le soutien capable de crédibiliser le projet, le fondateur d’Amazon s’est progressivement effacé du premier plan. Un silence qui alimente les doutes autour de la viabilité du modèle économique de Slate Auto.
Et surtout, le marché de la voiture électrique a changé à une vitesse folle. Lorsque Slate évoquait un tarif inférieur à 20 000 dollars grâce aux aides fédérales, le projet paraissait exceptionnel. À ce prix-là, un pick-up électrique minimaliste, modulable et produit localement pouvait réellement bouleverser le marché automobile.
Mais à 25 000 dollars, l’équation n’est plus la même. Dans l’univers des véhicules électriques, tout évolue extrêmement vite : autonomie, recharge rapide, équipements embarqués, qualité perçue et technologies connectées. Pendant que Slate peaufine encore son usine, la concurrence avance déjà à pleine vitesse.
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Aujourd’hui, pour des montants comparables, les acheteurs américains peuvent trouver des modèles électriques d’occasion bien mieux équipés, voire des véhicules neufs venus de Chine. Face à eux, le concept ultra-dépouillé de Slate – vitres manuelles, absence d’écran central, options payantes – apparaît soudain moins révolutionnaire que dépassé.
Reste malgré tout une possibilité : celle de la bonne surprise. Si Slate Auto parvient réellement à industrialiser sa production tout en maintenant un prix agressif, le pari pourrait encore fonctionner. Mais aujourd’hui, même les plus optimistes commencent sérieusement à ne plus y croire.
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